Comment devenir aide-soignant - MaFormation

Comment devenir aide-soignant

Figure emblématique du personnel soignant, l'aide-soignant se distingue de l'infirmier par des missions centrées sur le confort et l'hygiène des patients.
Mis à jour le , publié en février 2017
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Par Istvan Drouyer

L'aide-soignant est un professionnel de santé qui travaille au contact direct des patients, sous la responsabilité de l'infirmier, en hôpital, en clinique ou à domicile. Il s'agit d'une profession majoritairement exercée par des femmes, ce qui explique qu'on parle plus volontiers du métier d'aide-soignante.

Quel est le rôle d'un aide-soignant ?

L'aide-soignant apporte confort physique et soutien moral à ses patients. Ses missions varient selon leur état de santé et le lieu d'exercice. Dans la pratique, son travail consiste à :

  • Assurer l'hygiène corporelle, l'aide à l'habillage et l'installation du patient
  • Accompagner les déplacements et aider à la prise des repas et collations
  • Effectuer certaines tâches ménagères auprès des personnes non autonomes (à distinguer du rôle de l'auxiliaire de vie)
  • Apporter un soutien psychologique aux patients, qui voient souvent en lui un repère au quotidien
  • Surveiller l'état de santé et signaler tout changement au référent médical dans les meilleurs délais
  • Contrôler les paramètres vitaux et vérifier le bon fonctionnement des appareils médicaux
  • Changer les pansements et distribuer les médicaments

Quelle formation pour devenir aide-soignant ?

Pour exercer ce métier, un seul diplôme fait référence : le diplôme d'État d'aide-soignant (DEAS), de niveau 4, préparé en un an dans un institut de formation d'aide-soignant (IFAS) rattaché à un centre hospitalier ou dans une école spécialisée.

La formation alterne 22 semaines de stages en établissements de santé et des enseignements théoriques structurés en 5 blocs de compétences, déclinés en 10 modules.

Au programme : accompagnement dans les actes de la vie quotidienne, repérage des situations à risque, évaluation de l'état clinique, entretien de l'environnement ou travail en équipe pluriprofessionnelle. Le diplôme est enregistré au RNCP sous le code RNCP40692.

Depuis la rentrée 2020, le concours d'entrée a été supprimé au profit d'une sélection sur dossier et d'un entretien oral. La formation est ouverte à tous, sans condition de diplôme, à partir de 17 ans.

Il est aussi possible d'obtenir le DEAS par validation des acquis de l'expérience (VAE), pour les personnes disposant déjà d'une expérience en lien avec le soin à la personne. Des organismes proposent des accompagnements VAE pour préparer les candidats aux exigences du jury.

Devenez aide-soignant

Quelles sont les qualités requises pour devenir aide-soignant ?

Le contact permanent avec des personnes fragilisées, souvent dépendantes, exige un profil solide autant sur le plan humain que physique.

Qualités humaines indispensables

L'aide-soignant fait preuve d'une réelle bienveillance et d'une capacité d'écoute qui lui permettent de remonter le moral de ses patients et de rendre leur séjour plus supportable. Doté d'une bonne aisance relationnelle et d'un excellent esprit d'équipe, il échange avec les patients, leurs proches et ses collègues soignants, et veille à transmettre les informations utiles avec précision.

Tenu au secret professionnel comme tout professionnel de santé, il fait preuve de discrétion en toutes circonstances. Parcourir plusieurs kilomètres par jour, soulever un patient, rester debout de longues heures : il faut aussi une bonne résistance physique. Sur le plan émotionnel, il sait prendre du recul face aux situations difficiles pour préserver l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Compétences techniques incontournables

  • Maîtrise des soins d'hygiène et de confort
  • Surveillance des paramètres vitaux et détection des signes cliniques
  • Connaissance des protocoles de soins et règles d'hygiène hospitalière

Compétences techniques complémentaires

  • Utilisation des appareils médicaux courants
  • Gestes de manutention et techniques de transfert du patient
  • Notions de pharmacologie (distribution des médicaments)

Quel est le salaire d'un aide-soignant ?

La loi Ségur de la santé, promulguée en avril 2021, a revalorisé les grilles de rémunération des personnels soignants de la fonction publique hospitalière.

  • En début de carrière : entre 22 000 et 22 100 € brut par an, soit environ 1 650 € net par mois (prime Ségur incluse)
  • Aide-soignant expérimenté (échelon 11) : entre 30 500 et 30 600 € brut par an, soit environ 2 000 € net par mois

Le secteur d'exercice pèse sensiblement sur la rémunération. Dans la fonction publique hospitalière, la progression suit une grille indiciaire balisée : chaque échelon franchi garantit une hausse régulière, jusqu'à l'échelon 11 en fin de carrière.

Dans le secteur privé, cliniques et EHPAD appliquent leurs propres conventions collectives, avec des salaires de départ légèrement inférieurs mais des primes d'établissement qui viennent parfois compenser l'écart. Les aides-soignants travaillant de nuit ou les week-ends bénéficient par ailleurs de majorations horaires qui peuvent sensiblement améliorer le net mensuel.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

L'expérience acquise en tant qu'aide-soignant ouvre des portes vers d'autres métiers du soin. Les professionnels qui souhaitent élargir leurs responsabilités peuvent accéder à la formation d'infirmier via un parcours spécifique.

D'autres s'orientent vers des métiers complémentaires du secteur paramédical : assistant de soins en gérontologie, préparateur en pharmacie, auxiliaire de puériculture ou assistant de vie aux familles. Ces évolutions sont facilitées par des passerelles et des allégements de formation qui tiennent compte de l'expérience acquise.

Le secteur de la petite enfance offre également de belles perspectives pour ceux qui souhaitent orienter leur carrière vers l'accompagnement des enfants en bas âge.

Quelles sont les passerelles accessibles après le diplôme d'aide-soignant ?

Le DEAS ouvre des voies d'évolution concrètes, avec des allégements de formation reconnus officiellement.

La plus directe est la passerelle vers le diplôme d'État d'infirmier (DEI). Depuis 2024, les aides-soignants justifiant d'au moins trois ans d'expérience à temps plein peuvent suivre un parcours spécifique de trois mois, puis intégrer directement la deuxième année d'un IFSI. Le diplôme d'infirmier s'obtient ainsi en deux ans au lieu de trois. Ce dispositif, issu de l'arrêté du 3 juillet 2023, requiert également le soutien de l'employeur et la validation d'une sélection en formation professionnelle continue.

D'autres évolutions sont accessibles avec des allégements selon les diplômes visés :

  • Accompagnant éducatif et social (DEAES) : dispense de l'épreuve écrite d'admission
  • Moniteur-éducateur : dispense de l'épreuve écrite d'admission
  • Auxiliaire de puériculture : allégements de formation selon les blocs de compétences déjà validés
  • Assistant dentaire, assistant de soins en gérontologie : formations accessibles avec expérience terrain.

Votre futur environnement de travail

Le quotidien d'un aide-soignant change radicalement selon le lieu où il exerce. À l'hôpital ou en clinique, vous évoluez dans un environnement rythmé, parfois intense, au sein d'équipes pluriprofessionnelles avec lesquelles la coordination est constante. Les gardes de nuit et les week-ends font partie du paysage : c'est un métier qui ne s'arrête pas aux horaires de bureau.

En EHPAD, le rythme est différent. Vous accompagnez les mêmes résidents sur la durée, ce qui crée des liens forts et une connaissance fine de chaque personne. Ce cadre convient particulièrement à ceux qui recherchent une relation d'accompagnement au long cours plutôt que la variété des situations aiguës.

À domicile, vous exercez en plus grande autonomie, souvent seul au chevet du patient, ce qui suppose une capacité à gérer les imprévus sans filet immédiat. Dans tous les cas, vos interlocuteurs sont nombreux : infirmiers, médecins, kinésithérapeutes, maïeuticiens. Physiquement, préparez-vous à des journées debout, avec des déplacements importants et des gestes de manutention réguliers.

Avantages et inconvénients du métier

Le métier d'aide-soignant cumule des atouts concrets que peu de professions paramédicales peuvent afficher.

Avantages

  • Un métier porteur de sens. L'aide apportée aux patients améliore leur vie quotidienne de façon directe et visible. Nombreux sont ceux qui expriment leur reconnaissance, ce qui rend le travail profondément valorisant.
  • Des débouchés solides. Avec 58 350 intentions d'embauche recensées en 2024 par France Travail, l'aide-soignant figure parmi les dix métiers qui recrutent le plus en France. Les opportunités couvrent l'ensemble des établissements de santé sur tout le territoire.
  • Une formation courte et accessible. La formation dure douze mois, sans condition de diplôme préalable. Plusieurs dates de rentrée sont proposées dans l'année, ce qui permet d'enclencher une reconversion rapidement.

Inconvénients

  • Une pénibilité physique et émotionnelle réelle. Le corps est mis à contribution : gestes de manutention répétitifs, longues heures debout, rythmes décalés. Sur le plan émotionnel, la proximité avec des patients en souffrance ou en fin de vie peut être difficile à gérer, en particulier dans les premières années.
  • Une rémunération encore débattue. Revalorisée depuis le Ségur de la santé, la grille salariale reste perçue par beaucoup de professionnels comme insuffisante au regard des efforts fournis.

Quels débouchés pour un aide-soignant ?

Selon l'enquête BMO (Besoins en main-d'œuvre) de France Travail, l'aide-soignant fait partie des dix métiers qui recrutent le plus en France, avec 58 350 intentions d'embauche pour l'année 2024. Les perspectives professionnelles sont largement favorables pour tous ceux et celles qui souhaitent s'engager dans cette voie, avec de belles opportunités à saisir dans l'ensemble des établissements de santé.

Comment financer sa formation d'aide-soignant ?

Bonne nouvelle pour les candidats en reconversion ou en recherche d'emploi : dans la plupart des régions, le Conseil régional prend en charge la totalité du coût de la formation pour les demandeurs d'emploi et les personnes en poursuite de scolarité. Renseignez-vous directement auprès de l'IFAS visé ou du Conseil régional de votre lieu de résidence.

Pour les autres profils, plusieurs dispositifs peuvent couvrir tout ou partie des frais :

  • Le CPF (Compte personnel de formation) pour les actifs ayant déjà travaillé
  • L'AIF (Aide individuelle à la formation) pour les personnes inscrites à France Travail
  • Le PTP (Projet de transition professionnelle) pour les salariés souhaitant changer de métier
  • La voie de l'apprentissage, qui ouvre droit à la gratuité totale de la formation

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