Comment devenir infirmière anesthésiste (IADE) - MaFormation

Comment devenir infirmière anesthésiste (IADE)

Avant le premier coup de bistouri, quelqu’un veille. L’infirmier anesthésiste est présent dès que le patient ferme les yeux, jusqu’à ce qu’il les rouvre.
Mis à jour le , publié en décembre 2021
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Par L'équipe MaFormation

La réalisation de soins dans le domaine de l’anesthésie peut être déléguée aux infirmiers spécialisés. L’infirmier anesthésiste diplômé d’État (IADE) intervient en service d’urgence, en réanimation ou dans un bloc opératoire, en collaboration avec le médecin anesthésiste-réanimateur.

Quel est le rôle d’un infirmier anesthésiste ?

L’IADE exerce généralement dans un bloc opératoire, mais aussi aux urgences et en salle de réveil. Il peut également intervenir lors de transports médicalisés pour assurer la sécurité d’un patient en déplacement. Son quotidien varie selon son lieu d’exercice.

Ses missions principales :

  • Accueillir les patients et réaliser les gestes liés à l’anesthésie
  • Assurer les soins infirmiers avant, pendant et après l’intervention
  • Prendre en charge la gestion de la douleur
  • Surveiller les constantes vitales en cours d’opération
  • Transmettre l’état du patient à l’équipe de relève
  • Accompagner et rassurer le patient tout au long de la prise en charge

Quelle formation pour devenir infirmier anesthésiste ?

L’accès au métier suit un parcours balisé. Impossible de se présenter directement au concours d’entrée sans avoir d’abord exercé comme infirmier ou sage-femme.

Les étapes pour accéder à la formation :

  • Baccalauréat, de préférence à dominante scientifique
  • Diplôme d’État infirmier (DEI) ou diplôme de sage-femme
  • Expérience professionnelle de 2 ans minimum en tant qu’infirmier ou sage-femme
  • Réussite au concours d’admission organisé par chaque institut de formation

Le concours est sélectif et comprend plusieurs épreuves écrites et orales. Une trentaine d’établissements en France proposent la formation. Une fois admis, la formation dure deux ans et débouche sur le Diplôme d’État d’Infirmier Anesthésiste (DEIA), reconnu au niveau Master.

Le programme couvre 7 unités d’enseignement : psychosociologie, anthropologie, pédagogie, biophysique, pathologies et grands syndromes, pharmacologie spécifique à l’anesthésie-réanimation, techniques et organisation des soins, gestion de la douleur. La formation comprend également des stages pratiques en établissements de santé. Elle se conclut par la soutenance d’un mémoire professionnel, qui compte dans la titularisation.

L’obtention du DEIA relève de la formation continue puisqu’elle suppose déjà une expérience professionnelle. Des financements sont envisageables pour couvrir le diplôme d’État infirmier, puis le DEIA. Une fois en poste, les IADE ont obligation de suivre l’évolution des protocoles et des innovations médicales.

Des sessions de formation sont organisées au sein des hôpitaux, et le compte personnel de formation (CPF) peut être mobilisé pour approfondir des domaines comme la réanimation, la prise en charge de la douleur ou des patients immunodéprimés.

Devenez IADE

Quelles sont les qualités requises pour devenir infirmier anesthésiste ?

Certaines qualités indispensables sont attendues pour exercer le métier d’infirmier anesthésiste.

Qualités humaines indispensables

L’IADE doit posséder un bon relationnel, avec les patients comme avec ses collaborateurs. Le travail d’équipe est incontournable pour une prise en charge de qualité. Parler avec le patient permet de mieux connaître son seuil de douleur et de lui prodiguer les meilleurs soins.

Des capacités d’analyse sont également attendues : l’IADE doit pouvoir expliquer en quelques phrases l’état du patient à l’équipe de relève ou au médecin. Fine pédagogue, il sait expliquer le plus simplement possible les gestes pratiqués pour rassurer le patient.

Le stress et la fatigue sont fréquents dans ce métier, d’où l’importance d’une bonne condition physique. La réactivité, enfin, est une qualité déterminante : dans le secteur de la santé, elle peut sauver des vies.

Compétences techniques incontournables

  • Maîtrise des gestes anesthésiques et des protocoles associés
  • Connaissance approfondie de la pharmacologie de l’anesthésie-réanimation
  • Capacité à surveiller et interpréter les constantes vitales en temps réel

Compétences techniques complémentaires

  • Gestion des dispositifs médicaux et du matériel de bloc
  • Maîtrise des techniques de gestion de la douleur
  • Capacité à rédiger et transmettre des comptes-rendus cliniques précis

Quel est le salaire d’un infirmier anesthésiste ?

La rémunération d’un IADE est très encadrée. Son évolution suit une grille prédéfinie et le passage de grade.

  • En début de carrière, un infirmier anesthésiste peut espérer toucher environ 31 400 € brut annuels, soit autour de 2 039 € nets par mois.
  • Avec l'ancienneté et le passage de grade, ce salaire peut atteindre environ 55 000 € brut annuels en fin de carrière, soit 3 583 € nets par mois.

Des primes viennent s’ajouter selon les gardes réalisées : gardes de nuit, gardes de longue durée. Le statut public garantit une progression régulière, même si les évolutions restent liées au passage de grade.

Les perspectives d’évolution pour votre carrière

L’évolution de carrière d’un IADE se construit progressivement, avec des fonctions d’encadrement accessibles après quelques années d’exercice.

  • Cadre de santé : avec des fonctions d’enseignement et d’encadrement d’équipes soignantes, ce poste est accessible après plusieurs années de pratique et une formation complémentaire.
  • Cadre supérieur de santé : une évolution possible après 4 années d’exercice en tant que cadre de santé, avec des responsabilités élargies sur la gestion de plusieurs unités.
  • Formateur en institut de formation : certains IADE expérimentés choisissent de transmettre leur expertise au sein des instituts qui forment les futurs infirmiers anesthésistes.
  • Spécialisation approfondie : réanimation, prise en charge de la douleur chronique, patients immunodéprimés. Des domaines où l’expérience de l’IADE trouve des débouchés précis.

Votre futur environnement de travail

Au bloc opératoire, l’IADE évolue dans une équipe reserrée : médecin anesthésiste-réanimateur, chirurgien, aide-soignant, instrumentiste. Les échanges sont brefs, techniques, souvent non verbaux. Chacun connaît son rôle et s’y tient, car la coordination silencieuse est une condition de sécurité.

En salle de réveil, la relation avec le patient change de registre : il faut rassurer quelqu’un qui émerge de l’anesthésie, souvent désorienté, parfois agité, et gérer en parallèle plusieurs patients simultanément. Aux urgences, les interactions sont plus imprévisibles, avec des familles sous tension, des équipes soumises à la pression du flux.

Le transport médicalisé, lui, met l’IADE face à une forme de tête-à-tête avec le patient, loin du collectif hospitalier habituel. Les gardes de nuit réduisent les équipes et renforcent encore cette interdépendance entre soignants : on compte davantage les uns sur les autres quand ils sont moins nombreux.

Avantages et inconvénients du métier

Un poste exigeant, avec un cadre statutaire qui rassure autant qu’il contraint.

Avantages

  • Un métier à haute valeur ajoutée : l’IADE intervient à un moment où tout peut basculer. Le sentiment d’utilité est quotidien.
  • Une rémunération stable et progressive : le statut de la fonction publique hospitalière garantit une évolution régulière, sans dépendre d’un réseau ou d’une clientèle.
  • Un accès à des environnements techniques rares : bloc opératoire, réanimation, transports médicalisés. Des terrains d’exercice que peu de professionnels de santé connaissent de l’intérieur.

Inconvénients

  • Un concours d’entrée très sélectif : l’accès au DEIA suppose déjà plusieurs années d’exercice infirmier, puis une préparation sérieuse aux épreuves écrites et orales.
  • Des conditions de travail exigeantes : gardes de nuit, week-ends, charge physique et exposition répétée à des situations de détresse. Le métier use sur la durée si l’équilibre n’est pas trouvé.
  • Une progression de carrière limitée : hors encadrement, les perspectives d’évolution restent étroites. Le passage en cadre de santé est souvent la seule issue pour changer de registre.

©Rido - stock.adobe.com

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