Comment devenir motard dans la police - MaFormation

Comment devenir motard dans la police

Passionné de moto et animé par l'envie de servir l'intérêt public ? Le métier de motard de la police nationale est peut-être fait pour vous.
Mis à jour le , publié en décembre 2021
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Par L'équipe MaFormation

On ne recrute pas des motards dans la police nationale : on forme des policiers à la moto. Une nuance qui résume tout le parcours. Il faut d’abord réussir le concours de gardien de la paix et intégrer une école de police. La sélection motocycliste vient ensuite, et elle ne s’adresse qu’aux agents déjà en exercice.

Quel est le rôle d’un motard de la police nationale ?

Policier à part entière, le motard de la police nationale tire de sa moto un avantage décisif sur le terrain : la capacité à intervenir rapidement, en milieu dense, sur tous types de voies.

Selon son unité d’affectation, ses missions couvrent un large spectre, de la sécurité routière à l’anticriminalité :

  • Contrôle de la circulation et verbalisation des infractions au code de la route.
  • Escorte de personnalités, de convois officiels et des équipes du SAMU.
  • Fluidification du trafic sur les axes routiers et autoroutiers.
  • Courses-poursuites et interpellation de suspects, en milieu urbain comme sur autoroute.
  • Participation aux opérations anticriminalité au sein d’une CSI ou d’une unité motocycliste des CRS.
  • Assistance aux victimes d’accidents de la route et coordination des premiers secours.
  • Surveillance et sécurisation des réseaux autoroutiers au sein des CRS motorisées.

Quelle formation pour devenir motard de la police nationale ?

La voie pour accéder à cette spécialité se déroule en deux temps.

1. Intégrer la police nationale

Tout commence par le concours de gardien de la paix, accessible à partir du bac en concours externe. Une fois admis, le candidat intègre une école nationale de police pour une formation initiale rémunérée.

2. Candidater à la spécialité motocycliste

Après au moins un an d’exercice, les agents remplissant les conditions peuvent postuler. Il faut détenir le permis A, répondre à une demande nationale de participation à la formation et être reconnu apte médicalement à l’exercice de la spécialité.

La sélection comprend plusieurs épreuves :

  • Tests psychotechniques
  • Épreuve écrite sur le code de la route
  • Parcours d’habileté motrice (PHM) et épreuves à moto de niveau permis A
  • Tests d’aptitudes physiques et professionnelles (TAPP)
  • Entretien de motivation devant un jury

Les candidats retenus rejoignent le Centre national de formation des motocyclistes de la police nationale (CNFM-PN), installé à Sens dans l’Yonne, où ils sont logés sur place. La durée varie selon le grade : quatorze semaines pour les gardiens de la paix et brigadiers-chefs, cinq semaines pour les officiers et commissaires. Le centre accueille environ mille stagiaires par an. À l’issue, un classement final détermine les possibilités de choix d’affectation.

Le permis A est un prérequis, mais une vraie expérience de pilotage avant de candidater joue clairement en votre faveur lors des épreuves. Sur le plan physique, le TAPP est un filtre sérieux : entretenir sa condition sportive tout au long de sa carrière de gardien de la paix reste la meilleure préparation possible. Renseignez-vous aussi tôt sur les unités, comme les CRS motorisées ou les CSI : les mieux classés choisissent en premier.

Quelles sont les qualités requises pour devenir motard de la police nationale ?

Le motard intervient souvent seul, en quelques secondes, dans des situations où l’erreur de jugement n’est pas une option.

Qualités humaines indispensables

Le sang-froid est la priorité absolue. Que ce soit sur les lieux d’un accident ou lors d’une poursuite urbaine, le policier motocycliste doit trancher dans l’urgence, sans place pour l’hésitation. Sa réactivité immédiate lui permet de modifier sa trajectoire en quelques secondes pour s’adapter aux imprévus du terrain.

Il assoit son autorité durant les contrôles tout en maintenant le recul nécessaire pour désamorcer les tensions. Face aux refus d’obtempérer, son aptitude à rester impassible, ferme et diplomate est déterminante.

Doté d'un sens de l'orientation aiguisé et d'une solide condition physique, il connaît son secteur de patrouille dans ses moindres détails, lit le terrain en amont et adapte son itinéraire en temps réel. Des réflexes qui s'entretiennent avec la même rigueur que l'endurance exigée par de longues heures de moto.

Compétences techniques incontournables

  • Pilotage de moto dans toutes les conditions (météo, terrain, vitesse)
  • Maîtrise du code de la route et des procédures pénales
  • Gestes et techniques professionnelles en intervention et premiers secours.

Compétences techniques complémentaires

  • Rédaction de rapports, procès-verbaux et comptes rendus d’intervention.
  • Conduite en convoi et techniques d’escorte.
  • Entretien courant des motocyclettes de l’unité.

Quel est le salaire d’un motard de la police nationale ?

Conduire une BMW R 1250 RT à 150 km/h sur l’autoroute ne donne pas droit à une prime spécifique. Le motard est rémunéré comme n’importe quel policier de même grade, ni plus ni moins.

C’est donc le grade et l’ancienneté qui font toute la différence. En début de carrière, un gardien de la paix touche une rémunération liée à son grade, à son échelon et aux primes qui s’y ajoutent. Avec les années et les montées en grade, la rémunération progresse naturellement.

Les motards affectés en CRS peuvent bénéficier de conditions d’indemnisation particulières liées à la mobilité et aux déplacements.

Les perspectives d’évolution pour votre carrière

Le métier a une particularité que peu d’autres spécialités de la police partagent : un contrôle médical périodique peut évaluer l’aptitude à continuer en selle. Si les conclusions sont défavorables, le motard est réaffecté dans un autre service, selon son grade et ses souhaits. Police judiciaire, brigade anticriminalité, cybercriminalité, protection rapprochée : les options ne manquent pas.

Pour ceux qui restent au guidon, la progression suit la hiérarchie classique : brigadier, brigadier-chef, major, et pour les plus ambitieux, commandant d’une unité motocycliste. À chaque grade, la rémunération progresse. Le concours interne d’officier reste également accessible tout au long de la carrière, pour ceux qui souhaitent changer de corps sans quitter la police nationale.

Votre futur environnement de travail

L’autoroute un jour, le périphérique le lendemain, un aéroport la semaine suivante. Le poste de motard de la police nationale n’a pas d’adresse fixe. Selon votre affectation, vous opérez au sein d’une CRS motorisée sur les grands axes, d’une CSI en milieu urbain dense, ou encore dans des unités spécialisées selon les besoins du service.

Ce que ce métier exige en contrepartie, c’est une disponibilité réelle. Les horaires débordent sur les nuits, les week-ends et les jours fériés. Le travail se fait en extérieur, par tous les temps, et la fatigue physique s’accumule autrement qu’à un bureau. La mobilité géographique est possible tout au long de la carrière, ce qui peut être un atout ou une contrainte selon votre situation personnelle.

Avantages et inconvénients du métier

Ce métier cumule deux engagements rarement associés : la passion du guidon et le service de l’intérêt général. C’est à la fois son attrait principal et la source de ses contraintes les plus spécifiques.

Avantages

  • Une passion transformée en mission : au guidon d’une BMW R 1250 RT ou d’une F 750 GS, vous roulez sur circuit, tout-terrain et en intervention réelle, avec un niveau de pilotage que la formation de Sens pousse bien au-delà du permis A.
  • Un poste qui ne ressemble à aucun autre : escortes, opérations anticriminalité, sécurité routière, assistance aux victimes. Les missions sont variées et les contextes d’intervention changent régulièrement.
  • Une formation solide et durable : le niveau de pilotage acquis au CNFM-PN est reconnu au sein de la police nationale et reste utile même si vous évoluez vers une autre spécialité.

Inconvénients

  • L’exposition physique : travailler dehors par tous les temps génère une fatigue musculaire non négligeable.
  • L’engagement de plusieurs années : une fois intégré dans la spécialité, les possibilités de réorientation anticipée existent mais restent encadrées par la hiérarchie.
  • Un terrain plus exposé : entre les courses-poursuites, les interventions d’urgence en circulation dense et les situations tendues, le niveau d’exposition au risque est plus élevé que dans beaucoup d’autres services.

Motard de la police nationale ou gendarme à moto : quelle différence ?

Les deux corps forment des motocyclistes d'excellence, mais les parcours, les missions et les conditions divergent suffisamment pour orienter un choix.

Le premier écart est statutaire : le policier est fonctionnaire civil, le gendarme est militaire. Une distinction qui influe sur les conditions de vie, la mobilité géographique et la culture hiérarchique au quotidien.

Sur le plan des missions, les motards de la police nationale opèrent principalement en zones urbaines et périurbaines, ainsi que sur les axes autoroutiers. Les gendarmes motocyclistes couvrent davantage le territoire rural et les routes nationales, avec une composante sécurité routière encore plus marquée.

La formation suit la même logique d'organisation distincte : la police nationale forme ses candidats à Sens, la gendarmerie au centre dédié de Fontainebleau.

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