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Comment devenir expert automobile

L'expert automobile joue le rôle de médecin généraliste du véhicule. Après un accident, c'est lui qui examine la voiture, identifie l'origine des dégâts et évalue le coût des réparations.
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Après un accident, quelqu'un doit établir ce qui s'est passé et combien coûtera la remise en état. C'est le travail de l'expert automobile. Mandaté par une compagnie d'assurances, un particulier, l'administration ou la justice, il évalue les dommages, remonte aux causes du sinistre et tranche sur les responsabilités techniques.

Quel est le rôle d'un expert automobile ?

De son nom officiel « expert en automobile », ce technicien de la réparation rend un avis sans appel après un sinistre. Il s'appuie pour cela sur le Code de la route, le code des assurances et la responsabilité civile des parties. Il connaît aussi bien la cote d'un véhicule, neuf ou d'occasion, que les tarifs pratiqués par les garagistes.

Face à un véhicule endommagé, ses interventions prennent plusieurs formes :

  • Réaliser l'expertise complète du véhicule qui lui est confié
  • Mener une contre-expertise en cas de désaccord entre les parties
  • Vérifier l'état et la sécurité d'un véhicule d'occasion avant une vente ou un achat
  • Chiffrer les dégâts subis par le véhicule
  • Estimer les délais de remise en état

Quelle formation pour devenir expert automobile ?

La profession est réglementée depuis 1972. Pour exercer, il faut obtenir le diplôme d'État d'expert en automobile (DEA), de niveau bac+2, puis être inscrit sur la liste nationale des experts en automobile.

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Avant d'y accéder, il faut d'abord se former à la mécanique et passer par l'atelier. Le DEA se prépare en validant trois unités d'examen, baptisées A, B et C. Les deux premières portent respectivement sur l'enseignement général et l'analyse technique ; la troisième, l'unité C, est une épreuve professionnelle.

Certains diplômes permettent d'être dispensé de l'unité A ou de l'unité B, mais ces dispenses ne sont pas automatiques et dépendent du diplôme obtenu. D'autres diplômes permettent de ne justifier que d'un an de pratique professionnelle en réparation automobile, au lieu de trois ans, pour accéder à l'unité C.

Les diplômes qui peuvent donner lieu à une dispense :

  • Pour l'unité A : un BTS du secteur industriel, un DUT du secteur industriel ou un diplôme d'ingénieur.
  • Pour l'unité B : notamment le BTS Maintenance et après-vente des véhicules automobiles, le BTS Après-vente automobile, le BTS Exploitation des véhicules à moteur, le BTS Moteur à combustion interne, le BTS Maintenance après-vente des engins de travaux publics et de manutention, ainsi que certains BTSA du secteur agricole.
  • Pour l'unité C : les titulaires de certains BTS, DUT ou diplômes d'ingénieur listés peuvent ne justifier que d'un an de pratique en réparation automobile, contre trois ans pour les autres candidats.

Mieux vaut donc viser dès le départ une formation figurant sur les listes officielles des diplômes donnant droit à une dispense ou à un allègement de l'expérience requise. Le métier attire notamment des mécaniciens et des carrossiers en évolution, dont l'expérience en atelier est précieuse pour l'unité C.

La validation des acquis de l'expérience (VAE) peut permettre d'obtenir une dispense pour les unités A et B, mais pas pour l'unité C.

Quelles sont les qualités requises pour devenir expert automobile ?

Un bon expert automobile inspire confiance aux deux camps qu'il doit départager, et cela repose sur un ensemble de qualités précises.

Qualités humaines indispensables

Sérieux et curieux, l'expert automobile aborde chaque dossier comme une petite enquête. Son sens de la déduction l'aide à reconstituer le déroulé d'un accident et à repérer des dégâts qui n'appartiennent pas au sinistre déclaré. Rien ne doit lui échapper : il inspecte chaque tôle avec minutie et garde l'œil assez affûté pour démasquer une tentative de fraude derrière un dommage en apparence banal. Comme il peut être appelé sur les lieux à tout moment, la disponibilité fait partie du métier. Sa fonction d'arbitre lui impose enfin un sens aigu du contact. Il écoute l'assuré, dialogue avec le garagiste et présente sa décision de façon à rallier les deux parties sur le montant des réparations. C'est aussi un professionnel de terrain, qui entretient des relations de confiance avec les garagistes agréés par les compagnies d'assurances.

Compétences techniques incontournables

  • Une maîtrise pointue de la mécanique, de la carrosserie et de l'électronique embarquée
  • La connaissance du Code de la route et du droit des assurances
  • La capacité à chiffrer la valeur d'un véhicule et le coût des réparations

Compétences techniques complémentaires

  • La veille sur les évolutions techniques des constructeurs
  • Le discernement pour déclarer un véhicule « épave » quand les réparations dépassent sa valeur
  • La relecture des constats pour y repérer les erreurs des particuliers

Quel est le salaire d'un expert automobile ?

Les premières années de salaire restent modestes au regard du long parcours à accomplir.

  • À ses débuts, un expert automobile perçoit de 25 000 à 30 000 € brut par an, soit environ 1 620 à 1 950 € net par mois.
  • Une fois confirmé, après cinq ans et quelques dossiers complexes à son actif, il atteint 33 000 à 40 000 € brut annuels, autour de 2 140 à 2 600 € net mensuels.

L'écart se creuse surtout avec le statut. Un expert salarié touche un fixe complété par des indemnités de déplacement. En libéral, l'expert facture ses missions et peut viser davantage, jusqu'à 3 500 € par mois une fois sa clientèle établie. S'installer à son compte suppose toutefois d'assumer ses charges et de bâtir sa réputation, ce qui prend du temps. Les frais de mission, souvent remboursés en plus du salaire, comptent aussi dans le total, surtout pour qui couvre un large secteur géographique.

Les perspectives d'évolution pour votre carrière

L'expérience aidant, l'expert automobile élargit son champ d'action. Au sein d'une grande structure, il peut viser un poste de responsable qualité ou de directeur d'agence. L'indépendance tente aussi nombre de professionnels, qui fondent leur propre cabinet d'expertise-conseil une fois leur réputation établie. Se spécialiser attire également : poids lourds, deux-roues ou engins agricoles forment autant de créneaux pointus, recherchés sur un marché de niche. Après des années de pratique, les plus aguerris deviennent experts judiciaires et interviennent à la demande des tribunaux, une reconnaissance qui couronne souvent une carrière. Dans tous les cas, l'évolution technique des véhicules, électriques et bardés d'électronique, rebat les cartes et récompense ceux qui actualisent sans cesse leurs connaissances.

Votre futur environnement de travail

Le métier se partage entre la route et le bureau. Une partie de vos journées se passe en déplacement, dans les garages, les fourrières, parfois au bord de la route juste après un choc. Vous inspectez les véhicules là où ils se trouvent, appareil photo et outils de mesure à l'appui. De retour au bureau, vous rédigez vos procès-verbaux d'expertise, chiffrez les réparations et bouclez vos dossiers. Votre métier vous met en relation avec un cercle varié. Vous échangez avec les assureurs qui vous mandatent, les garagistes qui réalisent les réparations et les particuliers inquiets pour leur véhicule. Les tribunaux vous sollicitent parfois, lorsqu'un litige réclame un avis neutre. Les déplacements fréquents occupent une large part de la semaine, et les délais serrés des assureurs entretiennent une pression régulière sur votre emploi du temps.

Avantages et inconvénients du métier

Exercer comme expert automobile a de quoi séduire, à condition d'en accepter les exigences.

Avantages 

  • Un métier d'expertise reconnu : la profession est réglementée et votre avis fait autorité auprès des assureurs comme des tribunaux.
  • De l'autonomie au quotidien : vous organisez vos tournées et menez vos dossiers à votre main, surtout en exercice libéral.
  • Des dossiers toujours différents : chaque sinistre a son histoire, ce qui tient la routine à distance.

Inconvénients

  • Un parcours long et sélectif : plusieurs années séparent le bac+2 de l'inscription sur la liste nationale.
  • Une responsabilité lourde : votre signature engage votre responsabilité civile, et une erreur d'évaluation peut coûter cher.
  • Des contraintes de disponibilité : interventions parfois dans l'urgence et agenda soumis aux aléas des sinistres.

Sous quel statut exercer le métier d'expert automobile ?

Une fois le diplôme en poche, il faut encore choisir son cadre d'exercice. La majorité des experts débutent comme salariés, au sein d'un cabinet d'expertise ou d'une compagnie d'assurances. Ce statut offre un cadre rassurant : un salaire fixe, des dossiers fournis par l'employeur et aucune gestion à porter seul. Avec l'expérience, nombre d'experts basculent vers l'exercice libéral. L'indépendant gère alors sa clientèle, fixe ses honoraires et sélectionne ses dossiers, en échange d'une charge administrative et commerciale bien plus lourde. Dans les deux cas, impossible de travailler sans figurer sur la liste nationale des experts en automobile, tenue par le ministère des Transports. C'est elle qui sépare le professionnel habilité du simple amateur de mécanique.

©Andrey Popov - stock.adobe.com

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