Comment devenir juge - MaFormation

Comment devenir juge

Métier de décision, le juge mobilise de nombreuses compétences techniques et humaines au quotidien et veille à maintenir impartialité, éthique et déontologie.
Mis à jour le , publié en août 2021
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Par L'équipe MaFormation
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Le juge, aussi nommé magistrat du siège, dispose du droit qui lui est conféré pour trancher les conflits entre les personnes, sanctionner les justiciables et présider les audiences.

Quel est le rôle d'un juge ?

Le juge a pour mission principale de garantir les libertés individuelles et de défendre l'intérêt général. Il joue également un rôle d'arbitrage en cas de litiges, dans le cadre des affaires familiales par exemple. À travers ses décisions de justice, il œuvre pour faire respecter la loi et sanctionner les justiciables du non-respect de celle-ci, après avoir contextualisé les situations et entendu les différentes parties.

Ses missions varient selon la spécialité choisie :

  • Juge généraliste : prendre et notifier des décisions de justice conformément à la loi, en veillant à l'intérêt des victimes et de la société
  • Juge des enfants : orienter ses actions vers la protection des mineurs et le jugement des mineurs auteurs d'infractions pénales
  • Juge d'instruction : instruire les affaires pénales et mener l'enquête judiciaire
  • Juge de l'application des peines : superviser les modalités de la condamnation dont font l'objet les justiciables
  • Juge des contentieux de la protection : assurer la protection juridique des personnes vulnérables

Quelles études pour devenir juge ?

Pour devenir juge, le passage par l'École nationale de la magistrature (ENM) est la voie de référence. La formation dure 31 mois et est rémunérée. Elle débute par des stages d'immersion en tribunal judiciaire, en cabinet d'avocat et au sein de services d'enquête (environ 4 mois). Suit une période de scolarité à Bordeaux et de stages en juridiction (environ 21 mois), avant une spécialisation finale de 5 mois au cours de laquelle les auditeurs de justice choisissent leur première fonction.

L'accès à l'ENM se fait par concours. Depuis la réforme de novembre 2023, tous les candidats sont soumis à une condition d'âge commune : avoir moins de 50 ans et 5 mois au 1er janvier de l'année du concours.

Quatre voies sont ouvertes selon votre profil :

  • 1er concours : ouvert aux titulaires d'un diplôme de niveau bac+4 minimum (Master 1 en droit ou équivalent). Des études en droit ou dans un Institut d'études politiques sont fortement conseillées.
  • 1er concours spécial Talents : mêmes conditions, réservé aux candidats ayant suivi une classe Prépa Talents.
  • 2ème concours : destiné aux fonctionnaires et agents publics justifiant d'au moins 4 ans d'activité dans la fonction publique.
  • 3ème concours : ouvert aux professionnels (secteurs public et privé) titulaires d'un bac+4 et justifiant de 4 ans d'activité dans les domaines juridique, administratif, économique ou social.

Pour les candidats issus du secteur privé ou public avec une expérience plus longue, le concours professionnel (anciennement concours complémentaire) constitue une troisième voie. Il requiert 7 ans d'expérience qualifiante pour accéder au second grade, ou 15 ans pour le premier grade. En cas de réussite, la formation est raccourcie à 7-9 mois.

Une année de préparation dans un Institut d'études judiciaires (IEJ) reste utile pour se familiariser avec les épreuves d'admissibilité, aussi bien pour les étudiants que pour les professionnels qui souhaitent se reconvertir vers la magistrature.

La formation ne s'arrête pas à la prise de poste : elle est obligatoire tout au long de la carrière, sous forme de stages, de colloques ou de sessions fonctionnelles visant l'actualisation des connaissances juridiques. Les magistrats souhaitant approfondir des compétences spécifiques peuvent également s'orienter vers un Diplôme Universitaire ou un Master.

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Quelles sont les qualités requises pour devenir juge ?

Ce métier exige bien davantage que la seule maîtrise du droit, chaque audience confrontant le juge à des situations humaines complexes où rigueur juridique et capacité à saisir les enjeux individuels doivent aller de pair.

Qualités humaines indispensables

Le magistrat du siège doit savoir se montrer fin psychologue en appréhendant les enjeux humains et sociétaux lors des affaires judiciaires, à travers une écoute attentive des justiciables et des professionnels du droit.

Impartialité et éthique guidant les décisions qu'il rend, le magistrat doit également manifester son sens de la diplomatie et une grande rigueur, afin que les décisions soient justes, conformes à la loi et comprises par ceux qui les reçoivent. Intègre et méthodique, le juge porte de grandes responsabilités : l'autonomie dans l'exercice de ses fonctions est une exigence constitutive du métier.

Compétences techniques incontournables

  • Maîtrise des techniques juridiques et des règles déontologiques
  • Analyse de dossiers et de situations complexes
  • Conduite d'audiences et d'entretiens judiciaires

Compétences techniques complémentaires

  • Garantie du cadre procédural
  • Prise de décision fondée en droit et en fait
  • Capacité d'adaptation aux évolutions législatives et jurisprudentielles

Quel est le salaire d'un juge ?

Les juges, fonctionnaires de la fonction publique, perçoivent un traitement défini par une grille indiciaire encadrée, auquel s'ajoute un régime indemnitaire significativement revalorisé depuis octobre 2023.

  • En début de carrière (second grade), un juge perçoit entre 38 000 et 43 000 € bruts annuels, soit environ 3 100 à 3 500 € nets mensuels.
  • Avec l'ancienneté (premier grade), la rémunération progresse pour atteindre entre 55 000 et 72 000 € bruts annuels, soit environ 4 200 à 5 600 € nets mensuels.

La progression salariale dans la magistrature est principalement liée au grade et à l'échelon, l'ancienneté étant le principal levier de progression de la rémunération de base, indépendamment du type d'affaires traitées. Le régime indemnitaire joue cependant un rôle croissant dans la rémunération globale.

Depuis la réforme d'octobre 2023, la prime forfaitaire se situe aux alentours de 21 000 à 36 500 € bruts annuels pour les magistrats exerçant en juridiction. Des majorations spécifiques s'appliquent selon les fonctions (chefs de juridiction, postes à sujétions particulières), ce qui peut creuser des écarts sensibles entre deux juges de même ancienneté.

Quelle évolution pour un juge ?

Le juge peut au cours de sa carrière exercer différentes fonctions. Il peut ainsi être magistrat du parquet s'il le souhaite ou se spécialiser dans un domaine. Il peut également faire le choix de s'orienter vers une carrière de juge à l'international en suivant une formation adaptée au titre de la formation continue, ou vers un poste d'enseignant à l'ENM. Après plusieurs années, le juge peut viser certaines fonctions à hautes responsabilités au sein même du tribunal ou encore au sein d'une instance publique (ministère, commission des droits de l'Homme, ambassade, etc.).

Quelle est la différence entre un juge et un magistrat ?

Le juge est un magistrat du siège, qualifié et habilité de par sa fonction à prendre et rendre des décisions de justice. Il existe une seconde catégorie de magistrats, nommés magistrats du parquet. Ces derniers ne peuvent rendre de jugements, mais se chargent de la défense des intérêts de la société.

Le magistrat du parquet est procureur de la République ou substitut placé sous l'autorité du garde des Sceaux. Il œuvre notamment en supervisant l'action de la police judiciaire, en s'enquérant de l'exécution des peines, en proposant à l'audience une peine au nom de la société ou encore en garantissant les droits des personnes vulnérables.

Votre futur environnement de travail

En tant que juge, vous exercez principalement au sein d'un tribunal judiciaire, d'une cour d'appel ou d'un tribunal spécialisé selon la fonction occupée. La salle d'audience est l'espace le plus visible de votre activité, mais une part importante de votre temps se passe en dehors : lecture de dossiers, rédaction des décisions, entretiens en cabinet avec les parties ou leurs représentants.

Vos interlocuteurs sont nombreux et issus d'horizons très différents. Vous côtoyez régulièrement les professionnels du droit et de la justice (avocats, greffiers, officiers de police judiciaire), mais aussi des experts aux profils variés selon la nature des affaires traitées : médecins, psychiatres, travailleurs sociaux ou mandataires judiciaires.

Une réalité à anticiper concerne la mobilité géographique. En début de carrière, l'affectation dépend du classement à la sortie de l'ENM et la ville obtenue n'est pas toujours celle souhaitée. Les mutations restent fréquentes tout au long de la carrière, même si l'inamovibilité garantit qu'aucun déplacement ne peut vous être imposé sans votre accord.

Avantages et inconvénients du métier de juge

La fonction de juge repose sur un principe rare dans la fonction publique, l'inamovibilité, qui structure à la fois ses avantages et certaines de ses contraintes.

Avantages :

  • Indépendance garantie : en tant que magistrat du siège, vous ne pouvez être ni destitué ni muté contre votre gré. Aucun supérieur hiérarchique ni aucune autorité politique ne peut influencer vos décisions.
  • Diversité des fonctions : au fil de la carrière, il est possible d'exercer des spécialités très différentes ou de basculer vers le parquet, ce qui limite les risques de routine professionnelle.
  • Sens des responsabilités : vos décisions touchent à ce que les personnes ont de plus fondamental, leur liberté, leurs droits, la protection de leurs proches. Une réalité exigeante, mais aussi ce qui donne au métier sa consistance.
  • Stabilité professionnelle : statut de fonctionnaire, sécurité de l'emploi et régime de retraite avantageux.

Inconvénients :

  • Charge émotionnelle : certains contentieux (affaires familiales conflictuelles, dossiers pénaux impliquant des mineurs, situations de grande précarité) exposent à une pression psychologique importante qui ne s'atténue pas nécessairement avec l'expérience.
  • Mobilité contrainte en début de carrière : l'affectation au premier poste dépend du classement à la sortie de l'ENM, sans garantie géographique.
  • Solitude de la décision : trancher une affaire engage la responsabilité personnelle du juge, ce qui constitue, selon les profils, autant une source de satisfaction qu'une source de pression.

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