Comment devenir dermatologue - MaFormation

Comment devenir dermatologue

Il faut compter environ 10 années d'études de médecine pour devenir dermatologue. La patience est donc une qualité première pour exercer ce métier, à l'image de ceux qui attendent un rendez-vous depuis des mois !
Mis à jour le , publié en mars 2024
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Par Johannie BONIN

Le terme dermatologue provient du grec "dermato" (peau) et "logos" (expert). Cette étymologie reflète la nature d'une spécialité exigeant une connaissance approfondie du plus grand organe du corps humain.

Quel est le rôle d'un dermatologue ?

Le dermatologue est un médecin spécialisé dans la prévention, le diagnostic et le traitement des affections cutanées, incluant les maladies de peau, des ongles, du cuir chevelu et des muqueuses. Face à la recrudescence des cancers cutanés, son expertise devient indispensable.

Ce professionnel de santé :

  • examine les lésions cutanées et établit un diagnostic précis
  • réalise des biopsies cutanées lorsqu'une analyse histologique devient nécessaire
  • traite les affections dermatologiques courantes comme l'acné, l'eczéma, le psoriasis ou l'herpès
  • surveille et retire les grains de beauté suspects pour prévenir les mélanomes
  • effectue des interventions chirurgicales mineures pour retirer des lésions
  • dispense des conseils préventifs sur les soins cutanés et la protection solaire
  • assure le suivi de patients atteints de pathologies chroniques

Quelle formation pour devenir dermatologue ?

La formation en dermatologie représente l'un des parcours les plus longs du cursus médical français, avec onze années d’études, justifiée par la complexité des pathologies et la nécessité de maîtriser compétences diagnostiques et gestes techniques.

Le parcours débute par une première année accessible via la Licence option Accès Santé (LAS) ou le Parcours Accès Spécifique Santé (PASS). Après validation, les étudiants poursuivent leur cursus de médecine générale pendant cinq années. À l'issue de cette sixième année, ils passent les Épreuves Classantes Nationales (ECN), concours déterminant pour l'accès aux spécialités.

Le choix de la dermatologie-vénéréologie dépend du classement aux ECN. Cette spécialité étant prisée, seuls les excellents rangs peuvent y accéder. La formation spécialisée s'étend sur cinq années, combinant :

Enseignements théoriques approfondis :

  • pathologies dermatologiques générales et spécifiques
  • vénéréologie et infections sexuellement transmissibles
  • dermatologie chirurgicale et esthétique
  • onco-dermatologie

Stages hospitaliers professionnalisants :

  • rotations dans différents services de dermatologie
  • consultation externe et hospitalisation
  • bloc opératoire pour les interventions chirurgicales

Le parcours se conclut par la validation du Diplôme d'Études Spécialisées (DES) en dermatologie-vénéréologie et la soutenance d'une thèse. L'inscription au tableau de l'Ordre des Médecins officialise l'autorisation d'exercer.

Une préparation intensive aux Épreuves Classantes Nationales (ECN) dès la quatrième année est nécessaire pour concrétiser votre projet de futur dermatologue. Multipliez les stages en dermatologie durant votre externat pour confirmer votre motivation. Envisagez des formations complémentaires en dermatologie esthétique ou dermato-chirurgie : ces secteurs en développement enrichiront votre pratique.

Suivre une formation en médecine

Quelles sont les qualités requises pour devenir dermatologue ?

La dermatologie exige un équilibre entre compétences relationnelles et expertise technique, indispensable pour accompagner des patients fragilisés par leur pathologie cutanée.

Qualités :

Le sens du relationnel représente un atout majeur. Les patients arrivent fréquemment avec une charge émotionnelle importante, particulièrement pour des lésions visibles affectant leur image. Créer un climat de confiance et transmettre des informations de manière pédagogique améliore l'adhésion au traitement.

La rigueur intellectuelle guide le diagnostic quotidien. Face aux multiples pathologies présentant parfois des symptômes similaires, le dermatologue analyse méthodiquement chaque cas en croisant observation clinique et anamnèse. Cette démarche évite les erreurs et garantit une prise en charge appropriée.

La résistance physique devient indispensable dans un contexte de pénurie. Les journées s'enchaînent à un rythme soutenu, avec parfois plus de trente patients. Maintenir une qualité de soin constante malgré la fatigue demande une excellente gestion du stress.

L'esprit d'équipe facilite la collaboration avec d'autres spécialistes. Certaines pathologies nécessitent une approche pluridisciplinaire impliquant rhumatologues, oncologues ou chirurgiens plasticiens.

Compétences techniques incontournables :

  • maîtrise de la dermatoscopie pour l'examen des lésions cutanées
  • techniques de biopsie et interprétation histologique
  • gestes de chirurgie dermatologique pour l'exérèse de lésions

Compétences techniques complémentaires :

  • pratique de la cryothérapie et techniques de destruction de lésions
  • utilisation du laser médical
  • connaissance des traitements systémiques pour les pathologies inflammatoires

Quel est le salaire d'un dermatologue ?

La pénurie actuelle de spécialistes tend à valoriser financièrement cette profession.

  • En début de carrière, un dermatologue hospitalier perçoit entre 3 500 et 4 000 euros brut par an, soit 2 780 à 3 175 euros net par mois.
  • Après cinq années d'exercice, la rémunération évolue vers 5 500 à 6 500 euros brut annuels, équivalant à 4 365 à 5 160 euros net mensuels. Les dermatologues en libéral affichent des revenus supérieurs, pouvant atteindre 8 000 à 12 000 euros net par mois pour un cabinet établi.

Le statut d'installation influence fortement les revenus. Un dermatologue libéral assume des charges importantes mais bénéficie d'une liberté tarifaire sur certains actes, particulièrement en dermatologie esthétique. Les praticiens combinant activité hospitalière et consultations privées optimisent leur rémunération tout en conservant une pratique diversifiée.

La localisation géographique joue un rôle déterminant : les zones sous-dotées, notamment en milieu rural, offrent des opportunités d'installation avec une patientèle rapidement constituée. Les grandes métropoles présentent une concurrence plus marquée, même si la demande reste supérieure à l'offre.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

Le parcours d'un dermatologue offre des possibilités riches et diversifiées, permettant de réinventer sa pratique selon ses aspirations.

Après plusieurs années hospitalières, le passage en cabinet libéral constitue une évolution naturelle. Cette transition offre une autonomie complète dans l'organisation du travail. L'installation en secteur 2 permet de pratiquer des tarifs libres, notamment pour la dermatologie esthétique.

La spécialisation dans un domaine pointu représente une autre voie. Certains dermatologues développent une expertise en dermato-oncologie, devenant référents pour les cancers cutanés. D'autres s'orientent vers la dermato-allergologie, la dermatologie pédiatrique ou la phlébologie.

L'enseignement et la recherche attirent les praticiens souhaitant transmettre leurs connaissances. Le statut de praticien hospitalier universitaire combine activité clinique, enseignement et recherche scientifique.

Les responsabilités administratives constituent des perspectives pour les dermatologues expérimentés : chef de service, coordonnateur de pôle ou responsable de centre de référence.

Votre futur environnement de travail

Le dermatologue évolue dans des environnements variés qui façonnent son quotidien de manière distincte. À l'hôpital public, vous intégrerez un service où les pathologies complexes constituent l'essentiel de votre activité. Vos journées alternent entre consultations programmées, interventions au bloc et staffs médicaux avec vos confrères pour discuter des dossiers difficiles. L'ambiance y est studieuse, rythmée par les urgences dermatologiques.

En cabinet libéral, l'atmosphère diffère. Vous recevez sur rendez-vous dans un environnement que vous avez aménagé, avec une secrétaire gérant votre planning. Les consultations s'enchaînent toutes les quinze à vingt minutes, alternant cas bénins et pathologies préoccupantes. Vous travaillez principalement seul, mais entretenez un réseau avec les médecins généralistes et d'autres spécialistes.

Les cliniques privées offrent un cadre intermédiaire, combinant confort et accès à un plateau technique complet. Vous y pratiquez essentiellement de la chirurgie dermatologique programmée. Le télétravail demeure marginal, l'examen clinique direct restant irremplaçable.

Vos horaires en libéral s'organisent du lundi au vendredi, avec des journées démarrant vers 8h30 et se terminant autour de 19h. À l'hôpital, vous composez avec les gardes et astreintes. Les interactions quotidiennes se tissent avec vos patients, les pharmaciens pour ajuster les traitements, les laboratoires d'anatomopathologie pour les résultats de biopsies.

Avantages et inconvénients

Cette spécialité médicale présente des caractéristiques qui méritent une réflexion approfondie avant de s'engager dans ce parcours exigeant.

Avantages :

  • Insertion professionnelle facilitée : La pénurie criante de dermatologues en France garantit des opportunités d'emploi immédiates après l'obtention du DES. Que vous souhaitiez exercer à l'hôpital ou en libéral, votre installation se fera rapidement avec une patientèle qui se constituera en quelques mois seulement.
  • Diversité des pathologies traitées : Le spectre d'intervention particulièrement large maintient un intérêt constant dans la pratique quotidienne. Vous alternez entre dermatologie médicale, chirurgicale, esthétique et oncologique, ce qui évite toute routine et stimule continuellement votre réflexion clinique.
  • Rémunération attractive : Les revenus en dermatologie figurent parmi les plus élevés des spécialités médicales, particulièrement en exercice libéral. La possibilité de pratiquer des actes esthétiques en complément de l'activité médicale renforce encore ce potentiel financier.

Inconvénients

  • Durée de formation considérable : Onze années d'études minimum représentent un investissement temporel et financier massif avant de pouvoir exercer de manière autonome. Cette longue formation retarde significativement l'entrée dans la vie active et l'indépendance financière.
  • Accès à la spécialité très sélectif : Le numerus clausus et la forte demande pour cette spécialité aux Épreuves Classantes Nationales (ECN) impliquent d'obtenir un excellent classement. Seuls les étudiants ayant maintenu un niveau académique exceptionnel tout au long de leurs études peuvent espérer choisir la dermatologie.
  • Délais d'attente patients importants : La pénurie de spécialistes génère des délais de rendez-vous de plusieurs mois, créant une pression constante et un sentiment de frustration face à l'impossibilité de répondre rapidement aux demandes de soins. Cette situation peut également engendrer du stress lié aux attentes des patients anxieux.

 

Quelle formation continue pour un dermatologue déjà en exercice ?

La dermatologie évolue rapidement avec l'émergence de nouvelles molécules et techniques. Le Développement Professionnel Continu (DPC) constitue une obligation légale incluant un quota minimal d'heures de formation par période triennale.

Les congrès annuels de la Société Française de Dermatologie (SFD) et les Journées Dermatologiques de Paris représentent des rendez-vous incontournables pour actualiser ses connaissances. Des formations spécialisées permettent d'acquérir de nouvelles compétences techniques comme la pratique du laser dermatologique ou la chirurgie micrographique de Mohs.

Les Diplômes Universitaires (DU) et Diplômes Inter-Universitaires (DIU) offrent des parcours de perfectionnement en dermato-oncologie, dermato-allergologie ou médecine esthétique. Ces formations diplômantes, étalées sur une année, combinent enseignements théoriques et stages pratiques. Le Compte Personnel de Formation (CPF) peut financer certaines formations.

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