Comment devenir paléontologue - MaFormation

Comment devenir paléontologue

Géologue, biologiste, historien… le paléontologue est tout cela à la fois, au service d’une même question : comment le vivant a-t-il évolué depuis ses origines ?
Mis à jour le , publié en décembre 2021
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Par L'équipe MaFormation

Enseignant-chercheur, le paléontologue analyse l'évolution des êtres vivants à travers l'étude des fossiles. Géologue, biologiste et historien du vivant tout à la fois, il remonte le temps pour comprendre comment les espèces ont évolué, disparu ou survécu. Huit ans d'études minimum, un marché de l'emploi très étroit : c'est un choix de passion autant que de vocation scientifique.

Quel est le rôle d’un paléontologue ?

Le paléontologue est avant tout un enseignant-chercheur. Son terrain de jeu principal n’est pas le chantier de fouilles mais le laboratoire et l’université, où il partage ses travaux avec étudiants et pairs.

Ses missions couvrent plusieurs dimensions :

  • Participer à des campagnes de fouilles pour collecter des fossiles, végétaux ou animaux
  • Analyser et dater les spécimens en laboratoire grâce à des outils de modélisation 3D, scanner et imagerie numérique
  • Publier des articles scientifiques et intervenir dans des colloques
  • Enseigner en master et doctorat les disciplines liées à la paléontologie, la géologie ou la biologie
  • Encadrer des étudiants en thèse et animer des équipes de recherche
  • Contribuer à la médiation scientifique auprès des musées et du grand public

Les fouilles, souvent associées à l’image du métier, représentent en réalité une part minoritaire de l’activité. L’essentiel du travail se déroule entre le microscope, l’ordinateur et la salle de cours.

Quelle formation pour devenir paléontologue ?

La paléontologie ne s’improvise pas. Le parcours est long et exigeant, avec un minimum de huit ans d’études supérieures avant d’envisager une insertion professionnelle.

Bac :

  • Baccalauréat à dominante scientifique

Bac + 3 :

  • Licence en géologie, sciences de la Terre ou biologie

Bac + 5 :

  • Master recherche en paléontologie, biodiversité, écologie et évolution (BEE)

Bac + 8 :

  • Doctorat de recherche fondamentale ou appliquée en paléontologie (phylogénie des vertébrés et invertébrés, paléobotanique, etc.)

En master, les étudiants abordent les grandes lignes de l’histoire évolutive des vertébrés, les concepts fondamentaux de l’évolution, ainsi que les outils méthodologiques : imagerie numérique, biologie moléculaire, étude du Crétacé, origine et diversification des vertébrés. La maîtrise de l’anglais est intégrée au cursus, elle sera indispensable pour lire, publier et collaborer à l’international.

Le doctorat, préparé en école doctorale, est le véritable sésame pour accéder aux postes de chercheur ou d’enseignant-chercheur. Il se déroule sous la direction d’un directeur de thèse et débouche sur la rédaction d’une thèse originale. Les titulaires d’un master peuvent également candidater à des postes d’ATER (Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche) pour financer leur doctorat tout en accumulant une première expérience d’enseignement.

Devenez paléontologue

Quelles sont les qualités requises pour devenir paléontologue ?

La passion pour les fossiles est un bon point de départ, mais elle ne résume pas le profil attendu.

Qualités humaines indispensables

Le paléontologue passe une grande partie de son temps à analyser, classer, modéliser et rédiger : la rigueur et la minutie font partie des qualités mobilisées quotidiennement. Il faut également faire preuve de flexibilité car les chantiers de fouilles ne se concentrent pas tous au même endroit, et les post-docs à l’étranger font partie du parcours standard. Partager ses découvertes, que ce soit en amphithéâtre, dans une revue scientifique ou lors d’un colloque, demande une vraie aisance à l’écrit comme à l’oral.

Compétences techniques incontournables

  • Maîtrise des outils d’analyse et de modélisation (imagerie 3D, scanner, biologie moléculaire)
  • Rédaction scientifique en français et en anglais
  • Méthodologie de projet de recherche

Compétences techniques complémentaires

  • Connaissance des techniques de fouille et de conservation des fossiles
  • Maîtrise d’autres langues étrangères pour la collaboration internationale
  • Notions de médiation scientifique pour les missions muséales

Quel est le salaire d’un paléontologue ?

La rémunération d’un paléontologue évolue sensiblement selon le statut et le grade. Les premières années sont souvent les plus difficiles financièrement.

En début de parcours (ATER, post-doctorant) :

  • Un jeune paléontologue perçoit entre 20 000 et 22 000 € brut par an, soit environ 1 650 à 1 800 € net par mois

Maître de conférences / chargé de recherche :

  • Sa rémunération annuelle brute se situe entre 25 000 et 35 000 €, ce qui représente environ 2 050 à 2 900 € net par mois

Directeur de recherche / professeur des universités :

  • La grille prévoit une fourchette allant de 36 000 à 77 000 € brut annuel, soit entre 3 000 et 6 300 € net par mois selon l’échelon atteint

Ces montants s’alignent sur les grilles de la fonction publique, avec en complément une prime annuelle de recherche. Le véritable facteur influençant la rémunération reste la longueur du parcours précaire avant l’accès à un poste permanent. L’enchaînement des CDD et des post-docs, en France comme à l’étranger, pendant plusieurs années après la thèse, constitue la norme dans ce secteur, non une exception. Mieux vaut en être conscient dès le départ.

Les perspectives d’évolution pour votre carrière

Le nombre de postes permanents en paléontologie est faible, et la concurrence pour y accéder est réelle. Mieux vaut l’anticiper dès le début du parcours. Les débouchés se concentrent principalement dans trois types de structures : les universités et grandes écoles, les organismes de recherche comme le CNRS, et les musées d’histoire naturelle.

La progression suit généralement le schéma classique de la recherche publique : maître de conférences, puis professeur des universités ou directeur de recherche après l’obtention de l’habilitation à diriger des recherches (HDR). Des spécialisations pointues sont possibles en cours de carrière : paléobotanique, paléobiologie, paléoanthropologie, paléoclimatologie. Certains paléontologues s’orientent vers la médiation scientifique, en musée ou en collectivité territoriale. D’autres trouvent des débouchés dans le secteur privé, notamment dans les cabinets d’expertise géologique ou les bureaux d’études environnementaux, même si ces postes restent rares.

Votre futur environnement de travail

Vous avez beau avoir regardé tous les épisodes de Friends, vous ne verrez jamais Ross Geller une pelle à la main. Ce n’est pas un oubli des scénaristes : en réalité, le paléontologue passe la majorité de son temps entre le laboratoire, la salle de cours et son bureau. Analyser des fossiles au microscope, modéliser des spécimens en 3D, rédiger des articles pour des revues scientifiques internationales : voilà ce qui occupe la majeure partie de ses journées.

Les missions de terrain existent, mais elles sont ponctuelles et liées à des projets de recherche spécifiques. Quand elles ont lieu, elles impliquent souvent des déplacements à l’étranger, dans des zones géographiques parfois isolées, avec des conditions de travail exigeantes.

À l’université, le paléontologue partage son temps entre ses propres recherches et l’encadrement d’étudiants en master et en doctorat. Au CNRS ou dans un muséum, il évolue au sein d’équipes pluridisciplinaires où biologistes, géologues et chimistes travaillent souvent sur des projets communs. La dimension internationale est omniprésente : les publications se font en anglais, les collaborations traversent les frontières et les conférences scientifiques rythment l’année. C’est un métier de bureau et de labo, habité par des gens de terrain.

Avantages et inconvénients du métier

La paléontologie fait partie de ces métiers qu’on choisit les yeux ouverts. Voici ce qu’il faut peser.

Avantages :

  • Un métier à la croisée des disciplines: géologie, biologie, histoire, chimie, informatique scientifique. Peu de carrières offrent une telle diversité intellectuelle.
  • Une dimension internationale réelle: collaborations avec des équipes du monde entier, publications dans des revues de référence, participation à des fouilles à l’étranger.
  • Un impact sur la connaissance: contribuer à mieux comprendre l’évolution du vivant sur des millions d’années, c’est participer à quelque chose qui dépasse largement le cadre d’une carrière individuelle.

Inconvénients :

  • Des débouchés très limités: les postes permanents sont rares et les concours pour y accéder sont sélectifs. La demande dépasse structurellement l’offre dans ce secteur.
  • Un parcours précaire avant la stabilisation: CDD, post-docs enchaînés, mobilité géographique imposée. Les premières années après la thèse peuvent durer longtemps avant de déboucher sur un CDI ou un poste titulaire.

Quelle formation continue pour un paléontologue ?

La formation ne s’arrête pas à l’obtention du doctorat. Pour rester à la pointe dans un domaine où les technologies d’analyse évoluent rapidement et où de nouvelles découvertes remettent régulièrement en question des acquis, le paléontologue doit se tenir informé en permanence.

Des formations complémentaires sont accessibles tout au long de la carrière, notamment en imagerie numérique, en paléogénétique ou en nouvelles méthodes de datation. Certaines peuvent être financées par l’établissement employeur ou via le Compte Personnel de Formation. Une formation en langues étrangères peut également être utile pour les paléontologues souhaitant renforcer leur rayonnement international.

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