Combien de temps faut-il pour devenir avocat ? - MaFormation

Combien de temps faut-il pour devenir avocat ?

Vous envisagez le barreau et vous voulez savoir dans quoi vous vous embarquez : entre sept et neuf ans selon votre parcours, avec un concours sélectif au milieu.
Publié le
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Par Istvan Drouyer

Devenir avocat suppose un parcours long et exigeant : comptez au minimum sept ans après le bac, souvent huit ou neuf dans les faits. Le cursus commence par cinq années d’études universitaires en droit, se poursuit par un concours national sélectif, puis par dix-huit mois de formation professionnelle en école d’avocats.

Avant de prêter serment, il reste encore à décrocher le certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) et à s’inscrire auprès d’un barreau. Voici le détail de chaque étape, y compris ce qui peut rallonger le calendrier et les options pour ceux qui envisagent cette voie en reconversion.

Les cinq années d’université : licence et master 2 en droit

La licence en droit : trois ans pour poser les bases

Le parcours commence à l’université, en licence de droit. Trois ans au cours desquels l’étudiant découvre les grandes branches de la discipline : droit civil, droit pénal, droit constitutionnel, droit administratif, droit européen. Il s'agit d'une formation généraliste, volontairement large, qui pose le vocabulaire et les réflexes juridiques indispensables pour aborder ensuite le master et le concours d’entrée en école d’avocats.

Le master en droit : deux ans devenus obligatoires depuis 2025

Après la licence, l’étudiant poursuit en master. Le master 1 se valide en un an, le master 2 l’année suivante. Depuis le 1er janvier 2025, le master 2 est obligatoire pour exercer la profession d’avocat : nul ne peut désormais être admis au barreau sans en être titulaire, ou sans disposer d’un titre reconnu équivalent.

Cette règle ne concerne pas les personnes déjà inscrites au tableau des avocats ou déjà titulaires du CAPA à cette date. Le master est aussi le moment de se spécialiser : droit des affaires, droit pénal, droit social, droit international, autant de spécialisations qui orienteront ensuite le choix du barreau et du cabinet.

Le CRFPA : l’examen qui fait le tri

Le centre régional de formation professionnelle des avocats (CRFPA) est le concours qui conditionne l’entrée en école d’avocats. Sans lui, pas de formation professionnelle, pas de CAPA, pas de barreau.

Comment se préparer au CRFPA ?

L’examen comporte des épreuves écrites et orales portant sur plusieurs matières juridiques, dont une spécialité choisie par le candidat. La plupart des étudiants suivent une préparation spécifique dans un institut d’études judiciaires (IEJ), généralement en parallèle du master. Cette préparation dure environ un an. Bien qu'elle ne soit pas obligatoire, il peut être risqué de s'en passer au vu du taux d’échec.

Trois tentatives maximum : ce que cela implique pour le calendrier

Les candidats disposent de trois tentatives pour réussir le CRFPA. En cas d’échec au premier passage, il faut attendre la session suivante et recommencer la préparation, ce qui décale d’autant l’entrée en école d’avocats. Un candidat qui échoue deux fois avant de réussir ajoute deux ans à son parcours. C’est l’un des principaux facteurs d’allongement de la durée réelle des études, et l’une des raisons pour lesquelles sept ans restent un minimum théorique pour beaucoup d'avocats en devenir.

18 mois en école d’avocats : la formation professionnelle

Une fois admis au CRFPA, l’élève avocat intègre l’une des onze écoles d’avocats en France pour dix-huit mois de formation professionnelle. Ce cursus se découpe en trois périodes de six mois chacune :

  • 6 mois de formation théorique: déontologie, procédure, rédaction d’actes, plaidoirie, gestion d’un cabinet
  • 6 mois de projet pédagogique individuel (PPI): stage hors cabinet, en entreprise, en juridiction, dans une administration ou une organisation internationale
  • 6 mois de stage en cabinet d’avocats: immersion professionnelle sous la supervision d’un maître de stage

Certaines écoles proposent une formule en alternance, permettant à l’élève avocat de combiner formation et expérience professionnelle rémunérée. Ce n’est pas généralisé, mais l’option existe et mérite d’être vérifiée selon le barreau visé.

À l’issue des dix-huit mois, l’élève avocat passe le CAPA. Cet examen final combine épreuves écrites, orales et contrôle continu. Une fois le CAPA obtenu, il prête serment devant la cour d’appel et s’inscrit auprès d’un barreau. Le parcours est officiellement bouclé.

Devenir avocat : 7 ans en théorie, 8 ou 9 ans dans la réalité

Le chiffre de sept ans correspond au parcours idéal : un étudiant qui valide sa licence sans redoubler, enchaîne sur un master 2, réussit le CRFPA à la première tentative et boucle ses dix-huit mois d’école d’avocats sans interruption. Ce profil existe, mais il est loin d’être la norme.

Plusieurs facteurs allongent régulièrement le calendrier. La préparation au CRFPA mobilise en général une année entière, parfois davantage. Un échec au concours, fréquent puisque moins d'un candidat sur trois réussit, décale l'entrée en école d'avocats d'un an minimum. Certains redoublent l'année de master 2 dans une faculté plus sélective, pour renforcer leur dossier avant le concours. La réforme de janvier 2025 a par ailleurs ajouté une année au parcours pour ceux qui comptaient s'arrêter au master 1. Ces aléas cumulés font glisser le total vers huit, voire neuf ans.

Devenir avocat en reconversion : est-ce encore possible ?

La réponse est positive, mais le parcours ne se raccourcit pas pour autant. Un adulte en reconversion doit en principe suivre le même cursus qu’un étudiant en formation initiale. La durée reste celle décrite : cinq ans d’université, préparation et passage du CRFPA, dix-huit mois en école d’avocats.

Les voies d’accès dérogatoires au CRFPA

Certains profils peuvent accéder au CRFPA sans passer par un master 2 en droit classique :

  • diplômés de Sciences Po Paris titulaires d'une spécialité juridique
  • titulaires d'un diplôme d'études approfondies (DEA) ou d'un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en droit
  • anciens élèves de certaines écoles administratives ou judiciaires
  • titulaires d'un diplôme étranger donnant accès à une profession juridique réglementée dans leur pays d'origine

Ces dérogations concernent des situations précises et restent minoritaires. Si vous pensez en relever une, le mieux est de vous rapprocher du barreau visé pour vérifier votre éligibilité.

Ce que le parcours implique réellement pour un adulte en reconversion

Se reconvertir vers le barreau suppose d’accepter plusieurs années sans revenus stables ou avec des revenus réduits, sauf à trouver un financement adapté. Le projet de transition professionnelle (PTP) peut financer tout ou partie d’un master en droit pour un salarié en poste, sous conditions d’ancienneté. Le compte personnel de formation (CPF) peut également contribuer à financer certaines préparations au CRFPA. Ces dispositifs ne couvrent pas l’intégralité du parcours, mais ils méritent d’être explorés avant de se lancer.

L’âge n’est en revanche pas un obstacle juridique : il n’existe aucune limite d’âge pour s’inscrire en fac de droit, passer le CRFPA ou intégrer une école d’avocats.

©elnariz - stock.adobe.com

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