Comment devenir administrateur - MaFormation

Comment devenir administrateur

Rôle majeur et déterminant au sein d'une société, l'administrateur n'est pas un salarié. Il est nommé par les actionnaires, répond devant eux, et engage sa responsabilité personnelle sur chaque décision qu'il vote au sein du conseil d'administration.
Mis à jour le , publié en janvier 2022
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Par L'équipe MaFormation

On ne postule pas au poste d'administrateur. On y est nommé, à l'issue d'une carrière suffisamment solide pour convaincre une assemblée générale. Ce mandat de gouvernance, discret mais stratégique, place son titulaire au cœur des décisions qui engagent l'avenir d'une entreprise.

Quel est le rôle d'un administrateur ?

L'administrateur siège au conseil d'administration et participe à la gouvernance de l'entreprise aux côtés des autres membres et des dirigeants. Contrairement au directeur général, il n'intervient pas dans la gestion opérationnelle quotidienne. Son rôle est de contrôler, d'orienter et de délibérer. Ses missions l'amènent à :

  • Définir la stratégie de l'entreprise et les grandes orientations à moyen et long terme
  • Analyser les marchés, surveiller la concurrence et identifier les tendances susceptibles d'influencer la trajectoire de la société
  • Voter les décisions importantes relatives au fonctionnement de l'entreprise
  • Apporter au conseil d'administration son analyse, ses propositions et son expertise sectorielle
  • Contrôler la gestion des dirigeants et s'assurer de la bonne exécution des orientations fixées
  • Représenter la société auprès des partenaires, actionnaires, fournisseurs et du grand public
  • Garantir l'équilibre et l'indépendance de la gouvernance au sein du conseil

Quelle formation pour devenir administrateur ?

Il n'existe pas de diplôme spécifique pour accéder à un conseil d'administration. Ce qui compte, c'est l'expérience accumulée et la crédibilité qu'elle confère aux yeux des actionnaires. Les administrateurs en poste viennent d'horizons variés : écoles de commerce, écoles d'ingénieurs, instituts d'études politiques, formations en droit, finance ou ressources humaines. Les cursus les plus fréquents sont les suivants :

Bac+3 :

  • Licence professionnelle management des organisations
  • Licence droit des affaires

Bac+5 :

  • Master Management et administration des entreprises (MAE)
  • Master droit des sociétés
  • Master finance
  • Master ressources humaines
  • MBA Manager stratégique
  • Programme Grande École (école de commerce)
  • École d'ingénieurs avec spécialisation management

Pour ceux qui souhaitent formaliser leur entrée dans la gouvernance, le certificat d'administrateur de sociétés, dispensé par l'Institut Français des Administrateurs (IFA) en partenariat avec Sciences Po, envoie un signal de crédibilité fort sur le marché.

Il couvre la gouvernance du conseil, la gestion des risques, l'analyse financière et le pilotage stratégique, sur 13 journées réparties sur six mois. Les grandes structures le regardent de plus en plus comme un attendu, même s'il n'est pas formellement obligatoire. Avant d'envisager un mandat, exercer plusieurs années dans un poste de direction fonctionnelle reste la condition la plus difficile à contourner.

Devenez administrateur

Quelles sont les qualités requises pour devenir administrateur ?

Tenir une position indépendante au sein d'une instance collégiale où les intérêts divergent, c'est l'équilibre délicat que l'administrateur doit maintenir à chaque séance.

Qualités humaines indispensables

Un bon administrateur doit savoir dire "non" : son indépendance est la clé de sa légitimité. D’une honnêteté irréprochable, il fait passer l’intérêt de la société avant le sien. Il cherche toujours le terrain d'entente, mais sait rester ferme sur ses principes. S'il est discret sur ce qui se dit en conseil, il devient un ambassadeur convaincant pour le monde extérieur. Sa force ? Savoir critiquer de manière constructive, sans jamais briser la cohésion de l’équipe.

Compétences techniques incontournables

  • Maîtrise des principes de gouvernance d'entreprise
  • Analyse des données financières et lecture des états comptables
  • Connaissance du droit des sociétés et des responsabilités du mandataire

Compétences techniques complémentaires

  • Anglais courant, notamment pour les conseils d'administration internationaux
  • Gestion des risques
  • Expertise sectorielle spécifique à l'activité de la société

Quel est le salaire d'un administrateur ?

La rémunération d'un administrateur ne fonctionne pas comme un salaire classique. Elle est fixée par l'assemblée générale sous forme de jetons de présence, dont le montant varie selon la taille de la société et le nombre de séances du conseil.

  • Un administrateur en poste dans une PME ou une ETI perçoit généralement entre 30 000 et 45 000 € brut par an, soit 1 950 à 2 930 € net par mois.
  • Dans une société cotée ou un grand groupe, la rémunération s'établit entre 60 000 et 100 000 € brut annuels, ce qui représente 3 900 à 6 500 € net par mois.

Ces montants peuvent être complétés par des rémunérations exceptionnelles liées à des missions ponctuelles confiées par le conseil. La plupart des administrateurs cumulent plusieurs mandats, ce qui augmente significativement leur revenu global. C'est souvent cette logique de multi-mandats qui rend le profil économiquement viable sur le long terme.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

Un premier mandat en appelle souvent un deuxième. Les administrateurs qui font leurs preuves dans un conseil accumulent une réputation qui leur ouvre la porte d'autres sociétés : c'est la logique du multi-mandats, courante dans ce milieu. Certains accèdent à la présidence du conseil d'administration, en prenant en charge la coordination des membres et la relation avec les dirigeants opérationnels. D'autres, à l'issue de leur mandat, sont sollicités pour rejoindre la direction générale de la société dans laquelle ils siégeaient, leur connaissance de l'organisation constituant un atout évident dans ce type de transition.

Votre futur environnement de travail

L'administrateur ne travaille pas à temps plein pour la société dont il est membre du conseil. Son agenda est rythmé par les séances du conseil d'administration, qui se tiennent en moyenne quatre à six fois par an dans la plupart des structures.

Entre ces réunions, il consacre du temps à la préparation avec au programme (entre autres) : lecture des rapports de gestion, analyse des données financières, échanges avec les autres membres. Les déplacements sont ponctuels, plus fréquents dans les grandes organisations avec des implantations multiples ou internationales.

Ce rythme discontinu est l'une des particularités du mandat. Il laisse de la place pour d'autres activités professionnelles, ce qui explique que beaucoup d'administrateurs exercent simultanément plusieurs mandats ou maintiennent une activité de direction ou de conseil en parallèle.

Les avantages et inconvénients du métier d'administrateur

Un mandat d'administrateur offre un accès à des décisions stratégiques de premier plan, mais il s'accompagne d'une responsabilité que le statut ne protège pas toujours.

Avantages

  • Une liberté de parole garantie par le statut : l'administrateur indépendant n'est soumis à aucune hiérarchie interne. Il peut s'exprimer, voter contre, formuler des réserves, sans craindre de conséquences sur un lien de subordination qui n'existe pas.
  • Un accès aux décisions stratégiques de haut niveau : peu de postes donnent une vision aussi directe sur les orientations qui engagent l'avenir d'une entreprise. C'est une exposition rare, même pour des cadres expérimentés.
  • La possibilité de cumuler plusieurs mandats : contrairement à un poste salarié, un mandat d'administrateur est compatible avec d'autres activités, ce qui permet de diversifier ses implications et ses revenus.

Inconvénients

  • Une responsabilité juridique personnelle engagée : en cas de faute de gestion avérée, l'administrateur peut être tenu personnellement responsable, indépendamment du caractère collectif des délibérations du conseil.
  • Une rémunération parfois éloignée de l'implication réelle : les jetons de présence sont fixés en assemblée générale et ne reflètent pas toujours le temps effectivement consacré au mandat, notamment dans les PME.

Quelle est la différence entre un administrateur et un directeur général ?

Les deux fonctions coexistent au sommet d'une entreprise, mais elles n'ont ni le même rôle ni le même mode d'exercice. L'administrateur exerce un mandat de gouvernance : nommé par l'assemblée générale des actionnaires, il siège au conseil d'administration, contrôle la gestion des dirigeants et vote les grandes orientations stratégiques. Il n'est pas salarié de la société et consacre un temps partiel à sa mission, rémunéré sous forme de jetons de présence. Le directeur général, lui, est nommé par le conseil d'administration et dirige l'entreprise au quotidien à temps plein. Sa responsabilité est individuelle sur la gestion opérationnelle, là où celle de l'administrateur est collégiale et porte sur les délibérations votées.

En pratique, le directeur général rend compte au conseil d'administration, dont les administrateurs sont membres. L'un pilote, l'autre contrôle et oriente. Dans les PME familiales, les deux rôles peuvent se confondre, une même personne occupant simultanément la présidence du conseil et la direction générale.

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