Comment financer sa formation d'anglais : le guide des dispositifs
L’anglais est aujourd’hui un levier clé pour évoluer professionnellement et rester compétitif sur le marché du travail. Une meilleure maîtrise de la langue permet, par exemple, de répondre plus facilement à des échanges avec des clients ou fournisseurs étrangers, de travailler à l’international, de lire de la documentation technique ou encore d’accéder à des postes avec davantage de responsabilités. Pourtant, se former a un coût qui peut freiner certains projets… à tort, car de nombreux dispositifs permettent de financer une partie ou la totalité d’une formation.
Le CPF, mobilisable par tous les actifs
Le compte personnel de formation (CPF) est le dispositif le plus accessible pour financer une formation en anglais. Tout actif (salarié, demandeur d'emploi ou travailleur indépendant ) dispose d'une cagnotte alimentée chaque année : 500 euros pour un salarié à temps plein, jusqu'à 800 euros pour une personne sans diplôme ou sous le niveau baccalauréat, dans la limite d'un plafond de 5 000 euros ou 8 000 euros selon les cas.
Pour financer une formation en anglais via le CPF, la formation doit déboucher sur une certification inscrite au répertoire spécifique (RS). Les certifications linguistiques reconnues, TOEIC, Linguaskill, LILATE, répondent à cette condition. La prise en charge est plafonnée à 1 500 euros pour ce type de certification. Si le coût de la formation dépasse ce montant, le reste peut être complété par un abondement employeur, un financement OPCO ou un apport personnel.
Depuis le 2 avril 2026, les salariés en poste doivent s'acquitter d'un reste à charge de 150 euros au moment de valider leur inscription sur Mon Compte Formation. Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail en sont exonérés. Ce montant est payé directement sur la plateforme : aucune avance n'est à prévoir par ailleurs.
Le plan de développement des compétences, la voie de l'employeur
Si vous êtes salarié, votre employeur peut financer directement votre formation en anglais dans le cadre du plan de développement des compétences (PDC). Ancien plan de formation, ce dispositif recense chaque année les actions de formation que l'entreprise prend en charge pour ses collaborateurs. Vous n'avez pas besoin de mobiliser votre CPF, et aucun reste à charge ne vous incombe.
La démarche passe par votre service RH ou votre manager. L'idée est de présenter votre projet de formation en montrant en quoi l'anglais répond à un besoin concret de votre poste ou de votre évolution au sein de l'entreprise. Une demande bien cadrée, avec un objectif clair et une formation certifiante à la clé, a davantage de chances d'être intégrée au plan annuel.
Si l'entreprise valide la prise en charge, elle finance le coût pédagogique directement auprès de l'organisme de formation. Dans ce cas, votre CPF reste intact pour un autre projet. Autre avantage : quand l'employeur abonde votre CPF dans le cadre d'un co-financement, vous êtes exonéré du reste à charge de 150 euros. Une option à mentionner explicitement lors de votre échange avec les RH.
Les OPCO, le levier méconnu des salariés et des TPE/PME
Les opérateurs de compétences (OPCO) sont des organismes financés par les contributions des entreprises à la formation professionnelle. Au nombre de onze, ils couvrent l'ensemble des branches professionnelles. Leur rôle : financer les formations des salariés, en complément ou en remplacement du CPF.
La demande de financement passe par l'employeur, pas par le salarié directement. La formation doit s'inscrire dans le plan de développement des compétences et être dispensée par un organisme certifié Qualiopi. Selon la taille de l'entreprise et les priorités de la branche, la prise en charge peut couvrir tout ou partie du coût pédagogique, et atteindre 100 % pour les TPE et PME de moins de 50 salariés.
Pour savoir quel OPCO couvre votre entreprise, vérifiez le code IDCC de votre convention collective sur le site du ministère du Travail. C'est ensuite votre employeur qui prend contact avec le conseiller OPCO pour monter le dossier. Si vous souhaitez initier la démarche de votre côté, présentez le projet à votre responsable RH en mentionnant explicitement la voie OPCO : beaucoup d'entreprises, notamment les plus petites, ne pensent pas spontanément à l'activer.
L'AIF de France Travail, pour les demandeurs d'emploi
L'aide individuelle à la formation (AIF) est une subvention accordée par France Travail aux demandeurs d'emploi dont le projet de formation n'est pas couvert, ou pas entièrement, par le CPF. Elle peut financer la totalité du coût restant après mobilisation des droits CPF, ou prendre en charge l'intégralité de la formation si celle-ci n'est pas éligible au CPF.
L'AIF n'est pas automatique. Elle doit être demandée explicitement à votre conseiller France Travail, qui évalue la cohérence de la formation avec votre projet de retour à l'emploi. La demande doit impérativement être faite avant de déposer votre dossier sur Mon Compte Formation : une formation déjà engagée ne peut plus faire l'objet d'une AIF.
Si votre projet tient la route, une formation certifiante en anglais dans le cadre d'une reconversion ou d'une reprise d'activité dans un secteur à dimension internationale, par exemple, votre conseiller peut monter le dossier rapidement. Les formations d'anglais aboutissant à une certification reconnue comme le TOEIC ou le Linguaskill sont généralement bien accueillies dans ce cadre.
Les fonds de formation des indépendants, une option souvent ignorée
Les travailleurs non salariés ne bénéficient pas des mêmes circuits de financement que les salariés, mais ils ne sont pas pour autant laissés sans ressources. Chaque statut dispose de son propre fonds de formation, alimenté par les contributions versées à l'Urssaf. Ces fonds peuvent prendre en charge tout ou partie du coût d'une formation en anglais, en complément du CPF ou de manière autonome.
Les principaux fonds selon le statut : l'AGEFICE pour les commerçants et dirigeants non salariés, le FIFPL pour les professions libérales, le FAFCEA pour les artisans. Pour les micro-entrepreneurs, le bon interlocuteur dépend donc de l’activité exercée : commerce, artisanat ou profession libérale. Les niveaux de prise en charge varient selon les fonds et les enveloppes disponibles en cours d’année, mieux vaut déposer sa demande tô
La démarche est à engager directement auprès du fonds correspondant à votre statut, avant le début de la formation. Une attestation d'inscription et un devis de l'organisme de formation certifié Qualiopi suffisent généralement à constituer le dossier. Comme pour l'AIF, une demande faite après le démarrage de la formation ne sera pas recevable.
Les aides régionales, le coup de pouce territorial
Les conseils régionaux disposent de budgets dédiés à la formation professionnelle et peuvent cofinancer une formation en anglais, en complément d'un CPF ou d'un autre dispositif. Ces aides ciblent en priorité les demandeurs d'emploi, les personnes en reconversion et les actifs des secteurs identifiés comme prioritaires sur le territoire.
Les conditions et les montants varient sensiblement d'une région à l'autre. Certaines régions proposent des dispositifs structurés avec des enveloppes dédiées aux formations linguistiques ; d'autres traitent les demandes au cas par cas. Dans tous les cas, renseignez-vous auprès de votre conseil régional ou d'un conseiller en évolution professionnelle (CEP), ce dernier connaît les dispositifs locaux et peut vous orienter vers les aides mobilisables selon votre situation.
Un point d'attention : les délais de traitement des dossiers régionaux peuvent être longs, parfois jusqu'à trois mois. Si vous envisagez de combiner une aide régionale avec d'autres financements, anticipez le montage du dossier bien avant la date de démarrage souhaitée.
©N.Savranska - stock.adobe.com