Comment devenir assistant familial
Dans la plupart des métiers du secteur social, le professionnel rentre chez lui le soir. L'assistant familial, lui, ne quitte pas son lieu de travail : les enfants qu'il accueille vivent sous son toit, parfois pendant des années, dans le cadre d'une profession réglementée, rémunérée et encadrée par un agrément départemental.
Quel est le rôle d’un assistant familial ?
L’assistant familial, aussi appelé famille d’accueil, prend en charge à son domicile des enfants, adolescents ou jeunes adultes jusqu’à 21 ans, confiés par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) ou sur décision du juge des enfants. Ces placements peuvent répondre à une situation d’urgence comme s’étendre sur plusieurs années.
Ses journées types consistent à :
- Accueillir de 1 à 3 enfants à son domicile et les intégrer pleinement à la vie familiale
- Garantir leur sécurité quotidienne : suivi scolaire, repas, soins médicaux, loisirs
- Assurer un cadre affectif stable, y compris lors des périodes de crise ou d’urgence
- Maintenir le lien avec la famille biologique, sans jugement des parents
- Rendre compte régulièrement de l’évolution de l’enfant aux services de l’ASE
- Collaborer avec l’équipe pluriprofessionnelle : éducateurs, psychologues, assistants sociaux
- Participer aux réunions de suivi du projet pour l’enfant
Quelle formation pour devenir assistant familial ?
Aucun diplôme préalable n'est requis pour exercer ce métier. En revanche, l'obtention d'un agrément est une condition obligatoire et non négociable. La formation arrive ensuite, au fil des premières années d'exercice, financée par l'employeur.
Agrément (prérequis obligatoires) :
- Demande de dossier auprès de la PMI (Protection Maternelle et Infantile) de votre département de résidence
- Évaluation psychologique et sociale menée par les services du Conseil départemental
- Agrément délivré par le Président du Conseil départemental, valable 5 ans renouvelable, précisant le nombre d'enfants autorisés
- Stage préalable obligatoire avant l'accueil du premier enfant
- Permis B et formation aux premiers secours : deux conditions indispensables à l'obtention de l'agrément
Rapprochez-vous du service d'accueil familial de votre département dès l'obtention de votre agrément : c'est votre futur employeur qui prend en charge le financement de votre parcours.
Dans les trois années qui suivent l'accueil d'un premier enfant, l'assistant familial suit une formation de 240 heures répartie sur 18 à 24 mois. Elle couvre trois domaines : l'accueil et l'intégration de l'enfant (140 heures), l'accompagnement éducatif (60 heures) et la communication professionnelle (40 heures). À l'issue de ce parcours, le professionnel peut se présenter aux épreuves du Diplôme d'État d'assistant familial (DEAF), équivalent bac. Ce diplôme est également accessible par VAE (validation des acquis de l’expérience). Les titulaires d'un diplôme d'auxiliaire de puériculture, d'éducateur spécialisé ou d'éducateur de jeunes enfants en sont dispensés.
Quelles sont les qualités requises pour devenir assistant familial ?
Prendre en charge des enfants séparés de leur famille biologique ne s'improvise pas avec de la bonne volonté.
Qualités humaines indispensables
Un assistant familial disponible à toute heure doit puiser dans une patience profonde, surtout quand l’enfant traverse une période difficile et exprime ses blessures par des comportements déroutants. Sa capacité d’écoute lui permet de saisir ce que les mots ne disent pas encore. Il fait preuve d’une adaptabilité constante face aux imprévus : arrivée en urgence, besoin médical soudain, retour compliqué après une visite chez les parents biologiques.
La bienveillance sans jugement est une compétence centrale, y compris envers des familles dont la situation est très éloignée de la sienne. Protéger sa propre famille de la charge psychologique de l'accueil est une dimension souvent sous-estimée du métier, et cela demande une vraie capacité à poser des limites.
Compétences techniques incontournables
- Connaissance du cadre légal de la protection de l’enfance et des droits de l’enfant
- Maîtrise des démarches administratives liées à l’ASE (rapports, comptes rendus d’évolution)
- Formation aux premiers secours
Compétences techniques complémentaires
- Connaissances de base sur les troubles de l’attachement et les traumatismes infantiles
- Permis B (indispensable pour les déplacements médicaux et scolaires)
- Capacité à travailler en équipe pluriprofessionnelle
Quel est le salaire d’un assistant familial ?
La rémunération d’un assistant familial suit une logique propre à ce métier : elle est indexée sur le SMIC et calculée en fonction du nombre d’enfants accueillis, et non de l’ancienneté.
Par nombre d’enfants accueillis (barèmes minimaux légaux, données novembre 2024) :
- 1 enfant : 1 801,80 € brut/mois (environ 1 426 € net/mois)
- 2 enfants : environ 2 633 € brut/mois (environ 2 085 € net/mois)
- 3 enfants : environ 3 465 € brut/mois (environ 2 743 € net/mois)
A ces montants s’ajoutent des indemnités d’entretien (14,77 € minimum par jour et par enfant présent), destinées à couvrir alimentation, hébergement, hygiène et loisirs. Ces indemnités ne constituent pas du salaire mais un remboursement de frais. La rémunération étant entièrement indexée sur le SMIC, elle progresse à chaque revalorisation de ce dernier. Certains départements appliquent des grilles supérieures aux minima légaux. Lorsqu’aucun enfant ne peut être confié, l’assistant familial perçoit une indemnité d’attente pendant quatre mois maximum.
Les perspectives d’évolution pour votre carrière
Le métier d’assistant familial offre peu de mobilité verticale, mais plusieurs bifurcations professionnelles pour ceux qui souhaitent élargir leur trajectoire.
L’expérience acquise auprès d’enfants aux histoires difficiles ouvre concrètement la porte au secteur médico-social. L’obtention du DEAF, combinée à quelques années de terrain, facilite l’accès à des formations complémentaires : technicien en intervention sociale et familiale (TISF), auxiliaire de puériculture, ou éducateur spécialisé via la VAE.
Certains assistants familiaux s’impliquent dans des associations professionnelles ou prennent en charge la formation de nouveaux agréés. Un débouché moins connu mais réel : la direction d’une crèche familiale, après plusieurs années d’expérience et un parcours de formation adapté. Ces transitions demandent un investissement personnel significatif, mais elles restent accessibles à des professionnels dont le parcours terrain est reconnu.
Votre futur environnement de travail
Votre lieu de travail, c’est votre domicile. Cette réalité distingue radicalement l’assistant familial de la quasi-totalité des professions du secteur social. Pas de trajet professionnel le matin, pas de collègues à portée de voix au quotidien : votre vie familiale devient l’outil de travail lui-même.
Les enfants accueillis partagent votre quotidien intégral : les repas, les devoirs, les week-ends, parfois les vacances. Votre conjoint et vos propres enfants font partie de cet environnement professionnel, ce qui exige une adhésion totale de l’entourage avant même de déposer un dossier d’agrément. L’isolement peut être une réalité, surtout dans les premières années ou en zone rurale.
Les visites des équipes de l’ASE, les réunions de suivi au service d’accueil familial et les échanges réguliers avec les travailleurs sociaux rompent ce face-à-face quotidien avec les enfants. Ce sont aussi les moments où vous portez votre responsabilité à plusieurs.
Avantages et inconvénients du métier
L’accueil familial mobilise la vie entière du professionnel qui l’exerce. Ce niveau d’engagement a ses récompenses profondes, et ses contraintes tout aussi réelles.
Avantages
- Un impact humain direct et visible : voir un enfant retrouver confiance, s’épanouir dans un cadre stable, reprendre le chemin de l’école : ces progrès constituent une satisfaction difficile à trouver dans d’autres professions.
- Une sécurité de l’emploi réelle : l’assistant familial est salarié, titulaire d’un contrat de travail et bénéficiant d’une couverture sociale complète. Les besoins en accueil familial restent structurellement supérieurs aux capacités disponibles sur le territoire.
- Une rémunération qui s’adapte : accueillir davantage d’enfants augmente directement la rémunération, dans la limite de l’agrément obtenu.
Inconvénients
- Une frontière vie pro/vie perso quasiment inexistante : le domicile est le lieu de travail. Les nuits difficiles et les crises émotionnelles se passent chez vous, sans filet institutionnel immédiat.
- Une charge psychologique durable : accompagner des enfants traumatisés sur le long terme, souvent sans équipe directement autour de soi, demande une robustesse personnelle que tout le monde ne possède pas.
Quelle est la différence entre un assistant familial et un assistant maternel ?
La confusion entre les deux professions est fréquente, y compris dans les démarches administratives. Leurs missions, leur public et leur cadre réglementaire diffèrent pourtant nettement.
L’assistant maternel accueille des enfants de moins de 6 ans à son domicile, sur des horaires définis, pour le compte de parents qui lui confient leur enfant pendant leur temps de travail. Il exerce une activité de garde encadrée par le code du travail, sur la base d’un agrément PMI. Sa relation professionnelle est directe avec les parents employeurs.
L’assistant familial, lui, accueille des enfants confiés par les services de l’ASE ou par décision de justice, pour des durées qui peuvent s’étendre sur plusieurs années. Il est salarié d’une structure publique ou associative, et son rôle dépasse la garde : il assume une fonction éducative et affective à temps plein. L’accueil n’est pas planifiable à l’heure près.
En résumé : l’assistant maternel garde les enfants des autres pendant que leurs parents travaillent, l’assistant familial leur offre un foyer quand ils ne peuvent plus vivre dans leur famille.
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