Comment devenir psychomotricien - MaFormation

Comment devenir psychomotricien

Réconcilier le corps et l'esprit pour retrouver l'harmonie : tel est le défi quotidien du psychomotricien, médiateur entre la santé physique et mentale.
Mis à jour le , publié en octobre 2020
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Par Johannie BONIN

Le psychomotricien rééduque le corps en prenant en compte l'aspect psychique de ce dernier. Cette profession du secteur paramédical s'appuie sur une approche globale de la personne, où chaque geste, chaque mouvement traduit un état émotionnel ou psychologique à décrypter et à accompagner.

Quel est le rôle d'un psychomotricien ?

Le psychomotricien prévient et traite les troubles psychomoteurs affectant les patients de tous âges, du nourrisson à la personne âgée. Ses interventions visent à restaurer l'harmonie entre les dimensions corporelles et psychiques de l'individu.

Le psychomotricien est amené à :

  • réaliser un bilan psychomoteur complet comprenant un entretien préalable et plusieurs séances d'examen pour identifier les troubles rencontrés
  • concevoir un projet thérapeutique personnalisé adapté aux besoins spécifiques de chaque patient
  • mettre en œuvre des séances de rééducation psychomotrice utilisant des techniques variées (relaxation, expression corporelle, jeux d'équilibre)
  • accompagner les enfants présentant des troubles du développement psychomoteur, des difficultés de concentration ou des retards d'apprentissage
  • prendre en charge des adultes ayant subi un traumatisme physique ou psychologique affectant leurs capacités motrices
  • intervenir auprès de personnes âgées pour prévenir les chutes et maintenir leur autonomie
  • collaborer avec d'autres professionnels de santé (médecins, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues) pour assurer un suivi pluridisciplinaire
  • rédiger des comptes rendus de séances et des bilans d'évolution pour ajuster le parcours thérapeutique

Quelle formation pour devenir psychomotricien ?

L'accès à la profession de psychomotricien passe obligatoirement par l'obtention du diplôme d'État de psychomotricien (DEPM), reconnu au niveau bac + 3.

Cette formation de trois ans se déroule dans l'un des instituts de formation en psychomotricité répartis sur le territoire français. L'inscription s'effectue via Parcoursup, avec des modalités d'admission qui varient selon les établissements : certains sélectionnent sur dossier, d'autres sur dossier et entretien, quelques-uns organisent encore des épreuves écrites en biologie et français.

Les candidats peuvent intégrer la formation directement après le baccalauréat. Il existe également une possibilité d'admission en deuxième année pour les étudiants ayant validé une première année universitaire en PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé), en L.AS (Licence avec option Accès Santé), en STAPS ou dans une formation scientifique.

Le cursus comprend des enseignements théoriques (anatomie, physiologie, psychologie, psychiatrie, pédagogie), des travaux pratiques et des stages obligatoires en milieu professionnel. L'obtention du diplôme nécessite la validation des examens, des stages ainsi que la rédaction et la soutenance d'un mémoire professionnel.

La formation peut être suivie en formation initiale, en formation continue ou par la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) pour les professionnels justifiant d'une expérience significative dans le domaine.

Pour maximiser vos chances de réussite, renseignez-vous sur les spécificités de chaque institut car les approches pédagogiques et les stages proposés peuvent varier considérablement. Certains établissements développent des partenariats privilégiés avec des structures spécialisées qui faciliteront votre insertion professionnelle.

Si vous optez pour une formation à distance en préparation au concours ou aux épreuves de sélection, assurez-vous que l'organisme propose un accompagnement personnalisé et des mises en situation pratiques, car la dimension corporelle et relationnelle du métier nécessite des entraînements réguliers qui dépassent la simple acquisition de connaissances théoriques.

Devenez psychomotricien

Quelles sont les qualités requises pour devenir psychomotricien ?

Exercer en tant que psychomotricien implique de jongler constamment entre observation clinique fine et accompagnement humain chaleureux, tout en adaptant ses méthodes à des profils extrêmement variés.

Qualités humaines

Travailler avec des patients parfois fragilisés exige avant tout une capacité d'écoute exceptionnelle. Le psychomotricien perçoit dans chaque geste, chaque posture, les signes d'un mal-être ou d'un blocage que le patient ne parvient pas toujours à verbaliser. Cette sensibilité relationnelle s'accompagne naturellement d'une grande bienveillance, indispensable pour instaurer un climat de confiance propice à la rééducation.

La patience constitue également un pilier fondamental : les progrès se manifestent parfois lentement, et accepter ce rythme sans découragement permet d'ajuster continuellement son approche. Face à la diversité des troubles et des personnalités rencontrés, la créativité devient un atout majeur pour concevoir des ateliers originaux qui captiveront un enfant autiste comme une personne âgée parkinsonienne.

Enfin, l'aisance corporelle personnelle du professionnel facilite la démonstration des exercices et inspire confiance aux patients dans leur propre réappropriation du corps.

Compétences techniques

  • maîtrise approfondie de l'anatomie et de la physiologie humaine
  • connaissance des troubles psychomoteurs et de leurs manifestations cliniques
  • techniques de relaxation et de gestion des émotions (méthodes Jacobson, Schultz, sophrologie)

Compétences techniques complémentaires

  • pratique d'activités corporelles variées (danse, théâtre, expression corporelle, musique)
  • utilisation de matériel spécialisé (ballons sensoriels, parcours moteurs, outils de stimulation)
  • compétences en observation et évaluation psychomotrice

Quel est le salaire d'un psychomotricien ?

Le secteur d'exercice constitue le principal déterminant de la rémunération en psychomotricité.

  • Niveau débutant : un psychomotricien débutant peut gagner entre 22 680 et 27 000 euros brut par an, soit environ 1450 à 1790 euros net par mois.
  • Après cinq années d'exercice, la rémunération évolue vers 30 000 à 35 600 euros brut par an, ce qui correspond à 1990 à 2 360 euros net par mois.

Dans la fonction publique hospitalière ou territoriale, la grille salariale évolue selon l'ancienneté et le grade, offrant une progression prévisible mais encadrée. Le psychomotricien libéral détermine ses propres honoraires et voit ses revenus fluctuer selon le volume de sa patientèle, la localisation géographique de son cabinet et sa spécialisation éventuelle. En région parisienne ou dans les grandes métropoles, les tarifs pratiqués tendent à être supérieurs, tout comme la demande, tandis que certaines zones rurales peinent à attirer des praticiens. Enfin, le statut mixte combinant salariat et activité libérale permet de sécuriser une base de revenus tout en développant une clientèle privée complémentaire.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

Au fil de l'expérience, le psychomotricien dispose de plusieurs leviers pour faire progresser sa carrière et diversifier son activité professionnelle.

Après plusieurs années de pratique, vous pouvez accéder à des postes de cadre de santé ou de coordinateur dans un établissement de soins, supervisant alors une équipe pluridisciplinaire. Certains professionnels choisissent de se spécialiser dans un domaine pointu comme la gériatrie, la petite enfance, les troubles du spectre autistique ou la neuropsychologie, ce qui renforce leur expertise et leur attractivité. L'installation en libéral représente une voie naturelle pour ceux qui souhaitent développer leur propre cabinet et gérer leur activité en toute autonomie.

Vous pouvez également vous orienter vers la formation en devenant formateur dans un institut de formation en psychomotricité ou en proposant des sessions de perfectionnement à d'autres professionnels. Certains psychomotriciens évoluent vers des postes de chef de rééducation psychomotrice dans un hôpital ou un centre spécialisé, ou s'orientent vers l'encadrement d'établissement d'accueil de jeunes enfants.

Votre futur environnement de travail

Votre quotidien de psychomotricien sera profondément influencé par le type de structure dans laquelle vous exercerez. À l'hôpital ou en clinique, vous intégrerez une équipe pluridisciplinaire où médecins, infirmiers, kinésithérapeutes et orthophonistes se côtoient au service du patient.

Les échanges y sont fréquents, les réunions de concertation rythment la semaine, et vous bénéficiez d'un cadre sécurisant avec des horaires relativement réguliers. En revanche, le travail en institution médico-sociale comme un centre de rééducation, un Ephad ou un centre de Protection maternelle et infantile vous plongera dans une ambiance plus familiale, avec des suivis souvent prolongés qui permettent de tisser des liens plus profonds avec les patients. Vous y croiserez régulièrement des éducateurs, des assistantes sociales et des psychologues, créant une synergie d'accompagnement global.

Si vous choisissez le cabinet libéral, attendez-vous à une tout autre dynamique : vous travaillerez en autonomie complète, gérant votre emploi du temps, votre comptabilité et votre communication. Les patients se succèdent dans un espace que vous aurez aménagé selon vos besoins, alternant séances individuelles avec des enfants turbulents le mercredi après-midi et consultations avec des adultes en fin de journée.

L'isolement professionnel peut parfois peser, mais la liberté d'organisation et la diversité des rencontres compensent largement. Certains psychomotriciens interviennent également en milieu scolaire ou dans des crèches, ce qui implique des déplacements réguliers et une adaptation permanente à des environnements changeants, entre salles de classe bruyantes et espaces de motricité colorés.

Avantages et inconvénients du métier

Choisir de devenir psychomotricien, c'est embrasser une profession aux multiples facettes, porteuse de satisfactions humaines intenses mais aussi de contraintes spécifiques à anticiper.

Avantages

  • Métier profondément humain et valorisant : Accompagner des patients dans leur progression, observer leurs victoires quotidiennes sur leurs difficultés et contribuer concrètement à l'amélioration de leur qualité de vie procure un sentiment d'utilité professionnelle rarement égalé.
  • Diversité des publics et des pathologies : Vous ne connaîtrez jamais la routine en psychomotricité, car chaque patient apporte son histoire, ses troubles spécifiques et ses besoins uniques, stimulant constamment votre réflexion et votre créativité thérapeutique.
  • Liberté dans les approches thérapeutiques : La psychomotricité offre une grande latitude dans le choix des méthodes et des outils utilisés, permettant à chaque praticien d'exprimer sa personnalité et ses talents particuliers à travers des ateliers sur mesure.

Inconvénients

  • Charge émotionnelle parfois importante : Travailler auprès de personnes en souffrance, accompagner des pathologies lourdes ou faire face à des situations familiales complexes exige une solide capacité de recul et peut générer de la fatigue psychique.
  • Rémunération modeste en début de carrière : Les salaires proposés dans le secteur public restent mesurés les premières années, et l'installation en libéral nécessite du temps avant d'atteindre un revenu stable et confortable.
  • Formation sélective et exigeante : L'accès aux instituts de formation demeure compétitif, et le cursus de trois ans impose un investissement personnel conséquent entre cours théoriques denses, stages pratiques et travail de mémoire.

 

Quelle formation continue pour un psychomotricien déjà en exercice ?

Une fois diplômé et installé dans la profession, le psychomotricien a tout intérêt à poursuivre son développement de compétences pour enrichir sa pratique et répondre aux évolutions du secteur.

Plusieurs certifications complémentaires permettent d'affiner votre expertise : vous pouvez vous former à l'intégration sensorielle, aux méthodes de relaxation avancées comme la sophrologie ou la méditation de pleine conscience, ou encore à des approches spécialisées pour les troubles du spectre autistique. Ces formations continues, souvent dispensées par des organismes privés ou des associations professionnelles, s'étalent généralement sur plusieurs jours ou semaines et peuvent être financées par votre compte personnel de formation (CPF).

Les psychomotriciens salariés dans la fonction publique hospitalière bénéficient d'un droit à la formation professionnelle continue leur permettant d'actualiser régulièrement leurs connaissances. Pour les libéraux, le Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux (FIF PL) propose des prises en charge financières pour suivre des stages de perfectionnement.

Certains professionnels choisissent de compléter leur parcours par un diplôme universitaire (DU) en neuropsychologie, en gérontologie ou en périnatalité, renforçant ainsi leur légitimité sur un champ d'intervention ciblé. D'autres s'orientent vers des formations en supervision ou en analyse des pratiques professionnelles, essentielles pour prendre du recul sur leur activité et éviter l'épuisement professionnel.

Participer régulièrement à des congrès, des colloques ou des journées d'étude organisés par les syndicats professionnels permet de rester connecté aux avancées scientifiques et aux innovations thérapeutiques du domaine.

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