Comment se reconvertir vers le métier d'électricien - MaFormation

Comment se reconvertir vers le métier d'électricien

Se reconvertir pour devenir électricien, c’est la garantie de trouver rapidement un emploi dès l’obtention de votre diplôme ou de votre certification.
Mis à jour le , publié en mars 2022
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Par Istvan Drouyer

L’électricien s’occupe de l’installation électrique, mais aussi des travaux de maintenance et de rénovation dans les bâtiments et les maisons individuelles. Il peut se déplacer de chantier en chantier chez des particuliers ou des professionnels pour installer, contrôler ou dépanner une large variété d’équipements : climatisation, chauffage, alarmes, caméras de surveillance, tableaux électriques, appareils connectés… et bien d’autres encore.

Pourquoi choisir le métier d’électricien pour sa reconversion ?

Vous cherchez un métier concret, avec de vraies perspectives d’emploi et une formation accessible ? L’électricien coche beaucoup de cases. Voici pourquoi.

  • Un secteur qui ne connaît pas le chômage : le BTP souffre d’une pénurie de main-d’œuvre durable. L’électricien figure parmi les métiers les plus recherchés du bâtiment, au même titre que le couvreur ou le plombier. Les offres sont nombreuses, et la transition énergétique (bornes de recharge, pompes à chaleur, installations solaires) ne fait qu’accentuer les besoins. Sans compter que l’audiovisuel, l’événementiel et le spectacle vivant recrutent aussi des électriciens qualifiés.
  • Un quotidien qui ne ressemble jamais à la veille : missions variées, déplacements fréquents, interactions avec clients, collègues et autres corps de métier. Si votre poste actuel vous ennuie, la routine n’aura pas sa place ici. La domotique, en plein essor, vous poussera régulièrement à actualiser vos connaissances.
  • Une reconversion qui n’exige pas des années de formation : en moins d’un an, il est tout à fait possible de changer de métier. Les passerelles pour adultes permettent souvent de raccourcir les parcours, et votre expérience professionnelle antérieure peut jouer en votre faveur.
  • La possibilité de travailler à votre compte : l’idée d’être votre propre patron vous séduit ? L’électricien peut s’installer à son compte et fixer ses propres conditions de travail. Une liberté réelle, même si elle demande une clientèle solide pour être pleinement rentable.

En toute transparence : le métier a ses exigences. Le travail est physique (positions inconfortables, déplacements quotidiens, port de charges). Les règles de sécurité sont strictes et non négociables : travailler sous tension sans les bons réflexes, c’est un risque réel. Enfin, si l’indépendance vous attire, sachez que les premières années à son compte sont souvent plus modestes financièrement que le salariat. Autant le savoir avant de se lancer.

Avez-vous le profil pour devenir électricien dans le cadre d’une reconversion ?

Les personnes en reconversion ont souvent un avantage sous-estimé : des compétences transférables accumulées au fil des années. Voici ce que le métier demande concrètement.

Compétences principales

  • Une aisance relationnelle : sur le chantier, la communication fluidifie tout (les échanges avec les clients, la coordination avec les autres corps de métier, la transmission des consignes en équipe). Ce n’est pas un métier solitaire.
  • Une bonne condition physique : vous serez amené à travailler dans des positions inconfortables, à manipuler des charges, à vous déplacer toute la journée. Pas besoin d’être athlète, mais un avis médical préalable peut être utile si vous avez des antécédents.
  • La maîtrise des règles de sécurité : travailler avec l’électricité comporte des risques réels. Rigueur et sens des responsabilités ne sont pas des qualités optionnelles (elles conditionnent votre sécurité et celle des autres).
  • La minutie et la dextérité : câblage, raccordements, pose de tableaux électriques… chaque geste technique demande précision et application. C’est une discipline qui s’acquiert, mais l’attention au détail doit être naturelle.
  • La lecture de plans et de schémas : interpréter un schéma électrique est une compétence centrale du métier. Elle s’apprend en formation, mais un attrait pour le travail technique facilite beaucoup les choses.

Compétences secondaires

  • Des notions en maçonnerie ou plomberie : utiles pour les interventions polyvalentes sur chantier, ces savoir-faire complémentaires sont appréciés même s’ils ne sont pas exigés.
  • Un intérêt pour la domotique : les bâtiments connectés se multiplient. Les électriciens qui maîtrisent les systèmes domotiques ont une longueur d’avance sur le marché.
  • L’autonomie sur chantier : savoir s’organiser seul, gérer ses priorités et rendre compte sans supervision constante est un atout réel, surtout pour les interventions chez les particuliers.

Quelle formation pour se reconvertir vers le métier d’électricien ?

Pour un adulte en reconversion, le titre professionnel (TP) Électricien d’équipement du bâtiment (RNCP37442) est souvent la voie la plus adaptée. Délivré par le ministère du Travail, il se prépare en quelques mois dans un centre de formation pour adultes (AFPA, GRETA ou organisme privé habilité).

La formation couvre l’installation des équipements électriques basse tension, la lecture de schémas, les normes NFC 15-100, les habilitations électriques (B1V, BR, H0) et les solutions d’efficacité énergétique (bornes de recharge, photovoltaïque).

Son format intensif et sa dimension pratique en font un cursus taillé pour ceux qui veulent changer de métier rapidement sans sacrifier la qualité de la formation. La certification est enregistrée au RNCP jusqu’en 2028.

D’autres voies sont possibles selon votre projet :

  • Le CAP Électricien, réalisable en un an pour les profils en reconversion
  • Le Bac Pro Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés (MELEC)
  • Le CQP Électricien monteur installateur courants faibles

La nette majorité de ces formations met l’accent sur la pratique. Une alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation) est tout à fait envisageable en formation continue. À défaut, un stage en entreprise de quelques semaines reste indispensable pour acquérir les automatismes du métier. Certains cursus sont également disponibles en partie à distance, ce qui peut faciliter la transition pour ceux qui continuent à travailler pendant leur reconversion.

Quel salaire pour un électricien ?

Un électricien en début de carrière perçoit entre 1 820 et 2 100 € brut par mois, soit nettement au-dessus du SMIC, ce qui est plutôt rassurant quand on change de métier.

Avec quelques années d’expérience, la rémunération progresse régulièrement pour atteindre jusqu’à 3 000 € brut mensuel pour un profil confirmé. La spécialisation (domotique, énergies renouvelables, haute tension) et la région jouent un rôle non négligeable : l’Île-de-France affiche des fourchettes sensiblement plus élevées qu’en province.

Les électriciens qui s’installent à leur compte peuvent dégager entre 2 500 et 4 000 € net par mois une fois leur activité bien établie. Les premières années sont généralement plus modestes, le temps de constituer un portefeuille clients.

Et après ? Vos perspectives d’évolution

Un électricien ne reste pas électricien toute sa vie s’il ne le souhaite pas. La spécialisation est souvent la première étape : domotique, installations photovoltaïques, bornes de recharge pour véhicules électriques. Ces domaines recrutent activement et valorisent les profils formés, avec des tarifs à la clé.

Côté hiérarchie, quelques années de terrain ouvrent la voie aux postes de chef d’équipe puis de chef de chantier. Des fonctions qui conservent la dimension technique tout en y ajoutant la coordination d’une équipe.

Pour ceux que l’idée d’entreprendre démange, l’installation à son compte reste une option crédible : un électricien indépendant bien établi peut dégager entre 2 500 et 4 000 € net par mois, avec la liberté d’organiser son activité à sa façon.

Comment financer sa reconversion en électricien ?

Bonne nouvelle : les dispositifs de financement sont nombreux, et plusieurs peuvent se combiner. Tour d’horizon des principales options.

  • Le compte personnel de formation (CPF) : chaque actif cumule des droits sur son compte, consultables sur la plateforme Mon Compte Formation. Les formations d’électricien y sont éligibles, ce qui peut couvrir tout ou partie des frais selon le solde disponible. Depuis le 2 avril 2026, un reste à charge de 150 € s’applique sauf prise en charge par un tiers (employeur, Opco, France Travail).
  • Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) : vous êtes salarié et souhaitez vous former à un nouveau métier en conservant votre rémunération ? C’est précisément l’objet du PTP, aussi appelé CPF de transition. Une solution particulièrement adaptée si votre formation dure plusieurs mois.
  • L’Aide Individuelle à la Formation (AIF) : réservée aux demandeurs d’emploi, cette aide de France Travail prend le relais quand les autres dispositifs ne suffisent pas. La formation doit s’inscrire dans un projet professionnel validé par votre conseiller.
  • Les aides régionales : certaines régions proposent des financements complémentaires, notamment sur les métiers en tension comme l’électricité. Renseignez-vous auprès de votre conseil régional.

5 étapes concrètes pour lancer votre reconversion dès aujourd’hui

Voici un plan d'action pour transformer ce projet en réalité.

1. Passez une journée sur un chantier électrique

Avant toute inscription en formation, rien ne vaut une immersion réelle. Contactez une entreprise d’électricité de votre secteur et proposez d’observer une journée de travail. Vous repartirez avec une idée précise de ce qui vous attend.

2. Faites le point sur vos compétences transférables

Sens du contact, rigueur, habitude du travail en équipe, expérience technique dans un autre domaine : beaucoup de reconvertis sous-estiment ce qu’ils apportent déjà. Un bilan de compétences peut vous aider à y voir plus clair avant de choisir votre formation.

3. Choisissez votre formation et vérifiez son financement

Le titre professionnel Électricien d’équipement du bâtiment est la voie la plus directe pour un adulte en reconversion. Vérifiez son éligibilité CPF sur Mon Compte Formation et prenez contact avec plusieurs organismes (AFPA, GRETA, centres privés habilités) pour comparer les modalités.

4. Préparez votre habilitation électrique dès la formation

L’habilitation électrique (niveaux B1V, BR, H0 a minima) est indispensable pour intervenir sur chantier. Elle est intégrée au titre professionnel, mais mieux vaut en comprendre les enjeux dès le départ : c’est ce document qui autorise légalement votre employeur à vous confier des opérations sous tension.

5. Décrochez votre première expérience avant même la fin de votre formation

L’alternance ou le stage de fin de formation sont vos meilleures cartes de visite. Commencez à prospecter les entreprises d’électricité locales dès les premières semaines de cours. Dans un secteur en tension, un stagiaire sérieux se transforme souvent en embauche.

Salarié ou indépendant : quel statut pour votre reconversion en électricien ?

L’électricien peut exercer sous deux grands statuts, et le choix mérite réflexion.

Le salariat est la voie naturelle pour un reconverti qui sort de formation. Il offre une rémunération stable dès le premier poste, une montée en compétences encadrée et une couverture sociale complète. C’est aussi le meilleur moyen d’accumuler l’expérience technique et la connaissance du marché local avant d’envisager autre chose.

L’installation à son compte, en micro-entrepreneur ou en entreprise artisanale, attire ceux qui veulent fixer leurs tarifs et organiser leur temps librement. Les électriciens indépendants bien installés peuvent dégager entre 2 500 et 4 000 € net par mois. Mais les premières années sont souvent plus serrées : constitution du portefeuille clients, investissement en outillage, gestion administrative. La recommandation usuelle dans le secteur : se faire la main en salarié pendant deux à trois ans avant de franchir le pas.

©Serhii - stock.adobe.com

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