Comment se reconvertir vers le métier de convoyeur de véhicules - MaFormation

Comment se reconvertir vers le métier de convoyeur de véhicules

Envie d'un métier où la route remplace le bureau ? Le convoyage s'ouvre à vous sans diplôme ni expérience.
Publié le
-
Par Istvan Drouyer
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Le convoyeur de véhicules, ou convoyeur automobile, déplace une voiture d'un point à un autre, pour le compte d'une concession, d'un loueur ou d'un particulier qui vient d'acheter son véhicule à distance. À chaque prise en charge, il réalise un état des lieux précis (carrosserie, kilométrage, propreté). Il s'assure de retrouver ces mêmes critères à la livraison, dans le respect des délais fixés.

Au quotidien, vous pouvez conduire aussi bien une petite citadine qu’un utilitaire, voire un modèle haut de gamme lorsque des professionnels vous font confiance. Selon les missions, il peut aussi s’agir de faire un nettoyage rapide ou de remettre les documents administratifs au client. La majorité des convoyeurs exercent en indépendant, au gré des missions décrochées.

Pourquoi choisir le métier de convoyeur de véhicules pour sa reconversion ?

Envie de changer d’air sans retourner sur les bancs de l’école ni vous engager dans une formation longue ? Le convoyage peut vous intéresser si vous cherchez une porte d’entrée rapide vers un métier qui bouge.

  • Aucune porte à forcer : un permis B valide suffit pour démarrer, sans diplôme ni formation obligatoire à décrocher au préalable.
  • Un agenda qui vous appartient : vous choisissez vos missions et vos horaires, sans supérieur hiérarchique pour valider vos disponibilités.
  • Jamais deux journées identiques : citadine un jour, utilitaire le lendemain, parfois un modèle haut de gamme à convoyer avec un soin particulier.
  • Se mettre à son compte sans mise de fonds : le statut d'auto-entrepreneur donne accès à une activité indépendante, sans investissement matériel initial.

En toute transparence : les revenus d'un convoyeur restent irréguliers : ils dépendent du nombre de missions décrochées et de la capacité à se constituer un réseau de clients ou de plateformes. Autre point à anticiper : organiser son propre retour après avoir livré un véhicule, en train ou en covoiturage, fait partie intégrante du métier. Rien d'insurmontable, mais mieux vaut le prévoir pour ne pas être pris de court.

Avez-vous le profil pour devenir convoyeur dans le cadre d'une reconversion ?

Pas besoin d'un profil hors norme pour se lancer dans le convoyage : le métier demande surtout du bon sens et de la régularité, des qualités que de nombreux profils en reconversion ont déjà développées dans leur activité actuelle.

Compétences principales

  • Autonomie : vous gérez seul votre planning et vos trajets, sans personne pour valider vos décisions au quotidien.
  • Rigueur : vous devrez réaliser un état des lieux fiable à la prise en charge du véhicule et respecter les délais annoncés au client.
  • Sens du relationnel : vous représentez le donneur d'ordre auprès du client final, souvent au moment de la remise des clés.
  • Résistance à la fatigue au volant : vous enchaînez plusieurs heures de route, parfois sur des trajets longue distance.
  • Sens de l'orientation : vous devrez anticiper l'itinéraire le plus efficace et vous adapter aux imprévus (bouchons, déviations).

Compétences secondaires

    • Appétence commerciale : vous fidélisez une clientèle ou une plateforme pour sécuriser un flux de missions régulier.
    • Notions de gestion administrative : vous suivez facturation, charges et déclarations une fois le statut d'auto-entrepreneur choisi.
    • Expérience en conduite professionnelle : si vous avez déjà été chauffeur taxi, VTC ou livreur, cela rassure souvent les recruteurs.

Quelle formation pour se reconvertir vers le métier de convoyeur de véhicules ?

Il n'existe pas de diplôme de convoyeur. La formation à privilégier concerne surtout la gestion de son activité, pas la conduite elle-même. Les Chambres de commerce et d'industrie (CCI) proposent des formations courtes de création et gestion d'entreprise.

Elles s'étalent généralement sur 2 à 5 jours, en présentiel ou à distance selon les antennes. Le programme aborde l'étude de marché simplifiée, le choix du statut juridique et les obligations comptables et fiscales du micro-entrepreneur. Il pose aussi les bases de la prospection commerciale pour décrocher ses premières missions. Certaines CCI complètent le parcours par un accompagnement individualisé, sous forme d'entretien avec un conseiller, pour affiner le projet avant le lancement officiel de l'activité.

D'autres voies sont possibles pour ceux qui veulent renforcer leur légitimité ou préparer une évolution vers des véhicules plus lourds :

  • CAP Conducteur livreur
  • BEP Conduite et services dans le transport routier
  • Titre professionnel Conducteur routier

Ces formations ne sont pas indispensables pour démarrer, mais elles rassurent certains donneurs d'ordre et ouvrent la voie vers le permis poids lourd.

Quel salaire pour un convoyeur de véhicules ?

Un convoyeur qui débute touche en général l'équivalent de 1 500 à 2 000 € brut par mois. Cette activité régulière est rémunérée à la mission, environ 10 € de l'heure en moyenne. Une fois le réseau constitué et le rythme de missions maîtrisé, un auto-entrepreneur confirmé peut voir ses revenus mensuels grimper jusqu'à 3 000 €. Sur les mois les plus chargés, ce montant peut encore progresser.

Le volume de missions décrochées et l'organisation du trajet retour comptent davantage que l'ancienneté dans le métier pour expliquer ces écarts de revenus. Une reconversion vers le convoyage n'oblige donc pas à perdre au change, à condition de construire rapidement son activité et sa clientèle.

Et après ? Vos perspectives d'évolution

Une fois l’activité de convoyeur bien lancée et un premier réseau de clients constitué, il est possible d'évoluer professionnellement. Se spécialiser dans les véhicules premium ou de collection permet de travailler pour une clientèle plus exigeante, mais aussi plus prête à payer pour un service soigné.

Passer le permis poids lourd et la FIMO marchandises donne accès au transport de convois exceptionnels, un secteur plus qualifié où les rémunérations sont nettement plus élevées. Les convoyeurs les plus expérimentés peuvent aussi intégrer une société de convoyage pour y coordonner une flotte de chauffeurs, un poste qui mêle logistique et management d’équipe.

Comment financer sa reconversion de convoyeur de véhicules ?

Se lancer dans le convoyage n'oblige pas à financer sa formation de sa poche. Plusieurs dispositifs prennent en charge tout ou partie de la formation à la gestion d'entreprise, à condition d'identifier celui qui correspond à votre statut :

  • AGEFICE : le fonds d'assurance formation des dirigeants non-salariés, mobilisable une fois l'activité déclarée et la cotisation formation professionnelle versée.
  • Compte personnel de formation (CPF) : utilisable si vous conservez des droits accumulés lors d'un emploi salarié antérieur, pour financer un titre professionnel de conducteur routier ou une formation de gestion.
  • Aide individuelle à la formation (AIF) : versée par France Travail pour les demandeurs d'emploi sans financement suffisant par ailleurs.
  • Aides régionales : certaines régions soutenant ponctuellement les projets de création d'activité liés au transport ou à la logistique.

Quel statut choisir pour sa reconversion de convoyeur de véhicules ?

Le convoyage s'exerce sous deux statuts différents, le salariat au sein d'une société de convoyage ou l'auto-entrepreneuriat via une plateforme de mise en relation. Le salariat offre un revenu fixe, une couverture sociale classique et un apprentissage encadré, au prix d'une autonomie plus restreinte sur le choix des missions. L'auto-entrepreneuriat laisse une liberté totale sur les missions acceptées et les plateformes utilisées, mais expose pleinement aux irrégularités de revenus évoquées plus haut. Pour une reconversion, mieux vaut souvent démarrer en salariat ou via une plateforme encadrée, le temps de construire son réseau de clients, avant d'envisager une activité indépendante pleinement autonome.

5 étapes concrètes pour lancer votre reconversion dès aujourd'hui

Le choix du statut est fait, les financements sont identifiés. Voici comment transformer ce projet de convoyeur de véhicules en activité réelle, sans perdre de temps sur les mauvaises priorités.

1. Vérifiez l'ancienneté et la validité de votre permis B

La plupart des plateformes et des assureurs exigent un permis B détenu depuis au moins deux à trois ans, sans suspension ni annulation récente. Demandez votre relevé d'information à votre assureur actuel pour objectiver votre situation. Ce document, gratuit et rapide à obtenir, sert souvent de pièce justificative lors de l'inscription sur une plateforme de convoyage.

2.Choisissez votre mode d'entrée dans le métier

Société de convoyage salariée ou plateforme de mise en relation en auto-entrepreneur, chaque option a ses propres conditions d'accès. Contactez deux ou trois sociétés locales pour comparer leurs exigences (âge minimum, expérience de conduite, zone géographique desservie). Vous vous ferez une idée réaliste de vos chances de recrutement rapide.

3. Souscrivez une assurance responsabilité civile professionnelle

Cette couverture protège contre les dommages causés aux véhicules qui vous sont confiés pendant le transport, un point sur lequel aucune plateforme sérieuse ne transigera. Comptez entre 300 et 600 € par an selon les garanties choisies, un budget à intégrer dans votre prévisionnel dès les premières simulations de revenus.

4. Suivez la formation création et gestion d'entreprise proposée par votre CCI

Si vous optez pour l'auto-entrepreneuriat, cette formation courte vous évite les erreurs fiscales et administratives fréquentes en phase de lancement. Elle aborde le choix du régime micro-social et la tenue d'une comptabilité simplifiée. Renseignez-vous aussi sur une éventuelle prise en charge par l'AGEFICE pour alléger la facture.

5. Inscrivez-vous sur une ou deux plateformes de référence

Complétez soigneusement votre profil, joignez les documents demandés (permis, assurance, relevé d'information) et consultez les avis laissés par d'autres convoyeurs avant de choisir vos plateformes. Répondez rapidement aux premières missions proposées. C'est en enchaînant les livraisons dans les temps que vous construirez la réputation qui sécurisera vos revenus sur la durée.

©New Africa - stock.adobe.com

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