Conseils d'experts

Erasmus, 25 ans et déjà mort ?

Etudes et diplômes Le 23 octobre 2012

En période d'austérité budgétaire, la Commission européenne cherche plusieurs milliards d'euros auprès des membres de l'UE pour sauver le financement des bourses universitaires de ce programme d'échanges universitaires.

Erasmus, c'est un état d'esprit bien particulier. C'est "partir à Amsterdam pendant trois mois dans le cadre de son BTS, ou à Vienne pour y découvrir une autre façon d'enseigner. C'est partir à Stockholm pour y donner une nouvelle dimension à ses études, ou encore à Porto. (...) C'est voyager découvrir, s'ouvrir, se former", vante un spot publicitaire pour les 25 ans de ce programme européen. Un état d'esprit qui a déjà séduit trois millions de jeunes européens depuis la création de ce programme.
Mais aujourd'hui, Erasmus est en danger. "Le fonds social européen est en cessation de paiement depuis le début du mois et ne peut plus effectuer de remboursements aux Etats. La semaine prochaine, ce sera le tour d'Erasmus", déclarait ainsi, le 1er octobre dernier, Alain Lamassoure, président de la Commission des Budgets du Parlement européen. En cause ? Une coupe de 4 milliards d'euros dans le budget de l'Union européenne lequel, financé à 80% par les 27, doit être voté ce mardi 23 octobre.

Beaucoup de bruit pour rien ?
Les propos d'Alain Lamassoure ont eu l'effet d'une bombe et de nombreux étudiants s'inquiétaient déjà de voir ce programme disparaître et pour certains de ne pas recevoir leurs bourses d'études. Dans les faits, ce programme ne représente qu'une goutte d'eau (460 millions d'euros) dans le budget européen (130 milliards en 2010-2011). Alors, beaucoup de bruit pour rien ? En tout cas, le site français Génération-erasmus affirmait il y a peu que le programme n'était pas remis en cause. Au contraire, les financements attribués devraient même être en augmentation pour la période 2014-202. D'ailleurs, l'Agence Europe Eduction Formation France (A2E2F), expliquait au journal Le Monde que "les étudiants toucheront en 2012 les bourses qui leur ont été octroyées".

"Payer moins, recevoir plus"
Toujours selon le quotidien, Alain Lamassoure a surtout cherché à faire réagir et "faire pression pour assurer le financement du budget européen". "C'est habile de la part de M. Lamassoure de prendre Erasmus en exemple, car c'est un programme qui parle à l'opinion publique dans tous les pays européens, expliquait ainsi Jacques Le Cacheux, chercheur à l'OFCE au Monde. Le timing n'est pas fortuit non plus. C'est la grande course à l'austérité (et tous) les pays veulent payer moins et recevoir plus". Même son de cloche à l'A2E2F pour qui ce programme n'est "en aucun cas, remis en cause".

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