Comment devenir ramoneur
L'augmentation des prix de l'énergie pousse les Français à revenir aux poêles et cheminées. Le métier de ramoneur connaît ainsi un regain d'activité notable, avec de nombreuses opportunités dans ce secteur réglementé qui garantit un volume de travail stable
Quel est le rôle d'un ramoneur ?
Le ramoneur intervient directement chez les particuliers et les professionnels pour nettoyer les conduits de fumée, éliminer les résidus de combustion et contrôler l'état des installations de chauffage. Il travaille sur les cheminées, poêles à bois, à granulés, mais aussi sur les équipements fonctionnant au gaz, au fioul ou au mazout.
Ses missions principales consistent à :
- inspecter les conduits pour détecter les obstructions, fissures ou anomalies
- retirer la suie et les dépôts accumulés
- vérifier le bon tirage de la cheminée
- contrôler l'étanchéité des installations
- repérer les risques d'incendie ou d'intoxication au monoxyde de carbone
- rédiger un certificat de ramonage obligatoire
- conseiller les clients sur l'entretien de leur système de chauffage
Quelle formation pour devenir ramoneur ?
Pour devenir ramoneur, vous pouvez viser un CAP ou un titre professionnel enregistré au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles). Ces cursus peuvent souvent s’effectuer en une année dans le cadre d’une reconversion professionnelle.
Niveau CAP
- CAP Maçon
- CAP Métiers du plâtre et de l'isolation
- CAP Interventions en maintenance technique des bâtiments
- Titre professionnel ramoneur-fumiste
- Certificat technique des métiers de ramoneur (CTM)
Le métier s'apprend surtout par la pratique : Les formations en alternance permettent d'accumuler les interventions variées et de se confronter progressivement au vertige, au froid hivernal et aux espaces confinés. Les employeurs privilégient d'ailleurs ces profils aguerris et embauchent souvent directement leurs apprentis.
Vous envisagez de travailler à votre compte ? Le secteur compte effectivement de nombreux indépendants. Le problème, c'est que la comptabilité, l'encaissement et la gestion d'entreprise ne figurent pas toujours dans les programmes de formation. Un module complémentaire en gestion pourra vous épargner des difficultés administratives au démarrage.
Devenez ramoneur
Quelles sont les qualités requises pour devenir ramoneur ?
Le métier exige un mélange d'habiletés techniques et de qualités humaines que vous développerez au fil de votre parcours.
Qualités humaines
Vous passerez une bonne partie de vos journées chez vos clients. La confiance se construit dès les premières minutes et compte autant que la qualité technique de votre intervention. Lorsque vous expliquez à un propriétaire pourquoi son conduit accumule autant de bistre ou pourquoi sa cheminée tire mal, vous devez vulgariser des aspects techniques sans jargon tout en restant crédible.
Beaucoup de clients connaissent mal leur installation et imaginent qu'un simple coup de hérisson suffit, alors que vous détectez parfois des problèmes structurels nécessitant des travaux. Annoncer ces réalités sans inquiéter inutilement relève d'un équilibre délicat.
Le ramoneur grimpe régulièrement sur les toits et adopte des postures contraignantes dans des espaces exigus. Cette sollicitation physique constante exige une bonne condition pour maintenir votre rythme même après plusieurs interventions dans la même journée, surtout en période hivernale où les demandes s'accumulent.
Face aux risques de chute, d'incendie ou d'inhalation de suie, la vigilance reste permanente. Vous portez systématiquement vos équipements de protection et respectez les procédures de sécurité, autant pour vous protéger que pour rassurer vos clients.
Compétences techniques incontournables :
- maîtrise des techniques de ramonage manuel et mécanique
- connaissance des différents types de conduits
- lecture et application des normes de sécurité (DTU 24.1, règlement sanitaire départemental)
Compétences techniques complémentaires :
- notions de maçonnerie pour effectuer des réparations mineures
- bases en électricité pour intervenir sur certains systèmes de chauffage
- utilisation d'outils de diagnostic (caméra d'inspection, testeur de tirage)
Quel est le salaire d'un ramoneur ?
Les disparités de revenus s'expliquent principalement par le statut choisi et la zone géographique d'exercice.
- En début de carrière, la fourchette s'établit entre 20 000 et 25 000 euros brut par an (1 320 à 1 660 euros net par mois).
- Après cinq années d'exercice, la rémunération évolue vers 24 000 à 29 000 euros brut par an (1 590 à 1 920 euros net par mois).
Les ramoneurs indépendants fixent librement leurs tarifs et peuvent augmenter significativement leurs revenus en période hivernale, lorsque la demande explose. Dans les régions montagneuses ou rurales où le chauffage au bois reste très répandu, le volume d'interventions justifie des rémunérations plus élevées.
Certains ramoneurs diversifient leurs activités en proposant des prestations annexes : installation de détecteurs de fumée, nettoyage de hottes professionnelles, ramonage industriel. Cette polyvalence leur ouvre de nouveaux marchés. Les ramoneurs salariés bénéficient parfois de primes liées au nombre d'interventions réalisées, surtout en haute saison.
Les perspectives d'évolution pour votre carrière
L'expérience accumulée vous ouvre plusieurs chemins professionnels.
Un ramoneur salarié peut accéder au poste de chef d'équipe après quelques années, où il supervisera le travail de collègues juniors et coordonnera les plannings d'intervention.
Beaucoup choisissent de créer leur propre activité après avoir constitué un portefeuille clients et acquis une maîtrise des aspects réglementaires. Travailler à son compte offre une liberté dans l'organisation et la possibilité de développer sa clientèle selon ses ambitions.
Certains ramoneurs expérimentés se tournent vers la formation professionnelle et transmettent leur savoir-faire aux nouvelles générations. D'autres complètent leurs compétences par des formations connexes (couverture, plomberie-chauffage, maçonnerie) pour élargir leur gamme de prestations.
Votre futur environnement de travail
La suie s'incruste partout. Dans les chaussures, sous les ongles, dans les narines. Vous aurez beau porter une combinaison et un masque, la poussière noire finit toujours par trouver son chemin. C'est le premier élément qui frappe dans ce métier : cette omniprésence de la saleté qui accompagne chaque intervention.
Vous passez vos journées à naviguer entre les toits et les intérieurs des gens. Sur les toitures, le vent souffle fort en hiver, la pluie transforme les tuiles en patinoire. Vous êtes harnaché, concentré sur chaque mouvement. Puis vous redescendez dans le salon d'un client qui vous observe nettoyer son insert, protéger son parquet avec des bâches, aspirer méticuleusement. Cette proximité avec l'intimité des gens structure le métier différemment d'un chantier classique : vous êtes seul chez eux, parfois dans leur chambre si la cheminée s'y trouve.
En saison hivernale, les interventions s'enchaînent sans pause d'un bout à l'autre de la journée, vous sillonnez le département entre maisons individuelles et copropriétés. Vous finissez par connaître par cœur les chauffagistes du coin qui vous appellent dès qu'ils posent un appareil, les syndics qui gèrent des immeubles entiers. Cette période forge des liens professionnels solide.
Avantages et inconvénients
Le métier attire par certains côtés qui séduisent immédiatement, mais il cache aussi des réalités moins glamour que découvrent les débutants après quelques semaines sur le terrain.
Avantages
- Un secteur porteur avec des débouchés assurés: La loi impose aux propriétaires et locataires de faire ramoner leurs conduits au moins une fois par an pour le chauffage au gaz et deux fois par an pour les installations au bois, fioul ou charbon. Cette obligation crée un marché stable où les professionnels qualifiés trouvent rapidement des opportunités d'emploi.
- Des formations courtes et accessibles: Les parcours de formation durent entre un et deux ans maximum, ce qui facilite les reconversions professionnelles pour les adultes souhaitant redonner un second souffle à leur carrière.
- Une réelle autonomie dans l'organisation du travail : Que vous soyez salarié ou indépendant, vous travaillez souvent seul lors de vos interventions. Cette indépendance convient aux personnes qui apprécient de mener leurs missions de bout en bout sans supervision constante.
Inconvénients
- Des conditions de travail parfois éprouvantes : La poussière de suie, les positions inconfortables dans des conduits étroits et le travail en hauteur sur les toitures représentent des contraintes physiques quotidiennes. Les interventions par temps froid ajoutent une difficulté supplémentaire.
- Une saisonnalité marquée : La majorité des demandes se concentre entre octobre et mars, ce qui crée une forte intensité de travail en période hivernale suivie d'une baisse pendant l'été. Cette irrégularité peut compliquer la gestion financière pour les indépendants.
Comment devenir ramoneur à son compte ?
L'installation en indépendant exige d'abord un diplôme reconnu (titre professionnel ramoneur-fumiste, CTM ou CAP connexe) sans lequel vous ne pourrez pas exercer légalement. Cette qualification en poche, réalisez une étude de marché pour repérer les zones où la demande dépasse l'offre actuelle.
Les assurances professionnelles structurent ensuite votre crédibilité : la garantie décennale couvre les dommages après vos interventions, tandis que la responsabilité civile vous protège pendant le ramonage. Ces souscriptions obligatoires rassurent également vos futurs clients.
Le choix du statut juridique influence directement votre fiscalité. La micro-entreprise simplifie les démarches, l'EURL ou la SASU protègent votre patrimoine si vous envisagez d'embaucher. Déclarez votre activité sur le Guichet unique de l'INPI pour obtenir votre SIRET et ouvrez un compte bancaire professionnel.
Construisez progressivement votre clientèle via les annuaires locaux et le bouche-à-oreille, particulièrement efficace dans ce secteur. Anticipez aussi la dimension gestion : facturation, trésorerie et déclarations fiscales nécessitent des compétences que des formations courtes permettent d'acquérir rapidement.
©catalyseur7 - stock.adobe.com