CPF : le gouvernement veut imposer une validation par un tiers avant chaque formation
Le compte personnel de formation (CPF) s'apprête-t-il (encore) à changer de visage ? Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé dans un entretien aux Échos le 16 juillet vouloir conditionner chaque utilisation du CPF à une validation préalable. Objectif affiché : recentrer le dispositif sur l'évolution professionnelle réelle des actifs, dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques.
Un questionnaire avant chaque formation
Chaque titulaire devrait ainsi répondre à un bref questionnaire automatisé sur son projet professionnel avant de mobiliser ses droits. La formation demandée serait alors comparée à ce projet. En cas d'écart jugé trop important, le titulaire pourrait être orienté vers un conseiller en évolution professionnelle.
La validation reviendrait à l'employeur si la formation a lieu durant le temps de travail. Sur le temps libre, elle passerait par les conseillers en évolution professionnelle, par exemple l'Apec pour les cadres ou France Travail pour les demandeurs d'emploi.
Pourquoi ce tour de vis
Cette annonce fait suite à un rapport du Sénat pointant un bilan qualitatif contrasté : près de quatre formations sur dix financées par le CPF ne débouchent pas sur une certification reconnue, et une partie des parcours suivis n'a aucun objectif professionnel identifié. Le gouvernement espère réaliser environ 350 millions d'euros d'économies par an grâce à cette réforme, intégrée au projet de budget 2027. L'époque n'est pas à la profusion, elle est à l'efficacité des dépenses publiques », a résumé le ministre.
Le CPF, cible récurrente des réformes budgétaires
Cette annonce s'ajoute à une série de restrictions déjà entrées en vigueur ces dernières années :
- le permis de conduire a été exclu du catalogue CPF, sauf pour les demandeurs d'emploi ;
- un décret de février 2026 a plafonné à 1 500 euros les formations issues du répertoire spécifique (langues, habilitations professionnelles, notamment), même quand le compte du titulaire est mieux doté ;
- une participation forfaitaire a été instaurée en mai 2024, à hauteur de 100 euros, puis relevée à 150 euros en avril dernier.
Des oppositions déjà affichées
Le projet suscite de premières réactions tranchées. La CFDT juge que le CPF « ne peut devenir un outil au service exclusif des besoins des entreprises ». Du côté de la CGT, Denis Gravouil défend un droit individuel qui doit permettre de choisir une formation « qui ne soit pas uniquement celle que son employeur veut ». Le député Sylvain Maillard, lui, dénonce un « choix de défiance » envers la liberté des actifs. Le patronat, à l'inverse, soutient l'initiative.
Les modalités précises du questionnaire et la date d'entrée en vigueur de cette réforme restent à ce stade à préciser.
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