Comment devenir carreleur - MaFormation

Comment devenir carreleur

Sols de salles de bains, terrasses, façades : le carreleur maîtrise l'art de couvrir les surfaces brutes avec des revêtements durables et esthétiques.
Mis à jour le , publié en août 2017
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Par Istvan Drouyer

Spécialiste du second œuvre dans le BTP, le carreleur intervient en fin de chantier pour habiller sols et murs de carreaux. Ce professionnel manie aussi bien la céramique que le marbre, la faïence ou le grès, tout en respectant des critères techniques stricts d'étanchéité et d'alignement.

Quel est le rôle d'un carreleur ?

Le carreleur revêt les surfaces intérieures et extérieures de carreaux composés de matériaux variés. Salles de bains, cuisines, terrasses, piscines ou façades : chaque support demande une technique de pose adaptée et une préparation minutieuse du terrain.

Ses missions quotidiennes l'amènent à :

  • réaliser des relevés et des tracés de repères pour garantir un alignement impeccable
  • préparer les supports en coulant éventuellement une chape de béton
  • découper les carreaux aux dimensions exactes selon les contraintes architecturales
  • appliquer la technique de pose adéquate (scellée ou collée) selon le type de support
  • effectuer les jointures avec un mortier teinté adapté
  • poncer et nettoyer le carrelage pour un rendu final irréprochable
  • conseiller les clients sur le choix des matériaux et des teintes

Le carreleur travaille seul sur les petits chantiers ou intègre une équipe sur les projets de grande envergure. Dans tous les cas, il garantit la solidité et la pérennité de son ouvrage.

Quelle formation pour devenir carreleur ?

L'apprentissage du métier commence dès la sortie du collège et peut se poursuivre jusqu'au brevet de maîtrise pour les candidats souhaitant s'installer à leur compte.

Niveau CAP :

  • CAP Carreleur-mosaïste
  • Titre professionnel Carreleur-chapiste

Niveau Bac Pro :

  • Bac professionnel
  • Bac Pro Aménagement et finitions du bâtiment

Bac + 2 :

  • BP Carreleur-mosaïste
  • BM Carreleur-mosaïste (Brevet de Maîtrise)

Avant toute inscription, testez le métier par un stage de quelques jours : les contraintes physiques provoquent de nombreux abandons après six mois. L'alternance s'impose ensuite comme passage obligé.

Cette immersion professionnelle forge des compétences qu'aucun atelier scolaire ne peut reproduire : gérer les imprévus de chantier, s'adapter aux supports défectueux, coordonner avec les autres corps de métier. Vous développez également votre réseau dès la formation.

Durant ces périodes en entreprise, variez les types de poses et observez les carreleurs confirmés. Leurs tours de main ne s'enseignent pas dans les manuels. Clarifiez enfin votre projet : le CAP suffit pour être salarié, le BP s'impose si vous visez l'entrepreneuriat.

Devenez carreleur

Quelles sont les qualités requises pour devenir carreleur ?

Précision extrême, rythme soutenu, matériaux pesants : ces réalités imposent des qualités humaines et techniques précises.

Qualités humaines indispensables

Le métier demande avant tout une endurance physique à toute épreuve. Vous passerez de longues heures accroupi ou à genoux, transporterez des sacs de ciment et des cartons de carreaux, grimperez sur des échafaudages. Cette réalité du terrain nécessite de maintenir une excellente condition corporelle.

Votre minutie détermine la qualité finale du rendu. Le moindre décalage dans les tracés de repères se répercute sur l'ensemble de la surface carrelée. Cette exigence de précision rejoint votre sens de l'esthétisme : harmoniser les couleurs, respecter les calepinages complexes, créer des frises décoratives demande un véritable œil artistique.

Le relationnel occupe une place centrale dans votre activité. Clients particuliers, chefs de chantier, architectes : tous attendent de vous des explications claires sur les contraintes techniques et les choix de pose. Cette communication régulière exige de la pédagogie et une certaine diplomatie, surtout lorsque les souhaits du client se heurtent aux réalités techniques.

Compétences techniques incontournables

  • maîtrise des techniques de pose (scellée, collée) et des spécificités de chaque matériau
  • connaissance des règles de sécurité sur chantier et utilisation des équipements de protection
  • lecture de plans, tracés et relevés de mesures

Compétences techniques complémentaires

  • notions de maçonnerie (coffrage, échafaudage, réalisation d'enduits)
  • préparation de chapes et mortiers adaptés aux différents supports
  • calcul des quantités de matériaux et estimation des coûts

Quel est le salaire d'un carreleur ?

Les rémunérations dans le secteur du carrelage dépendent essentiellement du statut professionnel et du niveau d'expérience acquis.

  • Un carreleur débutant gagne entre 22 000 et 27 000 euros brut par an (1 460 à 1 790 euros net par mois)
  • Après cinq années d'exercice : la rémunération passe à 29 000-34 000 euros brut annuels, soit 1 920 à 2 250 euros net mensuels

Le statut professionnel creuse l'écart le plus important. Un carreleur salarié perçoit une paie régulière encadrée par les grilles conventionnelles, tandis qu'un artisan indépendant facture ses journées entre 250 et 400 euros selon sa réputation, mais assume charges sociales, matériel et périodes creuses hivernales.

La spécialisation technique influence également les tarifs : poser des carreaux grand format de 120x120 cm ou travailler le marbre se paie nettement mieux que la faïence standard. Enfin, votre zone d’exercice compte aussi :  les zones touristiques du Sud et les grandes métropoles offrent une demande soutenue pour les terrasses et piscines, gonflant mécaniquement les rémunérations par rapport aux petites villes où la concurrence tire les prix vers le bas.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

L'expérience terrain ouvre progressivement des responsabilités croissantes dans la hiérarchie du BTP ou vers l'entrepreneuriat.

Dès trois à cinq ans de pratique, l'accès au poste de chef d'équipe devient envisageable. Vous encadrez alors plusieurs carreleurs sur un chantier, gérez la répartition des tâches et contrôlez la qualité des ouvrages réalisés. Cette première marche managériale mène ensuite vers le statut de conducteur de travaux, fonction qui coordonne l'ensemble des corps de métier intervenant sur un projet de construction ou de rénovation.

Certains professionnels préfèrent la voie technique en devenant maître ouvrier, reconnaissance d'une expertise exceptionnelle dans l'art du carrelage. D'autres bifurquent vers les fonctions commerciales : métreur pour chiffrer les chantiers, ou chargé d'affaires pour démarcher les clients et négocier les contrats.

La création d'entreprise attire nombreux carreleurs confirmés. Le statut d'artisan ou d'entrepreneur du bâtiment confère une autonomie totale dans le choix des chantiers et la fixation des tarifs. Cette indépendance implique néanmoins de gérer comptabilité, prospection commerciale et obligations administratives.

Votre futur environnement de travail

Votre métier vous mènera sur des chantiers neufs comme en rénovation, en intérieur comme en extérieur, avec des conditions variables d'un projet à l'autre.

Sur un chantier neuf, vous intervenez après les maçons, plombiers et électriciens. L'espace reste brut et poussiéreux, et vous cohabitez souvent avec peintres ou menuisiers qui finalisent leurs tâches. Cette coordination permanente exige respect mutuel pour ne pas entraver les autres corps de métier.

En rénovation, vous opérez dans des logements habités, ce qui vous oblige à redoubler de discrétion et de propreté. Les propriétaires circulent près de votre zone de travail, posent des questions, manifestent leurs inquiétudes. Cette cohabitation quotidienne demande tact et sens de l'explication.

La météo dicte votre confort sur les chantiers extérieurs. Terrasses, piscines et façades vous exposent aux canicules comme aux froids hivernaux, rallongeant les séchages et compliquant la manipulation des matériaux.

Physiquement, vous restez agenouillé plusieurs heures, genouillères aux jambes. Les journées démarrent à 8h pour s'achever vers 17h, mais s'étirent en fin de chantier face aux délais. Le vacarme des meuleuses impose des protections auditives permanentes.

Avantages et inconvénients du métier

La profession de carreleur présente des contraintes réelles, compensées par des avantages non négligeables.

Avantages

  • Insertion rapide sur le marché du travail : les carreleurs manquent cruellement à l’appel dans le secteur du BTP. A l’issue de votre formation, vous trouverez un employeur sans difficulté tant la demande dépasse l'offre de candidats.
  • Satisfaction du travail accompli : chaque chantier terminé laisse une trace visible et durable de votre savoir-faire. Revenir plusieurs années après dans une salle de bains que vous avez carrelée procure une fierté légitime.
  • Autonomie professionnelle accessible : la création d'entreprise reste à portée de main après quelques années d'expérience. Nombreux carreleurs gèrent leur propre activité dès la trentaine, choisissant leurs clients et fixant leurs tarifs.
  • Variété des projets : aucune pose ne ressemble à la précédente. Les matériaux changent (faïence, grès, marbre), les configurations diffèrent (escaliers, piscines, façades), et chaque client exprime des souhaits décoratifs particuliers.

Inconvénients

  • Pénibilité physique importante : genoux, dos et épaules encaissent quotidiennement des contraintes qui marquent le corps avec le temps. L'usure prématurée des articulations guette ceux qui négligent postures et échauffements.
  • Dépendance aux conditions météorologiques : pluie, gel ou canicule bloquent les chantiers extérieurs. Ces interruptions imprévisibles décalent les plannings et réduisent les revenus des artisans indépendants facturant à la prestation.
  • Horaires décalés fréquents : les chantiers démarrent tôt le matin, parfois dès 7h pour profiter de la fraîcheur estivale. Les fins de journée s'étirent quand les délais pressent, empiétant sur la vie personnelle.

Quelle formation continue pour un carreleur déjà en exercice ?

Les professionnels sortis du système scolaire depuis plus de deux ans accèdent aux mêmes diplômes via la formation continue : CAP, Bac Pro, BP et BM s'obtiennent en reprenant des études à tout âge.

Le titre professionnel Carreleur-chapiste représente une alternative intéressante pour une reconversion rapide. Cette certification de niveau CAP, inscrite au RNCP, se prépare en moins d'un an et permet d'exercer immédiatement le métier.

Les carreleurs souhaitant actualiser leurs pratiques trouvent des stages courts axés sur les nouveaux matériaux (carreaux grand format, grès cérame technique) ou les techniques innovantes (pose sur plots pour terrasses ventilées, systèmes d'étanchéité liquide). Ces formations de quelques jours, souvent financées par l'OPCO de la construction, maintiennent la compétitivité face aux évolutions du secteur.

Certains professionnels expérimentés visent le BM Carreleur-mosaïste en formation continue pour officialiser leurs compétences en gestion d'entreprise. Ce brevet valide juridiquement leur capacité à diriger une structure artisanale et facilite l'accès aux marchés publics exigeant des qualifications spécifiques.

Comment devenir carreleur à son compte ?

La plupart des carreleurs franchissent le cap de l'indépendance après trois à cinq années de salariat, le temps d'affiner leur technique et de constituer un réseau.

Le statut de micro-entreprise convient aux démarrages progressifs grâce à sa simplicité administrative. L'EURL ou la SASU protègent mieux votre patrimoine personnel mais exigent davantage de formalités comptables.

Prévoyez entre 10 000 et 15 000 euros pour acquérir un véhicule utilitaire, l'outillage professionnel de base et constituer vos premiers stocks. Deux assurances s'imposent légalement : la responsabilité civile professionnelle et la garantie décennale, cette dernière dépassant souvent 2 000 euros annuels.

Vos premiers chantiers proviendront principalement de votre ancien réseau : architectes côtoyés sur chantier, particuliers dont vous avez carrelé la maison, plombiers ou électriciens qui vous recommandent. Parallèlement, construisez votre présence en ligne avec un site internet ou un compte Instagram montrant vos réalisations, et référencez-vous sur les plateformes de mise en relation locales.

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