Comment devenir kinésiologue
Née dans les années 1960 aux États-Unis sous l’impulsion du chiropracteur George Goodheart, la kinésiologie a mis plusieurs décennies à traverser l’Atlantique avant de trouver sa place parmi les disciplines du bien-être les plus pratiquées en France. Son principe fondateur ? Que le corps, interrogé par des tests musculaires, révèle ses propres déséquilibres et les clés pour les corriger.
Quel est le rôle d’un kinésiologue ?
Le kinésiologue occupe une fonction préventive et de soutien : chaque consultation commence par une écoute active des problématiques du client, avant d’entrer dans le vif de la séance. Le test musculaire est son outil central, en évaluant la force et la tonicité d’un muscle, il lit les blocages physiques ou émotionnels que le corps exprime.
Ses missions l’amènent à :
- Accueillir et écouter le client pour cerner ses difficultés (stress, phobies, troubles du sommeil, etc.).
- Réaliser des tests musculaires pour détecter les déséquilibres physiques et émotionnels.
- Identifier d'éventuelles pathologies (traumatiques, neurologiques...) en observant les réactions du corps.
- Corriger ces déséquilibres par des mouvements spécifiques et une thérapie par le toucher.
- Préconiser des conseils personnalisés et des exercices à pratiquer entre les séances.
- Assurer le suivi du client sur une courte période (généralement une à trois séances).
Enfants, adolescents, adultes, sportifs de haut niveau... Le kinésiologue accueille des profils très variés, selon ses spécialités et les besoins de chacun.
Quelle formation pour devenir kinésiologue ?
La kinésiologie est une profession non réglementée : aucun diplôme d’État n’encadre officiellement son exercice. Ce contexte rend le choix de la formation d’autant plus décisif, car c’est lui qui détermine la crédibilité du praticien aux yeux de ses futurs clients.
Les formations reconnues par la FEDEK (Fédération Française des Kinésiologies Spécialisées) et le SKPF (Syndicat de Kinésiologues Professionnels Francophones) constituent aujourd’hui la référence du secteur. Elles se déclinent en deux grandes catégories :
Formations de niveau intermédiaire :
- Formation de kinésiologie Touch for Health (base de la kinésiologie appliquée, environ 600 heures)
- Formation en kinésiologie éducative (Brain Gym et approches cognitives)
Formations de niveau avancé :
- Cursus complet de kinésiologie intégrative (800 à 1 200 heures sur 2 à 3 ans)
- Formation en kinésiologie animalière (spécialisation, accessible après un cursus généraliste)
Avant de vous engager, vérifiez que l’école intègre un volume significatif de pratique supervisée et qu’elle offre des possibilités de stages. Dans un métier où la technique se transmet par le geste autant que par le cours, une formation trop théorique montrera vite ces limites.
Quelles sont les qualités requises pour devenir kinésiologue ?
Le cabinet d’un kinésiologue ressemble souvent à un espace de confidence autant qu’à un lieu de soin. Ce que les clients y déposent, parfois pour la première fois, demande un profil humain que la seule technique ne construit pas.
Qualités humaines indispensables
Les clients qui poussent la porte d’un cabinet partagent des fragilités parfois profondes : l’empathie et la bienveillance ne sont pas de simples atouts relationnels, elles conditionnent la qualité de chaque séance. Le bon kinésiologue est pourvu d’une capacité d’écoute active qui lui permet de saisir l’histoire personnelle de chacun, sans juger, sans projeter.
Il est doté d’un sens aigu de la discrétion, car ce qui se dit en séance ne franchit jamais les murs du cabinet. Sans un climat de confiance réel, le client ne se laisse pas aller à l’écoute de son corps.
Enfin, une solide stabilité émotionnelle protège le praticien lui-même : côtoyer quotidiennement des vécus douloureux demande de ne pas laisser la souffrance des clients empiéter sur son propre équilibre.
Compétences techniques incontournables
- Maîtrise des tests musculaires et de leurs protocoles d’application
- Solides connaissances en anatomie et en physiologie
- Pratique des techniques de rééquilibrage par le toucher
Compétences techniques complémentaires
- Gestion des dossiers clients et des outils de suivi
- Notions de gestion administrative (incontournable en exercice libéral)
- Connaissance des approches complémentaires (sophrologie, réflexologie, etc.)
Quel est le salaire d’un kinésiologue ?
La rémunération d’un kinésiologue dépend avant tout de son statut d’exercice. Un praticien salarié bénéficie d’un revenu stable et prévisible, mais la grande majorité des kinésiologues exercent en libéral, et leurs revenus varient directement selon leur patientèle et leur tarif de consultation.
- En début de carrière, la fourchette s’établit entre 22 000 et 27 000 euros brut par an, soit environ 1 450 à 1 750 euros net par mois.
- Avec l’expérience et un agenda bien rempli, un profil confirmé atteint entre 42 000 et 50 000 euros brut annuels, soit environ 2 750 à 3 250 euros net par mois.
Une consultation oscille généralement entre 40 et 100 euros, avec des tarifs plus élevés observés en région parisienne. C’est donc le volume de clients reçus chaque semaine qui fait réellement la différence sur le revenu mensuel.
La localisation joue également un rôle non négligeable : s’installer dans une grande ville offre un bassin de clientèle plus large, mais une concurrence plus dense. En zone rurale ou périurbaine, le kinésiologue peut au contraire devenir rapidement une référence locale si l’offre est rare.
Les perspectives d’évolution pour votre carrière
La kinésiologie offre des marges de progression réelles, à condition de les construire soi-même. Si vous débutez en tant que salarié, vous pouvez, avec l’expérience, choisir de passer en libéral pour gagner en autonomie et développer vos propres revenus. C’est un cap que franchissent de nombreux praticiens après quelques années d’exercice en structure.
Vous pouvez aussi vous spécialiser dans une branche spécifique. La kinésiologie animalière connaît un essor notable depuis quelques années, portée par l’intérêt croissant pour le bien-être des animaux de compagnie et des chevaux. La kinésiologie sportive, orientée vers la performance et la récupération des athlètes fait partie des autres pistes à envisager.
Enfin, vous pouvez élargir votre champ d’action en vous formant à d’autres disciplines du bien-être : sophrologie, réflexologie, coaching de vie ou énergétique. Autant de compétences complémentaires qui enrichissent votre pratique et vous permettent d’accueillir une clientèle plus diversifiée.
Votre futur environnement de travail
Le cabinet d’un kinésiologue est avant tout un espace de décryptage. Les clients arrivent souvent avec une plainte floue, un mal-être qu’ils peinent à nommer. Votre rôle commence bien avant de poser les mains : dans les premières minutes d’échange, vous captez des signaux, vous installez un climat de confiance.
Puis vient le moment du test musculaire. Le client est allongé, habillé, et c’est par la résistance ou le relâchement d’un bras que le corps commence à répondre. La séance dure entre 45 minutes et une heure. Ce tempo lent est structurant : vous ne pouvez pas en enchaîner dix dans une journée. La qualité de présence que ce travail exige impose un rythme mesuré, que la plupart des praticiens finissent par apprécier comme une caractéristique à part entière du métier.
Avantages et inconvénients du métier
La kinésiologie est un métier de contact humain profond, où chaque séance est différente. Cela génère autant de satisfactions que de défis.
Avantages
- Une grande liberté d’exercice. En libéral, vous organisez votre emploi du temps selon vos propres règles, sans hiérarchie ni contraintes horaires imposées.
- Un impact direct et visible. Les résultats se mesurent souvent dès les premières séances : un client qui retrouve le sommeil, qui gère mieux son stress ou reprend confiance en lui, c’est une satisfaction concrète et immédiate.
- Une diversité de publics. Enfants, sportifs, seniors, actifs en burn-out... La variété des profils reçus maintient une vraie richesse dans la pratique quotidienne.
Inconvénients
- Une profession non réglementée. L’absence de cadre légal strict peut fragiliser la crédibilité du secteur aux yeux du grand public et compliquer l’installation en début de carrière.
- Des revenus variables. En libéral, les premiers mois sont souvent consacrés à construire sa patientèle. La stabilité financière s’acquiert avec le temps.
Sous quel statut exercer le métier de kinésiologue ?
Le kinésiologue exerce le plus souvent à son compte. Le statut de micro-entrepreneur est souvent choisi en début d’activité : les démarches sont simples, les charges proportionnelles au chiffre d’affaires, et il est possible de le cumuler avec une autre activité le temps de développer sa clientèle. Si votre activité prend de l’ampleur, passer en entreprise individuelle classique ou créer une SASU devient plus avantageux sur le plan fiscal.
Quelle que soit la structure juridique retenue, certaines démarches sont incontournables : déclaration d’activité auprès de l’Urssaf, souscription à une assurance responsabilité civile professionnelle et, si vous recevez des clients à domicile, vérification des conditions d’accueil requises. Adhérer à une fédération reconnue comme la FEDEK ou au SKPF n’est pas obligatoire, mais renforce sérieusement votre crédibilité auprès des clients et vous donne accès à un réseau de praticiens.
Quelle est la différence entre un kinésiologue et un kinésithérapeute ?
Bien que leurs noms se ressemblent et qu'ils travaillent tous deux sur le corps, kinésithérapeute et kinésiologue exercent des métiers radicalement différents. Le premier est un professionnel de santé diplômé d’État (Bac+5) qui traite des pathologies sur prescription médicale, avec une prise en charge par la Sécurité sociale. Le second intervient dans le domaine du bien-être et de la prévention ; sa pratique n’est pas réglementée par l’État, ne nécessite pas d’ordonnance et reste à la charge exclusive du client. En résumé : l’un soigne, l’autre accompagne.
Je me forme aux métiers du bien-être
©Viacheslav Yakobchuk