Comment devenir magasinier
Avec l’explosion du e-commerce, la logistique est devenue l’un des secteurs qui recrutent le plus en France. Le magasinier en est un pilier : présent dans tous les secteurs, de la grande distribution à l’industrie pharmaceutique, il fait partie des métiers en tension où les offres d’emploi dépassent régulièrement le nombre de candidats disponibles.
Quel est le rôle d’un magasinier ?
Aussi appelé magasinier-cariste ou agent magasinier selon les entreprises, ce professionnel assure la gestion physique des marchandises à chaque étape de leur passage en entrepôt, depuis leur arrivée sur le quai de déchargement jusqu’à leur départ vers le client final.
Il travaille avec des engins de manutention variés (transpalette électrique, gerbeur, chariot élévateur) et jongle en permanence entre rigueur administrative et efficacité terrain.
Ses interventions s’organisent autour de six grandes missions :
- Réception des marchandises et contrôle de leur conformité par rapport aux bons de livraison
- Rangement et organisation des stocks dans les zones dédiées de l’entrepôt
- Préparation des commandes et conditionnement avant expédition
- Conduite des engins de manutention pour déplacer et acheminer les produits
- Suivi informatique des stocks via des logiciels de gestion (SAP, WMS, Excel)
- Réalisation d’inventaires réguliers pour garantir la fiabilité des niveaux de stock
Quelle formation pour devenir magasinier ?
Le magasinier fait partie des métiers de la logistique où l’on peut entrer sur le marché du travail sans baccalauréat. Une formation courte, un CACES en poche et une bonne condition physique suffisent souvent à décrocher un premier poste. Cela dit, passer par un diplôme reconnu accélère l’insertion professionnelle et ouvre l’accès à des postes plus qualifiés dès le départ.
Niveau CAP :
- CAP Opérateur logistique
- BEP Logistique et transport
- Titre professionnel Agent magasinier
- Titre professionnel Cariste agent logistique
- Titre professionnel Préparateur de commandes
Niveau Bac pro :
- Bac pro Logistique
- Bac pro Transport
Niveau Bac+2 :
- BTS Gestion des Transports et Logistique Associée (GTLA)
Pour un profil en reconversion, le titre professionnel Agent magasinier est souvent la voie la plus directe. La formation dure quelques semaines, débouche sur un diplôme reconnu au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) et inclut dans la plupart des cas la préparation au CACES. Si vous êtes déjà en emploi, certains de ces parcours se suivent en alternance, ce qui vous permet de vous former sur le terrain tout en étant rémunéré.
Quelles sont les qualités requises pour devenir magasinier ?
Voici un tour d'horizon des aptitudes que vous devrez mobiliser quotidiennement pour réussir dans ce métier.
Qualités humaines indispensables
La rigueur est le fil conducteur du travail du magasinier. Un colis mal rangé ou un bon de livraison mal contrôlé suffit à faire dérailler la traçabilité d'une commande entière. Il fait preuve d'une bonne résistance physique, car le métier implique des journées debout, des charges à manipuler et des températures parfois difficiles selon l'environnement.
Réactif, il sait adapter son rythme aux urgences sans perdre le fil de ses priorités. Dans un entrepôt, le travail en équipe conditionne directement la fluidité des opérations : caristes, préparateurs de commandes et chefs d'équipe avancent ensemble, et c'est cette coordination qui fait tenir le flux.
Compétences techniques incontournables
- Maîtrise de la conduite des engins de manutention (CACES R489)
- Connaissance des règles de sécurité et d’hygiène en entrepôt
- Capacité à lire et interpréter des documents logistiques (bons de livraison, bons de commande)
Compétences techniques complémentaires
Quel est le salaire d’un magasinier ?
Le salaire d’un magasinier démarre proche du SMIC, ce qui peut sembler modeste, mais la rémunération réelle dépend largement des primes et du nombre de CACES détenus.
- En début de carrière, le salaire se situe entre 1 800 et 1 950 € brut par mois, soit environ 1 400 à 1 500 € net
- Après cinq années d’expérience, la fourchette évolue vers 1 950 à 2 300 € brut par mois, soit environ 1 500 à 1 800 € net
Ce que les grilles salariales ne montrent pas toujours, c’est le poids des primes dans la rémunération finale. Prime de nuit, prime de froid, prime panier, 13e mois, heures supplémentaires majorées : dans certains entrepôts, ces compléments représentent plusieurs centaines d’euros par mois.
Par ailleurs, chaque CACES supplémentaire obtenu élargit le périmètre de poste et permet de justifier une revalorisation salariale. Un magasinier qui maîtrise plusieurs catégories d’engins négocie plus facilement une augmentation qu’un profil monocertifié.
Les perspectives d’évolution pour votre carrière
Dans la logistique, la promotion interne est une pratique bien ancrée. Les entreprises préfèrent souvent faire monter un magasinier qu’elles connaissent plutôt que recruter un encadrant extérieur qui devra tout réapprendre du terrain.
Concrètement, un magasinier expérimenté peut se retrouver à piloter une zone d’entrepôt en tant que chef magasinier ou chef de quai, puis progresser vers un poste de gestionnaire ou responsable des stocks. Pour les profils les plus ambitieux, le poste de responsable d’entrepôt représente le sommet de cette trajectoire, avec des responsabilités qui touchent autant aux ressources humaines qu’à la performance opérationnelle.
D’autres préfèrent creuser une spécialité plutôt que grimper dans la hiérarchie. Un magasinier formé aux contraintes de la chaîne du froid, aux normes pharmaceutiques ou aux procédures aéroportuaires devient un profil recherché, difficile à remplacer et logiquement mieux rémunéré.
Votre futur environnement de travail
L’entrepôt a ses propres codes. Les allées sont balisées, les zones clairement délimitées, les consignes de sécurité affichées à chaque coin de couloir. Vous travaillerez debout, en mouvement, avec des engins qui demandent concentration et précision à chaque manœuvre.
Les conditions varient fortement selon le secteur. Dans la logistique alimentaire, les températures peuvent descendre sous zéro dans les zones de stockage réfrigérées. Dans la grande distribution, le rythme s’emballe lors des fêtes ou des périodes de soldes, avec des équipes renforcées et des cadences qui ne laissent guère de temps mort.
Les horaires décalés sont fréquents : travail en 2x8, 3x8, parfois le week-end, selon les besoins de l’entrepôt. C’est un environnement bruyant, physique, où les journées sont intenses mais peuvent passer relativement vite quand le flux de marchandises est soutenu.
Avantages et inconvénients du métier
Le métier de magasinier a le mérite d’annoncer clairement ce qu’il est, sans faux-semblants.
Avantages
- Une insertion rapide sur le marché : Les offres d’emploi sont nombreuses aux quatre coins de l’Hexagone, dans des secteurs très variés. Un profil motivé avec un CACES trouve généralement un poste dans des délais raisonnables
- Des primes qui font la différence : Prime de nuit, prime de froid, heures supplémentaires majorées, 13e mois : la rémunération nette peut s’éloigner significativement du salaire de base selon l’entreprise et les conditions de travail
- Une évolution accessible par l’expérience : Pas besoin de reprendre des études longues pour progresser. Les responsabilités viennent avec l’ancienneté et les certifications obtenues en cours de carrière
Inconvénients
- Une pénibilité physique réelle : Journées debout, charges lourdes, températures contraignantes : le corps encaisse, et les troubles musculo-squelettiques font partie des risques professionnels les plus fréquents du secteur
- Des horaires qui bousculent la vie personnelle : Le travail en 2x8 ou 3x8, les week-ends et les périodes de forte activité demandent une organisation personnelle solide
- Un salaire de base plafonné : Sans évoluer vers des fonctions d’encadrement ou de spécialisation, la progression salariale reste limitée sur le long terme
Le CACES : le sésame du magasinier
Le CACES (Certificat d’Aptitude à la Conduite En Sécurité) est la certification qui conditionne l’accès à la plupart des postes de magasinier-cariste. Sans lui, le périmètre de poste se réduit aux tâches manuelles de base. Avec lui, les portes s’ouvrent sur des fonctions plus polyvalentes et mieux rémunérées.
Il en existe plusieurs catégories, regroupées sous la recommandation R489 pour les chariots automoteurs. Les catégories les plus recherchées par les employeurs sont la 1 (transpalettes électriques et préparateurs de commandes), la 3 (chariots élévateurs frontaux) et la 5 (chariots à mât rétractable). Un magasinier qui cumule plusieurs catégories élargit considérablement son employabilité.
Bonne nouvelle : les formations CACES sont éligibles au CPF. La préparation dure en général quelques jours à quelques semaines selon la catégorie visée, et les organismes de formation agréés sont nombreux sur tout le territoire. C’est souvent le premier investissement formation à réaliser avant même de chercher un poste.
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