Comment se reconvertir vers le métier de traiteur - MaFormation

Comment se reconvertir vers le métier de traiteur

Vos plats font déjà l'unanimité à la table familiale ? Demain, ce sont des mariés, des entreprises ou des associations qui pourraient vous confier leur réception, sur devis cette fois.
Publié le
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Par Istvan Drouyer

Lorsque le buffet arrive sur les tables, le traiteur a déjà fait l’essentiel de son travail ! Le menu et le devis se calent avec les mariés des semaines plus tôt, et les verrines comme les terrines sortent de votre laboratoire la veille. Le jour J, vous acheminez le tout en respectant la chaîne du froid, puis vous dressez et coordonnez le service avec votre équipe.

Ce métier de bouche s’exerce dans des cadres variés. Vous pouvez officier en boutique ou en charcuterie artisanale, au rayon traiteur d’une grande surface ou chez un organisateur de réception, qui gère un événement de A à Z. Si l’indépendance vous attire, vous vous installerez à votre compte dans un laboratoire aux normes, avec la possibilité de livrer aussi des plateaux-repas aux entreprises.

Pourquoi choisir le métier de traiteur pour sa reconversion ?

Vos invités repartent avec vos recettes notées sur leur téléphone ? C’est que votre cuisine a déjà conquis son premier public, et il ne tient qu’à vous d’en faire votre métier. Voici les principaux bénéfices que ce changement de voie peut vous apporter ce changement de voie.

  •  Une installation à portée de main : l’exercice du métier de traiteur ne suppose pas de diplôme obligatoire : un CAP cuisine vous dispense même de la formation en hygiène alimentaire exigée dans la restauration commerciale. Seuls les charcutiers, bouchers et poissonniers-traiteurs doivent justifier d’une qualification spécifique.
  • Un lancement à votre rythme : vous pouvez commencer par quelques commandes de proximité en micro-entreprise pour des événements tels qu'un pot d'entreprise ou une fête de famille. Vous investirez dans un laboratoire quand les demandes deviendront régulières.
  • Le plaisir du retour immédiat : à la fin d'une réception, les plats vides et les compliments vous disent sans détour si votre travail a plu. Et un mariage réussi amène souvent de nouvelles commandes par le bouche-à-oreille.
  • Des cadres d'exercice à la carte : vous pouvez débuter dans le laboratoire d'une maison artisanale, puis rejoindre l'événementiel ou vous spécialiser dans les plateaux-repas d'entreprise.

En toute transparence : votre agenda suivra le rythme des événements. Mariages au printemps et en été, repas de fin d’année en décembre : les périodes de forte activité sont concentrées sur certains week-ends. Les journées de prestation commencent tôt, demandent de la robustesse physique et une organisation sans faille. La plupart des traiteurs s’adaptent avec des repos en semaine et des préparations anticipée

Avez-vous le profil pour devenir traiteur dans le cadre d'une reconversion ?

La technique culinaire s'apprend en formation. Votre expérience passée, qu'elle vienne du bureau, de la vente ou de la gestion de projet, trouvera aussi sa place, en laboratoire comme face aux clients.

Compétences principales

  • Une hygiène irréprochable : le traiteur relève la température de ses chambres froides, date ses bacs et sait combien de temps un plat peut rester sur un buffet hors du froid.
  • Un excellent sens de l'organisation : une réception de 120 couverts se prépare sur plusieurs jours, entre les commandes passées à J-5 et une production échelonnée jusqu'au matin même.
  • Une technique polyvalente : un même buffet peut réunir feuilletés salés et mignardises, et vous devez maîtriser aussi bien les cuissons longues que les montages minute.
  • L'œil pour le dressage : un plateau de canapés se juge d'abord à sa présentation, et vos verrines doivent arriver intactes après une heure de route.
  • L'écoute du client : au moment du devis, vous transformez un budget et une liste d'allergies en menu cohérent, puis vous rassurez des mariés inquiets la veille du grand jour.

Compétences secondaires

  • Le sens du chiffre : un devis juste intègre le coût des produits et le temps passé en laboratoire, faute de quoi la prestation ne rapporte rien.
  • Le permis B : la majorité des livraisons se font en utilitaire, souvent tôt le matin.
  • Une présence en ligne soignée : les futurs clients choisissent volontiers leur traiteur sur photos, et un compte Instagram bien tenu sert de vitrine aux indépendants.

Quelle formation pour se reconvertir vers le métier de traiteur ?

La formation la plus directement liée au métier est le certificat de spécialisation (CS) Fabrication traiteur, de niveau 3, qui a remplacé l’ancien CS Employé traiteur. Il porte sur la production en laboratoire, des préparations de base jusqu’aux finitions, ainsi que sur l’organisation d’une production traiteur, y compris la traçabilité.

Il se prépare en un an en alternance, ou en quelques mois en formation continue, le plus souvent dans les centres des chambres de métiers et de l’artisanat. Pour y accéder, il faut toutefois déjà détenir un CAP du secteur, en cuisine ou en charcuterie-traiteur par exemple. Un adulte qui débute en cuisine passe donc d’abord par le CAP, puis enchaîne avec le CS. Ce parcours en deux temps demande un peu plus d’un an, mais il permet d’acquérir une double compétence, cuisine et traiteur, recherchée par les maisons artisanales.

D’autres formations permettent également d’accéder au métier :

  • le CAP Cuisine (niveau 3), accessible en un an aux adultes déjà diplômés, dispensés des matières générales ;
  • le titre professionnel Cuisinier (niveau 3), délivré par le ministère du Travail et proposé en formation continue sur quelques mois ;
  • le CAP Charcutier-traiteur (niveau 3), obligatoire si vous visez la charcuterie artisanale, activité réglementée ;
  • le BP Charcutier-traiteur (niveau 4), pour approfondir après un CAP ;
  • le BM Traiteur organisateur de réception (niveau 5), orienté conception d'événements et gestion d'entreprise, qui confère le titre de maître artisan.

Vous visez une installation rapide ? La formation à l'hygiène alimentaire, 14 heures réparties sur deux jours, est la seule obligation légale pour lancer votre activité, à moins de détenir un CAP. Elle rend votre activité conforme, et une formation culinaire vient ensuite consolider votre technique et votre crédibilité auprès des clients.

Je me forme au métier de traiteur

Quel salaire pour un traiteur ?

Un commis traiteur débutant est rémunéré au niveau du SMIC, et un cuisinier traiteur confirmé tourne autour de 2 200 € brut par mois. Avec des responsabilités de chef traiteur ou de responsable de production dans une grande maison événementielle, la fiche de paie peut atteindre 3 200 € brut.

Les maisons qui organisent des réceptions haut de gamme rémunèrent en général mieux que les rayons traiteur de la grande distribution. Les heures supplémentaires de la saison des mariages améliorent aussi les fins de mois d'été.

À votre compte, le revenu suit le carnet de commandes, et les premiers mois servent souvent à fixer des tarifs justes et à fidéliser une clientèle. Pour un cadre ou un commercial bien payé, une baisse de revenus est probable les premières années, et mieux vaut l'intégrer à votre plan de financement.

Et après ? Vos perspectives d'évolution

Dans les métiers de bouche, l'expérience et les diplômes complémentaires font progresser un traiteur vers plus de responsabilités ou vers sa propre affaire.

  • La responsabilité d'une équipe : de chef de partie à chef traiteur ou responsable de production, vous organisez le travail des cuisiniers et validez chaque prestation avant le chargement.
  • Une spécialité qui vous distingue : cuisine végétale ou pièces cocktail haut de gamme, une niche bien choisie fidélise une clientèle précise et justifie des tarifs plus élevés.
  • Votre propre maison : la création ou la reprise d'une entreprise de traiteur, avec ou sans boutique, est l'horizon de nombreux reconvertis. Le BM Traiteur organisateur de réception prépare à ce rôle de chef d'entreprise.

Comment financer sa reconversion de traiteur ?

Le CAP et le CS se préparent volontiers en alternance, ce qui règle en partie la question du salaire pendant la formation.

  • Le contrat de professionnalisation : accessible aux adultes demandeurs d'emploi, il associe salaire et formation, et l'opérateur de compétences (OPCO) de l'employeur finance les frais pédagogiques.
  • Le projet de transition professionnelle (PTP) : si vous êtes salarié, Transitions Pro peut financer votre formation et maintenir tout ou partie de votre rémunération pendant le congé.
  • Le compte personnel de formation (CPF) : vos droits se mobilisent pour un CAP ou un CS, moyennant une participation forfaitaire de 150 €.
  • L'aide individuelle à la formation (AIF) : France Travail peut compléter le financement d'un demandeur d'emploi quand le solde de son CPF est trop faible.

Votre région finance aussi des places en CAP Cuisine dans le cadre de son programme de formation des demandeurs d'emploi : votre conseiller saura vous orienter.

Quel statut choisir pour votre reconversion de traiteur ?

Le salariat dans une maison de traiteur vous apprend la cadence d'une saison de mariages avec un revenu garanti, et c'est la voie la plus sûre pour vos débuts. La micro-entreprise convient ensuite pour tester une activité à petite échelle, avec des démarches légères et des cotisations calculées sur le chiffre d'affaires. Dès que vous investissez dans un laboratoire ou que vous embauchez, une société (EURL ou SASU) protège mieux votre patrimoine personnel.

En indépendant, il vous faudra aussi déclarer votre activité auprès de la direction départementale de la protection des populations (DDPP). Votre cuisine devra respecter les règles sanitaires, ce qui suppose souvent des aménagements si vous démarrez chez vous.

5 étapes concrètes pour lancer votre reconversion dès aujourd'hui

Entre l'envie de cuisiner pour les autres et le premier devis signé, quelques étapes gagnent à être franchies dans l'ordre.

1. Une immersion chez un traiteur

Une période de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP), proposée par France Travail, vous place quelques jours dans le laboratoire d'un traiteur. Vous pouvez aussi proposer vos services en extra pour une réception. Cela sera l'occasion de vous confronter aux différentes facettes du métier en conditions réelles. Vous saurez vite si les horaires matinaux et le port des caisses vous conviennent

2. Un point honnête sur votre niveau en cuisine

Si vous n'avez jamais travaillé en cuisine professionnelle, le CAP Cuisine ou le titre professionnel Cuisinier sera votre première marche. Avec un CAP du secteur en poche, vous pouvez viser le CS Fabrication traiteur sans détour. Un entretien de positionnement auprès d'un organisme de formation aide à trancher.

3. Le choix de votre créneau

Recevoir cent cinquante invités à un mariage et livrer des plateaux-repas à une PME du quartier sont deux métiers différents, avec leur propre rythme et leur propre clientèle. Observez les traiteurs de votre secteur et repérez ce qui manque autour de vous, une offre végétale ou une cuisine du monde par exemple. Choisissez ensuite votre formation avec cette cible en tête.

4. Le montage du financement

Selon votre situation, rendez-vous chez votre conseiller France Travail ou chez Transitions Pro, en comptant plusieurs semaines d'instruction pour un PTP. Si vous visez l'alternance, démarchez les maisons de traiteur dès maintenant, car le contrat signé conditionne l'entrée en formation.

5. Un rendez-vous avec un centre de formation

Contactez le CFA de la chambre de métiers et de l'artisanat la plus proche et inscrivez-vous à une réunion d'information. Vous repartirez avec le calendrier des rentrées et, souvent, des contacts d'employeurs qui cherchent des alternants.

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