Comment devenir automaticien - MaFormation

Comment devenir automaticien

Quand une chaîne de production s'arrête, l'automaticien intervient : ce technicien pluridisciplinaire diagnostique, répare et optimise les systèmes automatisés qui font tourner l'industrie moderne.
Mis à jour le , publié en décembre 2023
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Par L'équipe MaFormation

L'automaticien programme, installe et entretient les équipements robotisés des usines. Ce métier technique combine électricité, mécanique, hydraulique et informatique industrielle pour garantir la continuité de production dans des secteurs aussi variés que l'agroalimentaire, l'automobile ou l'aéronautique.

Quel est le rôle d'un automaticien ?

L'automaticien supervise le fonctionnement des machines automatisées dans les sites industriels. Il intervient à la fois en maintenance préventive pour anticiper les pannes, et en maintenance curative lorsqu'un équipement tombe en panne.

Ses responsabilités principales sont :

  • installer et mettre en service de nouveaux équipements automatisés
  • programmer les automates programmables industriels (API) selon les besoins de production
  • diagnostiquer l'origine des pannes sur les systèmes robotisés
  • remplacer les composants défectueux : vérins, électrovannes, capteurs, contacteurs
  • effectuer les réglages et calibrages nécessaires au bon fonctionnement des machines
  • réaliser la maintenance préventive planifiée : nettoyage, graissage, vérifications
  • rédiger les rapports d'intervention et alimenter le système de gestion de maintenance (GMAO)

Quelle formation pour devenir automaticien ?

Le métier d'automaticien s'apprend par des formations techniques professionnalisantes. Les recruteurs recherchent prioritairement des profils de niveau bac +2, bien que certains postes soient accessibles dès le bac professionnel. Les formations couvrent à la fois l'électrotechnique, la mécanique et l'informatique industrielle.

Bac :

  • Bac professionnel Maintenance des équipements industriels (MEI)
  • Bac professionnel Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés (MELEC)

Bac +2 :

  • BTS Maintenance des systèmes option systèmes de production
  • BTS Contrôle industriel et régulation automatique (CIRA)
  • BTS Électrotechnique

Bac +3 :

  • BUT Génie électrique et informatique industrielle (GEII)
  • BUT Génie mécanique et productique (GMP)
  • Licence professionnelle Automatique et informatique industrielle spécialité robotique
  • Licence professionnelle Maintenance et technologie : systèmes pluritechniques

L'alternance est le véritable accélérateur de votre insertion professionnelle. En immersion, vous passez de la théorie à la pratique sur de véritables automates industriels plutôt que sur de simples maquettes pédagogiques. Faire face à des pannes réelles vous permet de forger votre expérience et de tisser votre réseau avant même l'obtention de votre diplôme. Résultat : les entreprises privilégient l'embauche de leurs alternants, déjà opérationnels sur leurs installations et procédures.

Devenez automaticien

Quelles sont les qualités requises pour devenir automaticien ?

Les formations préparent aux aspects techniques, mais d'autres qualités s'avèrent tout aussi essentielles pour réussir dans ce métier.

Qualités humaines indispensables

Le métier d'automaticien s'exerce dans un environnement sous pression. Lorsqu'une machine s'arrête, la production cesse et les pertes s'accumulent rapidement. L'automaticien doit donc posséder un sang-froid à toute épreuve pour diagnostiquer méthodiquement l'origine du dysfonctionnement sans se laisser gagner par l'urgence.

De façon générale, il est important de faire preuve de polyvalence technique. Les interventions mobilisent des compétences en électricité, mécanique, hydraulique et programmation informatique. Les dysfonctionnements combinent souvent plusieurs causes : un capteur défaillant peut masquer un problème hydraulique sous-jacent.

Le métier exige par ailleurs un sens des responsabilités développé. L'automaticien respecte scrupuleusement les protocoles de sécurité et documente précisément ses interventions. Ses collègues travaillent ensuite sur les équipements qu'il a réparés, ce qui rend la fiabilité de son travail déterminante.

Enfin, il est nécessaire d'accepter une disponibilité importante. Les pannes surviennent sans prévenir, y compris la nuit, les week-ends et les jours fériés. Les industries fonctionnant en continu comme l'agroalimentaire ou la chimie imposent cette contrainte.

Compétences techniques incontournables

  • Programmation des automates : langages Ladder, Grafcet, Structured Text selon les marques
  • Lecture de schémas : électriques, hydrauliques, pneumatiques
  • Utilisation d'instruments de mesure : multimètre, oscilloscope, manomètre
  • Connaissance des réseaux industriels : Profibus, Ethernet IP, Modbus

Compétences techniques complémentaires

  • Maîtrise de la CAO pour élaborer des plans de modification
  • Anglais technique pour lire les documentations constructeurs
  • Conduite de petits engins de levage (CACES) selon les sites

Quel est le salaire d'un automaticien ?

La rémunération d'un automaticien varie principalement selon son niveau de formation initiale et le secteur industriel employeur.

  • En sortie de formation, le salaire oscille entre 22 000 et 26 000 euros brut annuels, soit 1 450 à 1 700 euros net mensuels.
  • Cinq ans plus tard, la fourchette atteint 28 000 à 33 000 euros brut par an (1 850 à 2 150 euros net par mois).

Les secteurs comme l'aéronautique, le nucléaire ou la pétrochimie versent des salaires plus élevés que les industries traditionnelles, avec des écarts pouvant représenter plusieurs centaines d'euros par mois. Ces domaines nécessitent cependant des certifications spécifiques et appliquent des protocoles de sécurité renforcés. Par ailleurs, les équipes alternantes (2x8 ou 3x8) bénéficient de primes de nuit et de week-end qui majorent sensiblement le salaire.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

Après plusieurs années d’expérience, le poste de chef d'équipe maintenance devient accessible. Vous encadrez alors une équipe de techniciens, planifiez les interventions préventives et gérez les priorités en cas de pannes multiples.

Les bureaux d'études recrutent des automaticiens expérimentés pour concevoir de nouvelles installations automatisées. Ce virage suppose souvent de compléter sa formation par une spécialisation en conception. Vous quittez l'atelier pour le bureau, mais conservez cette expertise terrain qui change tout lors de la phase de conception.

Les constructeurs de machines automatisées recherchent également d'anciens automaticiens comme techniciens support ou formateurs. Votre connaissance pratique des pannes récurrentes et des erreurs d'utilisation enrichit la conception des nouvelles générations d'équipements.

Votre futur environnement de travail

L'atelier de production accueille l'essentiel de votre activité. Vous circulez entre les lignes automatisées, équipé de votre caisse à outils et de votre ordinateur portable de diagnostic. Le bruit ambiant des machines accompagne vos journées : ronflements des moteurs, sifflements des vérins pneumatiques, claquements des contacteurs. Vous intervenez directement sur les équipements, parfois dans des positions inconfortables pour accéder aux armoires électriques ou aux composants mécaniques cachés.

Les opérateurs de production vous signalent les anomalies, expliquent les circonstances de la panne, alertent sur les comportements inhabituels des machines. Leurs observations vous donnent des pistes techniques : un « ça fait un bruit bizarre » vous oriente vers un roulement défaillant ou un réglage hydraulique inadéquat.

Chaque secteur présente ses spécificités environnementales. L'agroalimentaire combine températures élevées et forte humidité, la sidérurgie génère des poussières métalliques, la pharmacie impose une atmosphère stérile. Vous modulez votre équipement et vos techniques d'intervention en conséquence.

Avantages et inconvénients du métier

Avant d'opter pour cette carrière, mieux vaut peser les points forts et les exigences du métier.

Avantages

  • Emploi stable et recherché : La pénurie d'automaticiens qualifiés garantit des opportunités d'embauche nombreuses partout en France. Les industriels peinent à recruter ces profils techniques, ce qui facilite votre recherche d'emploi et vous donne un pouvoir de négociation intéressant sur les conditions.
  • Métier concret et varié : Vous manipulez, réparez, testez plutôt que de rester derrière un bureau. Les pannes diffèrent toutes : hier un capteur mort, aujourd'hui un bug de programmation, demain un problème hydraulique. Cette diversité préserve votre motivation années après années.
  • Formation accessible et professionnalisante : Les cursus techniques du bac professionnel au BUT offrent une insertion rapide sur le marché du travail, souvent dès la sortie de formation. L'alternance vous paie pendant vos études et ouvre la voie vers l'embauche.

Inconvénients

  • Astreintes et horaires contraignants : Les pannes surviennent à toute heure, week-ends et jours fériés compris. Les astreintes téléphoniques perturbent votre vie personnelle et les interventions nocturnes chamboulent votre rythme de sommeil. Cette disponibilité permanente complique l'organisation familiale.
  • Environnements parfois difficiles : Bruit, chaleur, froid, poussières, positions inconfortables font partie du quotidien selon les sites. Certains ateliers exposent à des ambiances peu agréables qui fatiguent physiquement sur le long terme.
  • Pression liée aux arrêts de production: Une machine à l'arrêt coûte cher à l'entreprise. Vous travaillez sous le regard des opérateurs désœuvrés, des responsables de production inquiets, parfois du directeur d'usine lui-même. Cette pression pour rétablir rapidement la production génère un stress significatif lors des interventions cruciales.

Quelle est la différence entre un automaticien et un technicien de maintenance industrielle ?

Ces deux métiers se recoupent partiellement mais présentent des spécificités distinctes qu'il faut comprendre pour s'orienter correctement.

L'automaticien se concentre spécifiquement sur les équipements automatisés et robotisés. Sa valeur ajoutée réside dans sa double compétence : il intervient à la fois sur la partie matérielle (capteurs, actionneurs, câblage) et sur la partie logicielle (programmation des automates, paramétrage des interfaces). Il lit et modifie le code des programmes automates, ce que ne fait généralement pas un technicien de maintenance classique.

Le technicien de maintenance industrielle possède un champ d'intervention plus large mais moins spécialisé. Il entretient l'ensemble des équipements de production, qu'ils soient automatisés ou non : machines-outils conventionnelles, installations de chauffage et climatisation, réseaux de distribution d'énergie. Son expertise couvre davantage les aspects mécaniques et électrotechniques généraux.

Concrètement, face à un robot de soudure en panne, l'automaticien diagnostiquera un défaut de communication entre l'API et le variateur de vitesse puis corrigera le programme. Le technicien de maintenance vérifiera l'état des câbles d'alimentation, changera les fusibles grillés et ajustera les butées mécaniques.

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