Peut-on devenir art-thérapeute sans diplôme ?
Autant l'annoncer d'emblée : contrairement au diététicien ou au psychologue, le titre d'art-thérapeute n'est pas protégé par la loi. Aucun diplôme d'État n'est légalement exigé pour exercer ce métier. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les formations se valent.
Entre les diplômes universitaires, les certifications inscrites au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) et les écoles sans reconnaissance officielle, il est important de savoir repérer les parcours les plus sérieux.
Art-thérapeute : un métier sans diplôme d'État obligatoire
L'art-thérapeute exerce une profession qui n'est encadrée par aucun texte légal. Aucune loi n'impose de diplôme, de certification ou d'inscription à un ordre professionnel pour porter ce titre et pratiquer.
Cette absence de cadre s'explique en grande partie par la jeunesse de la discipline. Là où les professions paramédicales classiques bénéficient de décennies de structuration réglementaire, l'art-thérapie s'est développée plus récemment en France et reste encore en cours de reconnaissance institutionnelle.
Certaines écoles, comme l'AFRATAPEM à Tours, y travaillent depuis plusieurs décennies déjà, avec un titre inscrit au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) depuis 2012. Mais l'ensemble du secteur n'a pas encore atteint le niveau d'encadrement d'une profession de santé réglementée.
Résultat : il est tout à fait légal d'exercer l'art-thérapie sans diplôme universitaire, à condition de ne pas usurper un titre protégé comme celui de psychologue ou de psychothérapeute. Cela ne signifie pas pour autant qu'une pratique sans formation soit recommandable, ni reconnue par les employeurs du secteur médico-social.
Quelles formations suivent ceux qui n'ont pas de diplôme universitaire ?
Ce qui importe en art-thérapie n'est pas la qualité de l'œuvre produite ni un quelconque talent artistique, mais ce qui se joue chez le patient pendant qu'il crée. Voilà pourquoi les parcours accueillent autant des professionnels du soin ou du social que des artistes confirmés, sans exiger de bagage artistique préalable.
Deux voies méritent d'être distinguées :
- Le diplôme universitaire (DU) d'art-thérapie, proposé notamment par les facultés de médecine de Tours, Lille-ICL ou Grenoble. Il apporte une caution scientifique et cible plutôt des profils déjà présents dans le soin ou la santé, avec un niveau bac+2 ou une expérience équivalente en prérequis.
- La certification professionnelle, délivrée par des écoles privées comme l'AFRATAPEM, ARTEC ou IFORT. Ouverte en continu sans niveau d'études préalable, elle valorise surtout la pratique de terrain, qu'elle vienne du médico-social, de l'éducation ou de la pratique artistique.
Pour juger de la valeur d'un organisme, mieux vaut vérifier son inscription au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Sans encadrement légal du métier, rien n'empêche une école de vendre un parcours court et peu exigeant sans contrôle extérieur : l'enregistrement au RNCP garantit au moins une évaluation du contenu pédagogique par l'État, ce qu'un organisme non répertorié ne peut pas revendiquer.
Le compte personnel de formation (CPF) ne finance pas ces parcours par défaut : l'établissement doit être certifié Qualiopi et proposer une action éligible, une condition qui écarte encore une partie des écoles du secteur.
La VAE, une reconnaissance possible pour une pratique déjà existante
Pour ceux qui pratiquent déjà l'accompagnement par la médiation artistique, en atelier, en institution ou de façon plus informelle, la validation des acquis de l'expérience (VAE) ouvre une autre porte. Elle permet de transformer une expérience de terrain en certification reconnue, sans reprendre un parcours de formation complet.
Depuis la réforme du 27 décembre 2023, il n'est plus nécessaire de justifier d'un nombre minimum d'années d'expérience pour déposer un dossier VAE. La démarche reste néanmoins exigeante. Elle suppose de rédiger un dossier détaillant les missions exercées, de les mettre en regard du référentiel de compétences du titre visé, puis de passer devant un jury qui peut valider totalement, partiellement, ou demander un complément de formation sur les points manquants.
La VAE pour obtenir une certification d'art-thérapeute s'adresse en priorité aux professionnels venus du soin, de l'éducation ou de l'animation, qui ont déjà intégré des ateliers à médiation artistique dans leur pratique sans détenir de titre spécifique. Elle ne remplace pas une formation initiale pour quelqu'un qui n'a jamais pratiqué la médiation artistique, mais elle permet à ceux qui ont déjà fait leurs preuves de faire reconnaître ce chemin plutôt que de suivre à nouveau un cursus entier.
©nagaets - stock.adobe.com