Comment devenir naturaliste
Le naturaliste incarne cette figure du scientifique de terrain qui parcourt les milieux naturels pour étudier, recenser et protéger la biodiversité. Si vous appréciez l'observation minutieuse, la rigueur scientifique et le travail en plein air, cette profession vous permettra de conjuguer curiosité naturaliste et engagement écologique.
Quel est le rôle d'un naturaliste ?
Le naturaliste étudie les êtres vivants et leurs interactions avec leur environnement pour mieux comprendre et préserver les écosystèmes. Spécialiste de la faune, de la flore ou des deux, il collecte des données sur le terrain et participe à des programmes de conservation.
Ses missions principales :
- réaliser des inventaires faunistiques et floristiques sur des sites naturels
- identifier et recenser les espèces présentes dans un territoire donné
- cartographier les habitats naturels et analyser leur évolution
- évaluer l'état de conservation des populations animales et végétales
- rédiger des rapports scientifiques et des études d'impact environnemental
- participer à des programmes de suivi et de préservation de la biodiversité
- sensibiliser le public (enfants, adolescents, adultes) à la protection de la nature lors d'animations pédagogiques
- conseiller les collectivités et aménageurs sur la gestion écologique des espaces
Quelle formation pour devenir naturaliste ?
Un diplôme de niveau bac +5 (Master 2) est généralement requis pour accéder à la profession de naturaliste. Une formation scientifique solide en biologie et écologie, complétée idéalement par une spécialisation en environnement est vivement recommandée décrocher un poste. Les parcours universitaires dominent largement ce secteur, bien que certaines écoles d'ingénieurs proposent également des cursus pertinents.
Niveau bac +3
- Licence professionnelle Métiers de la protection et de la gestion de l'environnement
- Licence Sciences de la vie et de la Terre, parcours écologie
- BUT Génie biologique, parcours gestion et protection de la nature
Niveau bac +5
- Master Biodiversité, écologie et évolution
- Master Expertise écologique et gestion de la biodiversité
- Master Gestion de l'environnement
- Diplôme d'ingénieur agronome, spécialité environnement
- Diplôme d'ingénieur écologue
La maîtrise des protocoles d'inventaires naturalistes s'acquiert avant tout sur le terrain, aux côtés de professionnels expérimentés. Développez parallèlement votre culture naturaliste personnelle en participant à des sorties associatives et en vous formant à la détermination des espèces. Certaines spécialisations taxonomiques (ornithologie, entomologie, botanique) peuvent renforcer votre profil sur des missions ciblées.
Quelles sont les qualités requises pour devenir naturaliste ?
La réussite dans ce métier repose sur un équilibre entre compétences scientifiques pointues et qualités humaines adaptées au travail de terrain.
Les qualités humaines essentielles
- La patience s'impose naturellement lorsqu'il faut attendre des heures l'apparition d'une espèce rare ou passer des journées à inventorier méticuleusement un site.
- Le sens de l'observation aiguisé vous permettra de repérer les indices discrets de présence animale ou de distinguer des espèces végétales similaires.
- La rigueur scientifique garantit la fiabilité de vos données, élément indispensable pour des études qui serviront de base à des décisions d'aménagement.
- L'autonomie caractérise ce métier où vous travaillerez souvent seul en milieu naturel, parfois dans des conditions météorologiques difficiles.
- La pédagogie se révèle précieuse pour transmettre vos connaissances au grand public ou convaincre les décideurs de l'importance de la préservation des milieux naturels.
Compétences techniques incontournables :
- maîtrise des techniques d'inventaires et de suivis de la faune et de la flore
- identification des espèces animales et végétales à l'aide de clés de détermination
- utilisation des systèmes d'information géographique (SIG) comme QGIS pour la cartographie
Compétences techniques complémentaires :
- connaissance de la réglementation environnementale et des statuts de protection des espèces
- manipulation de logiciels de traitement de données naturalistes (Serena, Cardobs)
- pratique de la photographie naturaliste pour documenter les observations
Quel est le salaire d'un naturaliste ?
Le secteur associatif et public, qui emploie la majorité des naturalistes, pratique des rémunérations modestes en début de carrière, mais la progression salariale reste possible avec l'expérience et la responsabilisation sur des projets.
- En sortie de formation, la fourchette s'établit entre 24 000 et 29 000 euros brut par an, soit 1 592 à 1 923 euros net par mois.
- Après cinq années d'exercice, la rémunération évolue vers 30 000 à 35 000 euros brut par an, équivalant à 1 990 à 2 321 euros net mensuels.
Les bureaux d'études privés ont pour réputation d'offrir des salaires plus élevés que les associations de protection de la nature ou les collectivités territoriales.
Les naturalistes en libéral fixent leurs tarifs en fonction de leur expertise et de leur réseau professionnel, avec des revenus très variables selon les missions décrochées.
La spécialisation sur des groupes taxonomiques recherchés ou des compétences rares comme l'acoustique chiroptérologique peut améliorer votre positionnement tarifaire.
Les perspectives d'évolution pour votre carrière
Le métier de naturaliste offre de réelles perspectives d’évolution de carrière au fil de l'expérience terrain et de la spécialisation acquise.
Avec l'ancienneté, vous pouvez accéder à des fonctions de chargé d'études senior, puis de chef de projet environnement, coordonnant des équipes sur des études complexes. La direction d'un bureau d'études écologiques ou d'une association naturaliste représente une évolution naturelle pour ceux qui souhaitent combiner expertise technique et management.
Une spécialisation pointue sur un groupe taxonomique ou un type d'habitat vous positionne comme expert référent, sollicité pour des missions techniques exigeantes. Certains naturalistes évoluent vers des postes de conservateur d'espaces naturels, gérant la protection et la valorisation de sites remarquables.
L'enseignement et la formation constituent également un débouché pertinent, en transmettant votre expertise en écologie à de futurs professionnels ou en animant des formations continues pour les acteurs du territoire. Enfin, l'installation en libéral séduit les naturalistes expérimentés qui souhaitent diversifier leurs interventions entre expertises écologiques, animations nature et conseil en gestion environnementale.
Votre futur environnement de travail
Vous partagerez votre temps entre le terrain et le bureau, une dualité qui caractérise pleinement ce métier. Sur le terrain, vous évoluerez dans des milieux naturels variés (forêts, zones humides, littoral, prairies) par tous les temps et à des horaires parfois décalés pour observer les espèces nocturnes ou crépusculaires. Ces sorties s'effectuent souvent en solitaire, avec pour seul équipement vos jumelles, votre GPS et vos carnets de notes, bien que certaines missions nécessitent un binôme pour des raisons de sécurité.
De retour au bureau, vous traiterez les données collectées, rédigerez des rapports et cartographierez les observations sur ordinateur, généralement dans des locaux partagés avec d'autres chargés d'études. Vous collaborerez régulièrement avec des écologues, des paysagistes, des urbanistes et des agents de collectivités territoriales, alternant échanges téléphoniques et réunions de projet. L
Votre rythme s'intensifie au printemps et en été, périodes privilégiées pour les inventaires naturalistes, avec parfois des semaines chargées nécessitant des départs très matinaux. À l'inverse, l'hiver vous laisse davantage de temps pour l'analyse et la valorisation des données récoltées durant la belle saison.
Avantages et inconvénients
Le métier de naturaliste attire par son contact direct avec la nature, mais peut présenter certaines contraintes à garder en tête.
Avantages
- Une immersion complète : Vous évoluez dans des espaces préservés, observant la faune et la flore dans leur habitat naturel, ce qui procure un sentiment d'évasion rare dans le monde du travail.
- Une contribution concrète à la préservation de l'environnement : Vos études et recommandations influencent directement les décisions d'aménagement du territoire et participent à la protection des espèces menacées.
- La diversité des missions : Entre inventaires botaniques, suivis ornithologiques, études d'impact et animations pédagogiques, vos journées ne connaissent pas la routine.
- Un apprentissage permanent : La complexité du vivant vous pousse à enrichir constamment vos connaissances taxonomiques et écologiques.
Inconvénients
- Une précarité contractuelle fréquente : Les contrats courts et les missions saisonnières dominent le secteur, particulièrement en début de carrière, générant une incertitude financière.
- Une émunération modeste : Les salaires restent en deçà d'autres métiers scientifiques de niveau bac +5, malgré l'expertise requise et les conditions de travail parfois difficiles.
- Des contraintes physiques : Les longues marches en terrain accidenté, les conditions météorologiques défavorables et les horaires décalés ne sont pas sans conséquence sur votre résistance physique et pèsent parfois sur l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle.
Quelle formation continue pour un naturaliste déjà en exercice ?
Le naturaliste en poste doit actualiser régulièrement ses compétences pour suivre l'évolution des protocoles scientifiques et enrichir son expertise taxonomique. De nombreuses formations courtes permettent de se perfectionner sur des groupes d'espèces spécifiques : stages d'identification des chiroptères, des amphibiens, des orchidées ou des coléoptères organisés par des associations naturalistes ou des organismes de formation spécialisés.
Les certifications en acoustique pour l'étude des chauves-souris et des oiseaux, ainsi que les formations aux nouvelles technologies (bioacoustique, ADN environnemental, télédétection par drone) représentent des atouts différenciants sur le marché. La maîtrise approfondie des SIG et des outils de modélisation écologique s'acquiert également via des formations continues diplômantes.
Votre Compte personnel de Formation finance ces parcours de perfectionnement. Certains naturalistes complètent leur cursus par un master 2 en alternance pour acquérir une double compétence (droit de l'environnement, gestion de projet) tout en conservant leur activité professionnelle. Cette formation continue s'avère particulièrement stratégique dans un secteur où la polyvalence et la spécialisation pointue constituent des leviers d'employabilité.
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