Comment devenir storyboarder

Artiste au service de la narration visuelle, le storyboarder traduit scénarios et concepts en séquences dessinées qui guident toute production audiovisuelle, du cinéma à l'animation.
Publié le
-
Par L'équipe MaFormation

Véritable pont entre le script et l'image finale, le storyboarder matérialise plan par plan la vision du réalisateur avant même le début du tournage. Cette étape cruciale de la préproduction cinématographique et audiovisuelle structure le rythme narratif, définit les cadrages et anticipe les défis techniques de chaque séquence.

Quel est le rôle d'un storyboarder ?

Le storyboarder conçoit des planches visuelles qui découpent séquence par séquence le scénario d'une production audiovisuelle, en dessinant chaque plan avec ses cadrages, mouvements de caméra et actions des personnages. Également appelé dessinateur de storyboard ou concepteur de mise en images, ce professionnel travaille en étroite collaboration avec le réalisateur pour traduire graphiquement ses intentions narratives. Son objectif central consiste à prévisualiser l'intégralité du projet avant la production, permettant aux équipes techniques d'anticiper les besoins en décors, effets spéciaux et logistique de tournage.

  • analyser le scénario pour identifier les séquences clés et leurs enjeux dramatiques
  • dessiner les planches de storyboard en respectant les codes du découpage cinématographique
  • définir les cadrages, angles de vue et mouvements de caméra pour chaque plan
  • suggérer des solutions visuelles créatives pour renforcer l'impact narratif
  • participer aux réunions de préproduction avec le réalisateur et le directeur photo
  • réviser et ajuster les planches selon les retours du réalisateur
  • préparer des animatiques (storyboards animés) pour visualiser le rythme des séquences
  • annoter les planches avec indications techniques (durée, dialogues, effets sonores)

Quelle formation pour devenir storyboarder ?

Devenir storyboarder nécessite une formation artistique combinant maîtrise du dessin, culture cinématographique et compréhension de la narration visuelle. Plusieurs parcours mènent à ce métier, privilégiant les écoles d'animation, de cinéma ou les cursus en arts graphiques. Le niveau bac+3 constitue le minimum pour intégrer le secteur, tandis que le bac+5 ouvre davantage de portes dans les grandes productions.

Bac + 3 :

  • DN MADE Graphisme, mention Cinéma d'animation (Diplôme National des Métiers d'Art et du Design)
  • Licence professionnelle Techniques et activités de l'image et du son, parcours Infographie 3D
  • Bachelor Animation 2D/3D dans une école privée spécialisée
  • Bachelor Concept Art et Illustration

Bac + 5 :

  • Diplôme de l'école des Gobelins, spécialisation Cinéma d'animation
  • Diplôme de La Poudrière (école du film d'animation de Valence)
  • Master Cinéma et audiovisuel, parcours Réalisation
  • Diplôme de l'ENSAD (École nationale supérieure des Arts Décoratifs), section Animation
  • Mastère spécialisé Direction artistique et Design graphique avec option Animation

Orientez-vous vers les écoles reconnues par les professionnels du cinéma et de l'animation, qui proposent des stages en studio et des projets concrets dès la formation.

Constituez un portfolio diversifié dès vos études en multipliant les exercices de découpage sur différents genres (action, comédie, horreur) pour démontrer votre polyvalence.

Familiarisez-vous avec les logiciels professionnels comme Storyboard Pro, Photoshop et Toon Boom Harmony, désormais incontournables même si le dessin traditionnel reste valorisé.

Enfin, cultivez votre culture cinématographique en analysant méthodiquement les films de référence pour comprendre comment les grands réalisateurs structurent leurs séquences visuellement.

Quelles sont les qualités requises pour devenir storyboarder ?

Tour d'horizon des principales qualités à posséder pour transformer une histoire en images.

  • Votre capacité d'écoute et de compréhension détermine votre aptitude à saisir précisément les intentions du réalisateur, même lorsqu'elles restent implicites ou évoluent au fil des échanges.
  • La créativité visuelle vous permet de proposer des solutions originales face aux contraintes narratives ou budgétaires, transformant chaque difficulté en opportunité graphique.
  • Vous faites preuve d'une grande réactivité, car les délais serrés de la préproduction imposent de livrer rapidement des planches abouties sans sacrifier la qualité.
  • Votre sens de la narration cinématographique vous aide à comprendre intuitivement comment un plan en appelle un autre pour construire une séquence cohérente et rythmée.
  • La patience caractérise votre approche du travail : vous acceptez de reprendre vos planches de nombreuses fois selon les ajustements souhaités par la production.
  • Votre humilité professionnelle vous rappelle que votre dessin sert le projet collectif plutôt que votre ego artistique personnel.

Compétences techniques incontournables :

  • maîtrise du dessin rapide et expressif (anatomie, perspective, composition)
  • connaissance approfondie du langage cinématographique et des codes du découpage
  • compréhension des contraintes techniques de tournage et d'animation

Compétences techniques complémentaires :

  • utilisation de logiciels spécialisés (Storyboard Pro, Photoshop, Toon Boom)
  • notions en animation pour créer des animatiques fluides
  • bases en montage vidéo pour assembler les planches en séquences

Quel est le salaire d'un storyboarder ?

La rémunération d'un storyboarder varie considérablement selon son statut, son expérience et le type de production sur laquelle il intervient.

  • Niveau débutant : Un storyboarder débutant perçoit entre 25 000 et 30 000 euros brut par an, soit environ 1 658 à 1 990 euros net par mois, généralement dans le cadre de contrats temporaires ou de missions freelance pour de petites productions.
  • À partir de 5 ans d'expérience : Avec de l'expérience, un storyboarder confirmé gagne entre 35 000 et 40 000 euros brut par an, soit 2 323 à 2 654 euros net par mois, en accédant à des projets plus prestigieux ou en travaillant pour de grands studios.

Les storyboarders salariés permanents dans les grands studios d'animation bénéficient d'une stabilité financière et de primes liées au succès des productions, tandis que les freelances facturent leurs prestations au projet ou à la planche, avec des tarifs oscillant entre 150 et 400 euros par planche selon la complexité et leur notoriété.

Le type de production influe souvent sur la rémunération : les publicités ou les clips musicaux offrent généralement de meilleurs cachets que les séries d’animation à petit budget, mais ils proposent aussi un volume de travail moins régulier.

Les storyboarders très expérimentés collaborant sur des blockbusters hollywoodiens ou des longs-métrages d'animation majeurs peuvent atteindre des cachets nettement supérieurs.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

La trajectoire professionnelle d'un storyboarder s'enrichit progressivement par la diversification des projets et l'accès à des responsabilités accrues au fil des collaborations.

  • Évoluer vers des postes de superviseur de storyboard, coordonnant une équipe de storyboarders sur de grosses productions
  • Se spécialiser dans un genre particulier (séquences d'action, scènes intimistes, comédie visuelle) pour devenir une référence recherchée
  • Progresser vers la réalisation, le storyboard constituant souvent un tremplin naturel vers la mise en scène
  • Devenir directeur artistique sur des projets d'animation, supervisant l'ensemble de la direction visuelle
  • S'orienter vers le concept art pour les jeux vidéo ou le cinéma, créant les univers visuels en amont
  • Enseigner le storyboard dans les écoles d'animation tout en conservant une activité de freelance

Votre futur environnement de travail

Vous travaillez principalement dans les studios d'animation, les sociétés de production cinématographique ou depuis votre propre espace lorsque vous exercez en freelance.

En studio, vous évoluez dans un environnement créatif où cohabitent animateurs, concept artists et réalisateurs, favorisant les échanges quotidiens autour des projets en cours. Votre bureau accueille tablette graphique, écrans multiples et documentation visuelle abondante (planches de référence, photogrammes de films).

Vous alternez phases de travail solitaire intense devant votre écran et réunions collectives animées où vous présentez vos planches à l'équipe de production. Le rythme varie selon les phases du projet : calme relatif lors de l'exploration initiale des séquences, puis accélération progressive à l'approche des deadlines de préproduction.

Vos principaux interlocuteurs sont le réalisateur, avec qui vous échangez régulièrement pour affiner sa vision, et le directeur de production qui valide les planches avant passage aux étapes suivantes.

En freelance, vous gérez votre organisation depuis chez vous, communiquant principalement par visioconférence et partageant vos planches via des plateformes collaboratives.

Cette autonomie géographique vous permet de collaborer avec des productions internationales sans contrainte de localisation. Les horaires restent flexibles mais s'intensifient durant les périodes de rush, vous amenant parfois à travailler tard le soir pour respecter les délais serrés imposés par les calendriers de production.

Avantages et inconvénients

Le métier de storyboarder combine l'excitation de la création audiovisuelle et certaines réalités professionnelles qu'il convient d'appréhender lucidement.

Avantages

  • Contribution créative décisive : Vous participez activement à l'acte créatif en influençant directement la mise en scène et le découpage du film. Votre travail structure l'ossature visuelle du projet et inspire les équipes de tournage ou d'animation dans leur exécution finale.
  • Diversité des projets : Le métier vous expose à une grande variété de genres cinématographiques, de la comédie familiale au thriller d'action. Cette diversité stimule votre créativité et vous évite la monotonie en renouvelant constamment les défis visuels à relever.
  • Reconnaissance professionnelle valorisante : Les réalisateurs et producteurs reconnaissent l'importance cruciale du storyboard dans la réussite d'une production. Cette valorisation de votre expertise vous place au cœur des décisions artistiques majeures du projet.

Inconvénients 

  • Précarité et instabilité des missions : La majorité des storyboarders travaillent en freelance avec des contrats temporaires liés aux projets. Cette intermittence génère une insécurité financière et nécessite une prospection commerciale permanente entre deux missions pour assurer la continuité des revenus.
  • Pression des délais serrés : Les calendriers de préproduction imposent des rythmes soutenus avec des échéances rapprochées. Vous devez livrer un volume important de planches en peu de temps, ce qui crée un stress récurrent et peut altérer l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle.
  • Nombreuses révisions et remises en question : Vos planches subissent fréquemment des modifications substantielles selon les évolutions créatives du projet ou les contraintes budgétaires. Cette remise en cause régulière de votre travail exige une grande capacité d'adaptation et peut s'avérer frustrante émotionnellement.

Quelle est la différence entre un storyboarder et un illustrateur ?

Bien que tous deux manient le dessin professionnellement, le storyboarder et l'illustrateur exercent des métiers fondamentalement différents par leurs objectifs et leurs contraintes.

Le storyboarder travaille spécifiquement pour la narration audiovisuelle : ses dessins décomposent un récit en séquence de plans cinématographiques, intégrant cadrages, mouvements de caméra et durées.

Son esthétique reste fonctionnelle et rapide, privilégiant la clarté de la mise en scène plutôt que la beauté du trait. Il collabore étroitement avec les équipes de production qui utilisent ses planches comme guide de tournage ou d'animation.

L'illustrateur, à l'inverse, crée des images finales destinées à être publiées : couvertures de livres, affiches, presse, édition. Son travail recherche l'accomplissement visuel et artistique, avec un style personnel marqué et une exécution soignée. Il interprète librement un brief éditorial sans contraintes de découpage temporel.

En résumé, le storyboarder dessine pour préparer des images en mouvement, tandis que l'illustrateur produit des images fixes destinées au public.

Le métier de storyboarder est-il concerné par les progrès de l'intelligence artificielle ?

L'intelligence artificielle transforme progressivement certains aspects du métier de storyboarder sans pour autant menacer son cœur d'activité.

Les outils d'IA générative permettent désormais de créer rapidement des ébauches visuelles à partir de descriptions textuelles, accélérant la phase exploratoire des séquences. Certains studios expérimentent ces technologies pour produire des planches de prévisualisation basiques avant intervention humaine.

Toutefois, l'IA échoue actuellement à saisir les subtilités du langage cinématographique : choix précis d'un angle de caméra pour un effet dramatique, compréhension des contraintes techniques de tournage, ou adaptation fine aux demandes évolutives d'un réalisateur. Le storyboard reste un dialogue créatif entre professionnels, où l'expertise humaine anticipe les implications de chaque décision visuelle.

Pour rester compétitif, familiarisez-vous avec les outils d'IA comme assistants de votre workflow créatif plutôt que de les ignorer. Développez vos compétences relationnelles et votre capacité d'écoute, dimensions irremplaçables par les machines.

Approfondissez votre culture cinématographique et votre compréhension narrative pour apporter une vraie valeur ajoutée conceptuelle. L'avenir appartient aux storyboarders sachant utiliser l'IA comme accélérateur tout en préservant l'intelligence créative et stratégique qui fait la qualité d'un découpage.

©AnnaStills - stock.adobe.com

Ou utilisez le moteur de recherche

Haut de page