Comment devenir enseignant
L'enseignant façonne les générations futures en transmettant des savoirs, en éveillant des curiosités et en accompagnant la construction intellectuelle et citoyenne de ses élèves.
On l'imagine souvent uniquement face à ses élèves, pendant les heures de cours. Pourtant, cette partie visible ne représente qu'une fraction de son activité : la préparation des séquences, la correction des évaluations, les rencontres avec les familles et la veille pédagogique occupent tout autant son emploi du temps. Un métier aux multiples dimensions, loin de l'image réductrice qu'on s'en fait parfois.
Quel est le rôle d'un enseignant ?
Anciennement appelé instituteur ou institutrice dans le primaire, l'enseignant transmet des savoirs disciplinaires et accompagne les élèves dans leur développement intellectuel, social et citoyen.
Au programme de ses journées :
- concevoir et animer des séances pédagogiques conformes aux programmes de l'Éducation nationale
- adapter ses méthodes d'enseignement au niveau et au rythme d'apprentissage de chaque élève
- évaluer les acquis à travers des devoirs, contrôles et examens
- assurer le suivi individualisé des élèves en difficulté ou à besoins éducatifs particuliers
- participer aux réunions pédagogiques avec l'équipe éducative et les parents d'élèves
- organiser des projets pédagogiques (sorties, interventions, ateliers)
- contribuer à la vie de l'établissement et au climat scolaire
Quelle formation pour devenir enseignant ?
Le niveau bac +5 est obligatoire pour exercer ce métier. Le parcours combine une formation universitaire généraliste suivie d'une spécialisation en sciences de l'éducation, puis la réussite à un concours national.
Bac +3 :
- Licence généraliste (lettres, mathématiques, histoire, langues, sciences) dans la discipline que vous souhaitez enseigner
- PPPE - Parcours Préparatoire au Professorat des Écoles (licence pluridisciplinaire spécialement conçue pour les futurs professeurs des écoles)
Bac +5 :
- Master MEEF - Métiers de l'Enseignement, de l'Éducation et de la Formation, avec quatre mentions selon le projet professionnel : 1er degré (professeur des écoles), 2nd degré (collège/lycée), encadrement éducatif, ou pratiques et ingénierie de la formation
Bon à savoir : les pères et mères d'au moins trois enfants ainsi que les sportifs de haut niveau sont dispensés de diplôme pour se présenter aux concours.
La formation MEEF articule enseignements théoriques, stages en établissement et préparation aux épreuves du concours. C'est en deuxième année de Master que vous passerez le concours de recrutement. Une fois admis, vous serez nommé professeur stagiaire pendant un an avant votre titularisation.
Plusieurs concours mènent au métier selon le niveau d'enseignement visé. Le CRPE (Concours de Recrutement de Professeurs des Écoles) permet d'enseigner en maternelle ou en élémentaire. Pour le secondaire, le CAPES (Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement du Second degré) ouvre les portes du collège et du lycée général. L'agrégation, concours plus sélectif, permet d'enseigner en lycée, classes préparatoires ou à l'université.
Si vous envisagez une reconversion professionnelle vers l'enseignement, sachez que les personnes déjà titulaires d'un Master peuvent se présenter directement au concours sans repasser par la formation MEEF, bien qu'une préparation reste vivement conseillée.
Certains candidats valorisent leur expérience professionnelle antérieure en choisissant d'enseigner une discipline en lien avec leur ancien métier : un ingénieur se réorientant vers les sciences physiques, un traducteur vers les langues vivantes, ou un comptable vers l'économie-gestion. Cette expertise sectorielle constitue un précieux atout pour illustrer les cours par des exemples concrets et donner du sens aux apprentissages.
Comment passer le concours pour devenir enseignant ?
L'accès au métier d'enseignant est conditionné par la réussite à un concours national de recrutement. Selon le niveau d'enseignement visé, vous passerez le CRPE (professeur des écoles), le CAPES (collège et lycée) ou l'agrégation (lycée et enseignement supérieur).
Les épreuves écrites
Le CRPE comporte deux épreuves écrites d'admissibilité : une épreuve de français (3 heures) et une épreuve de mathématiques (3 heures), chacune coefficient 1. Ces épreuves évaluent à la fois vos connaissances disciplinaires et votre capacité à les didactiser.
Pour le CAPES, les épreuves varient selon la discipline, mais comprennent généralement deux écrits de 5 à 6 heures chacun : une composition et une analyse de documents ou d'une situation d'enseignement.
Les épreuves orales
Les candidats admissibles passent ensuite les oraux d'admission. Au CRPE, vous présenterez une leçon dans une discipline au choix (EPS, arts, histoire-géographie, sciences, langues vivantes) et un entretien à partir d'un dossier.
Au CAPES, les oraux consistent généralement en une épreuve de leçon (présentation d'une séquence d'enseignement) et un entretien permettant d'évaluer votre motivation, votre connaissance du système éducatif et votre capacité à vous projeter dans le métier.
Comment mettre toutes les chances de son côté pour réussir le concours ?
Le Master MEEF reste la voie la plus structurante pour préparer le concours, car il combine entraînements réguliers et accompagnement méthodologique. Cependant, cette formation ne suffit pas : vous devrez compléter par un travail personnel sur les annales, seul moyen de comprendre réellement les attentes des jurys et les récurrences thématiques.
L'oral représente un autre défi, bien différent de l'écrit. Au-delà des connaissances, c'est votre capacité à communiquer, à gérer votre stress et à incarner une posture professionnelle qui fera la différence lors de l'entretien. Enfin, une veille sur les réformes éducatives en cours témoignera de votre engagement authentique dans le métier.
Quelles sont les qualités requises pour devenir enseignant ?
Maîtriser sa discipline est loin d'être suffisant pour devenir enseignant. Il faut aussi capter l'attention, gérer des élèves aux niveaux variés et poser un cadre de travail.
Qualités humaines indispensables
L'écoute prime avant tout. L'enseignant observe chaque élève pour identifier ses difficultés spécifiques, repérer les premiers signes de décrochage et analyser les interactions au sein du groupe classe. La patience s'avère tout aussi déterminante : certains élèves assimilent une notion en quelques minutes quand d'autres auront besoin de trois ou quatre explications différentes sur une période plus longue.
Par ailleurs, la pédagogie consiste à transformer un concept abstrait en exemples concrets adaptés à l'âge des élèves. Cette démarche suppose également de la créativité pour varier les supports pédagogiques et les rendre plus ludiques afin de favoriser l'apprentissage.
Outre ces aptitudes, votre personnalité compte énormément. Un enseignant qui manie l'humour aura plus de facilité à détendre l'atmosphère, tandis qu'une autorité bienveillante pose un cadre sécurisant. Trouver ce juste équilibre reste l'un des apprentissages les plus complexes du métier.
Compétences techniques incontournables
- maîtrise approfondie de sa ou ses disciplines d'enseignement (programmes, didactique, épistémologie)
- connaissance des outils numériques éducatifs (ENT, plateformes pédagogiques, logiciels disciplinaires)
- capacité à concevoir des progressions pédagogiques et des séquences d'apprentissage
Compétences techniques complémentaires
- gestion de projets pédagogiques transversaux (sorties, interventions, partenariats)
- maîtrise des techniques d'évaluation formative et sommative
- connaissance du système éducatif français et de ses enjeux institutionnels
Quel est le salaire d'un enseignant ?
La rémunération évolue selon l'ancienneté, l'échelon et le grade, dans le cadre d'une grille indiciaire de la fonction publique.
- En début de carrière : la fourchette s'établit entre 28 000 et 33 000 euros brut par an (1 750 à 2 000 euros net par mois)
- Après cinq années d'exercice : la rémunération évolue vers une fourchette de 33 000 à 38 000 euros brut par an (2 050 à 2 350 euros net par mois)
Seule l'ancienneté fait progresser l'indice de rémunération dans l'enseignement public. En fin de carrière, après une trentaine d'années de service, le salaire atteint environ 3 500 euros brut mensuels pour un certifié, davantage pour un agrégé.
Des primes viennent compléter le traitement de base : prime d'attractivité pour les débuts de carrière, indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves (Isae) dans le premier degré, indemnité pour mission particulière (IMP) dans le secondaire, ou encore prime d'équipement informatique. Les professeurs exerçant en réseau d'éducation prioritaire (REP ou REP+) bénéficient également de primes spécifiques.
Les perspectives d'évolution pour votre carrière
La profession d'enseignant offre de réelles perspectives d'évolution grâce à l'expérience et aux concours internes. Ces derniers permettent de changer de niveau d'enseignement ou de basculer entre le secteur public et le privé sous contrat, selon vos aspirations.
L'expertise acquise en classe ouvre la voie à d'autres missions. L'accès aux fonctions de formateur, d'inspecteur de l'Éducation nationale ou d'inspecteur d'académie assure un accompagnement pédagogique à plus large échelle. La recherche attire les passionnés d'une discipline : l'obtention d'un doctorat mène alors vers le supérieur et la production de savoirs académiques.
Progressivement, des postes de coordination s'ouvrent hors de la classe. Le concours de conseiller principal d'éducation (CPE) privilégie la vie scolaire. Dans le primaire, la direction d'école combine gestion administrative et pilotage pédagogique. Plus tard, le concours de personnel de direction permet l'accès aux postes de principal ou de proviseur, avec des responsabilités managériales accrues.
Votre savoir-faire pédagogique trouve aussi des débouchés hors Éducation nationale : création de ressources pour l'édition scolaire, conseil institutionnel ou formateur pour adultes au sein d'organismes spécialisés.
Votre futur environnement de travail
Vous travaillez en école maternelle, élémentaire, en collège ou en lycée (général, technologique ou professionnel), voire dans le supérieur pour les agrégés. Votre établissement dépend du secteur public (sous tutelle de l'Éducation nationale) ou du privé sous contrat.
Votre emploi du temps se partage entre les cours en classe et un temps important de travail personnel : préparation des séquences, correction des copies, conception des évaluations et actualisation des connaissances.
Dans le premier degré, l'enseignement de toutes les matières à une même classe impose une polyvalence et une grande proximité avec les élèves. Dans le secondaire, votre spécialisation dans une discipline et vos interventions auprès de plusieurs classes multiplient les interactions mais fragmentent davantage votre temps.
La collaboration avec les autres professionnels est régulière : échanges entre collègues pour l'harmonisation des progressions, travail en équipe pédagogique lors des conseils de classe, lien avec les CPE pour le suivi des élèves ou appui des personnels médico-sociaux en cas de difficultés. Les relations avec les parents d'élèves ponctuent également l'année, notamment lors des réunions de rentrée, des rencontres individuelles ou des bilans trimestriels.
Le rythme de travail suit le calendrier scolaire avec ses périodes intenses et ses vacances. Les semaines peuvent être chargées, notamment en période d'examens ou de conseils de classe, et les soirées souvent consacrées aux corrections. Si les congés paraissent attractifs, ils servent aussi à préparer les cours de la période suivante et à se former.
Avantages et inconvénients du métier
Exercer en tant qu'enseignant présente des bénéfices concrets, mais implique également des défis à ne pas sous-estimer.
Avantages
- Utilité sociale : contribuer à la formation intellectuelle et citoyenne des jeunes générations procure un sentiment d'accomplissement et donne du sens à son activité professionnelle
- Sécurité de l'emploi : le statut de fonctionnaire offre une stabilité rare sur le marché du travail, avec une rémunération garantie et une évolution de carrière prévisible
- Organisation du temps : le calendrier scolaire permet de bénéficier de périodes de congés régulières pour se ressourcer, même si elles sont en partie consacrées à la préparation des cours et à la formation
Inconvénients
- Charge de travail invisible : au-delà des heures de cours, la préparation, les corrections et les réunions représentent un volume de travail conséquent, souvent réalisé le soir et le week-end
- Gestion de classe exigeante : maintenir l'attention et l'engagement d'élèves aux profils hétérogènes, gérer les comportements perturbateurs et répondre aux besoins éducatifs particuliers demandent une énergie constante
- Début de carrière difficile : les jeunes enseignants sont souvent affectés sur des postes moins attractifs géographiquement ou dans des établissements difficiles, ce qui peut s'avérer éprouvant
Quelle est la différence entre un enseignant, un instituteur et un professeur ?
Ces termes sont souvent employés de manière interchangeable, mais ils recouvrent des réalités distinctes.
Un enseignant désigne toute personne dont la fonction consiste à transmettre des savoirs, quelle que soit la structure ou le niveau d'enseignement. Les professeurs des écoles, les professeurs de collège ou de lycée, les formateurs et les professeurs d'université entrent tous dans cette catégorie.
Le terme instituteur désignait autrefois les enseignants exerçant dans le premier degré (école maternelle et élémentaire). Depuis 1990, cette appellation a été remplacée par « professeur des écoles », afin de valoriser la dimension pédagogique et disciplinaire du métier et d'aligner le statut sur celui des enseignants du secondaire.
Un professeur enseigne une discipline, une technique ou un savoir-faire spécifique. On parle de professeur des écoles dans le primaire, de professeur de mathématiques ou d'histoire-géographie dans le secondaire, et de professeur des universités dans l'enseignement supérieur. Le terme renvoie à une expertise disciplinaire reconnue.
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