Quelle reconversion pour un enseignant ?
Exercer en tant qu'enseignant, c'est l'opportunité de transmettre ses connaissances aux élèves et de leur faire acquérir des compétences qui élargiront leurs possibilités en termes de formations et de métiers.
Pourtant, aussi gratifiant et valorisant que soit le métier, la profession n'échappe pas aux envies de reconversion. Ces projets peuvent s'expliquer par certaines conditions de travail (classes surchargées, moyens financiers jugés insuffisants, manque de reconnaissance de l'administration et des parents d'élèves) mais aussi pour des raisons extérieures, sans rapport avec la vie scolaire.
Une chose est sûre : si la lassitude et la routine commencent à s'installer et que l'envie d'enseigner se dissipe au fil des années, mieux vaut envisager de changer de métier, même si vous débutez encore dans la profession. On vous dit comment faire les choses dans l'ordre afin de réussir votre reconversion.
Identifier un projet de reconversion
La première étape est de savoir ce que vous souhaitez faire par la suite. S'agit-il de continuer à enseigner au sein d'une autre structure ? Auprès d'un autre public ? À l'aide d'outils numériques ? Ou avez-vous envie de changer radicalement de secteur et de vous consacrer à une passion plus ou moins enfouie ?
Dans tous les cas, il est largement recommandé de se faire accompagner dans cette démarche. Effectuer un bilan de compétences est un excellent moyen de faire le point sur sa carrière pour définir un projet de reconversion cohérent, en phase avec la réalité du marché de l'emploi. Ce dispositif vous permettra de lister vos points forts et vos lacunes, d'identifier vos aspirations professionnelles et d'en tirer une feuille de route vers votre nouveau métier.
Le bilan de compétences présente un autre avantage non négligeable pour les enseignants : il peut être financé par la collectivité et est éligible au Compte personnel de formation (CPF). Une raison supplémentaire de ne pas s'en priver avant de prendre une décision aussi importante.
Les possibilités de reconversion pour un enseignant
Un enseignant qui souhaite se reconvertir aura l'embarras du choix pour mener à bien son nouveau projet professionnel. Tour d'horizon des pistes qui se dessinent pour vous, temporaires ou définitives.
Passer un concours de la fonction publique
En tant que fonctionnaire, il serait dommage de passer à côté des multiples opportunités des concours internes ou externes de la fonction publique. Après vous être renseigné sur les modalités d'inscription, vous pourrez passer un concours afin d'exercer des métiers tels que :
- directeur d'école ou chef d'établissement
- inspecteur de l'éducation nationale (IEN)
- conseiller principal d'éducation (CPE)
- bibliothécaire
- psychologue de l'éducation nationale (PsyEn)
Demander un détachement
Le détachement est un dispositif qui permet à un fonctionnaire d'exercer dans un autre corps de métier, de niveau équivalent, tout en conservant ses droits à l'avancement et à la retraite. La durée maximum est fixée à cinq ans. Vos employeurs pourront être des administrations, des collectivités territoriales et autres organismes d'État. Un détachement peut également être obtenu si vous avez pour projet d'exercer un mandat d'élu local.
Effectuer une demande de mise en disponibilité
Contrairement au détachement, la mise en disponibilité entraîne le gel des droits à l'avancement et à la retraite pendant toute la durée du dispositif (cinq ans maximum). Cette démarche peut être l'occasion de s'accorder du temps pour élaborer un nouveau projet professionnel ou découvrir de nouveaux secteurs d'activité. Les conditions pour se mettre en disponibilité sont les suivantes :
- suivre son partenaire déménageant dans une région éloignée pour des raisons professionnelles
- être parent d'un enfant de moins de 8 ans
- avoir un enfant à charge nécessitant des soins spécifiques suite à une maladie ou un handicap
- exercer un mandat d'élu local
- raisons de santé
D'autres motifs peuvent également être acceptés par votre rectorat ou inspecteur d'académie, sauf nécessités de service :
- raisons personnelles
- reprise d'études ou projets de recherche universitaires
- création ou reprise d'entreprise
Bon à savoir : la demande de réintégration se réalise au moins trois mois avant la fin de la mise en disponibilité.
Réaliser une demande de cumul d'activités
Le cumul d'activités est très encadré dans la fonction publique et un enseignant ne peut pas en principe exercer une autre activité, sauf exceptions. Ces exceptions sont plus nombreuses qu'on pourrait l'imaginer. Si vous n'êtes pas encore prêt à changer de métier, vous pouvez jongler entre deux activités distinctes, à condition que cela n'affecte pas votre travail.
Vérifiez que vous êtes dans la légalité et pensez à demander systématiquement l'accord de votre rectorat avant de vous lancer. Il faudra aussi déclarer votre activité auprès des services concernés et choisir le statut juridique le plus adapté, celui de micro-entrepreneur généralement.
La production d'œuvres de l'esprit constitue la principale exception permettant un cumul d'activités. Voici ce qui vous est permis en tant qu'enseignant :
- écrire des livres, romans et autres brochures littéraires, artistiques ou scientifiques
- participer à des conférences et allocutions
- réaliser des compositions musicales
- réaliser des œuvres cinématographiques
- élaborer une pièce de théâtre ou de spectacle vivant
- créer des logiciels
- concevoir des habits et vêtements
De multiples autres exceptions vous autoriseront à exercer une activité en parallèle :
- les activités d'expertise et de consultation
- les actions de formation
- les activités sportives et culturelles
- les activités agricoles
- l'accompagnement du conjoint dans sa gestion d'entreprise
- les activités d'aide à domicile
- les petits travaux chez des particuliers
- les activités et missions d'intérêt général
- les activités de services à la personne
- la vente de biens et d'objets conçus par vos soins
Démissionner de l'éducation nationale
Avant de prendre une telle décision, mieux vaut s'assurer de faire le bon choix : un retour en arrière reste possible mais compliqué, en repassant le concours de recrutement de professeur des écoles (CRPE), accessible à partir d'un bac +5 comme le master MEEF. La demande de démission se fait auprès de votre administration, qui aura alors quatre mois pour traiter votre dossier. Si vous êtes prêt à entamer une nouvelle page de votre vie professionnelle, une démission en bonne et due forme, via une rupture conventionnelle, peut être le meilleur moyen de vous donner les moyens d'atteindre vos objectifs.
Les métiers pour se reconvertir après avoir été enseignant
Un large éventail de métiers vous attend après avoir consacré une partie de votre carrière à l'enseignement. Voici une liste non exhaustive des pistes accessibles dans le cadre d'une reconversion professionnelle.
Les métiers de l'enseignement et de la formation
En tant que professeur, vous avez développé un sens aiguisé de la pédagogie, des qualités relationnelles solides (écoute, prise de parole en public, gestion de groupe) et une maîtrise des outils numériques qui faciliteront une nouvelle carrière dans les métiers de la transmission. Si vous avez encore la passion du savoir, pourquoi ne pas l'exercer auprès de nouveaux publics en devenant formateur d'adultes, coach professionnel ou professeur à l'étranger ?
Se reconvertir dans la formation
Les métiers de la petite enfance
Si vous aimez travailler au contact des enfants et souhaitez tourner la page de l'enseignement, le secteur de la petite enfance propose de réelles perspectives. En tant que professionnel de ce secteur, vous contribuerez au développement de l'enfant, à son autonomie, à sa socialisation ainsi qu'à son bien-être. Un certain nombre de métiers nécessitent de passer le CAP accompagnant éducatif petite enfance (CAP AEP), d'autres exigent de réussir un concours de la fonction publique.
Parmi les reconversions envisageables :
- éducateur de jeunes enfants
- assistant maternel
- ATSEM
- auxiliaire de puériculture
Se reconvertir dans la petite enfance
Les métiers liés à votre domaine d'expertise
En tant qu'enseignant, vous avez probablement développé un haut niveau d'expertise dans une ou plusieurs disciplines. Pourquoi ne pas en faire profiter les secteurs concernés ? Un professeur de mathématiques pourra par exemple intégrer le secteur bancaire, celui des assurances ou mettre ses compétences à contribution dans la comptabilité ou l'ingénierie. La formation continue pourra contribuer au renforcement ou au renouvellement des compétences qui pourraient vous faire défaut.
Les compétences transférables de l'enseignant
Ce que l'on oublie souvent : un enseignant cumule des compétences qui valent bien au-delà de la salle de classe. La capacité à structurer un discours complexe pour le rendre accessible, à gérer des groupes aux profils variés, à évaluer des progrès et adapter sa pédagogie en temps réel : autant de savoir-faire recherchés dans des secteurs aussi divers que les ressources humaines, la communication, le conseil ou le management. La rédaction, la recherche documentaire et la maîtrise des outils numériques complètent un profil souvent plus polyvalent qu'il n'y paraît. Un bilan de compétences permettra de mettre des mots sur ces atouts et de les valoriser auprès de futurs employeurs.
Découvrir de nouveaux horizons
Le champ des possibles est large après une carrière dans l'enseignement. Le monde de la formation professionnelle continue est aujourd'hui suffisamment riche pour apprendre un métier ou développer de nouvelles compétences dans des délais raisonnables. Que vous souhaitiez créer votre entreprise, vous reconvertir dans le secteur paramédical ou les métiers du digital, vous trouverez une formation diplômante ou certifiante qui concrétisera votre projet.
Financer sa reconversion d'enseignant
Plusieurs dispositifs peuvent financer tout ou partie de votre reconversion, selon votre situation et votre projet :
- Le compte personnel de formation (CPF) : accessible à tous les actifs, y compris les fonctionnaires. Il finance des formations certifiantes ou diplômantes dans un large catalogue. Les droits s'accumulent chaque année travaillée et sont utilisables à tout moment, sans accord de l'employeur pour la plupart des formations suivies hors temps de travail.
- Le congé de formation professionnelle (CFP) : dispositif spécifique aux agents de la fonction publique, souvent méconnu. Il ouvre droit à une absence d'un an, renouvelable jusqu'à trois ans, pour suivre une formation de son choix. Pendant cette période, vous percevez une indemnité mensuelle équivalente à 85 % de votre traitement brut la première année. C'est l'un des leviers les plus puissants pour un enseignant qui souhaite se former sérieusement sans démissionner.
- Le projet de transition professionnelle (PTP) : finance une formation longue visant à changer de métier, tout en maintenant une partie de sa rémunération. Pour les agents publics, un dispositif équivalent existe via les fonds de formation de chaque ministère.
- La validation des acquis de l'expérience (VAE) : représente une autre voie pour obtenir un diplôme en faisant reconnaître officiellement les compétences acquises au fil de votre carrière, sans repasser par une formation complète. Pour un enseignant qui souhaite valoriser des années d'expérience dans un nouveau contexte professionnel, c'est souvent un raccourci précieux.
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