Comment faire un bilan de compétences ? - MaFormation

Comment faire un bilan de compétences ?

Vous n’êtes pas satisfait de votre travail et souhaitez un nouveau départ professionnel ? Le bilan de compétences vous permet de faire le point sur votre carrière et d’explorer de nouvelles perspectives.
Mis à jour le , publié en mai 2023
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Par Istvan Drouyer

Il n'est jamais trop tard pour faire le point. Le bilan de compétences aide les actifs à analyser leur parcours, à repérer leurs atouts et à construire un projet professionnel adapté à leur profil. Encadré par le Code du travail, c'est l'un des dispositifs les plus mobilisés par les salariés en reconversion. Avantages, public concerné, étapes, financements : MaFormation réunit tout ce qu'il faut savoir pour vous lancer sereinement.

Pourquoi faire un bilan de compétences ?

Le bilan de compétences est une démarche personnelle, qui rime souvent avec évolution ou reconversion professionnelle. Toute personne insatisfaite de sa carrière peut envisager d'y recourir, afin de définir un projet professionnel à la hauteur de ses espérances.

Chaque année, de nombreux actifs choisissent de revenir sur leur parcours pour répertorier leurs compétences professionnelles, leurs qualités personnelles, leurs aptitudes et leurs motivations. L'objectif : identifier un métier dans lequel ils pourront s'épanouir davantage.

Concrètement, le bilan de compétences peut vous aider à :

  • Prendre du recul sur votre parcours et envisager de nouvelles perspectives, qu'il s'agisse d'une évolution par promotion interne ou d'un changement de métier vers un domaine inconnu.
  • Mieux vous connaître et renforcer votre confiance en vous.
  • Avoir une vision plus précise du marché de l'emploi et cibler une profession ou un secteur en accord avec vos aspirations, tout en restant réaliste sur les débouchés.
  • Repérer la formation qui vous conduira vers votre futur métier.

Qui est éligible au bilan de compétences ?

Le bilan de compétences est ouvert à toutes les personnes qui souhaitent faire le point sur leur carrière, quels que soient leur âge, leur niveau d'études ou leur statut. Sont ainsi concernés :

  • Les salariés du secteur privé.
  • Les demandeurs d'emploi.
  • Les agents de la fonction publique, titulaires comme contractuels.
  • Les intérimaires.
  • Les travailleurs indépendants et auto-entrepreneurs.

Bon à savoir : un salarié qui souhaite réaliser son bilan sur son temps de travail doit demander une autorisation d'absence à son employeur, au moins 60 jours avant le début de la prestation. Réalisé en dehors du temps de travail, le bilan ne nécessite en revanche aucun accord de l'employeur.

Quelles sont les étapes du bilan de compétences ?

Un bilan de compétences se compose de trois phases légales, obligatoires quel que soit l'organisme choisi.

1. La phase préliminaire

Le conseiller en bilan de compétences vous reçoit pour un premier entretien individuel. Cet échange lui sert à analyser votre demande, à cerner vos besoins et vos attentes, puis à fixer les modalités d'accompagnement les plus adaptées à votre profil. Cette phase est gratuite et n'engage à rien : libre à vous de tester plusieurs organismes avant de choisir le conseiller qui vous convient le mieux.

2. La phase d'investigation

C'est le cœur du bilan, et sa phase la plus longue. Le bénéficiaire devient acteur de son parcours en menant un vrai travail d'introspection : identification de ses points forts, de ses faiblesses, de ses centres d'intérêt et de ses aspirations, parfois enfouies. Il prend conscience de son potentiel et construit progressivement son projet, en vérifiant au passage sa pertinence sur le marché du travail. Pour l'y aider, le conseiller organise des entretiens individuels et mobilise différents outils : tests de personnalité, questionnaires d'auto-évaluation, analyses du marché de l'emploi ou enquêtes-métiers.

3. La phase de conclusion

Le conseiller remet au bénéficiaire un document de synthèse, qui récapitule le plan d'action à mener pour concrétiser le projet : suivre une formation, créer une entreprise ou changer de métier. Ce document est strictement confidentiel : le bénéficiaire en est le seul destinataire, et l'employeur n'y a pas accès. Certains organismes proposent ensuite un accompagnement sur mesure pour soutenir la mise en œuvre de ce plan.

Combien de temps dure un bilan de compétences ?

La loi fixe une durée maximale de 24 heures, désormais assortie d'un plancher de 13 heures d'accompagnement effectif, entré en vigueur en février 2026. Seules ces heures passées avec le consultant comptent : le travail personnel du bénéficiaire n'entre pas dans le décompte et n'est pas financé par le CPF.

Dans la pratique, le bilan s'étale sur 2 à 3 mois. Des rendez-vous espacés dans le temps laissent le projet professionnel mûrir, au fil des différentes étapes.

Où réaliser un bilan de compétences ?

Vous pouvez suivre un bilan de compétences dans un organisme habilité près de chez vous :

  • Les centres de bilan de compétences.
  • Les organismes de formation professionnelle.
  • Les cabinets de conseil en ressources humaines.
  • Les structures spécialisées dans l'orientation professionnelle.

Le bilan peut aussi se dérouler entièrement à distance, par visioconférence, pour échanger en temps réel avec votre conseiller.

Comment se déroule un bilan de compétences à distance ?

Quand les contraintes professionnelles ou personnelles sont fortes, le format à distance apporte de la souplesse : les rendez-vous se programment en visio, sans déplacement ni contrainte géographique. Le contenu ne change pas, avec les mêmes étapes et les mêmes objectifs ; seules les modalités diffèrent.

Côté matériel, prévoyez un ordinateur équipé d'un micro et d'une webcam, ainsi qu'une connexion internet stable pour échanger dans de bonnes conditions. Certains organismes ouvrent aussi un espace en ligne où retrouver des ressources et avancer sur son projet entre deux séances. La durée légale reste identique au présentiel ; le rythme, lui, s'adapte davantage à vos disponibilités.

Comment choisir son organisme de bilan de compétences ?

La qualité de votre accompagnement dépend largement de l'organisme retenu. Plusieurs critères aident à faire le bon choix :

  • La certification Qualiopi : c'est la condition indispensable pour financer votre bilan via le CPF ou un autre fonds public. Un organisme non certifié n'y donne pas droit.
  • Le respect du cadre légal : vérifiez que l'organisme applique bien les trois phases et la durée minimale de 13 heures. Méfiez-vous des bilans « express » vendus en quelques heures, qui ne sont pas conformes.
  • La réputation : les avis et les retours d'anciens bénéficiaires donnent une idée fiable de la qualité de l'accompagnement proposé.
  • Le type d'accompagnement : il varie d'un organisme à l'autre. Certains intègrent des sessions collectives, là où d'autres misent sur un suivi entièrement individualisé.
  • Le format : le distanciel séduit par sa souplesse et l'absence de contrainte géographique. D'autres préfèrent le face-à-face, plus humain. C'est avant tout une question de préférence personnelle.
  • Le courant avec le conseiller : l'entretien préliminaire, gratuit, est le bon moment pour sentir si le courant passe avec la personne qui vous accompagnera.
  • Le coût : comptez en général entre 1 500 et 3 000 euros. Un tarif élevé ne garantit pas une meilleure qualité, et plusieurs solutions de financement existent pour alléger la facture.

Comment financer son bilan de compétences ?

En présentiel comme à distance, le bilan de compétences est éligible au compte personnel de formation (CPF). Selon votre situation, d'autres dispositifs peuvent le compléter, voire le remplacer :

  • Le CPF : il finance le bilan à hauteur de 1 600 euros maximum (plafond fixé en 2026). Depuis le 2 avril 2026, une participation forfaitaire de 150 euros reste à votre charge, dont sont dispensés notamment les demandeurs d'emploi, les travailleurs reconnus handicapés (RQTH) et les bénéficiaires d'un abondement de leur employeur.
  • Le plan de développement des compétences : lorsque l'employeur finance le bilan, celui-ci se déroule le plus souvent sur le temps de travail. L'Opco (opérateur de compétences) de votre branche peut aussi participer à la prise en charge.
  • France Travail : les demandeurs d'emploi peuvent solliciter une aide individuelle à la formation (AIF) auprès de leur conseiller, et bénéficient de l'exonération du reste à charge.
  • Les fonds pour indépendants : artisans, commerçants et professions libérales peuvent se tourner vers leur fonds d'assurance formation (FAF) ou vers le FIFPL, à solliciter avant le début du bilan.
  • Le financement personnel : toujours possible, sans carence ni reste à charge CPF, et parfois réglable en plusieurs fois.

Avant de vous engager, vérifiez le montant de vos droits directement sur moncompteformation.gouv.fr : vous saurez précisément ce qui est couvert et ce qu'il vous restera à financer.

©Cagkan - stock.adobe.com

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