Comment devenir océanographe - MaFormation

Comment devenir océanographe

Plongez dans l'univers fascinant des océans !
Mis à jour le , publié en décembre 2021
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Par L'équipe MaFormation
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Il plonge dans l'océan et étudie les fonds marins, l'océanographe serait-il l'Indiana Jones des mers ? Ce professionnel des profondeurs est avant tout un scientifique passionné du milieu marin et de la recherche. À la croisée de plusieurs disciplines, découvrez ce métier méconnu qui vous emmènera de la surface des océans jusqu'à leurs profondeurs les plus mystérieuses.

Quel est le rôle d'un océanographe ?

Chercheur, explorateur, l'océanographe analyse la diversité de la biologie marine aussi bien que la géologie des fonds marins ou les courants océaniques comme le Gulf Stream. Ses connaissances pluridisciplinaires lui permettent d'étudier l'origine de la vie, les plaques tectoniques, les courants océaniques et l'influence de leur évolution sur les changements climatiques.

Du laboratoire aux expéditions en mer, ses missions articulent recherche théorique et travail de terrain :

  • effectuer des campagnes océanographiques embarquées pour collecter des échantillons d'eau, de sédiments ou d'organismes marins
  • manipuler et réparer les instruments de mesure (sondes, capteurs, robots sous-marins) lors des missions en mer
  • analyser les données collectées par radars et satellites sur les courants, la température et la salinité de l'eau
  • construire des modèles mathématiques pour prévoir l'évolution des phénomènes océaniques
  • rédiger des publications scientifiques et présenter ses recherches lors de conférences internationales
  • collaborer avec des ingénieurs pour développer de nouveaux équipements d'observation
  • évaluer l'impact environnemental des activités humaines sur les écosystèmes marins.

Quelle formation pour devenir océanographe ?

L'accès au métier d'océanographe est généralement conditionné par l'obtention d'un diplôme de niveau bac +5 (Master 2). Un baccalauréat à dimension scientifique constitue votre point de départ, suivi d'un parcours universitaire ou d'ingénieur spécialisé dans les sciences marines.

Niveau bac +3 :

  • Bachelor océanographe-prospecteur (Intechmer-CNAM)

Niveau bac +5 :

  • Diplôme d'ingénieur de l'École supérieure d'ingénieurs de Marseille, spécialité génie océanique
  • Diplôme d'ingénieur de l'ENSTA Bretagne, spécialité océanographie
  • Diplôme d'ingénieur de Seatech (École d'ingénieurs de l'université de Toulon)
  • Master océanographie de l'université de Bordeaux
  • Master sciences de la mer de l'université de Toulouse 3
  • Master océanographie et environnements marins de Sorbonne Université
  • Master recherche océanographie physique et biogéochimique d'Aix-Marseille

Pour maximiser vos chances de recrutement dans un secteur très sélectif, un doctorat en océanographie (bac +8) devient souvent nécessaire, particulièrement si vous visez la recherche publique.

Orientez votre choix vers des masters et diplômes d'ingénieurs offrant des stages en mer et des collaborations avec des organismes de recherche reconnus. Assurez-vous que le cursus comprend la maîtrise des logiciels de modélisation océanographique, une compétence clé pour votre entrée sur le marché du travail.

Les débouchés étant limités dans ce domaine, il est recommandé de développer son réseau professionnel dès votre entrée en formation, cela peut notamment passer par la participation à des colloques scientifiques ou des campagnes océanographiques.

Quelles sont les qualités requises pour devenir océanographe ?

À la fois chercheur et navigateur, l'océanographe conjugue de multiples qualités pour faire avancer la recherche océanique.

Qualités humaines 

  • La curiosité scientifique vous pousse à questionner constamment les phénomènes observés, à explorer de nouvelles hypothèses et à remettre en cause vos propres conclusions... Ce qui suppose une certaine humilité !
  • Une grande rigueur intellectuelle : l'approximation n'a pas sa place dans ce métier où le moindre erreur de mesure ou d'interprétation peut fausser les résultats de plusieurs mois de travail.
  • Votre capacité d'adaptation s'exprime particulièrement lors des campagnes en mer, où vous devez composer avec les conditions météorologiques imprévisibles et ajuster vos protocoles en temps réel.
  • Le travail d'équipe occupe une place de choix dans votre quotidien, car vous collaborez avec des biologistes, des géologues, des physiciens et des ingénieurs qui apportent chacun leur expertise.
  • Un sens de la communication développé est nécessaire pour expliquer vos recherches aussi bien à vos pairs qu'au grand public ou aux décideurs politiques qui financent vos projets.

Compétences techniques incontournables

  • maîtrise de l'anglais scientifique pour lire les publications internationales et échanger avec la communauté mondiale
  • utilisation avancée des logiciels de traitement de données (Matlab, Python, R) et de modélisation océanographique
  • compétences en statistiques pour analyser les séries temporelles et valider les modèles prédictifs

Compétences techniques complémentaires

  • pilotage et maintenance des instruments de mesure océanographique (CTD, ADCP, profileurs)
  • connaissances en navigation et en sécurité maritime pour les missions embarquées
  • bases en cartographie numérique et en systèmes d'information géographique (SIG)

Quel est le salaire d'un océanographe ?

Votre rémunération dépend avant tout du type de structure qui vous emploie et de la nature de vos fonctions. On peut toutefois faire une estimation :

  • Un océanographe débutant perçoit entre 28 000 et 33 000 euros brut par an, soit 1 856 à 2 190 euros net par mois.
  • Avec de l'expérience, la rémunération se situe entre 35 000 et 40 000 euros brut par an, soit 2 320 à 2 650 euros net par mois.

Dans la fonction publique, votre traitement dépend de votre grade et de votre échelon. Un maître de conférences démarre autour de 2 100 euros brut mensuel en début de carrière et peut atteindre 4 500 euros, tandis qu'un professeur d'université en fin de carrière perçoit jusqu'à 6 600 euros par mois.

Le secteur privé, notamment dans l'industrie pétrolière offshore ou les bureaux d'études environnementales, propose des salaires plus élevés avec des primes liées aux missions en mer. Les océanographes travaillant pour des entreprises internationales bénéficient parfois d'avantages comme la prise en charge des déplacements et des per diem confortables lors des campagnes à l'étranger.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

Les opportunités d'évolution dépendent largement de votre employeur et de votre capacité à vous spécialiser dans un domaine pointu de l'océanographie.

Vous pouvez progresser vers des fonctions d'encadrement en devenant directeur de laboratoire ou chef de mission scientifique. Vous serez alors chargé de coordonner plusieurs équipes de recherche sur des programmes d'envergure internationale.

Une spécialisation approfondie dans un champ disciplinaire spécifique comme la dynamique des vagues scélérates, la biogéochimie des profondeurs ou la tectonique des plaques vous positionne comme expert reconnu et sollicité pour des projets de recherche à forte visibilité.

Après plusieurs années d'expérience, vous pouvez vous orienter vers l'enseignement supérieur en devenant maître de conférences puis professeur d'université, partageant ainsi votre expertise avec la nouvelle génération de chercheurs.

Le secteur privé offre des opportunités en tant qu'expert environnemental auprès des compagnies pétrolières, des sociétés d'énergies marines renouvelables ou des cabinets de conseil en gestion des zones côtières. Certains océanographes mettent leurs compétences au service de la vulgarisation scientifique en rejoignant des aquariums, des musées océanographiques ou des médias spécialisés.

Votre futur environnement de travail

Votre quotidien se partage entre le laboratoire et les missions en mer, dans des proportions qui dépendent fortement de votre employeur.

Dans un organisme de recherche public comme l'Ifremer ou le CNRS, vous passerez la majorité de votre année dans un bureau à analyser des données, modéliser des phénomènes océaniques et rédiger des articles scientifiques, entouré d'ordinateurs et d'écrans affichant des cartes bathymétriques ou des courbes de température.

Les campagnes océanographiques rythment votre calendrier à raison d'un mois par an environ, vous embarquant sur des navires de recherche pour des missions qui durent de quelques jours à plusieurs semaines.

La plupart de vos interactions impliquent des biologistes marins, des géologues et des physiciens, formant une équipe pluridisciplinaire où chacun apporte son angle d'analyse.

Les réunions d'équipe alternent avec les phases de travail solitaire, particulièrement lors du traitement statistique des données ou de la rédaction.

Dans le secteur privé, notamment dans les bureaux d'études environnementales ou les entreprises d'exploitation offshore, le rythme s'accélère avec des délais plus serrés et des relations directes avec les clients industriels. Vous passez alors davantage de temps sur le terrain, en mer ou sur les zones côtières, pour réaliser des études d'impact ou superviser des chantiers.

Une fois en mer, vous travaillez par quarts, parfois de nuit, pour surveiller les instruments de mesure et récupérer les échantillons. L'environnement maritime impose ses contraintes : bruit des moteurs, tangage du navire, espace réduit dans les cabines et adaptation aux conditions météorologiques qui peuvent retarder ou modifier vos protocoles d'observation.

Avantages et inconvénients

Ce métier fascine, mais la réalité du terrain mérite un regard lucide avant de vous y engager.

Avantages

  • Une dimension exploratoire unique : Vous participez à la découverte de zones inexplorées des océans et contribuez à faire avancer la connaissance scientifique sur des écosystèmes encore méconnus.
  • Un impact concret sur les enjeux environnementaux : Vos recherches alimentent les décisions politiques en matière de protection des océans et de lutte contre le changement climatique.
  • Une communauté scientifique internationale Vous échangez régulièrement avec des chercheurs du monde entier, participez à des conférences internationales et collaborez sur des programmes de recherche ambitieux qui transcendent les frontières.

Inconvénients

  • Des débouchés limités et une insertion difficile : Le nombre de postes permanents reste très restreint dans la recherche publique. Vous devrez probablement enchaîner plusieurs contrats postdoctoraux ou missions temporaires avant de décrocher un poste stable, ce qui peut s'étendre sur plusieurs années.
  • Des contraintes physiques lors des missions en mer : Les campagnes océanographiques exigent de supporter le mal de mer, les horaires décalés, l'éloignement familial et les conditions parfois spartiates à bord des navires de recherche.
  • Une rémunération modeste en début de carrière : Dans la fonction publique, les salaires de début de carrière restent modérés au regard du niveau de qualification exigé.

Quelle formation continue pour un océanographe déjà en exercice ?

Vous devez constamment actualiser vos connaissances pour rester à la pointe des avancées technologiques et méthodologiques de votre domaine.

Les formations courtes proposées par les organismes de recherche vous permettent de maîtriser les nouveaux logiciels de modélisation océanographique ou d'apprendre à utiliser les dernières générations de capteurs et de robots sous-marins.

Vous pouvez mobiliser votre Compte personnel de formation (CPF) pour financer des formations certifiantes en traitement de données massives (Big Data) ou en intelligence artificielle appliquée à l'océanographie.

Les écoles doctorales et les instituts spécialisés organisent régulièrement des sessions de formation continue sur des thématiques pointues comme la télédétection satellitaire, l'acoustique sous-marine ou la biogéochimie marine.

Si vous souhaitez vous réorienter vers l'ingénierie ou le conseil, des parcours diplômants en gestion de projets environnementaux ou en droit de la mer s'avèrent pertinents pour élargir votre champ d'intervention professionnel.

La participation aux conférences internationales et aux workshops thématiques représente également une forme de formation continue informelle mais essentielle, où vous découvrez les dernières publications et nouez des collaborations qui enrichissent vos pratiques de recherche.

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