Comment devenir bibliothécaire - MaFormation

Comment devenir bibliothécaire

Loin du cliché du gardien du silence, le bibliothécaire orchestre la rencontre de publics variés avec des ressources culturelles multiples, du livre papier au jeu vidéo.
Mis à jour le , publié en juillet 2017
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Par Istvan Drouyer

Rattaché au conservateur, le bibliothécaire gère les fonds documentaires (livres, journaux, magazines, DVD, CD, jeux vidéo), accueille les usagers et anime la vie culturelle de sa structure. Majoritairement fonctionnaires territoriaux ou d'État, ces professionnels accèdent au métier via des concours spécifiques.

Quel est le rôle d'un bibliothécaire ?

Le bibliothécaire administre les collections documentaires tout en développant l'attractivité culturelle de son établissement. Bibliothèque municipale, médiathèque ou centre de documentation : chaque lieu demande une adaptation aux publics desservis (enfants, étudiants, chercheurs, retraités).

Ses missions couvrent plusieurs tâches variées :

  • accueillir les usagers, cerner leurs besoins et les guider vers les ressources appropriées
  • sélectionner les nouvelles acquisitions (livres, supports numériques, jeux) pour enrichir le catalogue
  • classifier, ranger et réparer les documents endommagés selon des normes bibliothéconomiques précises
  • administrer les prêts : enregistrement des emprunts, suivi des retours, relances des retardataires
  • animer le site internet et les réseaux sociaux de l'établissement pour promouvoir les services
  • concevoir et piloter des événements culturels (ateliers d'écriture, rencontres d'auteurs, initiations au code, expositions thématiques)

Le bibliothécaire travaille sous l'autorité du conservateur qui définit la politique documentaire et culturelle de l'établissement.

Quelle formation pour devenir bibliothécaire ?

Le recrutement s'effectue quasi exclusivement par concours de la fonction publique (État ou territoriale). Quelques rares structures privées ou associatives emploient des bibliothécaires hors concours, mais ces postes restent marginaux.

Trois niveaux de concours structurent l'accès au métier selon votre diplôme.

Niveau bac :

Concours de catégorie B classe normale (assistant de conservation) Accessible directement avec le baccalauréat, ce concours ouvre aux fonctions d'assistant, sous la supervision d'un bibliothécaire titulaire.

Niveau bac + 2 :

Concours de catégorie B+ (assistant qualifié de conservation, bibliothécaire assistant spécialisé)

Diplômes acceptés :

  • BUT Métiers du livre et du patrimoine
  • DEUST Métiers des bibliothèques et de la documentation
  • Diplôme de bibliothécaire-documentaliste de l'Institut catholique de Paris
  • Diplôme technique de documentaliste de l'INTD (Institut national des sciences et techniques de la documentation)

Niveau bac + 3 :

  • Concours de catégorie A (bibliothécaire, bibliothécaire territorial)

Diplômes recommandés :

  • Licence professionnelle Métiers du livre : bibliothèques et documentation
  • Licence professionnelle Métiers du livre : documentation et bibliothèques
  • Diplôme de l'EBD (École des bibliothécaires-documentalistes)

Épreuves : composition sur l'univers des bibliothèques + note de synthèse (admissibilité), puis oral de commentaire de texte et entretien de motivation (admission).

Niveau bac + 5 :

  • Concours de catégorie A (conservateur des bibliothèques, conservateur territorial)
  • Master Sciences de l'information et des bibliothèques
  • Master professionnel Publication numérique
  • Master Information scientifique et technique

Quels sont les prérequis généraux aux concours de bibliothécaire ?

Tous les concours de bibliothécaire imposent des conditions communes indépendantes du niveau d'études :

  • Nationalité française ou d'un État membre de l'Union européenne
  • Aptitude physique compatible avec l'exercice des fonctions
  • Jouir de ses droits civiques
  • Casier judiciaire vierge de toute condamnation incompatible avec la fonction publique

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Concours de bibliothécaire : comment optimiser vos chances de réussite ?

En réalité, réussir les concours tient moins au hasard qu’à une préparation bien articulée. Tout commence idéalement dès la licence : choisir des enseignements en bibliothéconomie permet de montrer d’emblée au jury que vous comprenez les réalités du métier.

Pour affiner votre approche, plongez-vous dans les rapports de jury ; c’est le meilleur moyen de décrypter les attentes des correcteurs et d'éviter les erreurs classiques. Ce travail de fond doit s'accompagner d'un entraînement régulier sur les annales pour que la méthodologie de la note de synthèse ou du cas pratique devienne un réflexe.

Enfin, ne vous inquiétez pas si vous ne pouvez pas vous offrir une prépa type ABF ou EBD. Si elles aident à saisir certains codes, une organisation personnelle rigoureuse suffit largement pour décrocher sa place.

Quelles sont les qualités requises pour devenir bibliothécaire ?

Le bibliothécaire rassemble des aptitudes variées qui dépassent largement la simple gestion des collections.

Qualités humaines indispensables

Au cours d’une journée de travail, vous croiserez des profils très différents : un chercheur pressé qui cherche une référence pointue, une mère accompagnant son enfant pour son premier emprunt, un lycéen désorienté devant ses recherches documentaires.

Cette diversité exige une réelle adaptabilité. Votre communication s'ajuste en permanence tandis que votre sens de la pédagogie, vous reformulez vos explications selon l'âge et le niveau de familiarité de chacun avec les lieux.

Le classement des fonds dévore une part considérable de votre temps. Chaque ouvrage obéit à des codes de rangement stricts (Dewey, Rameau) qui ne tolèrent aucune approximation. Un livre mal indexé disparaît littéralement du système.

Cette rigueur méthodique se double d'une véritable curiosité intellectuelle : impossible de conseiller efficacement sans connaître les grandes tendances littéraires, cinématographiques ou vidéoludiques actuelles. Vous lisez, regardez, testez régulièrement pour maintenir votre culture générale à jour.

Compétences techniques incontournables

  • maîtrise des systèmes intégrés de gestion de bibliothèque (SIGB) pour cataloguer et gérer les prêts
  • connaissance des règles de classification documentaire (Dewey, Rameau, CDU)
  • aisance rédactionnelle pour produire des synthèses, notes et comptes-rendus

Compétences techniques complémentaires

  • administration de sites web et animation de réseaux sociaux professionnels
  • manipulation des bases de données en ligne et ressources académiques
  • gestion de projets culturels (budgétisation, communication, logistique)

Quel est le salaire d'un bibliothécaire ?

Les rémunérations dans la fonction publique obéissent à des grilles indiciaires strictes qui varient selon la catégorie du concours réussi et l'ancienneté accumulée.

En début de carrière 

  • Catégorie B+ : la fourchette démarre à 22 500-27 500 euros brut par an (1 490 à 1 820 euros net par mois)
  • Catégorie A : comptez 25 000 à 30 000 euros brut par an (1 660 à 1 990 euros net par mois)

Après cinq années d'exercice 

  • Catégorie B+ : les salaires grimpent à 28 000-33 000 euros brut par an (1 860 à 2 190 euros net par mois)
  • Catégorie A : la rémunération atteint 32 000 à 37 000 euros brut par an (2 120 à 2 450 euros net par mois)

Un bibliothécaire territorial (collectivité locale) et un bibliothécaire d'État (ministère, BnF, universités) suivent des grilles légèrement différentes, l'État proposant parfois des primes spécifiques.

La taille de l'établissement joue aussi : diriger une petite bibliothèque rurale ou travailler à la BnF implique des responsabilités et des revenus distincts. Enfin, l'accès au grade de conservateur après dix ans de service double pratiquement la rémunération, avec des salaires pouvant dépasser 4 000 euros brut mensuels en fin de parcours.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

Le statut de fonctionnaire ouvre des progressions internes codifiées par des textes réglementaires précis.

Dès trois ans de services en catégorie A et après avoir atteint le 5e échelon, vous pouvez passer l'examen professionnel d'accès au grade de bibliothécaire hors classe. Cette promotion administrative augmente votre indice de rémunération et vos responsabilités d'encadrement.

Après dix années d'exercice effectif, le passage au corps des conservateurs devient envisageable via inscription sur liste d'aptitude. Cette évolution majeure vous confie la direction d'un établissement entier, la définition de la politique documentaire et le management d'équipes complètes. Certains conservateurs dirigent plusieurs structures ou coordonnent des réseaux territoriaux de lecture publique.

Des spécialisations thématiques existent aussi : responsable du secteur jeunesse, référent numérique, coordinateur d'animations culturelles. Vous pouvez également bifurquer vers la formation en devenant formateur pour les nouveaux recrutés ou intervenant dans les écoles spécialisées (Enssib, EBD).

Certains bibliothécaires quittent les bibliothèques classiques pour rejoindre des centres de documentation d'entreprise, des musées ou des services d'archives départementales, transférant leurs compétences documentaires vers d'autres univers professionnels.

Votre futur environnement de travail

Le type d'établissement façonne profondément votre quotidien professionnel. Dans une bibliothèque municipale, vous travaillez au contact permanent d'un public de proximité : habitués hebdomadaires, parents accompagnant leurs enfants le mercredi, collégiens cherchant des ressources pour leurs exposés.

Cette proximité crée une vraie familiarité avec vos usagers. Vos journées mélangent accueil au bureau de prêt, rangement des retours et préparation d'animations culturelles. Le samedi devient un jour de travail systématique, période d'affluence maximale où les actifs profitent de leur temps libre.

Dans les bibliothèques universitaires, vous côtoyez essentiellement des étudiants et des chercheurs qui sollicitent votre expertise sur des références bibliographiques pointues ou l'accès aux bases de données spécialisées. Le silence règne, chacun recherchant avant tout des conditions de travail studieuses. Vos horaires suivent le calendrier académique avec des périodes d'examens surchargées et des semaines plus calmes pendant les vacances universitaires.

Avantages et inconvénients du métier

Avantages

  • Sécurité de l'emploi solide : le statut de fonctionnaire garantit une stabilité professionnelle rare sur le marché du travail actuel. Les licenciements économiques n'existent pas, vous construisez votre carrière sur le long terme sans craindre les restructurations brutales.
  • Diversité des tâches quotidiennes : aucune journée ne ressemble à la précédente. Vous passez du catalogage informatique à l'accueil d'une classe de CP, puis à la préparation d'une exposition sur la science-fiction. Cette variété maintient l'intérêt du métier intact au fil des années.
  • Contribution à l'accès à la culture : votre travail facilite concrètement l'accès au savoir et à la culture pour tous les publics, y compris ceux éloignés des pratiques culturelles. Cette dimension de service public donne du sens à votre métier.
  • Mobilité géographique facilitée : le statut de fonctionnaire territorial ou d'État simplifie les mutations dans d'autres établissements, régions ou types de structures. Vous pouvez redécouvrir votre métier dans des contextes très différents tout en préservant vos droits acquis.

Inconvénients

  • Rémunération modeste en début de parcours : les premiers échelons affichent des salaires proches du SMIC qui augmentent lentement. L'accès à des revenus confortables nécessite patience et progression dans les grades, souvent sur dix à quinze ans.
  • Contraintes horaires publiques : le samedi travaillé devient la norme, compliquant la synchronisation avec les week-ends familiaux. Certaines structures ouvrent également le dimanche ou en nocturne, imposant des roulements d'équipe qui fragmentent votre temps personnel.
  • Lourdeur administrative : la fonction publique génère une paperasserie importante. Délais de décision longs, procédures validées par multiples échelons hiérarchiques, réformes successives qui modifient les protocoles : cette inertie bureaucratique frustre ceux qui apprécient la réactivité.

Quelle est la différence entre un bibliothécaire et un conservateur ?

Ces deux métiers des bibliothèques se distinguent par leur niveau de recrutement, leurs missions et leurs responsabilités.

Le bibliothécaire entre dans la profession avec un diplôme de niveau bac+2 à bac+3 via les concours de catégorie B ou A. Ses fonctions concentrent la gestion opérationnelle : accueil du public, traitement documentaire, animation culturelle, rangement des collections. Il applique la politique documentaire définie par sa hiérarchie et travaille sous l'autorité du conservateur de l'établissement.

Le conservateur accède au métier après un master (bac+5) et un concours de catégorie A+ particulièrement sélectif. Il suit ensuite une formation professionnelle de 18 mois à l'Enssib (École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques). Ses missions embrassent la direction et la stratégie : il définit la politique d'acquisition, manage les équipes de bibliothécaires, gère les budgets, représente l'établissement auprès des élus et partenaires culturels. Dans les grandes structures, il dirige plusieurs bibliothèques d'un réseau territorial.

Un bibliothécaire territorial gagne 1 800 à 3 900 euros brut mensuels sur l'ensemble de sa carrière. Un conservateur débute autour de 2 500 euros brut et peut dépasser 5 000 euros en fin de parcours, notamment en dirigeant de grands établissements.

La différence majeure tient donc au niveau de responsabilité : le bibliothécaire exécute et anime, le conservateur conçoit et pilote. Toutefois, après dix ans de services, un bibliothécaire peut accéder au corps des conservateurs par promotion interne, offrant ainsi une vraie progression de carrière au sein des métiers des bibliothèques.

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