Comment se reconvertir vers le métier de consultant RSE - MaFormation

Comment se reconvertir vers le métier de consultant RSE

La RSE n’est plus une option pour les entreprises françaises. Depuis 2024, la directive CSRD les oblige à rendre des comptes sur leurs impacts. Quelqu’un doit les accompagner dans cette démarche. Et si c’était vous ?
Publié le
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Par Istvan Drouyer

Le consultant RSE accompagne les organisations dans l’intégration des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance à leur stratégie. En pratique, cela passe par des diagnostics de maturité, la construction de plans d’action concrets, le suivi d’indicateurs de performance et la production de reportings extra-financiers. Il peut intervenir en poste interne ou comme prestataire externe auprès de plusieurs clients.

Depuis l’entrée en vigueur de la directive CSRD en 2024, qui soumet progressivement plus de 50 000 entreprises européennes à des obligations de reporting sur leurs impacts sociaux et environnementaux, la demande en expertise RSE s’est fortement accélérée. Des grands groupes aux PME, peu d’organisations peuvent désormais se passer d’un regard extérieur sur ces enjeux.

Pourquoi choisir le métier de consultant RSE pour sa reconversion ?

Ce métier attire des profils venus d’horizons très variés, et ce n’est pas un hasard. Votre parcours antérieur n’est pas un handicap à surmonter : dans cette profession, il devient souvent votre principal argument.

  • Un secteur en recrutement actif : les besoins en recrutement RSE ne faiblissent pas, bien au contraire. La réglementation pousse les entreprises à agir, et beaucoup manquent encore de ressources internes pour le faire.
  • Votre expérience passée comme atout : beaucoup de reconvertis arrivent dans la RSE avec plus de bagages qu’ils ne le pensent. Les recruteurs valorisent une lecture sectorielle que les profils purement théoriques n’ont pas forcément.
  • Un impact visible sur les pratiques : le consultant RSE voit ses recommandations se traduire en actions concrètes. Un bilan carbone réduit, une politique achats responsables déployée : le travail ne disparaît pas dans un tiroir.
  • Une porte vers l’indépendance: le métier s’exerce facilement en freelance, avec un taux journalier entre 700 et 1 200 euros selon les missions. Beaucoup de reconvertis franchissent ce cap plus tôt qu’ils ne l’imaginaient.

En toute transparence : la question de la légitimité se pose presque toujours au départ. Ce secteur valorise les compétences transférables, mais il attend aussi une maîtrise des référentiels (ISO 26000, CSRD, reporting ESG) et une posture crédible face à des directions générales. Sans bagage solide sur ces référentiels, difficile d’être pris au sérieux. Le marché est concurrentiel dans les grandes villes, et le Taux Moyen Journalier (TMJ) freelance se construit dans la durée, pas du premier coup.

Avez-vous le profil pour devenir consultant RSE dans le cadre d’une reconversion ?

Il n’existe pas de profil type du consultant RSE. Ce qui compte, c’est la combinaison de ce que vous savez déjà faire et de ce que vous allez acquérir en formation. Beaucoup de reconvertis arrivent dans la RSE avec plus de bagages qu’ils ne le pensent.

Compétences principales

  • Vision systémique : le consultant RSE relie des enjeux environnementaux, sociaux et économiques entre eux. Savoir prendre de la hauteur sur une organisation et identifier ses interdépendances est une qualité centrale.
  • Capacité à convaincre : vos recommandations n’ont de valeur que si elles sont entendues. Quand les directions générales freinent, savoir argumenter et embarquer des interlocuteurs variés devient une compétence aussi utile que l’expertise technique.
  • Rigueur analytique : le consultant collecte et analyse des données pour établir un diagnostic de maturité RSE fiable. La précision du regard porte autant que la vision d’ensemble.
  • Sens de la pédagogie : le consultant met des référentiels complexes (ISO 26000, CSRD, reporting ESG) à la portée des équipes opérationnelles, sans simplifier ce qui ne peut pas l’être.
  • Connaissance des enjeux environnementaux et sociaux : une culture solide des grands enjeux du développement durable est le socle minimal pour asseoir sa crédibilité dès les premières missions.

Compétences secondaires

  • Maîtrise d’un outil de reporting ESG : un réel plus pour décrocher les premières missions, notamment en cabinet.
  • Anglais professionnel : utile dès lors que vous travaillez avec des groupes internationaux ou sur des référentiels anglo-saxons.
  • Expérience sectorielle spécifique : votre passé dans l’industrie, la finance ou la distribution peut devenir un atout concret sur le marché, bien plus utile qu’un profil généraliste sans ancrage sectoriel.

Quelle formation pour se reconvertir vers le métier de consultant RSE ?

La formation à privilégier pour une reconversion réussie vers ce métier, c’est le titre « Expert RSE et développement durable », enregistré au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles – niveau 7). Il couvre l’ensemble du spectre du métier : conception de stratégie RSE, pilotage opérationnel de projets, management transversal des parties prenantes et production de reportings extra-financiers.

La validation se fait par blocs de compétences, ce qui offre une réelle souplesse pour les profils déjà actifs professionnellement. Prérequis : être titulaire d’un niveau 6 (bac +3) ou justifier de cinq ans d’expérience professionnelle.

D’autres formations permettent d’acquérir des compétences essentielles à l’exercice du métier :

  • « Concevoir et déployer une démarche RSE pilotée par l’approche processus », formation certifiante adaptée aux profils souhaitant une montée en compétences cibleé sur la mise en œuvre opérationnelle.
  • « Manager de la responsabilité sociétale des entreprises et du développement durable », pour ceux qui visent des fonctions de pilotage RSE en interne.
  • Un master développement durable et organisations, pour les profils qui souhaitent ancrer leur reconversion dans un cursus universitaire long, certains se suivant sans quitter son poste.

Enfin, si vous avez déjà piloté des démarches RSE dans votre poste actuel sans en avoir le titre, la VAE peut valider tout ou partie de ces compétences sans repasser par un parcours de formation complet.

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Quel salaire pour un consultant RSE ?

En début de carrière, un consultant RSE perçoit entre 2 100 et 2 600 euros nets par mois. Avec trois à cinq ans d’expérience, la fourchette monte à 3 000 et 3 800 euros nets. Les profils seniors, au-delà de sept ans, atteignent couramment 4 500 à 5 500 euros nets mensuels.

Toutefois, ces moyennes cachent des disparités liées au choix de carrière (le salariat face au freelancing et ses tarifs journaliers de 700 € à 1 200 €) et au domaine d'intervention. Une spécialisation pointue dans des secteurs complexes, tels que l'industrie lourde, reste nettement plus valorisée sur le marché que les compétences transverses.

Et après ? Vos perspectives d’évolution

La reconversion vers le conseil RSE ouvre plusieurs directions :

  • Se spécialiser: bilan carbone, finance ESG, économie circulaire, reporting CSRD. Ces expertises pointues sont particulièrement recherchées dans les cabinets d’audit et les grandes entreprises soumises à des obligations réglementaires précises.
  • Rejoindre une organisation en interne: après avoir exercé en cabinet ou en freelance, certains consultants intègrent un poste de responsable ou directeur RSE, en apportant une vision transversale que les profils formés uniquement en interne n’ont pas toujours.
  • Créer son activité: cabinet indépendant, association avec d’autres experts, développement d’une offre sectorielle ciblée. Une voie accessible dès lors que vous avez construit un portefeuille de missions et une réputation sur le marché.

Comment financer sa reconversion de consultant RSE ?

Bonne nouvelle : ce type de reconversion entre dans les cases de la plupart des dispositifs de financement existants :

  • Le CPF (Compte Personnel de Formation) : premier levier à activer pour les formations certifiantes enregistrées au RNCP.
  • Le PTP (Projet de Transition Professionnelle) : pour les salariés qui souhaitent se former à temps plein tout en conservant une partie de leur rémunération.
  • L'AIF (Aide Individuelle à la Formation) : accessible aux demandeurs d'emploi via France Travail.
  • Les aides régionales et les financements OPCO : à explorer selon votre secteur et votre situation.

Quel statut choisir pour sa reconversion de consultant RSE ?

C’est souvent la question qui bloque le plus longtemps. La réponse dépend moins de vos préférences que de votre situation au moment du lancement.

Débuter en salarié, au sein d’un cabinet ou dans le service RSE d’une organisation, permet de monter en compétences sur des missions réelles sans porter seul le risque commercial. C’est la voie la plus sécurisante, et elle n’empêche pas de basculer en indépendant ensuite.

Le freelance offre une liberté de positionnement et une rémunération potentiellement plus élevée, mais il exige d’emblée une capacité à trouver des clients, à gérer sa trésorerie et à construire sa crédibilité sans la caution d’une structure. Beaucoup de reconvertis qui se lancent trop vite en indépendant reviennent au salariat le temps de consolider leur expertise.

Une troisième option mérite d’être mentionnée : le portage salarial. Elle combine la liberté de choisir ses missions avec la sécurité du statut salarié, et convient particulièrement aux profils qui veulent tester le marché avant de s’engager pleinement.

5 étapes concrètes pour lancer votre reconversion dès aujourd’hui

Vous savez où vous voulez aller ?  Voici par où commencer !

1. Vérifiez d’abord que la conviction est là

Le consultant RSE défend ses recommandations face à des directions qui freinent, embarque des équipes qui doutent, remet en question des modèles bien installés. Avant de vous former, assurez-vous que ce combat vous motive vraiment : c’est ce qui soutiendra votre engagement sur la durée.

2. Identifiez ce que votre parcours apporte déjà

Plutôt que de repartir de zéro, cherchez comment greffer la RSE sur vos compétences existantes. Une expertise en industrie, en achats ou en communication devient un atout concret, bien plus utile qu’un profil généraliste sans ancrage sectoriel.

3. Apprenez le langage du secteur

ISO 26000, CSRD, reporting ESG, ODD : ces référentiels sont le vocabulaire commun du métier. S’y familiariser en amont, via des MOOCs ou des newsletters spécialisées, vous permet d’arriver en formation avec une longueur d’avance réelle.

4. Choisissez et financez votre formation certifiante

Une formation enregistrée au RNCP est un signal fort pour les employeurs et les clients. Plusieurs dispositifs permettent de la financer, et certains parcours se suivent sans quitter son poste.

5. Commencez à agir avant même de changer d’employeur

Votre entreprise actuelle n’a pas encore de démarche RSE ? Cela peut clairement être une opportunité à saisir. Porter un premier projet en interne, même modeste, vous donne une expérience terrain concrète et un début de réseau sectoriel.

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