Comment devenir écrivain
L'écrivain est une personne dont l'activité principale ou secondaire est l'écriture d'ouvrages littéraires. De Zola à Stephen King, les styles et les univers n'ont jamais été aussi variés, mais tous ces auteurs partagent un même point de départ : une histoire à raconter et la volonté de la faire vivre sur la page.
Quel est le rôle d'un écrivain ?
Écrire un livre, c'est bien plus que s'installer face à son écran et laisser courir ses doigts sur le clavier. L'auteur doit d'abord trouver un sujet et identifier le genre le mieux adapté à son histoire : roman, essai, pièce de théâtre, autobiographie... autant de formes ayant chacune ses propres codes. La phase d'écriture peut s'étaler sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Durant cette période, l'écrivain consacre aussi beaucoup de temps à la documentation. Un auteur qui situe son roman pendant la Première Guerre mondiale pourra ainsi consulter des archives, lire des essais d'historiens spécialisés ou visionner des films reconnus pour leur réalisme et leur précision historique.
Son travail se divise en plusieurs étapes :
- Définir le projet d'écriture (genre, angle, structure narrative)
- Mener des recherches approfondies pour crédibiliser le récit et les personnages
- Rédiger, corriger et réécrire au fil de l'avancée du manuscrit
- Soumettre son texte à des éditeurs ou opter pour l'autoédition
- Participer à la promotion du livre (salons, dédicaces, rencontres lecteurs)
Quelle formation pour devenir écrivain ?
Ni formation obligatoire, ni âge idéal pour devenir écrivain. Des études littéraires à l'université permettront toutefois d'acquérir une solide culture générale en littérature française ou étrangère, et de s'inspirer de grands auteurs pour trouver son propre style. Un Master Mention Lettres ou un Master Création littéraire (il en existe plusieurs en France) peuvent être des cursus intéressants, mais d'autres formations artistiques comme l'Histoire de l'Art participent aussi à l'ouverture d'esprit propice à l'écriture.
Bac +3 :
- Licence Lettres modernes
- Licence Lettres classiques
- Licence Arts du spectacle (option écriture dramatique)
Bac +5 :
- Master Mention Lettres
- Master Création littéraire (Paris 8, Le Havre, Cergy...)
- Master Arts de l'écriture
Formation professionnelle :
- Ateliers d'écriture (fiction, théâtre, biographie, écriture créative)
- Formations courtes en narration et structure du récit
- Stages en résidence d'auteurs
Outre le parcours choisi, on recommande à toute personne qui se destine à ce métier de lire régulièrement et de s'ouvrir à des genres, des époques et des nationalités variés : c'est le meilleur moyen d'enrichir sa culture littéraire et d'aiguiser son sens de l'imagination.
Les ateliers d'écriture méritent aussi une attention particulière : ils accueillent débutants et initiés, travaillent sur des genres précis et offrent un retour concret sur vos textes. Pour ceux qui jonglent avec une activité professionnelle en parallèle, certains de ces ateliers se déroulent entièrement en ligne, sans rien sacrifier à la qualité des échanges.
Quelles sont les qualités requises pour devenir écrivain ?
Derrière la page blanche se cache une réalité bien moins romantique qu'on ne l'imagine : l'écriture d'un livre est un travail de longue haleine, qui mobilise autant la discipline que l'inspiration.
Qualités humaines indispensables
Ce qui séduira le lecteur, c'est avant tout la façon de raconter une histoire plutôt que le récit lui-même. L'écrivain doit ainsi faire preuve de créativité et d'imagination pour le tenir en haleine sur des centaines de page. Il doit également faire preuve de discipline pour se fixer des micro-objectifs réalistes quand l'inspiration n'est pas au rendez-vous.
La curiosité n’est pas un vilain défaut quand on souhaite exercer ce métier. Par exemple, un bon auteur n'hésite pas à endosser la casquette de l'enquêteur, à voyager ou à rencontrer des experts pour nourrir son récit de détails authentiques. Enfin, la patience et la persévérance restent des atouts de taille, tant le chemin vers la publication est semé d'embûches.
Compétences techniques incontournables
- Maîtrise de la langue française (orthographe, grammaire, syntaxe)
- Bonne connaissance des outils bureautiques (traitement de texte, outils de correction)
- Culture littéraire étendue (genres, époques, styles)
Compétences techniques complémentaires
- Techniques narratives (structure dramatique, construction des personnages, point de vue)
- Notions de droit d'auteur et de contrats d'édition
- Capacité à utiliser des logiciels d'écriture spécialisés (Scrivener, etc.)
Quel est le salaire d'un écrivain ?
La question du salaire est celle qui revient le plus souvent, et la réponse est souvent celle qu'on redoute : la grande majorité des auteurs ne vit pas exclusivement de leur plume.
Lorsqu'un écrivain passe par une maison d'édition, il perçoit des droits d'auteur, soit un pourcentage sur le prix de vente de chaque exemplaire. Ce taux dépasse rarement 10 %. Sur un livre vendu 20 €, cela représente environ 2 € par exemplaire vendu, autant dire que les ventes doivent être significatives pour générer un revenu régulier.
À cette rémunération peuvent s'ajouter des à-valoir : il s'agit d'avances sur les droits d'auteur versées avant la publication. Un auteur débutant recevra quelques centaines d'euros ; un auteur reconnu, plusieurs dizaines de milliers. La plupart des écrivains exercent donc une autre activité en parallèle, souvent dans des domaines proches : journalisme, enseignement, rédaction, traduction. C'est moins une contrainte qu'une réalité à anticiper dès le départ.
Les perspectives d'évolution pour votre carrière
L'écrivain qui souhaite élargir son horizon n'est pas condamné à rester dans un seul registre. Beaucoup d'auteurs explorent d'autres formes narratives au fil du temps : après le roman, certains se tournent vers l'écriture de scénarios pour le cinéma ou la télévision, un débouché qui valorise directement leur sens de la structure et du dialogue.
D'autres choisissent de partager leur expérience en animant des ateliers d'écriture ou en intervenant dans des établissements scolaires et universitaires. Le ghostwriting est une autre voie, moins visible mais bien réelle : rédiger pour le compte d'une personnalité ou d'un chef d'entreprise qui signe l'ouvrage de son nom. Enfin, un écrivain peut transférer ces compétences vers des métiers de l'écrit comme le journalisme, la rédaction web ou la traduction littéraire, autant de pistes pour construire une activité stable en parallèle de l'écriture personnelle.
Votre futur environnement de travail
L'écrivain travaille le plus souvent seul, depuis chez lui ou dans un espace qui favorise la concentration : une bibliothèque, un café, une résidence d'auteurs. Ce face-à-face quotidien avec la page blanche est à la fois ce qui attire dans ce métier et ce qui le rend exigeant sur la durée. Car si l'isolement est souvent choisi, il ne dure jamais vraiment longtemps.
La documentation entraîne des rencontres : des historiens, des scientifiques, des témoins, des inconnus croisés au détour d'une interview. Une fois le manuscrit terminé, l'écrivain entre dans une autre phase, plus collective : échanges avec l'éditeur et le maquettiste, tournée de salons, séances de dédicaces en librairie. Vous passerez ainsi d'une grande solitude créatrice à des moments de contact direct avec vos lecteurs, deux facettes du métier aussi importantes l'une que l'autre.
Avantages et inconvénients du métier
Peu de métiers offrent une liberté créative aussi totale, et aussi peu de garanties financières.
Avantages
- Liberté totale : vous choisissez votre sujet et votre rythme, sans compte à rendre à personne sur le contenu de votre prochain chapitre.
- Une curiosité qui se rentabilise : chaque nouveau projet est une excuse légitime pour explorer un univers qu'on ne connaissait pas, qu'il s'agisse d'une guerre oubliée ou d'un milieu professionnel méconnu.
- Impact durable : un livre peut traverser les générations et toucher des lecteurs bien au-delà de sa date de parution.
Inconvénients
- Revenus incertains : Seule une minorité d’écrivains qui vivent confortablement de leur activité ne sont . Les droits d'auteur sont souvent faibles et les ventes, imprévisibles.
- Isolement : travailler seul au quotidien demande une vraie discipline et peut peser sur le long terme.
- Accès difficile à la publication : les maisons d'édition reçoivent des dizaines de manuscrits par jour, et les chances d'être publié pour un premier livre restent étroites.
Sous quel statut exercer le métier d'écrivain ?
La question du statut est souvent la grande oubliée des vocations littéraires. En France, les auteurs relèvent du régime de la Sécurité sociale des artistes-auteurs, géré par l'Urssaf depuis la fusion de l'AGESSA et de la Maison des artistes en 2021. Ce régime couvre les auteurs qui perçoivent des droits d'auteur à titre principal ou secondaire, dès lors que leurs revenus dépassent 900 € par an.
Pour ceux qui souhaitent exercer une activité complémentaire de rédaction ou de conseil, le statut d'auto-entrepreneur est une option simple à mettre en place. Attention toutefois : droits d'auteur et revenus d'auto-entrepreneur obéissent à des logiques fiscales différentes et ne se mélangent pas sans précautions.
Un passage par un comptable ou par une association de gestion agréée est conseillé pour ne pas se retrouver avec de mauvaises surprises au moment de la déclaration.
Quel est l'impact de l'intelligence artificielle sur le métier d’écrivain ?
L'IA générative fait aujourd'hui partie du quotidien de nombreux professionnels de l'écrit, et les auteurs ne font pas exception. Certains l'utilisent comme outil de recherche documentaire ou pour surmonter les blocages d'écriture, en générant des ébauches de scènes qu'ils retravaillent ensuite.
Mais la question qui préoccupe davantage les écrivains est celle de la singularité du style : ce que l'IA ne reproduit pas facilement, c'est la voix propre d'un auteur, construite sur des années de lecture et d'expérience personnelle. Le risque n'est pas tant d'être remplacé que d'être banalisé si l'on ne cultive pas ce qui fait la différence. Les éditeurs et les lecteurs restent sensibles à l'authenticité d'une écriture, et c'est précisément ce terrain-là qu'il vaut la peine de défendre et de développer.
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