Comment devenir moniteur auto-école - MaFormation

Comment devenir moniteur auto-école

Vous avez le sens de la pédagogie et une passion pour la conduite ? On vous indique la route à suivre pour devenir moniteur d’auto-école !
Mis à jour le , publié en septembre 2021
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Par L'équipe MaFormation

Derrière chaque conducteur autonome et responsable se cache souvent l'accompagnement patient d'un moniteur d'auto-école. Ce professionnel de la pédagogie routière ne se contente pas d'enseigner le code et les manœuvres : il forme des usagers de la route conscients des risques et capables d'adapter leur conduite à toutes les situations.

Quel est le rôle d'un moniteur d'auto-école ?

Le moniteur d'auto-école, également appelé enseignant de la conduite et de la sécurité routière (ECSR), forme les candidats au permis de conduire en assurant leur apprentissage théorique et pratique.

Ses principales responsabilités sont les suivantes :

  • accueillir et évaluer le niveau initial de chaque élève pour adapter son programme de formation
  • dispenser des cours collectifs sur le code de la route, les règles de sécurité routière et les notions de mécanique
  • accompagner individuellement les apprenants en situation de conduite réelle
  • développer chez l'élève les capacités d'observation, d'analyse de l'environnement et d'adaptation aux situations de circulation
  • évaluer régulièrement les progrès et identifier les lacunes pour ajuster la formation
  • préparer les candidats aux épreuves théoriques et pratiques du permis de conduire
  • sensibiliser le public aux comportements à risque et promouvoir la sécurité routière

Quelle formation pour devenir moniteur d'auto-école ?

Pour exercer légalement ce métier, vous devez impérativement obtenir le titre professionnel d'enseignant de la conduite et de la sécurité routière (TP ECSR). Depuis 2016, ce titre de niveau bac+2 a remplacé le BEPECASER et constitue la qualification obligatoire pour enseigner la conduite.

Cette formation se déroule sur 910 heures d'enseignement en centre agréé et 280 heures de stage en auto-école. Elle vise la validation de deux certificats de compétences professionnelles (CCP) : le CCP 1 forme aux actions individuelles et collectives d'apprentissage de la conduite, tandis que le CCP 2 développe les compétences en matière de sensibilisation à la sécurité routière.

Quelles sont les conditions d'admission au titre professionnel d'ECSR ?

Pour intégrer une formation préparant au titre professionnel d'enseignant de la conduite et de la sécurité routière, vous devez remplir plusieurs conditions cumulatives :

  • être titulaire du permis B en cours de validité
  • avoir au moins 20 ans au moment de l'entrée en formation
  • être reconnu apte à exercer le métier par un médecin agréé par la préfecture, attestant de votre capacité physique et psychique
  • ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation mentionnée aux articles L. 213-3 et R. 212-4 du code de la route, excluant notamment certaines infractions graves liées à la sécurité routière

Ces critères garantissent que les futurs moniteurs disposent d'un niveau de maturité, d'expérience au volant et d'exemplarité suffisants pour transmettre les bonnes pratiques de conduite.

Une fois le titre professionnel obtenu, vous devrez demander une autorisation d'enseigner auprès de votre préfecture, renouvelable tous les cinq ans sur présentation d'une visite médicale.

Si vous êtes en reconversion ou demandeur d'emploi, plusieurs dispositifs facilitent l'accès à cette formation : le CPF, un financement par France Travail, le conseil régional ou votre OPCO peuvent prendre en charge tout ou partie du coût. Privilégiez les centres proposant une plateforme e-learning pour compléter votre apprentissage à votre rythme. Par ailleurs, le contrat de professionnalisation offre une alternative intéressante pour se former tout en étant rémunéré.

Enfin, si vous justifiez déjà d'une expérience professionnelle significative dans l'enseignement de la conduite, la VAE (validation des acquis de l'expérience) peut vous permettre d'obtenir le titre sans suivre l'intégralité du parcours de formation.

À noter que certaines formations à distance existent pour vous préparer aux épreuves théoriques, déconstruisant ainsi le frein de l'isolement souvent associé à l'apprentissage en ligne : vous bénéficiez généralement d'un suivi personnalisé et d'échanges réguliers avec des formateurs et d'autres apprenants.

Devenez moniteur d'auto-école

Quelles sont les qualités requises pour devenir moniteur d'auto-école ?

Enseigner la conduite ne repose pas uniquement sur des compétences techniques : ce métier demande aussi de solides qualités humaines et pédagogiques.

Qualités humaines indispensables

Passer plusieurs heures par jour aux côtés d'apprenants aux profils variés demande une véritable capacité d'adaptation. Certains élèves progressent rapidement, d'autres ont besoin de temps et de patience pour acquérir les bons réflexes. La pédagogie est une qualité sine qua none pour devenir moniteur d’auto-école : il faut savoir expliquer clairement, reformuler différemment, encourager sans infantiliser.

Cette posture exige également de solides qualités relationnelles pour instaurer un climat de confiance propice à l'apprentissage. Au volant, la vigilance reste constante pour anticiper les erreurs, corriger sans brusquerie et gérer son propre stress tout en rassurant l'élève.

À cela s'ajoute une bonne condition physique et psychique, car les journées en position assise prolongée, la concentration permanente et les situations parfois tendues peuvent éprouver l'organisme. Enfin, les moniteurs indépendants qui gèrent leur emploi du temps, leur clientèle et leur organisation quotidienne doivent faire preuve d’une grande autonomie.

Compétences techniques incontournables

  • maîtrise parfaite du code de la route et de la réglementation en vigueur
  • connaissance approfondie des éléments techniques d'un véhicule (mécanique, sécurité)
  • capacité à concevoir et animer des séquences pédagogiques théoriques et pratiques

Compétences techniques complémentaires

  • maîtrise des outils numériques de suivi pédagogique et d'e-learning
  • connaissance des dispositifs de financement de la formation (CPF, aides régionales, permis à un euro par jour)
  • compétences en gestion administrative pour les moniteurs indépendants

Quel est le salaire d'un moniteur d'auto-école ?

Le statut d'exercice influence directement le niveau de rémunération dans ce métier, avec des écarts notables entre salariés et indépendants.

  • Débutant : en début de carrière, un moniteur d'auto-école salarié perçoit généralement entre 22 000 et 27 000 euros brut par an, soit environ 1 540 à 1 890 euros net par mois.
  • À partir de 5 ans d'expérience : avec l'ancienneté, la rémunération s'établit entre 27 000 et 32 000 euros brut annuels, ce qui correspond à 1 890 à 2 240 euros net par mois.

Les moniteurs indépendants facturent généralement leurs prestations autour de 30 euros TTC de l'heure, mais cette liberté tarifaire s'accompagne de charges fixes substantielles : véhicule, assurance professionnelle, double-commande, carburant, cotisations sociales. Le revenu net dépend donc fortement du volume d'heures dispensées et de la capacité à optimiser les coûts.

Les salariés en auto-école bénéficient souvent d'avantages comme la mise à disposition d'un véhicule pour les trajets domicile-travail, un atout non négligeable qui compense partiellement une rémunération de base modeste.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

Avec de l'expérience, un moniteur d'auto-école peut progresser vers des fonctions plus variées ou accéder à davantage de responsabilités..

  • se spécialiser en validant un certificat complémentaire de spécialisation (CCS) deux-roues ou groupe lourd, permettant de former aux permis moto ou poids lourds
  • créer sa propre auto-école après au moins deux ans d'expérience ou 3 800 heures de conduite dispensées, en obtenant le CQP responsable d'unité d'enseignement de la sécurité routière et de la conduite (RUESRC)
  • devenir enseignant-formateur pour transmettre son expertise aux futurs moniteurs en obtenant le BAFM (brevet d'aptitude à la formation de moniteurs)
  • évoluer vers le métier d'inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR) via concours, après plusieurs années d'expérience terrain

Votre futur environnement de travail

Votre quotidien se partage entre la salle de code de l'auto-école, où vous animez les séances collectives, et l'habitacle du véhicule-école, votre véritable bureau roulant. C'est dans cet espace confiné que vous passerez la majorité de votre temps, aux côtés d'élèves aux profils variés : lycéens impatients de décrocher leur permis, actifs en reconversion, seniors reprenant la route après des années d'interruption. Les échanges y sont souvent francs et directs, la proximité créant une ambiance propice aux confidences et à la transmission.

Votre amplitude horaire s'adapte aux disponibilités de vos élèves : tôt le matin pour les actifs avant leur journée de travail, en fin d'après-midi et en soirée pour les étudiants, le samedi pour ceux qui travaillent en semaine. Cette flexibilité implique des journées morcelées, avec des créneaux fractionnés et des temps de battement entre deux leçons. Les embouteillages, les conditions météorologiques difficiles et la vigilance permanente face aux comportements imprévisibles des autres usagers rythment vos journées et sollicitent constamment votre concentration.

Si vous exercez en tant que salarié, vous collaborez au sein d'une équipe comprenant l'exploitant de l'auto-école, d'autres moniteurs et parfois un secrétaire selon la taille de la structure. Vous êtes également en contact régulier avec les inspecteurs du permis de conduire lors des examens pratiques, et parfois avec des organismes publics dans le cadre d'actions de sensibilisation à la sécurité routière.

Avantages et inconvénients du métier

Ce métier offre un contact humain enrichissant, mais comporte aussi des contraintes liées à ses conditions d'exercice.

Avantages

  • Un métier gratifiant : accompagner un élève de ses premières manœuvres hésitantes jusqu'à l'obtention de son permis procure une réelle satisfaction professionnelle.
  • Des échanges humains authentiques : l'habitacle du véhicule crée une bulle propice aux confidences et aux discussions sincères, offrant une dimension relationnelle rare.
  • Une certaine sécurité de l'emploi : la demande de formation à la conduite reste constante, particulièrement dans les zones peu desservies par les transports en commun, garantissant des besoins en recrutement stables.
  • Des perspectives d'évolution concrètes : spécialisation (permis moto, poids lourds), création d'entreprise, formation de formateurs ou inspection du permis offrent de réelles opportunités de carrière.

Inconvénients

  • Des horaires contraignants : vous travaillez souvent tôt le matin, tard le soir et le samedi pour vous adapter aux disponibilités des élèves, avec des journées morcelées et une amplitude horaire importante.
  • Une fatigue physique et mentale : la position assise prolongée, la vigilance permanente, le stress lié à la circulation et aux comportements parfois dangereux des élèves ou des autres usagers peuvent s'avérer éprouvants.
  • Un coût de formation significatif : bien que des dispositifs de financement existent, ils ne couvrent pas toujours l'intégralité du parcours, représentant un investissement initial non négligeable.

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