Comment devenir attaché de recherche clinique - MaFormation

Comment devenir attaché de recherche clinique

Aucun médicament n'arrive en pharmacie sans franchir une étape décisive : la validation par un attaché de recherche clinique qui garantit son efficacité et sa sécurité avant sa mise sur le marché.
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Par L'équipe MaFormation

Ce métier technique se situe au carrefour de la science et de la santé publique. L'attaché de recherche clinique coordonne les essais qui transforment une molécule prometteuse en traitement autorisé, vérifiable par les autorités sanitaires.

Quel est le rôle d'un attaché de recherche clinique ?

Principal interlocuteur entre les laboratoires pharmaceutiques et les équipes de recherche, l'attaché de recherche clinique (ARC) supervise toutes les étapes des essais cliniques.

 Ses responsabilités quotidiennes comprennent :

  • l’élaboration des protocoles de recherche pour tester de nouveaux médicaments
  • la sélection des participants volontaires selon des critères médicaux précis
  • la supervision du déroulement des essais cliniques dans le respect des normes réglementaire
  • le recueil et l’analyse des données issues des tests (efficacité, effets secondaires, tolérance)
  • la vérification de la cohérence et de la fiabilité des résultats obtenus
  • la rédaction des des rapports scientifiques destinés aux autorités sanitaires
  • la décision de poursuivre ou d'interrompre un essai selon les résultats observés

L'ARC assure la liaison entre chercheurs, médecins investigateurs et industriels du médicament. Toutes les données collectées doivent être rigoureusement documentées pour permettre aux autorités de santé d'évaluer le rapport bénéfice/risque avant l'autorisation de mise sur le marché.

Quelle formation pour devenir attaché de recherche clinique ?

Pour exercer ce métier, vous devez viser un diplôme de niveau bac+5 minimum. Les recruteurs privilégient les profils scientifiques solides avec une spécialisation en santé publique, épidémiologie ou sciences du médicament.

Bac + 5 :

  • Diplôme d'ingénieur de l'École polytechnique universitaire d'Angers spécialité génie biologique et santé
  • Diplôme d'ingénieur de l'Institut supérieur des biotechnologies de Paris
  • Master Santé publique spécialisation épidémiologie avancée
  • Master Santé publique et environnement spécialisation épidémiologie, recherche clinique et évaluation
  • Master Biologie santé sciences du médicament spécialisation recherche et ingénierie bio santé
  • Master Sciences, ingénierie et management de la santé spécialisation modélisation en pharmacologie et épidémiologie

Bac + 6 :

  • Diplôme d'État de docteur en pharmacie

Bac + 9 :

  • Diplôme d'État de docteur en médecine

Ces cursus vous forment aux méthodologies de recherche et aux statistiques médicales. Vous y apprenez la réglementation pharmaceutique ainsi que les bonnes pratiques cliniques qui régissent la profession. Les stages en milieu hospitalier ou en industrie pharmaceutique renforcent considérablement votre dossier de candidature.

Dès vos études, visez les départements de recherche clinique des CHU ou les CRO (Contract Research Organizations) pour vos stages. Cette immersion terrain vous familiarise avec les protocoles réels et vous permet de tisser un réseau professionnel utile.

Avoir participé activement à des essais cliniques durant votre formation fait la différence auprès des recruteurs. Pensez à choisir un master qui traite des normes ICH-GCP (International Conference on Harmonisation - Good Clinical Practice), référentiel incontournable du secteur.

Devenez attaché de recherche clinique

Quelles sont les qualités requises pour devenir attaché de recherche clinique ?

Cette profession scientifique exige des qualités humaines solides et une expertise technique pointue.

Qualités humaines indispensables

Un essai clinique se déroule sur plusieurs mois, voire plusieurs années. La patience devient vite indispensable dans ce métier où les résultats arrivent lentement. Vous passez des heures à compiler les données, les vérifier une par une. Un chiffre mal reporté peut fausser toute l'analyse : la rigueur s'impose dans l'application des protocoles.

Votre métier vous met en contact avec des médecins, des patients, des représentants de laboratoires, des inspecteurs. Cette variété d'interlocuteurs nécessite de bonnes capacités de communication pour adapter votre discours à chacun. Vous travaillez tantôt en équipe, tantôt seul lors de longues sessions d'analyse.

Des imprévus arrivent régulièrement : un participant se retire, le recrutement stagne, un centre rencontre des difficultés. Dans ces moments tendus, votre résistance au stress joue un rôle important pour garder la tête froide. Vous devez aussi savoir expliquer vos conclusions simplement : votre sens pédagogique rend accessible un langage technique souvent complexe.

Compétences techniques incontournables

  • maîtrise des méthodologies de recherche clinique et des normes réglementaires (ICH-GCP, FDA, EMA)
  • connaissances solides en médecine, biologie et pharmacologie
  • expertise en statistiques appliquées à la santé et analyse de données

Compétences techniques complémentaires

  • utilisation des logiciels bureautiques et des outils de gestion des essais cliniques (CTMS)
  • anglais professionnel pour lire la littérature scientifique et échanger avec les équipes internationales
  • connaissance du cadre juridique et éthique de la recherche biomédicale

Quel est le salaire d'un attaché de recherche clinique ?

Cette profession scientifique propose des rémunérations attractives dès l'embauche.

  • Un attaché de recherche clinique junior touche entre 30 000 et 42 000 euros brut par an (2 320 à 3 250 euros net par mois).
  • Les professionnels confirmés atteignent entre 35 000 et 45 000 euros brut annuels, soit 2 710 à 3 480 euros net mensuels.

Les grands laboratoires pharmaceutiques internationaux rémunèrent bien mieux que les petites CRO régionales. L'écart de salaire atteint plusieurs milliers d'euros annuels, parfois même le double selon votre ancienneté. Les hôpitaux publics suivent des grilles salariales figées qui progressent lentement.

Le Grand Paris, Lyon et les zones d'activité pharmaceutique concentrent les opportunités et poussent les salaires à la hausse. La concurrence entre employeurs joue en votre faveur dans ces métropoles. À l'inverse, les régions éloignées des pôles industriels offrent moins d'opportunités et limitent vos marges de négociation.

Certains profils se négocient mieux que d'autres. L'oncologie ou les maladies rares attirent peu de spécialistes, ce qui renforce votre valeur sur le marché. Les essais menés dans plusieurs pays prouvent votre capacité à gérer la complexité internationale. Ces atouts vous donnent des arguments solides pour négocier votre salaire à l'embauche comme lors de vos évolutions.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

Le métier d'ARC sert souvent de tremplin vers d'autres fonctions au sein de l'industrie pharmaceutique.

La coordination d'études internationales s'ouvre après quelques années de pratique. Vous gérez alors des essais menés simultanément dans plusieurs pays, harmonisez les méthodologies entre les sites et supervisez des équipes dispersées géographiquement. Cette expérience multiculturelle enrichit votre profil et facilite votre recrutement par les laboratoires internationaux.

L'encadrement représente une autre orientation. Les postes d'ARC manager ou de chef de projet clinique vous placent à la tête d'une équipe. Vous supervisez plusieurs attachés, garantissez la bonne marche de multiples études en parallèle, et assumez la responsabilité des délais. Cette transition réduit votre implication technique au profit de la coordination humaine.

D'autres évolutions s'éloignent du cœur de métier. La biostatistique attire ceux qui souhaitent approfondir l'analyse mathématique des données. Les départements affaires réglementaires recherchent des profils pour construire les dossiers d'autorisation. Les ARC chevronnés rejoignent parfois la direction scientifique, où ils définissent les priorités de développement et orientent les choix stratégiques.

Votre futur environnement de travail

Les attachés de recherche clinique exercent dans trois cadres distincts.

En laboratoire pharmaceutique, vous rejoignez le département R&D d'un groupe industriel, installé dans un parc d'affaires moderne. Votre quotidien alterne entre analyse de données au bureau, rédaction de rapports et déplacements dans les centres investigateurs. L'ambiance corporate structure le travail par projets, avec des process validés et des équipes pluridisciplinaires (médecins, pharmaciens, statisticiens).

Les CRO (Contract Research Organizations) vous plongent dans une dynamique plus intense. Ces sociétés prestataires vous font jongler entre plusieurs essais simultanés pour différents clients. Vous passez d'un projet en cardiologie à un autre en neurologie, visitez régulièrement des sites dispersés sur le territoire. L'environnement offre moins de confort qu'un grand groupe mais expose rapidement à des pathologies variées.

Les CHU proposent un cadre hospitalier au contact direct des équipes médicales et des patients. L'atmosphère reste moins formelle, avec une dimension de santé publique marquée. Les salaires sont inférieurs au privé. Tous les profils connaissent des déplacements fréquents pour visiter les centres et assister aux réunions d'étude.

Avantages et inconvénients du métier

Cette profession scientifique présente des atouts solides mais exige certains sacrifices à mesurer avant de vous engager.

Avantages

  • Métier porteur de sens : vous contribuez au développement de traitements qui amélioreront la vie de milliers de patients. Les molécules que vous validez représentent un espoir pour des malades en attente de solutions thérapeutiques.
  • Rémunération attractive : Les salaires se situent nettement au-dessus de la moyenne nationale dès le premier poste. Cette profession scientifique valorise financièrement votre niveau d'études élevé et vos compétences pointues.
  • Secteur dynamique : L'industrie pharmaceutique recrute régulièrement des ARC qualifiés. Le vieillissement démographique et l'innovation thérapeutique (thérapies géniques, immunothérapies) maintiennent une demande soutenue de professionnels compétents.

Inconvénients

  • Formation longue et sélective : Les cinq à neuf années d'études post-bac repoussent l'entrée sur le marché du travail. La sélection dans les masters spécialisés et les écoles d'ingénieurs reste exigeante, avec des places limitées pour de nombreux candidats.
  • Pression et responsabilité importantes : Vous portez la responsabilité scientifique et éthique d'essais impliquant des patients. Les erreurs de protocole, les problèmes de sécurité ou les manquements réglementaires peuvent avoir des conséquences graves, générant un stress conséquent.
  • Déplacements fréquents : Les visites régulières dans les centres investigateurs fragmentent vos semaines et compliquent l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle. Ces déplacements pèsent particulièrement si vous avez de jeunes enfants ou des contraintes familiales.

Quelle formation continue pour un attaché de recherche clinique ?

Si vous disposez d'une licence en biologie, en sciences de la vie ou d'un diplôme d'État paramédical (infirmier, kinésithérapeute, manipulateur en électroradiologie), le Diplôme interuniversitaire pour la formation des assistants de recherche clinique (DIUFARC-TEC) vous ouvre la voie.

Cette formation couvre les aspects promoteur et investigateur du métier. Dispensée sur environ 200 heures, elle s'organise en séminaires thématiques répartis dans différentes universités françaises. Les modules durent plusieurs jours et approfondissent un volet spécifique : méthodologie des essais, réglementation, pharmacovigilance, monitoring, analyse statistique. Vous devrez prévoir votre mobilité géographique pour suivre ces enseignements.

Un stage pratique complète la formation théorique : vous l'effectuerez en milieu hospitalier, dans un département R&D de l'industrie pharmaceutique ou au sein d'une CRO. Votre responsable pédagogique validera ce stage obligatoire. L'examen final national comprend une épreuve écrite de quatre heures et une épreuve orale de dix minutes. Une session de rattrapage est organisée simultanément dans les universités participantes.

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