Qui a recours au bilan de compétences ? Portrait robot des bénéficiaires
Chaque année, le réseau des Centres interinstitutionnels de bilan de compétences (CIBC) accompagne près de 200 000 actifs, grâce à ses agences implantées dans toute la France.
À l’occasion de son colloque de fin octobre pour les 40 ans du dispositif, la Fédération nationale des CIBC a publié une photographie des personnes accompagnées en 2025 : qui sont-elles, quels sont leurs profils et leurs projets ? L’étude s’appuie sur un échantillon de 3 000 à 4 300 dossiers, selon les indicateurs analysés. Elle revient également sur ce que sont devenues ces personnes six mois après leur accompagnement. On vous dévoile les principaux enseignements de ces chiffres.
Un bénéficiaire sur deux est employé
Les employés représentent la moitié des personnes accompagnées par le réseau. Pourtant, ils ne pèsent que 24,3 % des personnes en emploi en France, selon l’Insee. Le dispositif attire donc nettement plus cette catégorie que son poids réel dans le monde du travail ne le laisserait attendre.
À l’inverse, les cadres sont moins présents, avec 13 % des bilans du réseau contre 23,8 % des actifs en emploi au niveau national. Voilà de quoi écorner l’image du cadre qui plaque tout pour devenir ébéniste suite à un bilan de compétences.
Cette sous-représentation des cadres peut notamment s’expliquer par les dispositifs proposés au sein de leur entreprise : mobilité interne, gestion des talents, conseil RH ou prestataires mandatés par l’employeur. Ils auraient ainsi moins besoin de passer par une structure extérieure pour faire le point et évoluer dans leur carrière.
Les professions intermédiaires (20 %) et les ouvriers (14 %) figurent eux aussi en léger retrait par rapport à leur poids dans l’emploi.
Une précision importante, toutefois : ces chiffres décrivent le public d’un réseau en particulier, et non le bilan de compétences dans son ensemble. D’autres organismes accompagnent des profils différents, selon leur positionnement et leurs partenariats avec les entreprises.
Le commerce et la distribution arrivent en tête des secteurs
Un quart des bénéficiaires travaillent dans le commerce et la distribution (25 %). La santé et l'industrie se partagent la deuxième place (12 % chacune), devant l'action sociale (9 %) et les services à la personne (7 %).
Ces cinq secteurs rassemblent 65 % des personnes accompagnées. Le détail des 35% restants n’ayant pas été publié, ce classement doit davantage être lu comme un ordre de grandeur que comme une cartographie exhaustive.
Le commerce, la santé, l’action sociale et les services à la personne emploient massivement des salariés de la catégorie « employés », celle qui prédomine parmi le public des CIBC. Or, ces secteurs sont aussi marqués par des conditions de travail souvent exigeantes : horaires décalés, pression, pénibilité ou précarité. Autant de contraintes qui peuvent favoriser une remise en question et amener les salariés à réfléchir à un nouveau projet professionnel.
Un public majoritairement en milieu de carrière
Les 35-44 ans forment le gros des troupes, avec 36 % des bénéficiaires. Un âge où l’on a déjà assez de recul pour s’interroger sur la suite de son parcours, tout en conservant une vingtaine d’années de vie professionnelle devant soi. Près d'un bénéficiaire sur quatre a toutefois moins de 35 ans. Un chiffre qui montre qu'il n'y a pas d'âge pour vouloir changer de voie.
Près de sept bénéficiaires sur dix sont des femmes
Les femmes représentent 69 % des personnes accompagnées, alors qu'elles comptent pour un peu moins de la moitié des actifs. C'est l'écart le plus marqué de ce portrait.
Une partie de l'explication tient à la composition socioprofessionnelle vue plus haut. Chez les femmes en emploi, 37,5 % appartiennent à la catégorie des employés, contre 11,7 % chez les hommes selon l'Insee. Le public des CIBC hérite mécaniquement de ce déséquilibre.
La Fédération avance une autre explication. Les carrières féminines connaissent plus souvent des interruptions, qu’il s’agisse d’une maternité, d’un passage à temps partiel ou de l’accompagnement d’un proche. Toutes ces ruptures, subies ou choisies (parfois un peu des deux à la fois), sont propices à un repositionnement professionnel.
Six mois après, deux bénéficiaires sur trois sont en mouvement
Le réseau a recontacté les bénéficiaires un semestre après leur bilan :
- 9 % ont déjà changé de métier
- 23 % sont engagés dans une démarche de reconversion
- 34 % ont programmé leur reconversion
- Un sur cinq a suivi ou commencé une formation.
Les bénéficiaires déclarent par ailleurs des effets largement positifs sur leur confiance professionnelle (82%), leur niveau de stress (60%) et leur capacité à concilier travail et état de santé (71%).
Un tiers des bénéficiaires qui s’oriente vers aucune reconversion tire tout de même des bénéfices de la démarche. Ce qui a le plus aidé à faire avancer leur projet ? Le sentiment d’avoir été écouté et soutenu, cité par 36 % d’entre eux, devant l’identification des obstacles et l’élaboration d’un plan d’action.
Vous ne vous reconnaissez pas dans ce portrait ?
Ces statistiques décrivent les profils les plus fréquents, aucune d'elles ne détermine qui peut prétendre à un bilan. Salarié, indépendant ou demandeur d'emploi, cadre ou ouvrier, vous y avez droit quel que soit votre statut.
Vous pouvez le financer avec votre compte personnel de formation (CPF), en réglant une participation de 150 € depuis avril 2026, dans la limite d’un plafond de 1 600 €. Vous pouvez aussi en parler à votre employeur, qui a la possibilité de le prendre en charge dans le cadre du plan de développement des compétences. Si vous êtes inscrit à France Travail, votre conseiller peut mobiliser une aide individuelle à la formation, et les personnes en reconversion peuvent se tourner vers Transitions Pro.
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