Comment devenir officier de police - MaFormation

Comment devenir officier de police

Vous souhaitez défendre la sécurité des citoyens tout en encadrant des équipes sur le terrain ? Le métier d’officier de police est la combinaison parfaite entre action et réflexion !
Mis à jour le , publié en juin 2024
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Par Istvan Drouyer

L’officier de police est un fonctionnaire de catégorie A qui dépend du ministère de l’Intérieur. Vous avez déjà un bac+3 en poche ? Vous êtes peut-être plus proche du concours que vous ne le pensez.

Quel est le rôle d’un officier de police ?

L’officier de police est chargé d’assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions. Prévention, intervention d’urgence, enquêtes criminelles : ses missions couvrent un spectre large, toujours au service de l’ordre public.

  • Participer à des actions de prévention et de sensibilisation auprès de la population
  • Intervenir rapidement en cas d’urgence : interpellation, sécurisation des lieux, premiers secours aux victimes
  • Mener et coordonner des enquêtes sur la délinquance, le crime organisé ou le terrorisme
  • Interroger des témoins et conduire des missions de surveillance
  • Encadrer une équipe de gardiens de la paix sur le terrain
  • Coopérer avec les autres services de police et les institutions

Quelle formation pour exercer le métier d’officier de police ?

Le concours d’officier de police de la Police nationale est accessible aux titulaires d’un diplôme de niveau bac+3. Vous pouvez choisir la filière de votre choix, mais la plupart des candidats optent pour une licence de droit afin d’améliorer leurs chances à l’épreuve juridique. Le nombre de candidats poursuivant leur cursus jusqu’à bac+4, voire bac+5, n’est pas à sous-estimer et doit vous donner une idée du niveau de la concurrence.

Les candidats qui réussissent les différentes épreuves suivent une formation pratique et théorique de 18 mois au sein de l’École nationale supérieure des officiers de police (ENSOP) à Cannes-Écluse. À l’issue de cette formation rémunérée, les officiers stagiaires sont affectés en fonction de leur classement et des postes à pourvoir sur le territoire. En règle générale, il faut compter au moins deux ans en poste avant de pouvoir demander un changement d’affectation.

L’ENSOP s’inscrit également dans une politique d’égalité des chances à travers la Prépa Talents d’officier de police (anciennement classes préparatoires intégrées). Chaque année, une trentaine de candidats sont sélectionnés sur dossier sur la base de critères sociaux, économiques et géographiques pour bénéficier de cette voie d’accès.

Devenez officier de police

Quelles sont les épreuves du concours d’officier de police ?

Le concours externe reste la principale voie d’accès pour intégrer la police nationale et débuter sa carrière en tant qu’officier de police.

Épreuves d’admissibilité

  • Dissertation de culture générale (durée : 4 heures, coefficient 3)
  • Cas pratique à résoudre à partir d’un dossier documentaire (durée : 4 heures, coefficient 4)
  • Épreuve de droit pénal général et de procédure pénale (durée : 3 heures, coefficient 2)
  • Questions à réponses courtes sur une matière à choisir à l’inscription : droit administratif général et libertés publiques, informatique, mathématiques, géographie, histoire, éco-gestion, STAPS, etc. (durée : 2 heures, coefficient 3)
  • Tests psychotechniques (durée : 1 heure, épreuve non notée)

Épreuves de pré-admission

Ces épreuves évaluent les aptitudes physiques du candidat :

  • Un parcours d’évaluation de l’habileté motrice (PHM)
  • Un test d’évaluation de l’endurance cardio-respiratoire (TECR)

Toute note inférieure à 7/20 est éliminatoire.

Épreuves d’admission

  • Mise en situation professionnelle avec un cas pratique à résoudre (durée : 1 heure, coefficient 4)
  • Épreuve orale portant sur des sujets d’ordre général et d’actualité (durée : 35 minutes, coefficient 8)
  • Épreuve en langue étrangère : anglais, allemand ou espagnol (durée : 15 minutes, coefficient 2)

Quels sont les prérequis pour se présenter au concours d’officier de police ?

Voici l’ensemble des conditions à réunir pour se présenter au concours externe :

  • Être titulaire d’un diplôme de niveau bac+3 (licence, bachelor ou équivalent)
  • Avoir la nationalité française
  • Avoir entre 18 et 45 ans au 1er janvier de l’année du concours (des dérogations sont possibles selon les situations)
  • Satisfaire à une enquête administrative de compatibilité avec les fonctions
  • Être à jour vis-à-vis de ses obligations militaires (Journée Défense et Citoyenneté)
  • Remplir les conditions d’aptitudes physiques
  • Être titulaire du permis B (requis à l’entrée en école)

Quelles sont les qualités requises pour devenir officier de police ?

Entre une interpellation en début de matinée et le pilotage d’une réunion de service l’après-midi, le quotidien d’un officier de police ne ressemble à aucun autre. Un grand écart permanent qui a ses exigences.

Qualités humaines indispensables

Le sang-froid est la qualité la plus sollicitée : confronté à des personnes agressives ou à des situations à haute tension, l’officier doit garder la tête froide et savoir désamorcer les conflits avant tout recours à la force. Ce calme sous pression va de pair avec un sens aigu de la communication. Selon les moments, il doit savoir s’adresser à un suspect, rassurer une victime ou maintenir la cohésion de son équipe.

Le leadership qu’il exerce sur les gardiens de la paix qu’il encadre repose autant sur cette capacité à fédérer que sur son autorité fonctionnelle. Côté enquête, le sens de l’observation lui permet de repérer les comportements suspects et les détails qui font basculer une affaire. Certaines filatures s'étirant sur des semaines, la patience n'est pas une qualité accessoire.

Compétences techniques incontournables

  • Maîtrise des outils bureautiques et des logiciels de rédaction de procès-verbaux
  • Aptitudes physiques conformes aux exigences du concours (PHM et TECR)
  • Connaissance du droit pénal et des procédures judiciaires

Compétences techniques complémentaires

  • Pratique d’une langue étrangère (anglais, allemand ou espagnol)
  • Maîtrise des techniques d’intervention et de maintien de l’ordre
  • Notions en secourisme (PSC1 ou équivalent)

Quel est le salaire d’un officier de police ?

Durant les 18 mois de formation à l’ENSOP, l’élève officier perçoit 1 754 euros nets par mois, hébergement compris. Une fois titularisé et affecté en poste, la rémunération progresse selon le grade et l’ancienneté.

  • Un salaire net d'environ 2 500 euros par mois attend l'officier à sa sortie de l'ENSOP, pour un brut annuel compris entre 36 000 et 41 000 euros.
  • Cinq ans plus tard, la fourchette nette peut grimper entre 3 200 et 3 600 euros mensuels, soit 48 000 à 53 000 € brut annuel.

La progression salariale suit avant tout l’avancement dans la hiérarchie du corps de commandement : capitaine, commandant, commandant divisionnaire. Le salaire évolue au sein de chaque grade grâce à un système d'échelons. S'y ajoute une composante géographique : un officier en Île-de-France perçoit une majoration spécifique, pouvant augmenter sa rémunération nette de plusieurs centaines d'euros par mois

Quelle évolution pour un officier de police ?

Il existe trois grades distincts au sein des officiers de police :

  • Capitaine de police, après au moins un an de service
  • Commandant de police
  • Commandant divisionnaire

L’ancienneté n’est pas le seul levier d’avancement. Après quatre ans de service, il est possible de passer le concours interne de commissaire pour accéder au corps supérieur de la police nationale.

Se spécialiser dans une unité particulière est une autre façon d’élargir ses responsabilités. Parmi les opportunités offertes, on peut citer le RAID (recherche, assistance, intervention, dissuasion), la BRI (brigade de recherche et d’intervention), la police aux frontières ou encore la SDLC (sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité).

Votre futur environnement de travail

Votre cadre de travail principal sera le commissariat : c’est là que se traitent les procédures, que se rédigent les procès-verbaux, que se coordonnent les équipes. Mais le bureau n’est qu’une partie du décor. Selon votre affectation, vous pouvez aussi bien intervenir sur la voie publique, mener des surveillances de longue durée ou conduire des auditions en salle d’enquête.

Les horaires sont rarement fixes. Gardes, astreintes, interventions nocturnes : le rythme s’adapte aux impératifs du service, pas l’inverse. C’est une réalité à intégrer dès le départ, surtout pour les premières affectations qui dépendent du classement au concours et des postes disponibles sur le territoire.

La dimension collective est omniprésente. Vous encadrez des gardiens de la paix, vous rendez compte à votre hiérarchie, vous coopérez avec d’autres services. Même dans les missions les plus solitaires en apparence, une filature ou une surveillance, vous restez partie d’un dispositif plus large.

Avantages et inconvénients du métier d’officier de police

Exercer en tant qu’officier de police, c’est accepter les contraintes d’un métier exigeant en contrepartie d’avantages très concrets.

Avantages

  • Une carrière structurée et lisible : Les grades, les échelons, les concours internes : la progression est balisée. Vous savez où vous en êtes et où vous pouvez aller.
  • La diversité des missions : Enquêtes, terrain, encadrement, spécialisations possibles : la routine s’installe rarement.
  • La sécurité de l’emploi et les avantages du statut : Fonctionnaire de catégorie A, vous bénéficiez d’une rémunération stable, d’une retraite et d’une protection sociale solide.

Inconvénients

  • Peu de maîtrise sur la première affectation : Votre poste initial dépend de votre classement au concours et des besoins du service. Les premières années, la mobilité reste limitée.
  • Une pression psychologique réelle : Situations de crise, violence, confrontation régulière à la détresse humaine : le métier pèse, et le soutien psychologique n’est pas toujours à la hauteur des besoins.
  • Des horaires contraints sur le long terme : Le travail de nuit, les week-ends et les jours fériés s’imposent durablement, quelle que soit l’ancienneté.

©Louis Beauchet - stock.adobe.com

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