Comment devenir taxi
La profession de chauffeur de taxi s’exerce sous trois statuts différents et qui recrute sans condition de diplôme préalable. Pour monter derrière le volant à titre professionnel, un seul certificat compte : le CCPCT (certificat de capacité professionnelle pour taxi). Tour d’horizon d’une profession plus réglementée et plus stratégique qu’il n’y paraît.
Quel est le rôle d’un chauffeur de taxi ?
Le taxi transporte ses clients de porte à porte, de jour comme de nuit, sur réservation ou à la maraude (cette pratique qui lui permet de circuler librement pour capter des passagers). Contrairement aux VTC, il peut prendre en charge un client spontanément, sans réservation préalable.
Voici un aperçu de ses missions quotidiennes :
- Prendre en charge les passagers à leur domicile, en gare, à l’aéroport ou sur la voie publique
- Déposer bagages et clients à destination dans les délais annoncés
- Mettre en marche le taximètre et facturer la course au tarif réglementé
- Adapter son attitude au client : engager la conversation ou rester silencieux
- Effectuer des transports médicaux de patients assis, pris en charge par la Sécurité sociale (consultations, hospitalisations, séances de rééducation)
- Encaisser le règlement en fin de course (CB, espèces, chèques-vacances)
- Contrôler quotidiennement l’état du véhicule : niveaux, pression des pneus, propreté
Quelle formation pour devenir chauffeur de taxi ?
Devenir chauffeur de taxi repose sur une certification professionnelle unique : le CCPCT (Certificat de Capacité Professionnelle de Conducteur de Taxi). Cette certification conditionne l’accès à la carte professionnelle et, pour les indépendants, à l’autorisation de stationnement (ADS). Avant de pouvoir s’inscrire à l’examen, quatre conditions sont à remplir :
- Permis B valide depuis au moins 3 ans (2 ans en conduite accompagnée)
- Casier judiciaire vierge (bulletin n°2)
- Aptitude médicale attestée par un médecin agréé
- Formation aux premiers secours citoyen (PSC), de moins de 2 ans
L’examen du CCPCT est organisé par la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA). Il comprend une épreuve théorique portant sur la connaissance géographique de la zone d’exercice, la sécurité routière et la réglementation, ainsi qu’une épreuve pratique sous forme d’une course en conditions réelles.
Pour mettre toutes les chances de votre côté, préparez-vous dans un centre de formation agréé : les épreuves de connaissance géographique sont souvent sous-estimées et demandent un travail de mémorisation sérieux. Une fois le CCPCT obtenu, vous devrez faire valider votre carte professionnelle auprès du préfet.
Les artisans souhaitant exercer à leur compte devront ensuite obtenir une autorisation de stationnement (ADS) auprès de la mairie, l'étape la plus coûteuse du parcours : le prix d'une ADS rachetée à un autre chauffeur varie de quelques dizaines de milliers d'euros en province à plus de 150 000 € en région parisienne.
Quelles sont les qualités requises pour devenir chauffeur de taxi ?
Un taxi pris en maraude à 2 h du matin dans un quartier animé, ça demande bien plus qu’une bonne connaissance des voies prioritaires.
Qualités humaines indispensables
Le relationnel est au cœur du métier. Sur une course, le chauffeur juge en quelques secondes si son client veut échanger ou préfère le silence, et il s’adapte. Cette lecture rapide des situations, doublée d’un sens aigu de la diplomatie et de la courtoisie, fait souvent la différence dans la fidélisation d’une clientèle régulière. La résistance au stress est tout aussi déterminante : les embouteillages, les clients en retard et les imprévus mécaniques font partie du quotidien et le professionnel les gère sans que cela transparaisse dans sa conduite.
Doté d’une bonne mémoire topographique, il connaît son secteur sur le bout des doigts, même si le GPS reste son copilote indispensable. Enfin, tenir une position assise prolongée sur de longues plages horaires suppose une vraie solidité physique, trop souvent négligée dans les représentations du métier.
Compétences techniques incontournables
- Maîtrise du Code de la route et de la conduite défensive
- Connaissance approfondie de la zone géographique d’exercice
- Utilisation du taximètre et des applications de réservation
Compétences techniques complémentaires
- Notions de mécanique automobile de base
- Maîtrise des outils de paiement (TPE, applications mobiles)
- Expression orale en langue étrangère (anglais courant apprécié)
Quel est le salaire d’un chauffeur de taxi ?
Le statut d’exercice fait toute la différence : un chauffeur salarié et un artisan indépendant peuvent afficher des écarts de revenus considérables à ancienneté équivalente.
Chauffeur de taxi salarié, débutant :
- En début de carrière, la fourchette s’établit entre 22 000 et 25 000 € brut par an (1 460 à 1 660 € net par mois).
Chauffeur de taxi salarié, expérimenté :
- Après cinq années d’exercice, la rémunération évolue vers une fourchette de 25 000 à 30 000 € brut par an, soit environ 1 660 à 1 990 € net par mois.
Ces chiffres concernent les salariés. Pour un artisan indépendant titulaire de sa licence, la donne change radicalement : son chiffre d’affaires mensuel oscille généralement entre 3 000 et 5 000 €, mais les charges sont importantes (carburant, entretien, assurances, cotisations sociales, remboursement éventuel de l’ADS). Le revenu net disponible varie donc selon l’intensité d’activité et les créneaux exploités. En région parisienne, la densité de clientèle et les tarifs pratiqués permettent des revenus nettement plus élevés qu’en zone périurbaine ou rurale.
Les perspectives d’évolution pour votre carrière
Le métier de chauffeur de taxi ouvre plusieurs portes, à condition de savoir dans quelle direction regarder.
Le premier axe d’évolution passe par la spécialisation. Le chauffeur peut se diriger vers le transport scolaire, le transport de personnes à mobilité réduite ou les missions conventionnées avec la sécurité sociale, des créneaux qui offrent une clientèle régulière et des revenus plus prévisibles. Le transport de prestige (grandes remises, limousines) constitue une autre piste, qui nécessite l’obtention d’une mention spécifique sur le permis de conduire.
Le deuxième axe est entrepreneurial. Artisan propriétaire de son ADS et de son véhicule, le chauffeur peut évoluer vers la création d’une société de taxis et prendre en charge la gestion d’une flotte. Certains se reconvertissent également dans la formation des futurs candidats au CCPCT, une voie qui valorise l’expérience terrain acquise au fil des années.
Votre futur environnement de travail
Le taxi est un métier de nuit autant que de jour, et souvent les deux. Votre journée commence parfois avant l’aube pour des courses vers les aéroports et les gares, et peut se prolonger tard le soir selon les créneaux que vous choisissez. C’est la caractéristique la plus déroutante pour les novices : les horaires sont totalement atypiques, rythmés par les flux de voyageurs, les événements locaux et les week-ends.
Votre poste de travail, c’est votre habitacle. Vous y passez l’essentiel de votre temps, seul la plupart du temps, ce qui demande une bonne capacité à s’organiser et à gérer les plages d’attente entre deux courses. Le stationnement se fait sur des bornes dédiées, souvent dans les zones à forte fréquentation. La clientèle, elle, est aussi diverse qu’imprévisible : voyageur d’affaires pressé, touriste perdu, personne âgée en transport médical. Cette multiplicité de profils est l’un des aspects les plus appréciés du métier par ceux qui l’exercent depuis longtemps.
Avantages et inconvénients du métier de chauffeur de taxi
Le métier de taxi affiche des avantages que l’on ne soupçonne pas forcément de l’extérieur, et des contraintes que l’on a tendance à minimiser.
Avantages
- Une autonomie réelle dans l’organisation du travail : le chauffeur artisan choisit ses horaires, ses jours de repos et les créneaux sur lesquels il se positionne. Cette liberté est l’une des raisons principales qui poussent à s’installer à son compte.
- Des rencontres humaines inattendue au quotidien : pas de journée type, pas de couloir de bureau. Chaque course amène un trajet singulier et, souvent, une conversation inattendue.
- Un accès au métier sans diplôme scolaire : le CCPCT ne nécessite aucun niveau d’études préalable. Il suffit du permis B et de réussir l’examen : une voie de reconversion concrète pour de nombreux profils.
Inconvénients
- Des horaires décalés et une fatigue physique réelle : conduire des heures dans la circulation, souvent la nuit ou le week-end, use à terme. La sédentarité prolongée est un facteur de risque professionnel à ne pas négliger.
- Un investissement initial lourd pour les artisans : l’ADS peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros selon la ville. En ajoutant le véhicule, l’assurance et l’équipement, le ticket d’entrée dans l’indépendance devient conséquent.
- Une concurrence accrue des VTC : le développement des plateformes de mise en relation a modifié le marché du transport de personnes en ville. Si les taxis bénéficient d’avantages réglementaires comme le droit de maraude, la pression concurrentielle reste significative.
Quelle est la différence entre un chauffeur de taxi et un chauffeur VTC ?
La confusion est fréquente, et elle n’est pas anodine : taxi et VTC sont deux professions distinctes, avec des réglementations, des droits et des contraintes différents.
Le premier point de distinction est le droit de maraude. Un taxi peut circuler librement et prendre en charge un client spontanément dans la rue, sans réservation préalable. Un VTC, lui, ne peut jamais charger un passager sans réservation : chaque course doit être confirmée via une application ou un opérateur avant que le véhicule ne se mette en route.
Deuxième différence : la tarification. Le taxi applique un tarif réglementé au tachymètre, encadré par la préfecture. Le VTC fixe librement son prix, souvent calculé à l’avance par l’application. Avantage au taxi pour la transparence en course, avantage au VTC pour la prédictibilité du prix avant le trajet.
Enfin, les certifications ne sont pas interchangeables. Le CCPCT n’ouvre pas les portes du VTC, et inversement. Si vous souhaitez exercer les deux activités, il faudra obtenir les deux cartes professionnelles séparément. Certains chauffeurs font ce choix pour diversifier leurs sources de revenus et s’adapter à la demande selon les créneaux horaires.
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