Comment devenir ambulancier
Pour qui cherche un métier utile, concret et accessible sans bac, le diplôme d'État d'ambulancier ouvre une porte que peu de formations offrent aussi rapidement : un poste stable, des missions qui ont du sens et un marché du travail qui joue en votre faveur.
Quel est le rôle d'un ambulancier ?
L'ambulancier prend en charge le transport de patients malades, blessés ou en situation de dépendance vers les établissements de santé adaptés : hôpitaux, cliniques, centres de rééducation, laboratoires d'analyse. Selon les situations, le transport s'effectue en position allongée, semi-allongée ou assise. Il travaille généralement en binôme avec un auxiliaire ambulancier.
Ses missions couvrent plusieurs responsabilités :
- Évaluation de l'état de santé du patient avant et pendant le trajet
- Surveillance constante du patient et adaptation de la conduite à son état
- Réalisation des gestes de premiers secours en cas d'urgence
- Brancardage et manutention en coordination avec l'auxiliaire ambulancier
- Transmission des informations médicales au personnel soignant à l'arrivée
- Entretien, nettoyage et stérilisation du véhicule et du matériel médical
- Gestion des tâches administratives liées à chaque intervention (feuille de route)
Quelle formation pour devenir ambulancier ?
Une seule formation mène au métier : le diplôme d'État d'ambulancier (DEA), de niveau CAP, délivré après 801 heures de formation réparties sur environ 6 mois dans un Institut de Formation d'Ambulanciers (IFA) agréé par le ministère de la Santé.
La formation couvre 4 blocs de compétences :
- Prise en charge du patient à tout âge de la vie
- Recueil de données cliniques et soins adaptés, notamment en situation d'urgence
- Transport du patient dans le respect des règles de sécurité routière
- Entretien des matériels et du véhicule sanitaire
- Travail en équipe et traitement des informations liées à l'activité
La formation est ouverte sans exigence de diplôme, mais trois prérequis sont obligatoires : être titulaire du permis B depuis au moins trois ans, présenter un certificat médical de non-contre-indication avec vaccinations à jour, et obtenir une attestation préfectorale d'aptitude à la conduite d'une ambulance.
L'accès est conditionné par deux épreuves de sélection. Une épreuve écrite d'admissibilité (français et arithmétique), dont sont dispensés les titulaires d'un diplôme de niveau IV ou V du secteur sanitaire et les candidats ayant trois ans d'expérience comme auxiliaire ambulancier.
Une épreuve orale d'admission portant sur la compréhension d'un texte sanitaire et sur les motivations du candidat. Des préparations aux épreuves sont disponibles à distance, pratiques si vous n'avez pas encore quitté votre poste actuel.
Quelles sont les qualités requises pour devenir ambulancier ?
Le métier d'ambulancier repose sur un profil à la fois médical, humain et physique.
Qualités humaines indispensables
L'ambulancier est souvent la première personne que le patient voit dans un moment difficile. Il sait écouter avant d'agir, faire preuve d'une empathie naturelle et d'une patience réelle, sans jamais laisser transparaître la pression de la situation.
Doté d'un solide sang-froid, il garde la tête froide quand l'urgence se présente, ajuste son approche en fonction du profil de chaque patient, qu'il s'agisse d'une personne âgée, d'un enfant ou d'un blessé. Il est aussi capable de travailler en binôme serré avec son auxiliaire, en coordonnant ses gestes avec précision et fluidité.
Enfin, il doit faire preuve d’une certaine résistance physique et mentale : horaires décalés, interventions exigeantes et charge émotionnelle sont des paramètres avec lesquels il compose au quotidien.
Compétences techniques incontournables
- Maîtrise des gestes de premiers secours et des protocoles d'urgence
- Conduite adaptée à l'état du patient, avec ou sans gyrophare
- Manipulation du matériel médical et techniques de brancardage
Compétences techniques complémentaires
- Connaissance du vocabulaire médical et du fonctionnement des établissements de santé
- Gestion administrative des interventions (feuille de route, transmission d'informations)
- Entretien et stérilisation du véhicule et du matériel sanitaire
Quel est le salaire d'un ambulancier ?
Le salaire d'un ambulancier reste modeste à l'entrée dans le métier, mais il évolue avec l'expérience et varie selon les conditions d'exercice.
- En début de carrière, la rémunération se situe entre 1 750 et 1 900 € brut par mois, soit environ 1 350 à 1 470 € net mensuels.
- Après plusieurs années d'expérience, la fourchette progresse vers 2 000 à 2 400 € brut par mois, soit environ 1 550 à 1 860 € net.
Ce qui fait réellement varier la fiche de paie, c'est moins le grade que le planning. Les indemnités de nuit, de week-end et de jours fériés représentent une part significative de la rémunération globale pour les ambulanciers qui interviennent sur des gardes d'urgence. Le secteur joue également : les grilles du public et du privé diffèrent, et toutes les structures n'offrent pas les mêmes conditions.
Les perspectives d'évolution pour votre carrière
Beaucoup d'ambulanciers ont déjà franchi une première étape avant même d'obtenir leur DEA, en démarrant comme auxiliaire ambulancier après une formation courte de 70 heures.
Une fois diplômé, les trajectoires sont plus variées qu'on ne l'imagine. Certains passent du salariat à l'indépendance, d'autres du secteur privé à la fonction publique hospitalière. Ceux qui souhaitent évoluer vers l'encadrement peuvent accéder au poste de chef d'équipe, chargé de superviser et coordonner les interventions.
D'autres se spécialisent en tant qu'ambulancier SMUR pour prendre en charge des urgences vitales avec un niveau de soins avancé. Le métier de formateur attire les profils expérimentés souhaitant transmettre leur expertise. Enfin, des passerelles existent vers les métiers d'infirmier, d'aide-soignant ou de brancardier pour ceux qui visent le milieu hospitalier.
Votre futur environnement de travail
Pas de bureau, pas de poste fixe : l'ambulancier exerce sur la route, dans son véhicule, et dans les couloirs des établissements de santé qu'il fréquente au fil de ses interventions.
Le transport programmé représente la majorité des interventions : convois calmes vers une clinique, un laboratoire ou un centre de rééducation, avec un patient stable et un trajet anticipé.
À l'opposé, les interventions d'urgence placent l'ambulancier dans un tout autre registre : gyrophare, coordination avec le SAMU, gestes de secours au bord de la route ou à domicile. Deux réalités du même métier, qui coexistent parfois dans la même journée. Le travail en binôme avec l'auxiliaire encadre chaque intervention, du départ en mission jusqu'à la transmission au personnel soignant à l'arrivée.
Avantages et inconvénients du métier
L'ambulancier est l'un des rares métiers du secteur sanitaire accessible sans diplôme préalable, et les débouchés sont à la hauteur de cette accessibilité.
Avantages
- Insertion professionnelle facilitée : les entreprises de transport sanitaire peinent à recruter partout en France. Les titulaires du DEA se retrouvent en position de force sur le marché dès leur diplôme obtenu.
- Formation courte : six mois suffisent pour accéder à un métier qualifié du secteur de la santé, ce qui en fait une reconversion rapide et concrète.
- Diversité des missions : chaque journée réserve des situations différentes, des patients différents, des trajets différents. La routine s'installe rarement.
- Utilité sociale forte : rares sont les métiers où le sens du travail est aussi immédiat et tangible.
Inconvénients
- Horaires contraignants : nuits, week-ends et jours fériés font partie intégrante du rythme de travail, ce qui demande une organisation personnelle solide.
- Charge physique et émotionnelle : brancardage, manutention et gestion de patients en détresse représentent une sollicitation réelle sur le long terme.
- Rémunération modeste en début de carrière : le salaire de départ reste bas au regard des responsabilités, même si les indemnités de gardes viennent le compléter.
Sous quel statut exercer le métier d'ambulancier ?
Deux options s'offrent aux ambulanciers diplômés. Le salariat dans une société de transport sanitaire privée offre une stabilité appréciable : salaire fixe, planning cadré et couverture sociale complète. C'est le choix le plus courant en début de carrière.
L'installation à son compte attire ceux qui souhaitent piloter leur activité en toute autonomie. La flexibilité est réelle, mais ce statut exige une polyvalence plus grande : gestion comptable, démarches administratives et développement de clientèle viennent s'ajouter aux missions terrain. Il faut également obtenir un agrément préfectoral de l'ARS et prévoir l'achat d'un véhicule conforme aux normes sanitaires.
Quelle différence entre un VSL et une ambulance ?
Le VSL (véhicule sanitaire léger) transporte les patients en position assise, jusqu'à trois personnes simultanément, sans équipage obligatoire à deux personnes. Il peut être conduit par un auxiliaire ambulancier comme par un ambulancier diplômé. Aucun brancardage ni portage n'y est réalisé.
L'ambulance prend en charge les patients dont l'état requiert un transport allongé ou semi-allongé, une surveillance pendant le trajet et des gestes de secours si nécessaire. Elle exige un équipage composé d'un ambulancier DEA et d'un auxiliaire. C'est dans ce cadre que s'exercent les missions les plus exigeantes, notamment les interventions d'urgence avec le SMUR.
Comment financer sa formation d'ambulancier ?
La formation au DEA est payante, mais plusieurs dispositifs peuvent en couvrir tout ou partie des frais. La profession fait partie des métiers en tension reconnus, ce qui ouvre l'accès à des aides spécifiques :
- Financement régional : votre région peut contribuer directement aux frais pédagogiques dans le cadre des formations aux métiers en tension
- CPF (Compte Personnel de Formation) : mobilisable selon votre solde et votre situation professionnelle
- France Travail : prise en charge possible si vous êtes demandeur d'emploi
- Votre employeur : participation envisageable dans le cadre d'un projet de reconversion accompagné
Renseignez-vous auprès de votre conseiller France Travail ou de l'IFA de votre choix pour construire votre plan de financement.
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