Peut-on négocier son salaire en tant que stagiaire ?
Grâce à la loi encadrant davantage les stages, les stagiaires travaillant deux mois et plus dans une entreprise perçoivent une gratification minimale de 630 euros par mois pour un temps plein, un montant revalorisé chaque année au 1er janvier. Il n'y a cependant pas d'obligation de gratification pour les stages d'une durée inférieure à deux mois.
À noter que l'on ne parlera pas de "salaire" à proprement parler, mais de gratification ou d'indemnité de stage : le stagiaire n'ayant pas le statut de salarié, cette somme obéit à des règles fiscales et sociales spécifiques.
Lorsqu'il s'agit de stages longs de fin d'études (Bac+5) ou d'année de césure, certaines grandes entreprises sont très généreuses et dépassent largement le minimum légal. C'est notamment le cas dans les cabinets d'audit et de conseil, les banques d'affaires, et certains grands groupes de l'informatique, des télécoms ou du BTP.
Mais si vous n'avez pas décroché votre stage dans l'une de ces entreprises et que la rémunération proposée est équivalente au minimum légal, rien n'est perdu, vous pouvez négocier ! Voici nos conseils :
Renseignez-vous sur les règles d'indemnisation
Retenez que la gratification minimum doit être équivalente à 15% du plafond horaire de la sécurité sociale, soit 4,50 € de l'heure en 2026 (ce montant est revalorisé chaque année). De plus, si votre stage inférieur à 2 mois est prolongé à plus de 2 mois, vous devez être rémunéré sur l'ensemble du stage.
Appuyez-vous sur votre niveau de formation
Il sera plus simple de négocier si vous êtes en 3e année ou en année de césure (de spécialisation) plutôt qu'en 1ère année d'études. Un étudiant en master ou en école d'ingénieurs dispose en effet d'un bagage théorique et technique plus solide, ce qui justifie une gratification plus élevée. N'hésitez pas à mettre en avant votre niveau de spécialisation et les compétences concrètes que vous apportez : plus votre formation est pointue, plus votre profil a de la valeur aux yeux du recruteur.
Mettre en avant vos précédentes expériences
Les expériences acquises lors de vos stages précédents ou dans le cadre de vos hobbies peuvent peser dans la balance : responsabilités, missions menées à leur terme, recommandations de votre précédent employeur...
Apprenez à vous situer sur le marché du travail
Niveau de formation, expériences, langues étrangères sont autant d'atouts qui peuvent jouer en votre faveur lorsqu'il s'agit de négocier. Si vous êtes sur un secteur en tension comme l'aéronautique ou avez un profil recherché comme celui d'ingénieur, votre marge de négociation sera d'autant plus grande : les étudiants constituent en effet un véritable vivier de potentiels talents pour les secteurs en manque de profils qualifiés...
Négocier en fonction de la mission à effectuer
Aurez-vous des responsabilités ? Une mission particulière à remplir ? Des délais à tenir ? Plus l'enjeu est grand, plus votre marge de négociation le sera. Un stagiaire chargé de mener un projet de A à Z, de gérer une relation client ou de produire des livrables concrets n'est pas dans la même position que celui qui vient en observation. Prenez le temps d'analyser ce qu'on attend vraiment de vous avant d'entamer la discussion.
La situation géographique du stage
Pensez bien aux frais que vous allez engager pour effectuer ce stage : logement, transport, situation géographique... Un stage à Paris vous coûtera plus cher que dans certaines régions c'est pourquoi il devra être mieux rémunéré.
Mettez en avant les frais engagés
Coût du transport, du logement... Vous devrez assumer certains frais liés à votre stage. Ils peuvent constituer un argument pour négocier un petit bonus voire une prise en charge partielle. Chiffrez-les grossièrement avant l'entretien : montrer que vous avez réfléchi concrètement à votre situation inspire davantage confiance qu'une demande vague. Si votre interlocuteur vous semble ouvert à cette éventualité, tentez le coup !
Donnez une fourchette de salaire
Il n'est jamais bon de prétendre à une indemnité à montant fixe. Donner une fourchette montrera votre souplesse et laissera une marge de manoeuvre au recruteur qui devra en référer à son N+1 avant de rendre sa décision.
"Qu'allez-vous apporter à l'entreprise ?"
C'est la question à se poser avant d'entamer toute négociation. Ne vous dévalorisez pas parce que vous êtes encore étudiant. Certes, l'entreprise a tout intérêt à prendre un stagiaire puisqu'il reste moins cher qu'un salarié. Mais vous pouvez lui apporter beaucoup : des idées nouvelles, une mise à jour des connaissances techniques...
Comparez les stages
Essayez toujours d'avoir plusieurs propositions de stage "sous le coude", cela vous aidera à négocier et à comparer. Vous pourrez ainsi mettre en avant l'indemnité proposée par la concurrence auprès de votre interlocuteur pour négocier une meilleure gratification. Attention toutefois à manier cet argument avec tact : l'objectif est de montrer que votre profil est sollicité, pas de braquer le recruteur.
Ne perdez pas de vue l'essentiel
L'intérêt de votre mission prime, au-delà de votre rémunération. Selon les enquêtes sur la satisfaction des stagiaires, les entreprises qui paient le mieux ne sont pas forcément celles qui apportent le plus de satisfaction. Les stagiaires les plus heureux sont ceux qui sont les plus motivés par leur mission et les mieux intégrés au sein de leur équipe.
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