Formation diplômante

Loi sur l'Université : "un grand ménage" en prévision

Formation diplômante Le 18 janvier 2013

Regrouper les établissements en "communautés d'universités", rattacher les classes prépas à l'université, diviser le nombre de licences par 15, donner la priorité aux bacheliers professionnels et technologiques dans les IUT... La ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso compte faire d'importants changements dans le cadre du projet de Loi sur l'Université et la Recherche qui sera présenté en mars en Conseil des ministres.

Loi sur l'Université : "un grand ménage" en prévision

La ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso a récemment rappelé que "la réussite et l'insertion du plus grand nombre étudiants doivent être plus que jamais une priorité politique". Elle a ainsi présenté les grandes lignes de son projet de loi sur l'Université et la Recherche. L'élévation du niveau de qualification des jeunes, en particulier des jeunes issus des milieux les plus modestes, la simplification et la lisibilité de l'offre de formation pour les étudiants, leurs familles, les entreprises et l'attractivité renforcée des universités font ainsi partie des priorités du ministère. 

Favoriser une meilleure orientation
Plusieurs propositions ont été faites dans le cadre des Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il s'agit notamment de réduire les erreurs d'orientation qui coûtent cher à l'Etat comme aux étudiants. En effet, selon un sondage
, 54% des étudiants estiment avoir besoin de rencontrer un conseiller d'orientation et 40% estiment qu'on leur a mal expliqué le fonctionnement de la procédure d'admission post Bac (APB). "Face à ce constat, Geneviève Fioraso souhaite humaniser l'orientation et faire en sorte que les jeunes redeviennent acteurs de leur orientation" explique le communiqué du Ministère.

Promouvoir l'égalité des chances
La ministre souhaite également réduire les inégalités en favorisant notamment l'entrée des bacheliers des filières professionnelles et technologiques dans les IUT et les STS (Section de Technicien Supérieur) à l'origine créés pour ces derniers. Désormais ils devront avoir la priorité dans ces établissements. Actuellement les 79 000 élèves des classes préparatoires sont issus des catégories sociales les plus aisées : 51% sont enfants de cadres et intellectuels et seulement 6,3% fils ou filles d'ouvriers. C'est un peu moins le cas à l'université avec 30,6 % d'enfants de cadres et 10,4% d'enfants d'ouvriers. 

Simplifier l'offre de formation
"Il faut en finir avec la jungle des formations" selon la ministre de l'Enseignement Supérieur Geneviève Fioraso. Il faut dire que l'on compte actuellement 2231 licences professionnelles, 1420 licences générales ainsi que 1400 Masters avec 6000 spécialités. L'idée : diviser le nombre de licences générales par 15 pour arriver à une cinquantaine de licences et 300 masters. Les 2231 licences professionnelles ne devraient quant à elles pas être impactées.

Rapprocher les prépas des universités
Cette proposition fait polémique à sa seule évocation. On accuse même Geneviève Fioraso de vouloir " tuer les prépas " ! La ministre prévoit en effet de rattacher les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) aux universités via une convention de partenariat. Ainsi, tout étudiant inscrit en prépa sera automatiquement inscrit à l'université. Les CPGE resteront dans les lycées mais les enseignants pourront donner des cours dans les deux établissements. "Les proviseurs seront incités à proposer à leurs élèves des cours à l'université. Les élèves de CPGE seront ainsi immédiatement initiés à la recherche" précise Mme Fioraso. Mais reste un hic : auparavant inscrits gratuitement en prépas, les étudiants non boursiers devront désormais s'acquitter des 180 euros de frais d'inscription demandée à la fac... 

Réunir les universités en grands pôles
Depuis plusieurs années déjà, des établissements se sont regroupés au sein de "Pôles d'enseignement supérieur et de recherche" (PRES) ou via des fusions entre universités. Le rapport final des Assises recommande donc la création d'un cadre juridique pour la constitution de "grandes universités" ou de "communautés d'universités", qui devraient apporter "une meilleure visibilité internationale et européenne" mais aussi de "permettre aux étudiants d'effectuer un cursus complet (...) au sein d'un seul et même établissement" souligne le député Jean-Yves le Deaut dans son rapport sur la refonte de l'Université. C'est déjà le cas de plusieurs facultés comme l'Université de Strasbourg, l'Université d'Aix-Marseille ou encore de l'Université de Lorraine. 

Mesurer la qualité des formations
Revendiquée par les étudiants mais critiquée par les syndicats, la proposition d'évaluer des enseignants ne fait pas l'unanimité. Malgré tout, la réforme de l'Université prévoit que pour être nommé maître de conférences, les professeurs devront avoir suivi une formation dans les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (anciens IUFM). Et ce sont les élèves qui évalueront eux-mêmes la qualité de leur formation. 
La numérisation fait également partie des axes prioritaires du ministère. Il souhaite ainsi que 20% des contenus universitaires soient numérisés avant la fin 2017 dans le cadre du programme "FUN" (France Université Numérique) destiné à accompagner le changement vers une pédagogie moderne orientée 2.0. Une numérisation qui devrait donner des facilités aux étudiants ne pouvant notamment pas assister à tous les cours.

Destinée à rapprocher l'éducation de la recherche, la loi sera présentée en mars 2013 au Conseil de Ministres. "L'enseignement supérieur et la recherche sont indissociables. La plus-value de l'université, c'est la recherche" insiste Geneviève Fioraso. Actuellement, 60 % des étudiants sont formés à l'université.

(Sondage réalisé par OpinionWay à la demande du ministère du 28 décembre 2012 au 3 janvier 2013 auprès de 808 personnes).

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