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Les seniors accèdent encore faiblement à la formation

Formation continue Le 11 janvier 2013

En France, "les mesures prises depuis 2006 pour faciliter l'accès à la formation professionnelle des travailleurs vieillissants restent de faible ampleur". Tel est le constat fait par l'OCDE et rappelé par l'AFPA dans un communiqué publié fin 2012.

Les seniors accèdent encore faiblement à la formation

En 2011, le taux d'emploi des travailleurs français âgés de 50 à 64 ans plafonnait à 61,2%, soit 6,5% de moins que la moyenne des pays de l'OCDE (34 pays membres dont la France, l'Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni...). Les mesures prises depuis 2006 pour faciliter l'accès à la formation professionnelle des travailleurs vieillissants sont donc restées de "faible ampleur" constate l'OCDE dans son rapport de suivi sur les actions mises en oeuvre entre 2006 et 2011 pour améliorer les perspectives des travailleurs âgés sur le marché du travail. 

Les préconisations de l'OCDE
L'examen sur le vieillissement et les politiques de l'emploi menées dans de nombreux pays de l'OCDE fait entre 2003-2005 a fait l'objet d'un rapport de l'OCDE, "Vivre et travailler plus longtemps", publié en 2006. L'Organisation y préconisait la mise en place d'une série de réformes pour favoriser le maintien dans l'emploi des seniors, parmi lesquelles : renforcer les incitations financières pour continuer à travailler, lever les obstacles au maintien dans l'emploi et au recrutement après 50 ans, renforcer l'employabilité des travailleurs vieillissants... Depuis 2011 et jusqu'en 2014, l'OCDE entreprendra des examens réguliers de suivi de ces réformes.

Les actions mises en place en France
La France a mis en place plusieurs actions. Pour toute embauche de demandeurs d'emploi âgés de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation, les employeurs vont ainsi bénéficier d'une aide de l'Etat.
Il y a aussi le contrat de génération qui vise à encourager sous la forme de binôme l'embauche de jeunes et le maintien dans l'emploi des seniors. L'objectif du dispositif est d'atteindre d'ici 5 ans 500.000 contrats de génération, et celui-ci touchera donc un million de personnes.

Des résultats mitigés
Malheureusement, l'OCDE note dans son rapport de suivi que le taux d'accès à la formation des salariés varie toujours actuellement très largement selon l'âge et la catégorie socioprofessionnelle. En effet, cadres et jeunes accèdent plus facilement à la formation qu'ouvriers et seniors. 
L'impact des mesures reste faible. Concernant l'aide à l'embauche dans le cadre de contrats de professionnalisation, seulement 4300 ont été conclus pour les seniors en 2011 alors que l'objectif était de 10 000. Le tutorat des jeunes par les seniors prévoyant la prise de charge par des seniors du tutorat de jeunes de moins de 26 ans embauchés depuis moins de six mois ou stagiaires expérimenté jusqu'à la fin 2011 a quant à lui amené au contrat de génération mis en place depuis le 1er janvier 2012. Enfin, le dispositif EDEC prévoyait de subventionner l'anticipation de la gestion des compétences. Les salariés de plus de 45 ans représentaient 31% des bénéficiaires en 2008. Côté service public, l'OCDE note une faible mobilisation des contrats aidés en faveur des seniors.
"Des mesures ont été prises" constate l'OCDE, "mais leur impact n'a pas réussi à réduire les inégalités d'accès à la formation professionnelle". Reste à voir l'impact du contrat de génération, mesure phare du gouvernement Ayrault.

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