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Emploi : les jeunes, "une génération sacrifiée", vraiment ?

Etudes et diplômes Le 09 janvier 2014

Comment les diplômés s'insèrent-ils sur le marché du travail en France ? Difficilement, mais l'avenir n'est pas si sombre, selon l'Insee.

Emploi : les jeunes, "une génération sacrifiée", vraiment ?

Entrer sur le marché du travail en temps de crise peut-il pénaliser les jeunes sur le long terme, s'interroge l'Insee. Pour vérifier ce que les économistes nomment "l'effet cicatrice", l'Institut a comparé les carrières de jeunes diplômés entre 1982 et 2010, des années où la conjoncture économique leur était plus ou moins favorable. Résultat : si entre 2007 et 2011, "le taux de chômage des jeunes entrants (1 à 4 années d'expérience) a augmenté de 3,1 points", un rattrapage s'opère en moyenne au bout de 3 ans en ce qui concerne l'emploi. Et pour les femmes, davantage touchées encore par le chômage et les emplois précaires en période de crise, les écarts salariaux se réduisent en moyenne au bout de 6 ans. Les auteurs de l'étude notent ainsi que depuis les années 80, "les jeunes semblent avoir été capables de surmonter les effets d'une entrée au mauvais moment sur le marché du travail" et ce en un laps de temps "plus court en France que dans beaucoup d'autres pays".

Le chômage, "peu révélateur de la productivité des individus" 
Première explication à ce phénomène de rattrapage : des périodes de chômages fréquentes mais courtes pour les jeunes. "Leur perte d'employabilité est ainsi plus faible qu'en cas de chômage de longue durée", note l'Insee. De même, les employeurs n'y voient pas nécessairement un signe de faible productivité, alors que le "taux de chômage des jeunes est de toute manière élevé en France, quelle que soit la cohorte". Finalement, poursuivent les auteurs de l'étude, "avoir été au chômage en période de crise est peut-être moins stigmatisant que de l'avoir été lors d'une embellie économique".

Et pour les jeunes en 2014 ? 
Les jeunes finissent également par rattraper les écarts salariaux assez rapidement. La raison en est simple, les jeunes sont le plus souvent rémunérés au salaire minimum, limitant "nécessairement les baisses de salaire en période de mauvaise conjoncture économique, notamment pour les moins diplômés", constate l'Insee. Les jeunes déjà entrées sur le marché du travail ne constituent donc pas une génération sacrifiée. Mais prudence tout de même : "les générations entrant actuellement sur le marché du travail font face à des conditions bien plus dégradées que lors des cycles précédents". Rien ne permet encore de dire qu'ils pourront eux-aussi rattraper les effets de la crise.

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