Comment se reconvertir vers le métier d'accompagnant éducatif et social - MaFormation

Comment se reconvertir vers le métier d'accompagnant éducatif et social

Vous cherchez un métier utile, ancré dans le réel, loin des open spaces et des tableaux Excel ? La profession d’AES (accompagnant éducatif et social) est peut-être fait pour vous.  
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Par L'équipe MaFormation

L'accompagnant éducatif et social (AES) aide des personnes en situation de handicap ou de dépendance à traverser leur journée : les gestes du quotidien, le maintien du lien social, les activités. C'est un travail de présence, d'observation et d'adaptation permanente auprès de personnes qui ont besoin d'un professionnel attentif à chaque signal.

Le métier s'exerce dans des structures très variées : EHPAD, instituts médico-éducatifs, maisons d'accueil spécialisées, foyers de vie ou au domicile des personnes accompagnées. Longtemps connu sous le nom d'aide médico-psychologique (AMP) et sanctionné par le DEAMP, ce métier a fusionné en 2016 avec d'autres professions voisines pour donner naissance au grade d'accompagnant éducatif et social, dont le diplôme est le DEAES.

Pourquoi choisir le métier d'accompagnant éducatif et social pour sa reconversion ?

Se reconvertir vers un métier du médico-social, c'est souvent une décision mûrie longtemps. Voici ce qui rend cette transition concrètement viable.

  • Un secteur sous tension permanente : Le vieillissement de la population et les politiques de maintien à domicile tirent la demande vers le haut depuis des années. Les structures recrutent en continu, en zone urbaine comme rurale, et les postes restent difficiles à pourvoir.
  • Aucun prérequis bloquant : Le DEAES est accessible sans niveau de diplôme imposé. Il faut réussir un concours d'entrée, pas présenter un bac ou un BTS.
  • Un métier ancré dans le concret : L’AES est au contact des personnes, pas derrière des dossiers. Pour ceux qui se sentent à l’étroit dans des postes loin du terrain humain, c’est souvent ce changement qui fait la différence.
  • Une reconversion accessible à tout âge : Les recruteurs et organismes de formation connaissent bien les candidats en reconversion. Votre expérience antérieure, même hors secteur, peut être un atout précieux lors de l’entretien d’admission.
  • Un sens qui tient dans la duré : L'impact du travail est visible et immédiat. Un critère loin d’être anodin quand on vient d'un métier où les résultats sont abstraits ou différés.

En toute transparence : Soulever, accompagner les transferts, se pencher à répétition tout au long de la journée : le corps travaille autant que l’esprit. Les horaires décalés, les week-ends et les jours fériés font partie du cadre dans la grande majorité des structures. La charge émotionnelle, elle, s'accumule sur la durée, surtout auprès de publics en grande dépendance. Côté rémunération, le démarrage se fait autour du SMIC, avec une progression liée à l'ancienneté et à la convention collective de l'employeur. Autant de réalités à regarder en face avant de se lancer, et qui n'ont jamais empêché personne de trouver ce métier profondément satisfaisant.

Avez-vous le profil pour devenir AES dans le cadre d'une reconversion ?

Pas besoin d'avoir exercé dans le secteur pour y trouver sa place. Ce qui compte, c'est un ensemble de dispositions que beaucoup de reconvertis ont développées ailleurs, parfois sans le savoir.

Compétences principales

  • L'empathie dans l'action : L'AES ne se contente pas de ressentir les choses : il ajuste son comportement, son rythme, sa façon de parler en fonction de l'état de la personne accompagnée.
  • La patience dans la répétition : Les mêmes gestes, les mêmes accompagnements, jour après jour, avec la même attention. Pour les personnes accompagnées, la régularité constitue une forme de sécurité.
  • Le sens de l'observation : Un changement de comportement, un signe de douleur mal exprimé, une modification de l'appétit… l'AES est souvent le premier à détecter ce qui ne va pas et à en informer l'équipe soignante.
  • L'aisance en équipe pluridisciplinaire : Infirmiers, éducateurs spécialisés, psychologues, médecins : l'AES travaille avec des interlocuteurs variés et doit savoir transmettre ses observations avec précision et sans déborder de son rôle.
  • La résistance physique et mentale : Les deux vont de pair dans ce métier. Tenir sur la durée demande de prendre soin de soi autant que des autres.
  • La rigueur dans les gestes du quotidien : Chaque geste compte : la qualité de l'accompagnement passe par le respect de procédures qui protègent autant la personne aidée que le professionnel.

Compétences secondaires

  • La capacité d'adaptation aux publics : Un IME, un EHPAD et un dispositif d'inclusion scolaire n'ont rien à voir. Passer d'un contexte à l'autre, ou simplement s'ajuster d'une personne à l'autre dans la même journée, est une compétence à part entière.
  • La créativité pour les activités : Une grande part de l'accompagnement repose sur la capacité à improviser et à s'ajuster en temps réel. L'AES doit faire preuve d'imagination pour répondre aux besoins uniques de chaque personne.
  • Une aisance rédactionnelle de base : Les transmissions écrites font partie des obligations du poste. Savoir formuler clairement une observation est un atout concret.

Quelle formation pour se reconvertir vers le métier d'accompagnant éducatif et social ?

La voie d'accès au métier est unique : le DEAES (diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social), diplôme de niveau 3, équivalent CAP. C'est lui qui ouvre les portes des recruteurs du secteur médico-social, qu'il s'agisse d'un EHPAD, d'un IME ou d'un service d'aide à domicile.

La formation dure entre 9 et 24 mois selon l'organisme et le rythme choisi. Elle combine enseignements théoriques et stages pratiques en immersion, et se décline en trois spécialités à choisir dès l'entrée en formation : accompagnement en structure collective, accompagnement à domicile, ou accompagnement à l'éducation inclusive. Pour un adulte en reconversion, la spécialité oriente souvent vers la structure ou le domicile selon le projet professionnel déjà dessiné.

Pour y accéder, il faut réussir un concours d'entrée organisé par les centres de formation agréés : une épreuve écrite d'admissibilité et un entretien oral d'admission. Aucun diplôme n'est exigé pour se présenter.

Autres voies d'accès

  • La VAE (validation des acquis de l'expérience), réformée en 2024, est désormais accessible sans seuil minimal d'expérience. Les proches aidants et les bénévoles ayant accompagné des personnes dépendantes peuvent aussi y prétendre. C'est une option sérieuse pour ceux qui ont du vécu à faire valoir.
  • Les titulaires de diplômes sanitaires et sociaux connexes — aide-soignant, auxiliaire de puériculture, assistant familial — bénéficient d'allègements sur certaines unités de formation et raccourcissent sensiblement leur parcours.

Devenez AES

Quelles sont les épreuves du concours d'entrée en formation DEAES ?

Le concours d'entrée au DEAES fait peur à beaucoup de personnes en reconversion — souvent à tort. Il ne teste pas un niveau scolaire élevé : il évalue votre aptitude à exercer ce métier.

L'épreuve écrite d'admissibilité

Elle prend généralement la forme d'un texte court en lien avec le secteur médico-social, suivi de questions de compréhension ou d'une courte rédaction. Ce que les correcteurs cherchent : une capacité à réfléchir à une situation humaine, à exprimer clairement ses idées, à prendre du recul. Pas une maîtrise parfaite de l'orthographe, même si soigner sa copie reste conseillé. Pour un adulte en reconversion, lire la presse spécialisée du secteur quelques semaines avant le concours est une préparation honnête.

L'entretien oral d'admission

C'est souvent l'épreuve la plus redoutée des candidats — et pourtant celle où les personnes en reconversion s'en sortent le mieux. Le jury évalue votre motivation, votre compréhension du métier et votre aptitude relationnelle. Votre parcours antérieur, vos expériences auprès de personnes fragiles, vos raisons de changer de voie : tout cela nourrit un entretien convaincant. Préparez-vous à expliquer pourquoi vous choisissez ce métier maintenant, et ce que vous apportez au-delà de l'enthousiasme.

Quel salaire pour un accompagnant éducatif et social ?

En début de carrière, un AES perçoit entre 1 550 et 1 900 € brut par mois, selon qu'il exerce dans la fonction publique hospitalière ou dans le secteur associatif privé, soumis à des conventions collectives propres, dont la Convention 66, qui encadre la majorité des établissements médico-sociaux. À cela s'ajoute la prime Ségur, revalorisée en 2021 et étendue au secteur médico-social : elle représente 238 € brut supplémentaires par mois, ce qui change sensiblement le bulletin de paie.

Avec de l'ancienneté, la rémunération progresse par échelons : entre 1 900 et 2 300 € brut mensuel après cinq à dix ans d'expérience, davantage pour les professionnels ayant évolué vers des fonctions de coordination. Le secteur ne fait pas rêver sur le plan salarial, c'est un fait. Mais la progression est régulière, les postes sont stables, et le temps partiel subi reste moins fréquent que dans d'autres métiers du social.

Et après ? Vos perspectives d'évolution

Plusieurs pistes sont possibles après avoir été AES. La spécialisation fait partie des options envisageables. Des formations complémentaires en art-thérapie, en psychomotricité ou en accompagnement des personnes présentant des troubles du comportement permettent d'approfondir un domaine et de se positionner différemment au sein d'une équipe.

Le DEAES ouvre aussi des passerelles vers d'autres diplômes du secteur comme le moniteur-éducateur (DEME), l'éducateur spécialisé (DEES) ou le technicien de l'intervention sociale et familiale (DETISF), souvent avec des allègements liés à l'expérience acquise. Avec plusieurs années de recul, certains évoluent enfin vers des fonctions de référent ou de responsable d'unité, sans nécessairement changer de diplôme

Comment financer sa reconversion vers le métier d'accompagnant éducatif et social ?

Bonne nouvelle : le DEAES est éligible au compte personnel de formation (CPF), ce qui en fait l'une des reconversions les mieux couvertes du secteur médico-social. Avant de chercher des financements complémentaires, commencez par consulter votre solde sur moncompteformation.gouv.fr.

Si vous êtes salarié, le projet de transition professionnelle (PTP) vous permet de suivre la formation pendant vos heures de travail tout en conservant votre rémunération, sous conditions d'ancienneté. C'est le dispositif le plus adapté quand on veut se former sans lâcher son emploi avant d'avoir le diplôme en poche.

Si vous êtes demandeur d'emploi, France Travail peut mobiliser l'aide individuelle à la formation (AIF) pour couvrir tout ou partie des frais restants après utilisation du CPF. Les conseils régionaux proposent par ailleurs des aides spécifiques aux formations du secteur social, qui varient selon les territoires.

5 étapes concrètes pour lancer votre reconversion dès aujourd'hui

1. Passez une journée dans une structure médico-sociale

Avant toute démarche administrative, demandez à observer une équipe AES en EHPAD, en IME ou en service à domicile. Une journée d’immersion suffit souvent à confirmer (ou à nuancer) un projet. Les structures acceptent généralement ce type de visite sur simple demande.

2. Choisissez votre spécialité DEAES

Structure collective, domicile ou éducation inclusive : ce choix oriente toute la formation et les stages qui suivent. Mieux vaut y réfléchir sérieusement avant de déposer votre dossier.3

3. Préparez le concours d'entrée

L'épreuve écrite et l'entretien oral se préparent. Renseignez-vous sur les annales des centres de formation qui vous intéressent et travaillez votre connaissance du secteur médico-social avant de vous présenter.

4. Vérifiez vos droits à la VAE

Vous avez accompagné un proche, travaillé comme bénévole ou exercé un métier connexe ? Depuis la réforme de 2024, ces expériences peuvent être prises en compte pour valider tout ou partie du DEAES. Un point avec un conseiller VAE coûte peu et peut raccourcir votre parcours.

5. Montez votre plan de financement avant de vous inscrire

CPF, PTP, AIF, aides régionales... De nombreux dispositifs peuvent vous aider à concrétiser votre projet professionnel, mais ils se combinent et s'anticipent. Avant de choisir un organisme de formation, prenez contact avec votre OPCO, France Travail ou votre employeur si vous êtes actuellement en poste — vous éviterez ainsi les mauvaises surprises sur le reste à charge.

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