Comment devenir économiste - MaFormation

Comment devenir économiste

Sur un chantier, une mauvaise estimation peut compromettre un projet entier. L’économiste de la construction est celui qui veille à ce que les chiffres tiennent, du premier devis à la livraison.
Mis à jour le , publié en mai 2024
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Par L'équipe MaFormation

L’économiste de la construction intervient pour chiffrer l’ensemble des coûts d’un projet de construction ou de réhabilitation. Polyvalent et rigoureux, il exerce aussi bien dans le secteur public que dans le privé ou en libéral, avec des débouchés solides dans les deux cas.

Quel est le rôle d’un économiste?

L’économiste de la construction intervient à différentes étapes d’un chantier, de la phase d’études jusqu’au suivi de l’exécution. Son rôle consiste à réaliser des études économiques pour chiffrer le coût global d’un projet et s’assurer que les prévisions budgétaires tiennent dans le temps.

Ses missions principales :

  • Analyser les documents techniques transmis par le maître d’oeuvre (CCTP, DCE, études techniques)
  • Réaliser le chiffrage des métrés et évaluer les ressources matérielles nécessaires
  • Établir un budget prévisionnel et rédiger des rapports budgétaires
  • Négocier avec les fournisseurs et consulter les entreprises
  • Suivre l’avancement du chantier et veiller au respect des délais et du budget
  • Proposer des mesures correctives en cas d’écart entre prévisions et réalité

Quelle formation pour devenir économiste?

Le BTS Études et Économie de la Construction reste la voie la plus directe pour accéder au métier. Il forme aux techniques de chiffrage et aux outils du secteur, avec des débouchés rapides sur le marché du travail. D’autres diplômes ouvrent également les portes de la profession :

Niveau Bac+2 :

  • BTS Études et Économie de la Construction
  • BTS Management Économique de la Construction

Niveau Bac+3 :

  • BUT Génie Civil Construction Durable
  • Licence professionnelle métiers du bâtiment et construction

Niveau Bac+5 :

  • Master Génie Civil (mention économie et construction)
  • Diplôme d’école d’ingénieur avec spécialité bâtiment ou génie civil

Si le bac+2 suffit à décrocher un premier poste, les recruteurs plébiscitent les profils bac+5 pour les projets d’envergure et les postes à responsabilité. L’alternance est particulièrement adaptée à ce métier : les compétences s’acquièrent autant sur le terrain qu’en cours, et beaucoup de diplômés se voient proposer un CDI à l’issue de leur formation.

Pour les personnes en reconversion, des formations accessibles à distance existent au niveau bac+2 et bac+3, finançables via le CPF (Compte Personnel de Formation). C’est une option sérieuse pour acquérir les bases du chiffrage sans quitter son emploi.

Devenez économiste

Quelles sont les qualités requises pour devenir économiste ?

Pour exceller dans ce métier, les compétences techniques ne suffisent pas

Qualités humaines indispensables

L'économiste de la construction jongle avec des contraintes techniques et budgétaires tout au long d'un projet, ce qui exige une organisation sans faille et une rigueur à toute épreuve. Son esprit d'analyse lui permet de d

écortiquer des dossiers complexes et d'en restituer les enjeux clairement à ses interlocuteurs. Sous pression, il conserve son sang-froid pour prendre les bonnes décisions au bon moment. Son aisance relationnelle, enfin, est un atout quotidien : négocier avec des fournisseurs ou défendre ses estimations face à un maître d'œuvre demande autant de diplomatie que de conviction.

Compétences techniques incontournables

  • Maîtrise des logiciels de chiffrage et de métrés
  • Connaissance des normes et réglementations du secteur de la construction (marchés publics et privés)
  • Maîtrise des processus BIM (Building Information Modeling)

Compétences techniques complémentaires

  • Pratique des logiciels CAO/DAO pour la modélisation des métrés
  • Connaissance des normes environnementales RE2020
  • Maîtrise des outils de gestion de projet

Quel est le salaire d’un économiste de la construction ?

Le salaire d'un économiste de la construction dépend autant de son expérience que du secteur dans lequel il évolue et de l'envergure des projets qu'il pilote.

  • En début de carrière, la fourchette se situe entre 32 500 € et 40 000 € brut par an, soit environ 2 150 € à 2 650 € net par mois.
  • Avec de l’expérience, elle peut atteindre entre 56 000 € et 67 500 € brut par an, soit environ 3 700 € à 4 450 € net par mois.

Les profils qui maîtrisent le BIM ou les normes environnementales se positionnent en haut des fourchettes. En Île-de-France, les rémunérations affichent une surcote de 15 à 20 % par rapport à la province. Les économistes qui franchissent le pas du freelance peuvent doubler leur rémunération, à condition d’avoir une clientèle solide.

Les perspectives d’évolution pour votre carrière

Au fil des années, l'économiste de la construction voit s'ouvrir plusieurs trajectoires. Vers le management d'abord : chef de projet ou responsable d'études, avec des dossiers plus complexes et des équipes à encadrer. Vers la technique ensuite, en se spécialisant comme métreur-vérificateur ou chef métreur.

Certains choisissent une voie différente en s'orientant vers l'AMO, pour peser davantage sur les décisions stratégiques aux côtés du donneur d'ordre. Les profils expérimentés qui ont constitué un réseau solide sont souvent les mieux placés pour franchir le pas du libéral.

Dans quel environnement de travail évolue un économiste de la construction ?

L’économiste de la construction ne travaille pas seul dans son coin. Qu’il exerce dans un bureau d’études, un cabinet d’architectes ou une entreprise du BTP, il est en contact permanent avec des interlocuteurs variés : fournisseurs, maîtres d’oeuvre, architectes, services d’urbanisme. Ce travail en mode projet, au sein d’équipes pluridisciplinaires, demande autant de capacité à collaborer qu’à tenir ses propres délais.

Dans le secteur public, les débouchés sont tout aussi nombreux : collectivités locales, préfectures ou ministères recherchent régulièrement ces profils pour piloter leurs projets de construction ou de réhabilitation. Le poste est majoritairement sédentaire, avec des déplacements ponctuels sur les chantiers pour le suivi d’exécution.

Avantages et inconvénients du métier

Avant de se lancer, quelques réalités du terrain méritent d’être posées.

Avantages

  • Des débouchés solides : la demande en économistes de la construction dépasse l’offre de profils disponibles, portée notamment par la hausse des coûts des matériaux et l’évolution constante des normes.
  • Une expertise valorisée : la double maîtrise technique et financière est rare et recherchée, ce qui se traduit par une progression salariale réelle avec l’expérience.
  • Des perspectives variées : salariat, libéral, secteur public ou privé, les options ne manquent pas pour construire un parcours sur mesure.

Inconvénients

  • Une pression budgétaire permanente : veiller au respect des enveloppes sur des projets complexes et évolutifs demande une vigilance constante, qui peut peser sur le long terme.
  • Une montée en compétences exigeante : les outils évoluent vite, notamment avec le BIM et les normes environnementales. Se tenir à jour fait partie du métier, que ça plaise ou non.

L’économiste de la construction est-il concerné par les progrès de l’intelligence artificielle ?

Le BIM a déjà transformé le travail : les maquettes numériques permettent d'extraire automatiquement les métrés et de croiser les données techniques en temps réel, là où tout se faisait manuellement sur plan papier. Un économiste qui ne maîtrise pas ces outils se retrouve en décalage sur les appels d'offres des grands projets.

L'IA pousse plus loin en automatisant la comparaison de devis ou la détection d'anomalies budgétaires. Ce n'est pas une menace, mais un déplacement des compétences attendues. Ce que les outils peinent à reproduire, c'est le jugement professionnel : arbitrer entre deux solutions techniques, convaincre un maître d'œuvre de revoir son cahier des charges, lire les signaux d'alerte d'un chantier qui dérape. Ces dimensions sont celles que ni un algorithme ni une maquette numérique ne peuvent remplacer.

La maîtrise de ces technologies est donc devenue incontournable. Les économistes qui sont à l'aise avec la modélisation 5D gagnent en productivité et accèdent à des projets plus ambitieux.

©littlewolf1989 - stock.adobe.com

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