Comment se reconvertir lorsque l'on est salarié ?
Votre poste actuel ne vous satisfait plus et le besoin de changement se fait plus que jamais sentir ? Vous avez l'impression de tourner en rond dans votre travail, vous avez envie de vous lancer de nouveaux défis ou de retrouver un meilleur équilibre vie professionnelle et vie personnelle ? Les raisons d'envisager une reconversion sont multiples et elles doivent toutes être prises en compte dans votre réflexion avant de passer à l'action.
Mais entre le manque de temps, la crainte de perdre une certaine stabilité et un salaire confortable, les arguments qui vous découragent à franchir le pas le sont tous aussi nombreux. Pourtant, le fait d'être salarié en CDI ou en CDD ne doit pas constituer un frein à votre reconversion, bien au contraire !
On vous indique la marche à suivre pour que la peur de l'inconnu ne soit bientôt qu'un mauvais souvenir et que vous puissiez bientôt vous épanouir dans votre nouvelle carrière.
Réaliser un bilan de compétences
Le bilan de compétences n'est pas un passage obligé, mais vivement conseillé pour faciliter votre reconversion. Ce dispositif éligible au CPF (Compte personnel de Formation) vous permet de faire le point sur votre parcours et d'identifier vos points forts, vos faiblesses, ainsi que vos appétences et vos envies professionnelles afin de définir un projet professionnel clair et cohérent.
Où que vous soyez dans votre démarche de réflexion, le bilan de compétences peut vous aider à mieux vous connaître et à identifier les pistes de reconversion qui correspondent le mieux à votre profil et à vos aspirations. Un conseiller vous accompagnera tout au long de la démarche et vous remettra lors du dernier rendez-vous un document de synthèse contenant le plan d'action à suivre pour réaliser vos objectifs professionnels. Bien souvent, le suivi d'une formation sera nécessaire afin de combler les écarts de compétences identifiées.
Quelques points à connaître si vous comptez financer votre bilan via le CPF. Depuis février 2026, la prise en charge est plafonnée à 1 600 euros : si votre bilan coûte davantage, le reste sera à votre charge ou pourra être complété par votre employeur ou votre OPCO.
Le bilan de compétences ou un travail d'introspection professionnelle vous a permis d'identifier le projet professionnel qui vous correspond ? Il est possible qu'un autre obstacle vienne s'inviter sur votre parcours : la question du financement de votre formation. Heureusement, votre statut de salarié vous permet de bénéficier de certains dispositifs adaptés à votre situation. On vous les présente !
Le bilan de compétences ou un travail d'introspection professionnelle vous a permis d'identifier le projet professionnel qui vous correspond ? Il est possible qu'un autre obstacle vienne s'inviter sur votre parcours : la question du financement de votre formation. Heureusement, votre statut de salarié vous permet de bénéficier de certains dispositifs adaptés à votre situation. On vous les présente !
Le CPF (Compte personnel de Formation)
Ce dispositif vise à faciliter la formation des individus tout au long de leur carrière, quelle que soit leur situation professionnelle. Tout actif âgé d'au moins 16 ans (ou 15 ans dans le cadre d'un contrat d'apprentissage) peut commencer à percevoir des droits à la formation sur un compte consultable sur la plateforme Mon Compte Formation.
Les salariés à temps plein et les salariés à temps partiel reçoivent chaque année 500 euros de crédits CPF (ou 800 euros pour les personnes sans diplôme de niveau CAP/BEP), avec un plafond de 5 000 euros, ou 8 000 euros pour les moins diplômés. Ces droits sont attachés à la personne et non à l'entreprise. Si la formation se déroule en dehors de votre temps de travail, vous n'êtes nullement obligé de prévenir votre employeur. Dans le cas contraire, une autorisation d'absence sera nécessaire.
À noter : depuis mai 2024, tout salarié qui mobilise son CPF doit s'acquitter d'une participation forfaitaire obligatoire. Son montant, indexé sur l'inflation, s'élève à 150 euros depuis le 2 avril 2026. Cette somme est directement intégrée au paiement sur la plateforme. Elle ne s'applique pas si votre formation fait l'objet d'un abondement de votre employeur ou de votre OPCO, si vous mobilisez vos points du Compte Professionnel de Prévention (C2P), ou si vous êtes demandeur d'emploi.
Par ailleurs, depuis février 2026, le CPF est plafonné à 1 500 euros pour les certifications inscrites au Répertoire Spécifique (RS), comme le TOEIC ou le certificat Voltaire. Les formations diplômantes enregistrées au RNCP, elles, ne sont pas concernées par ces plafonds.
La liste des formations éligibles au CPF reste conséquente : formations diplômantes ou certifiantes enregistrées au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles), actions permettant de valider les acquis de l'expérience (VAE) et bilans de compétences.
Le PTP (Projet de Transition Professionnelle)
Le Projet de Transition Professionnelle ou CPF de transition remplace le CIF (Congé Individuel de Formation) depuis la réforme de la formation professionnelle du 5 septembre 2018. Ce dispositif permet à un salarié de s'absenter de son poste de travail pour suivre une formation éligible au CPF dans le but de changer de métier.
Sont éligibles les salariés justifiant d'une activité salariée d'au moins deux ans consécutifs ou non, dont un an dans la même entreprise. Pour en bénéficier, le salarié adresse une demande écrite d'autorisation d'absence à son employeur, en précisant les grandes caractéristiques de la formation envisagée.
L'employeur a 30 jours pour répondre au salarié après réception du courrier. L'absence de réponse passé ce délai vaut autorisation. Si l'employeur ne peut pas refuser la réalisation d'un PTP, il peut toutefois en différer la demande (jusqu'à 9 mois maximum) s'il estime que l'absence du salarié peut avoir des conséquences préjudiciables pour la bonne marche de l'entreprise. La rémunération du salarié est maintenue tout au long du Projet de Transition Professionnelle.
Le PDC (plan de développement des compétences)
Le plan de développement des compétences (ex-plan de formation) permet de suivre des actions de formation à l'initiative de l'employeur ou du salarié s'il en exprime le souhait. Le salarié est rémunéré dès lors que sa formation a lieu pendant son temps de travail. Bien que ce dispositif soit prisé par les entreprises, ce n'est pas forcément le plus adapté aux salariés en reconversion puisque l'objectif ici est d'aider le salarié à évoluer dans son poste de travail.
Le CDD de reconversion
Instauré par la loi du 24 octobre 2025, le CDD de reconversion remplace la Pro-A et les Transitions Collectives depuis le 1er janvier 2026. Elle permet à tout salarié de changer de métier ou d'obtenir une promotion professionnelle, en combinant mise en situation réelle et formation certifiante, sans rompre son contrat de travail.
La reconversion peut se dérouler en interne (dans votre entreprise actuelle) ou en externe, via un CDD de reconversion conclu avec une entreprise d'accueil. Dans ce second cas, votre contrat d'origine est suspendu, et non rompu : si votre projet ne se confirme pas, vous retrouvez votre poste initial ou un poste équivalent, à rémunération au moins équivalente.
Le CDD de reconversion dure entre six et douze mois, avec possibilité d'extension jusqu'à 36 mois via accord de branche. Il inclut obligatoirement une formation visant une certification RNCP, un CQP, des blocs de compétences ou le socle CléA. Si la reconversion est concluante, votre contrat d'origine prend fin par rupture conventionnelle. Le financement peut être assuré par votre CPF, votre OPCO ou un accord de branche ou d'entreprise.
La VAE (Validation des Acquis de l'Expérience)
La Validation des Acquis de l'Expérience permet à toute personne, peu importe son âge, ou son niveau d’études, de faire certifier son expérience par un diplôme. Elle peut être réalisée à la demande de l'employeur ou du salarié. Les actions d'accompagnement à la VAE sont éligibles au CPF.
Le CET (Compte Épargne Temps)
Le principe du compte épargne temps (CET) : permettre au salarié d’accumuler des droits à congé rémunéré ou de bénéficier d’une rémunération, immédiate ou différée, en contrepartie des périodes de congé ou de repos non prises ou des sommes qu’il y a affectées. Vous êtes libre d'utiliser vos heures ou vos jours de congé non pour vous former et développer de nouvelles compétences dans une optique de reconversion professionnelle.
La création d’entreprise
L’auto-entrepreneuriat
L’auto-entrepreneuriat permet de démarrer une activité entrepreneuriale de manière simplifiée. Depuis 2009, la moitié des créations d'entreprises se font en utilisant ce régime. Il est possible de devenir auto-entrepreneur en parallèle de son emploi sous certaines conditions. En effet, avoir l’autorisation de son employeur n’est pas nécessaire sauf dans certains cas de concurrence entre les activités de l’employeur et du salarié auto-entrepreneur. Devenir micro-entrepreneur tout en conservant dans un premier temps son emploi peut être un bon moyen de tester un projet et la pérennité de son activité.
La création d'entreprise "classique"
Les salariés ont trois possibilités : créer sans modifier leur contrat de travail actuel ou demander un congé ou un temps partiel pour création/reprise d'entreprise. Dans le premier cas, votre entreprise ne doit pas concurrencer celle de votre employeur. Dans le cas numéro 2, vous pouvez soit vous absenter complètement, soit réduire votre temps de travail (et donc conserver une partie de votre salaire) pour une période. A l'issue de cette période, vous avez l'assurance de retrouver un poste équivalent si vous le souhaitez. Si dans le 3e cas vous quittez votre emploi pour créer votre activité, vous n’aurez aucun droit et ne toucherez pas d’indemnité. Dans ce cas, il est donc recommandé de disposer d’un certain capital.
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