Comment se reconvertir vers le métier d'art-thérapeute
Comme son nom l'indique, l'art-thérapie consiste à se servir de l'art sous toutes ses formes à des fins thérapeutiques. Elle est fréquemment utilisée dans le secteur de la santé et du médico-social. Par le biais d'une activité artistique, elle aide des patients souffrant de troubles émotionnels, relationnels ou psychologiques à exprimer leur mal-être et à apaiser leurs souffrances. La musique, la danse, le théâtre ou l'écriture y ont leur place. Les arts plastiques (peinture, dessin, sculpture) sont toutefois souvent privilégiés, car accessibles au plus grand nombre.
L'art-thérapeute a donc pour rôle de soulager les maux de ses patients, qu'il s'agisse d'enfants, d'adolescents, d'adultes ou de personnes âgées. Selon son lieu d'exercice, il intervient en centre éducatif, en milieu hospitalier, en EHPAD ou directement au domicile des patients. Il travaille le plus souvent sur indication médicale, en lien avec l'équipe soignante.
Pourquoi choisir le métier d'art-thérapeute pour sa reconversion ?
Vous cherchez un métier où votre sensibilité artistique compte autant que votre qualité d'écoute ? L'art-thérapie a de sérieux arguments à faire valoir.
- Des débouchés qui dépassent le monde médical : l'idée qu'on peut avoir recours à l'art-thérapie même en bonne santé est désormais répandue. Écoles, entreprises ou encore centres de détention font aujourd'hui partie des structures susceptibles de faire appel à un art-thérapeute.
- Votre pratique artistique devient un atout : vous pratiquez déjà une discipline et vous aimez la partager ? Votre transition vers l'art-thérapie en sera nettement facilitée, car vous arrivez avec un savoir-faire que la formation viendra enrichir.
- La satisfaction d'aider autrement : voir un patient reprendre peu à peu confiance en ses capacités, a quelque chose de profondément gratifiant. Ici, la création sert de passerelle vers la parole et le lien aux autres.
- La liberté de vous installer à votre compte : en libéral, une séance individuelle se facture généralement entre 30 et 60 €. Vous organisez votre activité à votre rythme, seul ou en complément d'interventions en établissement.
En toute transparence : le marché de l'emploi reste étroit, et les postes salariés à temps plein se font rares. Nombre d'art-thérapeutes démarrent à temps partiel ou en complément d'une autre activité, le temps de se constituer un réseau et une patientèle. L'offre de formation est elle aussi très hétérogène, et les employeurs accordent bien plus de crédit à un titre inscrit au RNCP qu'à un stage de quelques jours.
Avez-vous le profil pour devenir art-thérapeute ?
À l'image de n'importe quel autre thérapeute, l'art-thérapeute se distingue avant tout par ses qualités relationnelles. Des aptitudes que votre parcours professionnel ou personnel vous a sans doute déjà donné l'occasion de cultiver.
Compétences principales
- Écoute et sens de la communication : vous aimez aller vers les autres et savez entendre ce qu'ils expriment, avec ou sans mots.
- Capacité à mettre en confiance : vos patients doivent se sentir à l'aise pour s'exprimer librement, sans crainte d'être jugés.
- Pratique d'une discipline artistique : dessin, théâtre, écriture ou musique, il s'agit de la maîtriser suffisamment pour animer vos ateliers, à un niveau d'amateur éclairé.
- Créativité et imagination : d'un patient à l'autre, les besoins et les blocages diffèrent, à vous d'inventer les propositions qui conviennent à chacun.
- Connaissances en psychologie : psychiatrie, psychologie du développement, neuropsychologie… Ces notions, abordées en formation, vous aident à comprendre les troubles de vos patients.
Compétences secondaires
- Travail en équipe pluridisciplinaire : en établissement, vous échangez régulièrement avec médecins, infirmiers ou éducateurs sur l'évolution des patients.
- Rigueur rédactionnelle : le suivi écrit des séances (bilans, comptes rendus, évaluations) fait partie du métier et rassure les équipes.
- Fibre entrepreneuriale : un atout si vous visez le libéral, pour démarcher les structures et trouver vos premiers clients.
Quelle formation pour se reconvertir vers le métier d'art-thérapeute ?
Les personnes qui entament une reconversion dans l'art-thérapie disposent généralement des compétences artistiques requises. Si vous n'avez pas encore d'affinité avec un art en particulier, il peut être judicieux de suivre d'abord une formation dans la pratique qui vous attire le plus. Renseignez-vous toutefois sur les besoins des employeurs de votre bassin d'emploi, sur Internet ou directement sur le terrain, pour éviter une discipline peu adaptée aux publics visés.
La profession d'art-thérapeute n'est pas réglementée. Dans les faits, les établissements recrutent des professionnels titulaires d'une certification reconnue par l'État ou d'un diplôme universitaire.
Un titre d'art-thérapeute enregistré au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles), de niveau 6 (bac+3/4), convient particulièrement aux adultes qui souhaitent se reconvertir.
Plusieurs écoles préparent ce type de titre, comme l'Afratapem à Saint-Cyr-sur-Loire (37). Le cursus alterne enseignements théoriques et immersion en structure, où vous mettez en place vos propres ateliers créatifs, avant un rapport de stage et une soutenance orale. Comptez jusqu'à trois ans pour les formats aménagés en week-end ou en sessions, compatibles avec une activité professionnelle.
Autres formations possibles :
- La certification de l'INECAT (Institut national d'expression, de création, d'art et thérapie), également enregistrée au RNCP au niveau 6.
- Le diplôme universitaire (DU) d'art-thérapie, proposé par les facultés de médecine de Tours, Grenoble ou Lille en partenariat avec l'Afratapem.
Vous animez déjà des ateliers créatifs auprès de publics fragiles, en tant que soignant, éducateur ou animateur ? La validation des acquis de l'expérience (VAE) peut vous faire obtenir tout ou partie d'un titre RNCP d'art-thérapeute.
Quel salaire pour un art-thérapeute ?
En tant que débutant, vous toucherez un salaire compris entre 1 800 et 2 000 € brut par mois. Dans l'hospitalisation privée, la convention collective place le premier niveau autour de 1 950 € brut. Avec quelques années d'expérience, un art-thérapeute salarié en institution peut atteindre 2 800 à 3 500 € brut mensuels.
Le statut change la donne. En libéral, les tarifs démarrent souvent autour de 40 € de l'heure et montent jusqu'à 80 € pour un praticien reconnu. Vos revenus dépendent alors du nombre de séances et des structures qui vous sollicitent, sachant que les cotisations sociales absorbent une part importante du chiffre d'affaires.
Vous quittez un poste mieux rémunéré ? Les premières années demandent souvent un temps d'installation. Combiner vacations en établissement et séances en cabinet est une formule répandue pour sécuriser vos revenus, le temps de se faire connaître des établissements de son secteur.
Et après ? Vos perspectives d'évolution
Votre titre en poche, le métier d'art-thérapeute continue d'évoluer avec vous et avec vos envies.
- Changer de statut : vous pouvez passer du salariat au libéral, ou l'inverse, selon le degré de stabilité que vous recherchez.
- Explorer d'autres univers : l'insertion, le milieu carcéral, l'entreprise ou l'enseignement accueillent aussi des art-thérapeutes, avec des publics et des enjeux propres à chacun.
- Vous spécialiser : en approfondissant une discipline, vous pouvez devenir danse-thérapeute, théâtrothérapeute ou encore clown-thérapeute.
- Transmettre votre savoir-faire : avec de l'expérience, certains art-thérapeutes deviennent coordinateurs d'ateliers en structure médico-sociale ou formateurs dans des écoles spécialisées.
Comment financer sa reconversion d'art-thérapeute ?
Votre situation professionnelle détermine en grande partie les aides que vous pourrez mobiliser.
- Vous êtes salarié : votre compte personnel de formation (CPF) finance les formations inscrites au RNCP, avec une participation forfaitaire de 150 € à votre charge. Pour un cursus long, le projet de transition professionnelle (PTP) paie les frais pédagogiques et maintient votre rémunération pendant la formation.
- Votre employeur soutient le projet : si l'art-thérapie s'inscrit dans votre évolution en EHPAD ou en établissement de soins, il peut financer tout ou partie des frais. Il passe alors par son opérateur de compétences (OPCO).
- Vous êtes demandeur d'emploi : en complément de votre CPF, vous pouvez solliciter l'aide individuelle à la formation (AIF) de France Travail. Selon les régions, des aides régionales sont aussi accessibles sous conditions.
5 étapes concrètes pour lancer votre reconversion dès aujourd'hui
Votre projet prend forme ? Voici par où commencer.
1. Participer à un atelier d'art-thérapie
Une immersion vous dira vite si le métier vous correspond. Renseignez-vous auprès des EHPAD, des hôpitaux de jour ou des associations de votre secteur, dont nombre accueillent des bénévoles pour animer des ateliers créatifs. Observez la dynamique du groupe et demandez-vous si vous êtes à l'aise face à des personnes fragilisées. Cette première expérience nourrira aussi votre dossier de candidature.
2. Choisir votre discipline artistique
Partez de la pratique qui vous tient à cœur, puis confrontez-la aux attentes des structures. Les arts plastiques trouvent facilement leur place en pédiatrie ou en gériatrie, et la musique est fréquemment proposée aux personnes atteintes de troubles de la mémoire. Parcourez les offres d'emploi de votre région pour repérer les disciplines les plus recherchées.
3. Vérifier la reconnaissance des formations
Pour les écoles qui vous intéressent, consultez la fiche du cursus sur le site de France Compétences. Vous y trouverez le numéro RNCP, le niveau, les blocs de compétences et la date de fin d'enregistrement du titre. Vérifiez aussi que l'organisme est certifié Qualiopi, une condition obligatoire pour mobiliser votre CPF.
4. Échanger avec des art-thérapeutes en poste
Les praticiens sont les mieux placés pour vous décrire le métier tel qu'il s'exerce. Rencontrez-en lors des journées d'information des écoles ou via les fédérations professionnelles, comme la Fédération française des art-thérapeutes (FFAT). N'hésitez pas non plus à les contacter sur LinkedIn. Interrogez-les sur leur parcours et sur les publics avec lesquels ils travaillent.
5. Préparer les sélections d'entrée
Les écoles recrutent sur dossier et entretien, parfois avec une mise en situation ou une présentation de votre pratique artistique. Le jury cherche à comprendre votre motivation et la cohérence de votre projet avec votre parcours. Rassemblez quelques réalisations, préparez des exemples tirés de vos expériences auprès des publics, puis inscrivez-vous à la prochaine session de sélection.
©Viacheslav Yakobchuk